SES ORIGINES
es grandes manifestations industrielles, commerciales et artistiques, connues sous le nom d'Expositions, n'ont fait leur apparition qu'à la fin du siècle dernier. Et encore ne peut-on compter à cette époque, comme pendant toute la première moitié du siècle actuel, que quelques timides essais, à programmes restreints, n'embrassant, le plus souvent, qu'une des branches du génie humain et surtout ne s'adressant toujours qu'à un seul pays.
C'est la seconde moitié du xixe siècle qui a eu l'honneur de développer ces grandes luttes pacifiques et d'appeler les industriels, les commerçants, les artistes de tous les pays à mettre, vis-à-vis les uns des autres, les produits de leur activité, de leur génie, pour permettre la comparaison. Ces grandes assises internationales se reproduisent maintenant à intervalles de plus en plus rapprochés et il n'est guère de pays où l'on n'en ait vu s'ouvrir. Le Nouveau Monde aussi bien que l'Ancien s'est lancé dans cette voie et des villes d'Australie même, Sydney, Melbourne, qui comptent à peine cinquante années d'existence, ont réussi rà faire traverser les mers aux produits européens pour venir s'exhiber chez elles.
Le Nouveau Monde, lui, est habitué à mettre en pratique la devise italienne et à « faire par soi-même » ; mais l'Ancien n'a pas encore su secouer le joug de la tradition en développant l'initiative individuelle : dans bien des circonstances, il s'en remet à l'Etat du soin de certains intérêts publics, de certaines organisations.
Cela est vrai notamment pour ce qui concerne les Expositions et il serait téméraire de soutenir qu'elles pussent se passer du concours officiel et direct des gouvernements. Aucun exemple d'ailleurs ne permet de l'affirmer ; l'Exposition d'Amsterdam elle-même, qui a montré sous ce rapport plus d'indépendance et peut-être plus de témérité que toutes les Expositions antérieures, a cru nécessaire à son prestige et à son succès de demander le concours officieux de l'Etat et d'aucuns pensent qu'un concours officiel eût encore augmenté l'un et l'autre.
A Anvers, le concours de l'Etat a été mieux entendu et plus complet. Le gouvernement, prenant hautement le patronage de la tentative faite par quelques-uns de ses nationaux, a convié officiellement tous les peuples à venir exposer leurs produits dans la métropole commerciale de la Belgique.
Aussi le succès a-t-il été éclatant et incontestable.
Il reste donc établi, jusqu'à preuve du contraire, que pour réaliser une œuvre aussi colossale que celle d'une Exposition universelle, l'initiative privée a tout intérêt à s'assurer du patronage de l'Etat et du concours des forces diplomatiques, administratives et financières dont l'Etat seul dispose.
L'exposé de la façon dont l'idée d'une Exposition à Anvers a été conçue, s'est développée et a été conduite à bien, prouvera ce que nous venons de constater.
L'achèvement des ouvrages maritimes entrepris immédiatement après le rachat du péage de l'Escaut, rachat auquel tous les gouvernements étrangers coopérèrent, et l'inauguration des nouveaux quais, annoncée pour l'année i8S5, firent naître dans le dernier semestre de iS83 l'idée de montrer au monde entier ces magnifiques ouvrages, résultats des prodigieux efforts accomplis dans ces derniers temps et qui font du port d'Anvers l'un des plus importants et des mieux outillés du globe.
Les nombreux sacrifices que la Ville et le Pays s'étaient imposés pour améliorer le port d'Anvers, semblaient des raisons suffisantes pour que les Anversois conviassent le monde entier, par des festivités de longue durée, à venir juger de la valeur de leur belle rade.
Mais il fallait, pour obtenir le résultat voulu, attirer à Anvers, non ssulemmt le mouvement des visiteurs habituels, mais aussi les négociants étrangers, les producteurs de tous les pays : le programme ordinaire des réjouissances usitées pour les grandes solennités ne pouvait convenir en de semblables circonstances.
Le but que l'on se proposait, généreux au point de vue belge, devait être étendu, ennobli pour ainsi dire, en associant directement à nos joies et à nos triomphes, tous les peuples amis que l'on convierait dans nos murs.
C'est ainsi que naquit la première conception d'une Exposition internationale à Anvers.
Le 25 juillet i883, trois hommes se réunissaient qui s'étaient rencontrés dans cette idée, MM. E. Colinet, F. Gittens et J. L. Hasse, et jetaient les bases de l'affaire qui allait, à partir de ce moment, devenir l'objet de leurs préoccupations constantes.
