‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 98 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Perez fut acquitté par le haut tribunal d'Aragon 1 . Le désistement de Philippe II fut suivi, cinq fours après, d'une autre poursuite. On aurait voulu pouvoir faire condamner Perez comme ayant empoisonné l'astrologue Pedro de la Hera* et Rodrigo de Morgado ; mais il Ait prouvé, par les déclarations des médecins, et malgré les fausses dépositions de quelques témoins, qu'ils étaient morts l'un et l'autre naturellement et d'une maladie connue 8 . On renonça dès lors a cette accusation, et l'on eut recours a une autre 4 . Le roi avait le droit de poursuivre, en Aragon, par un jugement A'enquête absolument semblable au jugement de visite usité en Castille, ceux de ses officiers qui l'avaient mal servi, sans qu'ils pussent invoquer le privilège du fuero aragonais. Le marquis d'Almenara 5 entama un procès semblable contre Perez, qu'il accusa de corruption, demandant au justicia mayor de le lui livrer comme

sacion, o en olra qualquiera manera a mi bien vista, pedirle cuenta y razon delos dichos delitos. » (Proceao, vas.)

* « Vistos los descargos de Antonio Perez por el gran justicia de Aragon, le dieron por libre de la acusacion de la muertc del secretario Escobedo. » (Ibid.)

* « Don Inigo de Mendoza, marques de Almenara,.... le pusô olra acusacion, diciendo que con un bebedizo avia muerio â un clerigo de Madrid, de que se causé grande escandalo. » (Ibid.)

3 « A lo quai respondiô Antonio Perez diciendo que el mismo avia bebido de la propria bebida ; y lo probô con medicos que curaron al dicho clerigo que no muriô de ponzona, sino de mal natural. » {Ibid.)

* « Visto por el dicho marques de Almenara, dixô" contra el dicho Antonio Perez que bien sabian que, entre los tueros de Aragon, avia

officier du roi. Perez n'eut pas de peine a prouver que, pour être excepté du privilège des fueros, il fallait avoir été officier du roi en Aragon, et qu'il n'avait jamais été employé que dans le royaume et les affaires de Castille ; que dès lors il ne devait pas être livré a la justice arbitraire de la couronne, mais rester sous la protection de la justice aragonaise. 11 ajouta, de plus, qu'ayant été déjà condamné une fois pour ce fait, en 1585, il ne pouvait pas 1 être une seconde, et que, d'ailleurs, il avait, dans les lettres originales du roi, un moyen de se justifier aussi sur ce point 1 . Le projet de condamnation par voie A' enquête échoua 2 tout comme avaient échoué l'accusation pour meurtre, celle pour trahison, celle pour empoisonnement. Perez demandait sa mise en liberté ; il la demandait tout au moins sous caution. Philippe H voyait sa victime prête k lui échapper. Mais il y avait dans la catholique Espagne un tribunal qui, par son caractère religieux et son esprit envahissant, dominait tous les autres, tribunal institué pour punir les pensées a défaut d'actes, tout aussi dévoué au roi qu'à l'Église, et par lequel il était facile de faire condamner ceux que la justice

fuero que disponia que el rey podia castigar à qualquier oficial suyo que le huviesse deservido, sin que se pudiesse valer ni favorecer de los fueros del reyno, y que bien era a todos maniftesto ser el dicho Antonio Perez oGcial de Su Magestad, y como a lai le podia castigar, » etc. (Proceso, mis. — Relociones, p. 111 — Argensola, cap. xxrcîi, p. 80,81.)

1 Relociones, p. 111 et 112.

* a Lo quai visto por el justiçia de Aragon, le dieron por libre desta acusacion. » [Proceso, vos.) ^

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