XVII. cal. Maji MDCXXIV
Dans ces travaux se trouvent compris le nouveau triple dock de baltelage
(*) Pour celui à qui le Tage et le Gar-.ge, le Rhin et l'Indus obéissent, l'Escaut roule joyeusement ses ondes obéissantes. En. comme il a porté les ïlcites sous ton aïeul, l'Empereur, il les porte aujourd'hui sous te; auspices ô grand Phi'ippel
Canal ai.x Chs.rtcns, ce mb lé lors de la rectification des quais.
reviendra à près de cent millions. Les grands vapeurs des lignes régulières ont leur embarcadère au quai même.
La vue pittoresque qu'offrait la ville, vue du fleuve, est changée du tout au tout par suite de ces remaniements. On n'a gardé des vieilles constructions bordant l'Escaut que la Porte de l'Escaut, que l'on a pourtant transportée un peu plus à gauche de sa place primitive, et le Steen.
La porte de l'Escaut, transportée au quai Plantin, fut érigée en 1624 en l'honneur de Philippe IV, d'après les plans de Rubens, avec sculptures de A. Quellin, le solennel auteur de la flatteuse inscription :
Le départ.
occupant une partie de l'emplacement de l'ancienne citadelle du Sud, et destiné aux bateaux d'intérieur. — Ces docks remplacent les vieux canaux.
La citadelle du Nord qui jusqu'à ce dernier temps était considérée comme indispensable à la défense de la ville, est également en voie de se transformer en docks à l'usage des navires employés pour le transport des pétroles.
Le port est desservi par un grand nombre de grues hydrauliques, et il possède une longue suite de vastes hangars pour remiser les marchandises. On se propose d'éclairer les ' quais par l'électricité. Les énormes bâtiments pour l'emmagasinage des marchandises, qui constituent l'Entrepôt Royal, se trouvent à l'extrémité des anciens docks, vis-à-vis de là Maison Hanséatique; et, à quelques pas au nord, se trouve la grande gare de Stuivenberg, qui réunit toutes les lignes de chemin de fer des docks et des quais.
Anvers a une correspondance régulière avec presque tous les grands ports du monde.
Le « Westem'and » du Red Star.
Parmi les grands paquebots transatlantiques, ceux de la « Red Star Line » faisant le service entre Anvers et les Etats-Unis, méritent surtout d'être visités, tant à cause de leurs dimensions extraordinaires que de leurs installations luxueuses.
Parmi toutes les sociétés de navigation d'Anvers, la Société anonyme de Navigation Belge-Américaine (Red Star Line) occupe incontestablement le premier rang, tant par l'importance de son trafic que par sa flotte. La ligne fut fondée à Anvers en 1872, par des capitalistes américains et belges, principalement de la Maison Von der Becke et Marsily qui en a aussi la direction en Europe. Par suite d'un contrat avec le Gouvernement Belge pour le transport de la malle, elle organisa 2 services, d'Anvers vers New-York et d'Anvers vers Philadelphie; le premier est hebdomadaire, le second mensuel. La flotte de la Compagnie se compose des paquebotes suivants :
Pour le service de New-York :
Westernland 5735 tonnes
Noordland 5212 »
Waesland j y53 »
Pennland ....... 3759 »
Belgenland 36g2 »
Rhynland 3692 »
Pour le service de Philadelphie et la réserve :
Zeeland 2866 tonnes
Nederland 2839 »
Switzerland 28 16
Vaderland 274S »
Tous ces paquebots sont de première classe et emménages spécialement
pour les transports de passagers. Pendant les cinq dernières années, la ligne a
transporté en moyenne, annuellement, environ 36. 000 passagers et environ
230.000 tonnes de marchandises : ces chiffres permettent de juger de l'importance
de son trafic.
Notre gravure représente le paquebot « Westernland » dont le modèle a
figuré à l'Exposition. C'est un quatre-
mâts,à 2 cheminées, construit en acier,
à 4 ponts et 8 compartiments étancbes.