Quinze jours après, le 9 août, les premières études ayant déjà débarrassé l'idée de ses langes, M. Gittens en parlait pour la première fois à M. de Wael. L'honorable bourgmestre d'Anvers comprit immédiatement tout ce que la ville, dont il dirige les destinées, pourrait tirer d'honneur et de profit de l'installation d'une exposition; il se montra très favorable au projet qui lui était soumis et promit son appui et son concours.
Le choix du terrain était la première chose dont l'examen s'imposait. Les promoteurs du projet avaient jeté les yeux sur les terrains de la Compagnie du Sud et étaient entrés en pourparlers avec M. de Keyser, le Directeur de cette Société. Celui-ci accueillit leurs ouvertures et, dès le 25 août i883, leur écrivit que les terrains choisis, — ceux sur lesquels s'élève aujourd'hui l'Exposition, — étaient à leur disposition moyennant des conditions qu'il leur indiquait.
Les promoteurs de l'Exposition avaient compris, dès le premier jour, que le succès de l'œuvre qu'ils avaient entreprise ne pouvait être dû qu'au concours de tous. Aussi, tout en poursuivant leurs études, allaient-ils exposer leurs projets à tous les hommes que leur situation et leur intelligence ont placés à la tête de la population anversoise. Il ne pouvait être question de divisions de partis ; il s'agissait de l'honneur et de la prospérité de la cité, on ne pouvait rencontrer que de bonnes dispositions.
C'est le lendemain que le public eut connaissance pour la première fois de ce projet par un article publié dans ÏOpïnion d'Anvers.
Les démarches continuèrent et les personnalités qui avaient été consultées commencèrent à s'intéresser à l'idée et à examiner ses chances de réussite. Le 25 septembre, M. Koch se rend à Amsterdam pour visiter l'Exposition et étudier les détails de son installation ; le 6 octobre, M. Lynen fait à son tour le même voyage dans le même but.
Les derniers mois de l'année i883 furent consacrés à ces études et à ces pourparlers. Naturellement comme dans les commencements de la réalisation de tous les projets, on n'alla pas sans rencontrer quelques obstacles.
A première vue, l'idée d'une Exposition universelle paraissait très simple et ne rencontrait, en principe, que des adhésions ; mais l'on était, à bon droit, effrayé lorsqu'on envisageait toutes les difficultés d'une entreprise aussi vaste ; aussi, dans les premiers moments, sembla-t-on devoir reculer devant la réalisation de ce projet.
De tous côtés on objectait la fréquence des Expositions dans les dernières années et le grand nombre de celles que l'on préparait en ce moment.
— H9 — L'Exposition d'Amsterdam datait d'hier ; Londres, Edimbourg, la Nouvelle-Orléans, Turin, Buda-Pesth, Nuremberg, Kœnigsberg organisaient la leur. Déjà l'on annonçait celle de Madrid, et l'on commençait à parler ■de l'Exposition du Centenaire de Paris!
La date de j 885 s'imposait. En effet, l'Exposition Universelle d'Anvers devait concorder avec l'inauguration des travaux gigantesques qui en avaient fait naître l'idée et dans le courant de cette année, les nouvelles installations maritimes allaient être entièrement achevées.
De plus, une occasion unique s'offrait d'avoir dans l'enceinte de la ville, à proximité de ces mêmes ■installations, un espace exceptionnel, facilement accessible par de larges avenues, des rues bien tracées et de nombreuses voies de tram ; en effet, à quelques pas du grand fleuve s'étendaient des terrains de plus de 3o hectares, laissés libres par la démolition de la fameuse Citadelle du Sud, et dont il fallait disposer sans retard, le développement rapide des constructions privées dans le nouveau quartier du Sud, faisant prévoir qu'ils ne sauraient être plus longtemps disponibles.
Enfin, en i885 également, la Société royale pour l'Encouragement des Beaux-Arts ouvrait son Salon 'triennal qui serait transformé en Exposition Internationale.
La date de i885 fixée, il fallait se mettre immédiatement à l'œuvre.
Un Comité provisoire se forma au mois d'octobre i883 et s'adressa immédiatement au ministère pour demander en faveur de l'entreprise l'appui du Gouvernement.
Il s'agissait en effet d'obtenir du Ministère des Affaires étrangères de signaler aux Gouvernements étrangers l'Exposition d'Anvers et de les inviter à y prendre part.
