‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 57 sur 192 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

personne à l'envie des uns et à la vengeance des autres. Philippe II n'y consentit point 1 . Alors, par une résolution k la fois hardie, généreuse et habile, Perez pressa le roi de le traduire en justice, mais seul, et en ayant soin d'écarter du procès la princesse d'Eboli ; il lui donna l'assurance que son secret ne serait point compromis, puisque aucun des meurtriers n'avait été saisi, et que l'accusateur ne possédait aucune preuve contre lui, Antonio Perez*. Philippe II ne voulut point affronter cette dangereuse épreuve. Il aima mieux que Perez fit confidence au président de Castille, don Antonio Pazos, évéque de Patî et plus tard de Cordoue, des causes qui avaient motivé la mort d'Escovedo, et que don Antonio Pazos parlât au fils d'Escovedo et a Matheo Vasquez, pour engager le premier h se désister de ses poursuites, et le second à renoncer à ses inimitiés*.

Le président de Castille, instruit de tout et ne regardant point Perez comme coupable, puisqu'il avait obéi à un ordre de son maître, appela le fils aine

4 « Que à el le dexase retirer 4e la cortc, y de au servicio, yapaiiar su persona del odio y invidia, procedido lodo de sufavor y gracia... el rey no queria esto. » (Relaciones, p. 15.)

* « ...Que se rémitiese à jiisticia aquella demanda en quantoâel tocava, teniendo la mano en io de mas de la princesa de Eboly... aseguravale Anlonio Perez al rey, que ningun inconvenientc sucederia para lo que cl recela va, y recatava que no se entendiesc aver sido por orden suya aquella muerte, pues ninguno de los que avian hecho el efecto havia sido cogido, ny ténia la parte contraria algun genero de prueva contra el. » (Ibid. t p. 12.)

5 Ibid., p. 15.

d'Escovedo, et lui dit : « Seigneur don Pedro Escovedo, le roi m'a remis les mémoires que voici de vous et de votre mère, dans lesquels vous demandez justice de la mort de votre père contre Antonio Perez et contre madame la princesse d'Eboli. Sa Majesté m'ordonne de vous dire qu'on vous fera justice tout entière, sans acception de personne, de lieu, de sexe, ni d'état. Mais je dois d'abord vous engagera bien examiner quels fondements ou pièces de conviction vous avez pour établir vos preuves, et qui soient de nature à vous disculper de l'offense que vous feriez a des personnes si considérables. Car, si ces preuves ne sont pas très-suflisantes et ne justifient pas votre plainte, la démonstration tournera contre vous, la princesse étant la personne qu'elle est, et son état et sa haute qualité étant dignes d'un si grand respect, et Antonio Perez étant aussi ce qu'il est, comme descendant de pères et aïeux si anciennement serviteurs de la couronne, et comme occupant la haute charge dont il est aujourd'hui pourvu. Enfin, et avant que vous me répondiez, je vous dirai aussi confidentiellement, et j'affirme sur ma parole de prêtre, que la princesse et Antonio Perez sont aussi innocents que moi 1 . » Ce discours produisit beaucoup d'effet sur Pedro Escovedo. Il n'avait que des soupçons contre Perez et la

f Ce discours, qui se trouve p. 13 et 14 des Relaciones, finit par ces mots : « Pero an tes que me respondais os digo tambien en confiai! ça, y atirmo en verbo de sacerdote, que la princesa y Antonio Perez estan sin culpa como yo. »

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