Il mesure 455 pieds de letrave à le-
tambot, sur une largeur de 47 pieds
et une profondeur de cale de 35 pieds
et 2 pouces et peut prendre environ
5ooo tonnes (5. 000. 000 de kilos) de
chargement. La machine développe
4000 chevaux de force indiqués. Les
chaudières , au nombre de 4 , ont
ensemble 24 foyers. Le bateau est
pourvu de la lumière électrique et
réunit les dernières découvertes dans
l'art de la construction navale. Le
paquebot porte i36 passagers de ca-
vnyaçe
Le débarquement.
V arrivée.
bine et 1 200 d'entrepont, donc environ 1 5oo personnes en y comprenant l'équipage.
Près du Steen se trouve l'embarcadère flottant des vapeurs faisant ie trajet d'Anvers à Tamise et Rupelmonde en une heure 1/2 environ, et Boom; voyage très agréable et à un prix très modéré. Tout auprès de l'embarcadère on a établi, au-dessus des hangars, un large promenoir d'où l'on a une belle vue sur le mouvement du fleuve. Descendant le quai on se trouve près de l'entrée des bassins, fermée par des écluses, la différence entre les marées haute et basse étant encore de 4 mètres.
Par son décret du 26 juillet i8o3 Napoléon Ier déclara Anvers le premier port militaire des côtes du nord de l'Europe.
Le petit bassin a 175 mètres de long sur 147 de large, et peut contenir 100 bâtiments de moyenne grandeur; le grand bassin a 402 mètres de long sur 173 de large et peut contenir 25o navires. Au bout d'un certain temps ces bassins devinrent néanmoins insuffisants. En 1839-60 on creusa, aux frais de la ville, le bassin du Kattendyk, de 700 mètres de long sur 100 mètres de large, qui communique avec l'Escaut par une écluse de 23 mètres de large, et avec le grand
bassin par le Bassin de jonction, construit en 1869. Aux bassins déjà nommés viennent se rattacher les bassins au Bois, de la Campine, et le bassin du canal, terminés en 1878, et de dimensions à peu près égales. La superficie totale de ces bassins est de 40 hectares : celles des quais qui les entourent de 4 kilomètres. En cours de construction nous voyons les bassins Africa et America que l'on creuse sur les terrains occupés naguère par la citadelle du Nord. Ce sont MM. Casse et Hoîtat, de Bruxelles, qui se sont chargés du travail, pour la somme de 5,787,000-francs. Les travaux, commencés le 1 août i883, devront être terminés le 1 août 1886.
Un réseau de lignes du chemin de fer, embranchés à l'infini, permet le chargement immédiat des marchandises. De nombreux trains de marchandises sont en route jour et nuit. N'oublions pas les grandes et belles cales sèches situées à l'est du bassin du Kattendyk, qui ne manqueront pas d'intérêt.
Résumons, pour en finir la première partie de notre travail, les résultats des grands efforts, qui ont été faits pour le développement de la magnifique capitale commerciale.
A côté de voies de communication larges et aérées, de boulevards grandioses bordés de constructions élégantes, on voit s'établir des
places publiques énormes, se dessiner des parcs admirables et des squares nombreux.
Le pavage et les alignements des rues se sont améliorés; de nombreux travaux d'égouts et de collecteurs ont assaini la ville, dotée depuis peu d'une distribution d'eau.
Le service de la voirie réorganisé a reçu des extensions considérables. Des appareils spéciaux opèrent au moyen du vide, l'enlèvement des vidanges sans qu'il puisse en résulter d'inconvénients pour les habitants, ni de dangers pour la salubrité publique. Un vaste bassin de natation à ciel ouvert, très bien tenu, alimenté par l'eau de l'Escaut périodiquement renouvelée, est mis à la disposition de la population. De nouveaux^quartiers se sont créés. Les rues insalubres et malsaines, les ruelles infectes disparaissent peu à peu sous le marteau des démolisseurs.
La liberté de navigation de l'Escaut, le développement des voies ferrées vers l'intérieur, le perfectionnement des installations maritimes, le recul de la ceinture des fortifications qui enserrait la population, ont permis à la ville d'Anvers de reconquérir largement la place qu'elle occupait, au point de vue commercial, à l'époque de Charles-Quint.
Son port est aujourd'hui le premier du Continent.
La Porte de l'Escaut,
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