D'autres départements ministériels devaient aussi faciliter la tâche des organisateurs, — sans imposer de charges aux contribuables, — en nommant un Commissaire du Gouvernement qui aurait à se charger, comme cela avaUété fait aux Expositions antérieures, de l'organisation de la Section belge, — en accordant la franchise postale dans le rayon des postes belges et en faisant divers travaux de raccordement aux voies ferrées qui devaient relier les terrains choisis à la gare du Sud.
Le Comité s'adressa également au Gouvernement pour obtenir sur les lignes de l'Etat une réduction de jo ■>/. sur le prix de parcours, en faveur des Commissaires de l'Exposition, des Membres du Jury, etc., tant belges qu'étrangers.
Le Comité provisoire de l'Exposition, reçu le 20 octobre dernier en audience par M. le Ministre des Affaires étrangères, lui exposa verbalement l'objet de ses démarches. La lettre suivante, adressée quelques jours plus tard, résume les demandes faites à l'audience en question.
Anvers, le 3o Octobre iS83.
Monsieur le Ministre
Les soussignés ont l'honneur Je vous exposer, comme suite à l'audience que vous avez bien voulu leur accorder le vingt de ce
rnationale maritime,
mois qu'ils ont conçu le proje, d'organiser à Anvers, dans le courant de l'année iSS5, une exposition
industrielle et commerciale et qu'ils viennent demander pour cette entreprise le patronage officiel du Gouvernement et son intervention
efficace dans les mesures suivantes :
Le Gouvernement belge signalerait l'Exposition d'Anvers
Gouvernements étrangers en les invitant il y prendre part. Il ■chargerait Tes""^'" àÇioLtiqu^'a comulaires" à l'étranger d'appeler sur cette exposition l'attention des industriels et des commerçants de leur pays de résidence. Les agents diplomatiques et consulaires seraient priés d'appuyer les démarches que feratent a l'étranger les représentants ou délégués de l'Exposition.
L'Etat nommerait comme il est d'usage une Commission chargée d'organiser la section belge.
Il ferait gratuitement la surveillance et prendrait à sa charge la décoration de la dite section.
L'Etat ferait à ses frais le raccordement des bâtiments de l'Exposition à la voie ferrée de la ga
L'Exposition serait mise sous le régime des entrepôts fictifs.
La gratuité des transports serait accordée aux marchandises destinées à l'Exposition, à l'aller et au retour ,usqu a concurrence de 25oo kilos par exposant. L'excédent obtenant une réduction de 5o %.
L'Etat accorderait également la franchise postale à la section belge. ... ... ,
Les commissaires de l'Exposition tant étrangers que belges, les membres des Jurys et de la Presse ,omra.ent sur les hgnes de l'Etat d'une réduction de 5o p/j pendant toute la durée de l'Exposition.
I 'Etat nommerait, d'accord avec les Gouvernements étrangers, les membres des Jurys.
Dans le bu, de procurer aux exposants l'occasion d'opérer des ventes, le Gouvernement autoriserait l'organisation dune tombola
placée sous le contrôle de l'Etat,
Vous reconnaîtrez aisément, Monsieur le Ministre, que les demandes que nous avons 1 honneur de vous soume.tre n imposen aucune charge sérieuse à l'Etat. Il faut admettre au contraire que l'Etat trouvera une large compensation aux quelques sacrifices q„ .1 pourrai, faire dans l'in.érè, des exposants belges, par l'augmentation du trafic des voyageurs qui es, la conséquence immédiate de» grandes^Kpositions. ^ ^ ^^^ pffi .uniqlierMnt alls „a,io„aus, mirera un grand nombre d'étrangers qui ne s'arrêteront pas
seulement dans notre ville. La ctipirale e, les antres villes si intéressantes de notre pays sauront les attirer et les retenir a leur tour.
d'Anvers -Sud.
Nous nous permettons maintenant, Monsieur le Ministre, d'entrer dans quelque, conside'n projet :
En effet, le rachat du péage de l'Escaut, auquel tous les Gouvernements étrange que le pays s'est imposée pour améliorer le port d'Anvers, sont des raisoi de longue durée, le monde entier à venir juger de la
ons qui militent en faveur de notre
ingers ont coopère et plus récemment, la dépense considérable isons péremptoires pour que les Anversois convient par des solennités 'illeur de notre belle rade et de l'importance des travaux exécutés arâce aux sacrifices que ce sont imposés 1 Etat et la ville, sacrifices qui dans leur ensemble se chiffrent par plus de cent millions de francs Rien nest plus propre a réaliser ce but qu'une Exposition internationale.
