‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 71 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les complices du meurtre d'Escovedo disparaissaient tout comme les dépositaires des secrets de Perez. Insausti ne jouit pas longtemps du grade d'enseigne qui lui avait été donné en récompense de sa participation à cet assassinat. Peu de temps après son arrivée en Sicile, il mourut 1 . Miguel Bosque, frère de l'enseigne Antonio Enriquez, éprouva le même sort en Catalogne. Antonio Enriquez, attribuant cette mort a Perez*, et craignant qu'il ne lui en arrivât autant a lui-même 8 , se décida, par animosité et sur les instances du capitaine don Pedro de Quintana, proche parent d'Escovedo*, à révéler comment et par Tordre de qui avait été tué, cinq années auparavant, le secrétaire de don Juan. Le 23 juin 1584, il écrivit de Saragosse à Philippe II 8

lui don Balthazar de A la m os, son homme d'affaires : « Y sabido por Antonio Perez, asi como acabo de raorir, embio por la posta à* don Balthazar de Alamos, y le hallô mejor, y de alli a média hora quedô* sin habla el dicho su hermano, por donde se sospecha que le diô de

la misma quînta essencia, que a Pedro de la Era Y que tiene por

cierto que Antonio Perez los matô, por que no se descubricsse io que sabian de el por aver lîado dellos algunas cosas. x> [Proceso, ms., déposition d'André Morgado.)

1 « Y lu ego que cl alferez Insausti Uego a Sicilia, muriô. » (Ibid., déposition d'Antonio Enriquez.) « Y que el Insausti tue encaminado a Marco Antonio Colona, para que lo despachasse; y oio a parentes suyos que alla le avian muerto, porque no parlasse. » [Ibid , déposition de Martin Guttiercz.)

* « Y por aver vista que me han ahogado un hermano el quai me llama a vcnganza. » (Lettre d'Antonio Enriquez au roi. Ibid )

5 Ibid.

* Ibid.

* « Y como escribi a Vueslra Magestad en la otra mia de los 28 de junio. » (Ibid.)

pour loi demander un sauf-conduit, s'engagcant à prouver devant la justice, et consentant a être pendu par un pied comme un traître s'il n'y parvenait pas, que le secrétaire Antonio Perez avait ordonné le meurtre d'Escovedo. Ayant appris qu'un enseigne, nommé Chinchilla, était arrivé à Saragosse avec des desseins contre sa personne et une lettre de recommandation pour le duc de Villahermosa, vice-roi d'Aragon, il s enfuit k Lerida, d'où il adressa, le 16 août, a Philippe II, une nouvelle lettre plus pressante encore que la première 1 . En même temps le capitaine Quinlana écrivit au roi : « Je supplie trèshumblement Votre Majesté de daigner, en considération des nombreux services que feu le secrétaire Escovedo a rendus, ordonner que, dans le délai qui lui paraîtra convenable, on procède a nous rendre la justice que nous attendons contre Antonio Perez, puisque le délit est aujourd'hui constant. Je me tiendrai ainsi pour suffisamment récompensé des vingt années qu'il y a que je sers Votre Majesté a la guerre, puisque, non content de ce qu'il a déjà fait, ledit Antonio Perez veut mettre aussi à mort don Pedro Escovedo et l'enseigne Enriquez, afin que tout demeure étouffé et enseveli dans les ténèbres*.»

1 Proceso, ms., Lettre d'Antonio Enriquez au roi.

* a Supplico & Vuestra Magestad humildemenle sea servido, en consideracion de los niuchos servicios que cl secretario Escovedo le ba hecbo el muerto, que, con la brevedad que i Vuestra Magestad le paresca conveniente, procéda con la justicia que esperamos de Vuestra Magestad contra el diebo Antonio Perez, pues cl delito esta descu-

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