‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 166 sur 192 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

que, quand on lui eut fait une ouverture à la jambe, le prince, son fils, lui demandant si cette nouvelle plaie le faisait beaucoup souffrir, il répondit : « J'ai « bien d'autres douleurs ! mais je remets tout a la « volonté de Dieu... » Toutes ses plaintes et ses gémissements se bornaient à dire : « Que ce soit en « rémission de mes péchés. » 11 reçut l'extrêmeonction en présence de son fils ? auquel il adressa ensuite ces paroles : « J'ai voulu que vous pussiez « voir comment finissent les règnes de ce monde. « Vous voyez aujourd'hui, mon fils, comment Dieu « m'a déjk dépouillé de la gloire et de la majesté « d'un roi pour vous en revêtir vous-même ; pour « moi, on me vêtira, dans quelques heures, d'un mi- « sérable suaire, et on me ceindra d'une pauvre « corde. La couronne de roi me tombe déjk de la « tête, et la mort me l'ôte pour vous la donner... « Un jour viendra où cette couronne tombera de « votre tête comme de la mienne. Vous êtes jeune « comme je l'ai été. Mes jours étaient comptés, et « les voilà qui finissent; Dieu sait le compte des « vôtres, qui finiront a leur tour... Je vous recom- « mande la guerre avec les infidèles et la paix avec « la France 1 . »

4 « Lo que solamente vivia en el rey liera el sentimiento de sus pecados, el quai le dava un dolor tan vivo, que, despues de haverle abierto la pierna, preguntado por el principe si hera mucho el dolor que padecia con la nueba Haga, respondiô : Mucho mas meduelen, el que resigno todo entero en la voluntad de Dios... Todo su quexar y -sus ayes hera : sea en rémission de mis pecados. Recibiô la estrema-unssion el dia primero de septiembre... He querido, hijo mio, que os

3r,0 ANTONIO PEREZ ET PHILIPPE II

a Le prince, croyant que tout était déjà fini, et désirant établir sur-le-champ le marquis de Dénia, son favori, demanda à don Christoval de Moura la clef dorée du cabinet secret. Mais celui-ci s'en excusa en disant qu'il ne pouvait la donner tant que le roi vivait. Le prince en fut blessé, et montra du ressentiment de cette action. Don Christoval s'en plaignit au roi, qui, bien qu'il trouvât la demande un peu prématurée, ordonna a don Christoval de donner la clef au prince et de lui demander pardon... Après T extrême-onction, il tourna, comme Ézéchias, le visage vers le mur et le dos aux affaires. Il ne voulut plus que son âme s'abaissât aux choses de la terre, mais qu'elle se tournât vers le ciel 1 . Il mourut enlin

halleis a hesta ora... pa raque veais en lo que paran las monarchias de este mundo... Ta veis, hijo mio, como Dios me lia desnudado de la gloria y magestad de rey, para daros a vos esta investidura. À mi veslirnn dentro de pocas horas de una pobre morlaja, y me ceniran con una pobre cordel. Ya se me cae de la caveza la corona de rey, y la muerte me la quita para darosla a vos... Tiempo vendra en que esta eorona se os caerâ de la caveza, como se me cae de la mia. Vos sois manzebo, y yo lo lie sido. Mis dias estaban contados, y a se han aca-

bado; Dios sabe la cuenla de los vestros, y tambien se acavaran

La guerra contra infieles os encomiendo, y la paz con Francia. » (Brève compendio, etc., fol. 43 v* et 44 r*.)

* « El principe, creyendo que ya hera todo acabado, y deseando establecer con tiempo â el marques de Dénia su privado, pidi6 a don Chris tobal de Moura la llave dorada de el retrete ; el quai se excusé diciendo que no podia darla mientras que el rey viviesse. Ofendiose el principe, y mostré sentimiento de lo executado. Quexôse don Christobal al rey, el quai, aunque oyô la demanda por ser algo temprana, mandô â don Ghristobal que diesse la llave al principe y le pidiesse pardon... Despues de la extrema-unzion volviô, como Ezéchias, el rostro sï la pared y las espaldas a los negozios. No quizo tener mas su

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