En donnant une large part dans 1 Exposition d'Anvers à l'élément maritime, les organisateurs espèrent atti belges sur une industrie florissante à l'étranger et trop méconnue chez nous.
La section industrielle permettra à l'industrie belge de se mesurer les meilleurs résultats.
l'attention des capitalistes
antageusement avec l'industrie étrangère et l'on peut en augurer
cret pour personne que
car ce nest un
Mais la partie commerciale surtout mérite de frapper l'attention de nos compatriotes ci beaucoup de nos produits se consomment au dehors sous une étiquette étrangère,
L'Exposition d'Anvers en stimulant l'initiative de nos industriel: de bien des produits d'exportation et rapprochera les consommateurs des
rFxoosWonTrrT d'ATS' Trmê^l rUrel e"tre la BelgîqUâ CC IéCranger' V6rra SWk d" h°™ "ux. ^ en somme 1 Exposition fera plus que bien des années d'efforts individuels pour développer l'esprit d'initiative de la
L'Exposition d'Anvers mettra donc le sceau aux travaux grandioses accomplis par l'Etat monde entier sur les merveilles créées par notre génie civil.
Les nations qui ont le bonheur de posséder des colonies auront tout intérêt non seulement à se fa: de près un centre industriel comme la Belgique. r™l,„r„°h,trT°nS aUSSiSUrk P",idf"'i l'Edition de ,8Î5 du Comité d'études du Haut-Congo, p„„r mettre en lumiera les det,reCusteS„u"™„K "'"" " * '" «'*'* ™1» ««, d,= àl, B,»l™„iiLtUI efor» persévérants
r..Ï!!.l°"MiSSCf:. M°""m'' " Mi"iS"'e: leS ra'SOm l0Cales 1ui "°°s imP°s"« le ■*«>* * l'année ,8S5 pour l'Exposition d'Anvers.
et de nos commerçants, fera mieux connaître la éritables producteurs.
nation, par la ville et appellera l'attention du
mais qui ne sont pas au même titre que nous des nations productrices, représenter dignement dans une ville commerciale comme Anvers, mais encore à étudier
«rmÎr'nrr, ^ "', T"'"0™"5 ""'^ â™ h "»™ 1°»** J» Sud, qui seul offre encore un espace suffisant, ne nous
gZtoT^LTZr^JZ."™ pe",e de '" rendre à ,out ,ama,s i"possible- Nous *■■— ^ <°<°^' ~ »»
lescnelle^sfÏÏr;0" C0"""l",!"e. d'AnVerS " d* a0<=°rfl s°" » »» organisateurs de l'Exposition et les conditions générales dans i lesquelles se présente cette entrepose permettent d'en espérer le succès complet.
C'est donc avec la plus entière confiance que les soussignés viennent demander au Gouverner» formes indiquées plus haut.
Si, comme ils l'espèrent, Monsieur le Ministre, le Gouvernement veut bien accorder à leur de les soussignés comptent former à bref délai, une Société Anonyme pour menei Belgique.
Dans l'attente d'une prompte réponse les soussignés considération.
concours officiel
prient d'ag
bien l'opération et la :r , Monsieur le Minisi
Je la solution qu'ils désirent, ndre digne d'Anvers et de la
l'assurance de leur haute
(Signés) F. Belpaire, J. Koch, V. Lyhen, A. Van den Nest, F. Gittens.
Le 26 décembre, le Comité fut reçu de nouveau par M. Frère-Orban qui lui communiqua les réponses de quelques Gouvernements étrangers, aux demandes officieuses qu'il leur avait fait adresser. Quoique ces réponses fussent peu encourageantes, le Comité déclara à M. le Ministre, qu'il poursuivrait la réalisation de son projet s'il pouvait compter sur le concours du Gouvernement belge. Ce concours ayant été promis par M. Frère-Orban, le Comité se rendit auprès de M. le Ministre de l'Intérieur pour examiner avec lui quelques-unes des demandes formulées dans la lettre du 3o octobre. Sur les observations de M. Rolin- Jaequemyns et conformément à sa demande, le Comité adressa ensuite à M. le Ministre de l'Intérieur la lettre suivante, datée du g janvier 1884 :
Monsieur le Ministre,
Donnant suite à la demande que vous nous avez faite dans l'audience que vous avez bien voulu nous accorder le ,6 décembre dernier, nous avons l'honneur de vous remettre ci-joint le projet de budget de l'Exposition Internationale d'Anvers en ,SS5 Vous remarquerez, Monsieur le Ministre, que ce budget clôture d'après nos prévisions par un déficit de fr. 3a i 7S7.5o.
