CHAPITRE IV
Philippe II ne laissa pas donner suite encore aux: recherches sur la mort d'Escovedo. Mais il frappa alors Perez d'une manière plus rigoureuse qu'il ne l'avait fait la première fois. A la suite de l'enquête pour corruption, qu'on appelait visite en Castille, il le fit condamner, le 23 janvier 1585, par la sentence suivante : « Le licencié don Thomas Salazar, du conseil de Sa Majesté pour la sainte et générale inquisition, commissaire général de la Cruzade, etc. , attendu que Sa Majesté, désirant savoir et connaître la manière dont l'ont servie ses secrétaires de la couronne de Castille, ainsi que la fidélité, l'intégrité et le zèle avec lesquels eux et leurs officiers ont procédé dans l'exercice de leurs ministères et charges, a ordonné qu'ils fussent soumis à là visite, et nous a commis nous-même a cet effet; nous avons préalablement fait diverses vérifications et diligences, par suite desquelles nous avons trouvé bon de notifier à quelques-uns d'entre eux les faits qui étaient a leur charge; laquelle notification effectuée, nous les avons ouïs dans leurs justifications ; puis la procédure de visite ainsi mise a fin, Sa Majesté a résolu de nommer et a nommé en effet des juges, afin que* tous conjointement nous fissions examen et revue de ladite procédure et rendissions une décision selon la justice .
bicrto : que con esso me daré por bien remunerado de 20 anos «ue ha que servo a Vucstra Magestad en la guerra : pues aun non contento cl diebo Antonio Perez con lo h écho, intenta matar a don Pedro liscobedo y al alferez Enriquez, porque se borre todo y no se aclarc. » (Proceso, ms.)
« Or, ayant ainsi considéré les charges et justifications du secrétaire d'État Antonio Perez, ledit Perez, après consulte avec Sa Majesté, a été condamné à être enfermé et détenu dans telle forteresse qu'il plaira a Sa Majesté de désigner, pendant l'espace de deux ans et plus, selon que le roi le voudra, a être formellement banni de la cour, d'où il demeurera éloigné de trente lieues pendant dix années, et à être, pendant le même temps, suspendu de ses fonctions : Tune et l'autre peine demeurant au surplus a la discrétion de Sa Majesté et de ses successeurs. Dans ledit bannissement comptera le temps de la réclusion et détention dans la forteresse, et, en cas d'infraction, la peine en serait doublée. En outre, et dans les neuf premiers jours qui suivront, il payera, rendra et restituera douze millions deux cent vingt-quatre mille sept cent quatre-vingt-treize maravédis 1 , en la forme et de la manière qui suivent, savoir : deux millions soixantedix mille trois cent quatre-vingt-cinq qu'il a reçus et qui lui ont été remis a Naples pour le compte de la dame doîia Ana de Mendoza et de la Cerda, princesse d'Eboli, sauf le droit qu'il peut avoir pour toucher de ladite princesse un certain cens qu'il prétend lui appartenir et être imposé sur ses biens ; item, huit couvertures neuves, brodées d'or et d'argent sur velours cramoisi, reçues de ladite princesse, telles et aussi bonnes que lorsqu'elles lui fu-
4 Le maravédis valait un peu plus d'un de nos centimes. Quatre maravédis avaient la valeur intrinsèque de cinq centimes.