DIX-SEPTIEME GROUPE
Horticulture.
Commissaire international : M. C. Bernard. Président : M. Osy de Wychen (baron).
Vice-Présidents : MM. Doucet et Gilbert, Ch. Secrétaires : MM. Lubbers et De Code.
Pour bien faire ressortir le mécanisme compliqué de la vaste organisation que comporte une Exposition Universelle, nous avons fait abstraction, dans une certaine mesure, de l'ordre chronologique. Nous avons glissé sur un événement politique qui ne fut pas sans influence sur l'issue des projets en voie de réalisation. A la suite des élections législatives de juin 1884, la direction du pays passa du cabinet Frère-Orban au cabinet Malou. Le chef de la droite renonça au pouvoir à la suite d'une crise qui éclata au mois d'octobre et c'est amsi que le portefeuille des finances et la présidence du Ccnseil échurent à M. Beernaert.
Ceci dit, pour mettre plus d'ordre et de clarté dans notre récit, nous retournerons en arrière de quelques pas et reprendrons à partir du mois de mai l'exposé des travaux du Comité exécutif.
On remarquera que celui-ci alla résolument de l'avant, bien que la marche hésitante du gouvernement ne fut pas de nature à le stimuler bien vivement.
Le Comité exécutif composé des Administrateurs de la Société anonyme, élut pour Président M. Victor Lynen et s'adjoignit en qualité de Secrétaire général, M. Pierre Koch, avocat à Anvers.
N'oublions pas de mentionner l'institution d'un Comité technique, institué au commencement de l'année 1884 par le Comité exécutif de l'Exposition, à l'initiative de M. le comte d'Oultremont.
M. Belpaire, administrateur des chemins de fer de l'État à Bruxelles, remplit les fonctions de président du Comité technique de l'Exposition et du Comité des essais de l'Industrie.
11 consacra sa longue expérience et ses remarquables aptitudes à l'organisation de la section internationale de 1 Industrie (voir page 173). Les services éminents qu'il a rendus à l'Industrie lui ont valu sa promotion de grand officier de l'Ordre de Léopold.
M. G. Royers, ingénieur de la ville d'Anvers, occupe la place de vice-président du comité technique. Après de sérieuses études faites à l'École du Génie civil de Gand, M. Gustave Royers entra en 1870 en qualité d'ingénieur au Corps des Ponts et Chaussées, où il ne larda pas à se distinguer.
Il quitta en 1S75 cette administration pour accepter les fonctions d'ingénieur de la ville d'Anvers, rendues vacantes par le décès du titulaire, M. l'ingénieur Th. Van Bever.
M. Royers s'est dévoué à la tâche difficile qu'il avait assumée. Il a attaché son nom aux immenses travaux que l'Administration communale d'Anvers a fait exécuter depuis une dizaine d'années et a contribué pour une large part à l'amélioration de ces installations maritimes qui font l'admiration du monde entier. Sa science et son caractère l'ont rendu un des hommes les plus populaires d'Anvers. On se réjouit de ses succès, on aime son caractère modeste, bienveillant et ferme à la fois. Il doit tout à lui-même, à son talent, à son travail.
M. Royers a été nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold à l'occasion de l'inauguration solennelle des quais de l'Escaut qui eut lieu le 26 juillet i885, et cette nomination a été hautement applaudie par les nombreux amis que compte le sympathique ingénieur de la ville d'Anvers.
C'est à M. Gody qu'échut la tâche difficile de préparer toutes les questions qui étaient devenues du ressort de ce comité technique.
M. Gody s'est acquitté de ces fonctions délicates avec le plus grand zèle et beaucoup de talent.
Les questions "ayant rapport aux travaux de construction en général, à la Halle des machines, eau, gaz,
M. le Chevalier de Moreau, Ministre de 'l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics (Voir face 17S)
électricité, établissement des voies de chemins de fer, écoulement des eaux, projet d'aménagement de la gare du Sud pour le service de l'Exposition, etc., ont été préparées par M. Gody.
M. Gody a donc aussi droit à une large part de reconnaissance pour sa participation aux travaux techniques de la grande entreprise internationale d'Anvers.
M. De Keyser a partagé avec M. Gody la tâche difficile qui incombe dans tous les Comités prépatoîres à MM. les secrétaires.
M. Emile De Keyser, né à Anvers en 1841, est fils de l'illustre peintre dont s'honore la Belgique.
Il fil de brillantes études à l'École des Arts et Manufactures et des Mines de Liège, dont il sortit en i863 avec le diplôme d'ingénieur civil.
Après s'être occupé spécialement, pendant une dizaine d'années, de travaux publics, tant en Belgique
qu'à l'étranger, il fut appelé à la direction de la Société anonyme du Sud d'Anvers, créée par la loi du 17 avril 1S74 relative aux nouvelles installations maritimes du port d'Anvers.
C'est en faisant sauter l'un des bastions de l'ancienne Citadelle espagnole qu'il inaugura au mois d'août 1874, en présence de la Famille Royale, la première série des immenses travaux qui devaient transformer le port d'Anvers.
C'est d'après ses études et sous sa direction que s'exécutèrent le démantèlement et le nivellement de la vieille forteresse sur l'emplacement de laquelle s'est élevée l'Exposition Universelle; c'est lui qui traça
M. De Keyser
Secrétaire Adjoint du Commissariat Général
du Gouvernement.
le nouveau quartier et appropria à leur nouvelle destination les terrains conquis en partie sur le fleuve. Il prit une part active aux diverses négociations auxquelles a donné lieu l'œuvre colossale des nouveaux quais inaugurés le 26 juillet 1 885 .
