‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 55 sur 192 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

téréts comme complice. Il Tétait d'autant plus, que la famille d'Escovedo trouva des protecteurs très -puissants auprès de lui. Le principal fut Matheo Vasquez, l'un des secrétaires de son cabinet, ennemi couvert de Perez, jaloux de sou extrême pouvoir, et qui craignit d'autant moins d attaquer avec hardiesse ce favori détesté, qu'il crut avoir trouvé l'occasion de le perdre. 11 se joignit à don Pedro de Belandi, h Pedro Negrete, aDiegoNunez de Toledo, qui conseillaient et dirigeaient les Escovedo dans leurs démarches '. Il les appuya fortement auprès de l'irrésolu Philippe 11, auquel il écrivit :

« Sire, on soupçonne de plus en plus dans le monde ce secrétaire (Ant. Perez) d'être l'auteur de la mort de l'autre. Aussi dit-on qu'il en craintles suites, et que c'est a cause de cela que, depuis l'événement, il entoure sa personne de précautions... On prétend que c'est un grand ami du mort qui a fait assassiner celui-ci, parce qu'il l'a trouvé allant sur les brisées de ses honneurs, et à propos d'une femme*. Le jour où la femme dudit secrétaire alla voir celle du mort,

1 « La princes a... eslaba quejosa de don Pedro de Velandi, Matheo Vasquez, y Pedro Negrete su ayo, porque hacian junta en casa de Nunez de Toledo y avian aconsejado à don Pedro de Escobedo, pidiese la rnuertc de su padre â Antonio Perez. » [Proceso, ms. Déposition de Geronimo Diaz, deuxième témoin.) Matheo Vasquez de Leça, « secretario favorecido del rey, y Agustino de Toledo de su consejo, y Pedro Nunez, su hermano, enemigos de Antonio Perez. » (Cabrera, Felipe segundo, rey de Espana, in-ibl., Madrid, 1619, lib. XII, p. 972, col. 2.)

* « Y por unamuger. » [Mémorial, p. 292.)

on assure que celle du mort éleva la voix et proféra des malédictions contre l'auteur du crime, ce qui a fait sensation. Si Votre Majesté voulait interroger secrètement Negrete sur ce qui se dit de cette mort et sur la personne qu'il en soupçonne, je crois qu'elle ferait bien, comme aussi de lui demander les raisons sur lesquelles il fonde ses dires... Pour accorder satisfaction aux ministres et a l'État tout entier, que cette affaire scandalise au plus haut point, pour donner un autre tour à des opinions qui prennent une couleur mauvaise et de très-fâcheuse conséquence, il importe que Votre Majesté ordonne, sans retard, la recherche de la vérité par toutes les voies et moyens praticables *. »

Philippe II suivit, dès ce moment, une marche tortueuse et bizarre. Il écouta avec complaisance Matheo Vasquez, et parut se concerter avec Perez. Il informa celui-ci de l'accusation formelle dont il était l'objet, le jour même où la famille Escovedo lui porta plainte *. 11 lui lit part des hautes inimitiés qui s'élevaient contre lui. En même temps il lui promit de ne pas l'abandonner, et lui en donna sa foi de gentilhomme 8 . «Tant que je vivrai, lui disait-il, vous

1 « Y por satlsfazer a los minislros, y a la republica, que tan escandalizada esta del negocio, y divertir opiniones que andan malas, y de muy daiïosa consequencia , conviene mucho que Vuestra Magestad mande apretadissimamente que se sigua y procure por todas vias y modos possibles averiguar la verdad. » (Mémorial, p. 292.)

* a El misrao rey se lo refiriô a Antonio Perez cl mismo dia. » (Relacionety p. 7.) • ** a Pero contienen (villetes originales) palabra dada de cavallero

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