CHAPITRE IV
Barajas qu'on prît des précautions plus grandes 1 . Le comte de Barajas ordonna aussitôt que les portes et les fenêtres de la prison fussent soigneusement fermées, et il plaça auprès de Perez un plus grand nombre d'alguazils.
Ces mesures prises, Vasquez interrogea deux fois Perez sur le meurtre d'Escovedo, le 23 et le 25 août, et lui communiqua les charges que la déposition de son ancien page Enriquez faisait peser sur lui et sur son majordome Martinez*. Perez nia tout, et il essaya, avec assez d'adresse et beaucoup d'aplomb, de donner le change sur la véritable cause de la mort d'Escovedo 8 . Dona Juana Coëllo fut questionnée sans plus de succès*. Le 25 août, après le second interrogatoire de Perez, Vasquez rendit une sentence qui constatait le crime, établissait les charges résultant de l'instruction contre Perez et son
1 « Y no ha visto mas guardias que dos alguaciles, que son
Erizo y Zamora, siendo 16 piezas las que tiene por carcel ; y por la parte trasera del quarto ai dos puertas desclavadas, por dondc entran y salen de noche ; y veia muchas personas que venian â verle, sinque
le pucdan ver los dichos alguaciles Y que le veiô salir de la dicha
prision con un palo en la mano al dicho Antonio Perez, de dia, sin prisiones ningunas. » [Proceso, ms.)
8 Ibid.
3 « Respondiô que Gaspar de Robles, que réside en Flandès, Ueg6 a esta corte con despachos del senor don Juan de Austria para Su Magestad, y le dixô â este déclarante que al apearse trahia orden del senor don Juan, de que luesse la primera cosa que hiciesse visitar al secretario Escobedo, y le.dixesse que se guardasse, que avia èntendido que por cierto embarazo de amores que le avia sucedido, le querian matar. » (Jbid., confession de Antonio Perez.)
* Ibid.
majordome, et leur accordait dix jours pour répondre et se justifier 1 . Don Pedro Escovedo porta alors plainte en forme contre l'un et contre l'autre*. Perez et Martinez choisirent des avocats, et, au terme des dix jours qui leur avaient été accordés, ils en demandèrent et en obtinrent encore huit pour produire leur justification 8 . En même temps Perez, a qui on avait mis les fers pour mieux s'assurer de sa personne, fournit une bonne caution afin qu'on les lui retirât. Il produisit, le 7 septembre, six témoins a décharge*, qui déclarèrent que le secrétaire Escovedo et Antonio Perez étaient amis intimes; que, a l'époque du meurtre, Perez était a Alcala avec le marquis de los Vêlez; qu'il en parut fort affligé; que, dans leur conviction, Antonio Enriquez était un témoin faux et suborné, parce qu'il était devenu inséparable des Escovedo. Ils ajoutèrent qu'Antonio Perez, a la justification duquel auraient déposé
1 « Y en dicho dia 25 de agosto proveyé cl dicho Rodrigo Vasquez de Arce auto, en que dixô que ponia por cargo y culpa lo que resultaba del proceso contra Antonio Perez y Diego Martinez, y les mandé dar traslado délia y que respondiessen, y recibiô el negocio à* prueba de diez dias con cargo de pétition y castigo. » (Proceso, ms.)
* « Y en dos del dicho mes ^de setiembre) 1589, se querellé en forma el dicho don Pedro de Escobedo por la muerte de su padre contra el dicho Antonio Perez, y Diego Martinez, y con sortes. » [Ibid.)
8 « Pidiô ocho dias mas para hacer su descargo. » (Ibid.)
* « Présenté el dicho Antonio Perez los testigos de su descargo que fueron seis : Diego de Bustamente, estudiante, Montanes, Claudia Varia, criada de don Diego de Santoyo, Juan de Vera, vecino de Soria, Antonio Ortiz, estudiante en esta corte, y Luis de Escoriguela, contador de Su Magestad y sécréta rio del consejo de Aragon. (Ibid.)