‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 173 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

dois le paie que je mange 1 . » Accompagnant cette plainte de menaces fort peu sensées dans sa position, il ajoutait : « Gil de Mesa a dit a M. de la Varenne que, si le roi ne le voulait pas lui-même, il le dit nettement, et qu'on ne s'amusât pas a nous tromper, ce qui est une pauvre victoire pour un aussi grand prince, et qu'Antonio Perez chercherait un maître qu'il pût servir... Certes il faut que la couronne de France ait un chétif estomac, si un si mince morceau l'incommode*. » Henri IV, qui, malgré la gêne de ses finances et les sujets de mécontentement que lui avait donnés Perez, conservait pour l'ancien ministre de Philippe II une sorte de bienveillance indulgente, et le protégeait encore contre le mauvais vouloir de Rosny et de Villeroy, prescrivit aussitôt de le payer, et dans la forme désirée par Perez lui-même : « Mon ami, écrivit-il a Rosny, Antonio Perez m'est venu trouver et remercier des trois mille écus que je lui donnay et tesmoigner comme il en estoit très-content et l'obligation qu'il m'en avoit, me suppliant que sur Testât on le couchât pour quatre mille, afin que, si d'aventure les Espagnols en avoient cognoissance, ils ne sus-

J a Y Roni no quiere, y ha très meses que devo el pan que como. » (Lettre de Perez au connétable, du ... février 1601. Béthune, 9141, fol. 65.)

* a Gil de Mesa ha dicho à M. de la Varena que sy el rey no quiere que hable claro y no nos traygan enganados (vicloria no grande para un gran rey) y que buscara Antonio Perez un amo a quien servir... Por cierto chico estomago tiene la corona de Francia si tan pequeùa partida embaraça. » (Ibid.)

sent qu'il fust pirement traité en cette année qu'il l'avoit esté les précédentes. C'est pour quoy, pour contenter la vanité de cet homme, je vous prie de l'employer sur ledit estât pour ladite somme de quatre mille escus 1 . »

Cette position précaire, cette pension dont il lui fallait, chaque année, arracher le payement, le poids de son inutilité, l'humiliation de son discrédit et les douleurs croissantes de l'exil firent plus que jamais désirer k Perez de retourner dans sa patrie. Il multiplia les démarches pour obtenir cette faveur. Le timide Jacques I er ayant succédé à Elisabeth sur le trône d'Angleterre, et la paix étant aussi désirée de lui qu'elle était devenue nécessaire a l'Espagne épuisée, des négociations s'engagèrent au commencement de 1604. Le comte d'Aremberg et don Juan de Tassis se rendirent dans cette vue a Londres, et Perez crut avoir trouvé l'occasion de rentrer en grâce. Il avait continué a entretenir des relations assez étroites avec les ambassadeurs d'Angleterre qui s'étaient succédé a Paris, et avait donné à Naunton, a Winwood, à Th. Parry, des avertissements opportuns qu'ils avaient transmis au secrétaire d'État Cecil*. 11 persuada alors a Th. Parry qu'il pourrait s'entremettre utilement dans les négociations

* Économie* royales de Sully, collection Petitot, seconde série, t. IV, p. 109 et 110.

* Ed. Sawyer , Mémorial* of affaire of State in the reings of Q. Elizabeth and James /, collected from the papers of R. Winwood, in-fbl., London, 1?25, 1. 1, p. 366, 404, 405, 407.

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