Nous venons vous demander l'appui financier du Gouvernement jusqu'à concurrence de fr. 3oo.ooo, pour nous permettre de combler ce déficit et nous aider ainsi à mener à bonne fin une entreprise que nous considérons digne à tous égards des sympathies du Gouvernement.
En échange de cette intervention, nous fixerions le prix de location du mètre carré utilisé dans la Section belge au taux moyen de cinquante francs, manutention et décoration comprises, et ce jusqu'à concurrence de dis mille mètres.
Nous mettrons de plus à votre disposition cent mille entrées à un franc, pour ouvriers et écoliers, avec une réduction de 5o »/
Nous sommes autorisés à vous déclarer que le Collège échevinal d'Anvers est disposé à proposer au Conseil communal d'accordé de 1 Exposition un ensemble de faveurs que nous estimons représenter une intervention d'au moins cent mille francs.
Dans notre dépêche du 3o octobre, adressée à M. le Ministre des A fiai i demandé l'autorisation d'organiser à l'occasion de l'Exposition mit question concerne plus spécialement votre collègue M. le Ministre de la solution.
i Société
igères et dont vous avez connaissance, nous avons encore mbola formée d'objets acquis aux exposants. Bien que cette Justice, nous vous serions obligés d'en obtenir
ieme temps
Vous comprendrez, Monsieur le Ministre, combien il nous importe d'être fixés à bref délai sur les demandes ci-dessus. Nous devonsfaire appel au public pour constituer la Société qui sera créée au capital entièrement versé de fr. i . 5oo.ooo, chiffre que nous considérons commesuffisant. — Quant à l'organisation de notre Exposition, elle sera conforme à celle des autres entreprises similaires et nous nous tenons à votredisposition pour vous donner à cet égard toutes les explications que vous pourriez désirer.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, etc.
(Signés) ; MM. Ffé
Le Comité provisoire :
. Belpatke, Jui,. Koch, Vict. Lynen, Eug. Meeus, Art. Van den Nest, G. Van den Abeele,
En attendant la réponse du Gouvernement à cette lettre, le Comité résolut de constituer la Société anonyme pour l'organisation de l'Exposition d'Anvers. L'acte en fut passé le 21 janvier et dès le 22 une circulaire fut adressée au public pour lui demander son concours financier.
Cette circulaire datée du 22 janvier, faisant mention du concours promis par le Gouvernement, fut soumiseau préalable par M. le Bourgmestre d'Anvers et M. A. Van den Nest, l'un des membres du Comité, à M. le Ministre des Affaires étrangères et à M. le Ministre de l'Intérieur. Voici le texte de cette circulaire :
Le dernier semestre de l'année iS83 a vu éclore l'idée d'organiser à Anvers une Exposition Universelle en iS85.
Le projet fut accueilli avec enthousiasme dans notre ville et dans le pays. Les Expositions, à notre époque, répondent à des besoins spéciaux du commerce et de l'industrie.
Par sa position géographique et par l'admirable aménagement de son port, Anvers, mieux que toute autre ville de l'Europe Occidentale, seprête à l'organisation d'une de ces vastes expositions qui entrent de plus en plus dans nos mœurs économiques.
11 est inutile d'insister sur les avantages que la Belgique et la ville d'Anvers doivent retirer d'une entreprise de ce genre.
Il importe de faire connaître au monde entier les merveilleuses installations pour lesquelles l'Etat et la Ville dépensent plus de cent millions de francs, et qui feront de notre port un des premiers de l'univers. Ce but sera plus rapidement atteint au moyen de l'organisation d'une Exposition universelle à la fois maritime, commerciale et industrielle, par laquelle des commerçants de toutes les parties du monde seront attirés dansnos murs.
Le Comité provisoire qui a accepté la mission d'étudier ce projet grandiose, et d'en préparer la réalisation, vient de terminer son travail .
En se chargeant de cette étude, le Comité provisoire s'est sincèrement inspiré des intérêts généraux du pays et de ceux du port d'Anvers.
II a tout d'abord reconnu que l'Exposition d'Anvers ne peut pas être l'objet d'une spéculation financière; mais qu'elle doit revêtir le caractère d'une œuvre nationale, à laquelle la Belgique entière est appelée à prêter son concours.
C'est en exécution de ce programme, que nous offrons au public la majeure partie du capital de la Société Anonyme constituée pour l'organisation et l'exploitation de l'Exposition Universelle d'Anvers. Les statuts de la Société sont à l'inspection du public danstous les bureaux où la souscription est ouverte.
On trouvera ci-joint les conditions de la vente des actions. Le résultat de la vente dira si Je projet peut être réalisé ou s'il doit être abandonné. Nous acceptons le verdict de l'opinion publique.
Il n'est créé ni parts de fondateurs ni actions de jouissance. La seule charge imposée à la Société résulte d'une convention faite avec MM. F. Gittens, E. Colînet et .1. L. Hasse, promoteurs du projet, qui ont renoncé à tout concours financier étranger. Cette convention leur attribue, si l'Exposition a lieu, une somme de cent vingt mille francs et 10 pour cent dans les bénéfices de l'entreprise. Mous avons jugé équitable d'accorder ces avantages aux promoteurs de l'Exposition, en compensation de leurs études, plans, devis, renseignements , concessions et conventions, dont nous nous sommes assuré l'acquisition éventuelle. Ces Messieurs se sont engagés à convertir en actions de la Scciété les 3/4 de la somme qui leur serait payée.
Nous avons à faire connaître le résultat du minutieux examen que nous avons fait des chances de succès de l'entreprise.
Pour réaliser le projet, la date de 1 885 s'impose. C'est dans le courant de cette année que les travaux gigantesques de notre port seront entièrement achevés. Il faut profiter des terrains encore momentanément disponibles, pour établir l'Exposition au centre de la ville et à proximité de ses établissements maritimes.
La ville d'Anvers et la Société Anonyme du Sud ont mis à la disposition des promoteurs de l'Exposition des terrains d'une superficie d'environ 220.000 mètres carrés, comprenant une partie du bassin de batelage destinée pour l'Exposition maritime.
Notre auguste Souverain n'est jamais resté indifférent aux projets qui peuvent contribuer à étendre la renommée de notre port et à augmenter le bien-être de la Nation. Aussi ne doutons-nous pas que l'Exposition Universelle d'Anvers n'obtienne le haut patronage de Sa Majesté Léopold IL
L'Etat et la Ville d'Anvers prêtent leur concours à l'entreprise.
Le Gouvernement nous a promis son appui auprès des Puissances étrangères et le concours de nos agents diplomatiques et consulaires ect acquis. Si nous ne comptons pas sur le concours officiel de tous les Gouvernements étrangers, nous savons par l'expérience faite ailleurs, que là où les Gouvernements n'interviennent pas par principe, l'intérêt privé des exposants supplée dans une large mesure au défaut de l'initiative gouvernementale. Nous avons du reste prévu la création d'agences spéciales à l'étranger, dans le but de faciliter aux exposants des divers pays l'accès à l'Exposition.
Le concours financier de l'Etat, sous forme de subside, subordonné à des conditions dictées par l'intérêt général, sera demandé par le Gouvernement aux Chambres législatives.
Lh Ville de son côté accordera à la Société des faveurs qui allégeront les charges de l'entreprise.
L'Exposition triennale de la Société pour l'Encouragement des Beaux-Arts aura lieu en 1 S8 5 ; elle attirera à Anvers les amateurs d'art, qui s'y rencontreront avec les commerçants et les industriels.
L'inauguration des nouveaux quais de l'Escaut et de leur puissant outillage coïncidera avec l'Exposition Universelle et sera un aurait de plus pour les visiteurs.
La réputation de la ville d'Anvers grandit chaque jour à l'étranger. Ses magnifiques monuments, ses musées, ses collections
particulières d'œuvres d'art, ses quais, ses bassins et son mouvement maritime, seront pour les uns des éléments d'études et des sujets de distractions pour les autres.
Le vaste terrain choisi au nouveau Quartier du Sud, est exceptionnellement situé pour la réalisation de l'entreprise. L'appropriation n'en exigera que des terrassements relativement peu importants; de larges voies de communication y donnent accès; il avoïsine l'Escaut et confine aux voies ferrées de l'Etat et aux établissemenis maritimes.