A cette occasion, S. M. le Roi voulant reconnaître les services rendus par M. Emile De Keyser, le nomma Chevalier de son ordre.
C'est grâce au concours dévoué de M. De Keyser que les promoteurs de l'Exposition Universelle, en obtenant les emplacements qui leur étaient nécessaires, purent réaliser l'idée grandiose qu'ils avaient conçue.
Le Comité exécutif de l'Ex-
position fit, dès le début, appel aux connaissances spéciales de cet ingénieur distingué et fut heureux de le compter au nombre de ses collaborateurs actifs.
Suivant l'avis émis par le Comité technique de donner une grande importance aux diverses applications de l'électricité, il a été institué dans la séance du 20 mars 1S84 un Sous-Comité technique d'électricité composé d'un nombre restreint de personnalités et de spécialistes.
Comité technique près le Comité exécutif de l'Exposition Universelle d'Anvers.
Président .- Vice-Président .- Membre Secrétaire :
Membre Secrétaire adjoint :
Membres :
M. A. Belfaire, administrateur des chemins de fer de l'État. M. Royeks, ingénieur de la ville d'Anvers.
M. Gody, architecte au Ministère des Chemins de fer, Postes et Télégraphe M.- De Keyser, ingénieur, Directeur de la Société anonyme du Sud. MM. le Comte Ad. d'Oultkemont, membre de la Chambre des représentants.
E. Rousseau, professeur à l'École militaire et à l'Université de Bruxcllc
Deschryver, ingénieur des Ponts et Chaussées.
G. L. Delcoukt. ingénieur en chef de la .Marine.
De Ruydts, major d'artillerie.
Van Hookebeke, capitaine du Génie.
Grandoalônage, directeur de l'Institut du Commerce à Anvers.
Desraux, ingénieur à l'administration des chemins de fer de l'État.
Le Sous-Comité technique d'électricité était composé de :
Président: M. Rousseau, Recteur de l'Université libre de Bruxelles. Vice-Prêsidînu -. MM. Delarge, Ingénieur en chef. Directeur des Télégraphes.
Léon Somzée, Ingénieur, membre de la Chambre des représentants.
Melsens, Professeur de chimie à l'École vétérinaire.
Memh-e-Secritaire -. M. L. Gody, Capitaine commandant d'artillerie. Professeur à l'Ecole militaire et ù l'Ecole de guerre. Membres : MM. Banneux, Ingénieur en chef, Inspecteur des télégraphes de l'État. Barlet, Ingénieur en chef aux chemins de fer de l'État. Bède, Ingénieur, ancien professeur à l'Université de Liège. Collard, Capitaine du génie. Commandant la compagnie des télégraphistes de place. Courtoy, Professeur à l'École vétérinaire, de Cazenave, C, Ingénieur électricien.
Flamache, Ingénieur aux chemins de fer de l'État, Professeur à l'Université de Gand. E, Gérard, Professeur, Directeur de l'Institut Électro-technique Montefiore. Goethals, Ingénieur électricien.
Jaspar, Industriel.
Lhocst, Ingénieur électricien.
Mois, » »
Ch.Mourlon, » »
Nothomb, » »
Rommelaere L., Professeur de chimie à l'Ecole industrielle de Bruxelles. Van Gend, Ingénieur électricien.
Van Heurck, Directeur du Jardin botanique d'Anvers. Van Rysselberghe, de l'Observatoire de Bruxelles.
Waffelneri, Capitaine du génie, Commandant la compagnie des télégraphistes de campagne. Weissenbruch, Ingénieur aux Chemins de fer de l'État. Wybauw, Ingénieur de la ville de Bruxelles.
Le Sous-Comité technique d'électricité tint de nombreuses séances et fut l'auteur de toutes les installations électriques de l'Exposition.
Dès la première quinzaine de mai 1884, une circulaire fut adressée à tous les industriels notables e: à tous ceux que leur influence désignait pour faire partie des Comités à organiser dans chaque province et dans chaque ville.
Cette circulaire contenait un tableau -projet d'une Commission organisatrice des Comités de Sections,
de Groupes et de Classes de l'Exposition et donnait aux membres de cette Commission un premier rendez-vous à Bruxelles, le 28 mai, à l'effet d'y constituer définitivement la Commission directrice des Sections,
Elle était accompagnée d'une circulaire adressée aux Producteurs de tous les pays et contenant, outre les renseignements désirables sur le but, l'organisation et le programme de l'Exposition :
qu'en quelques semaines plus de 75,000 documents furent envoyé
Première affiche
a) Le règlement général de l'Exposition ;
b) La classification générale des Produits ;
c) Des bulletins de demande d'admission avec questionnaire ;
d) Une formule destinée aux indications nécessaires pour la rédaction du catalogue officiel de l'Exposition.
Pour donner une idée du travail auquel furent astreints à
mains. ce moment les bureaux du
Comité exécutif, il suffit de dire
ainsi dans toutes les parties du monde.
Cinq semaines auparavant, une première circulaire signée du comité exécutif, avait été, par l'entremise du Comité de la presse, adressée à tous les journaux de Belgique et d'Europe, ainsi qu'aux principaux journaux d'outre-mer.
De plus, un appel direct fut adressé aux Consuls de Belgique à l'étranger pour attirer leur attention sur l'Exposition, et pour demander leur concours en vue d'obtenir la participation des principaux producteurs de leur district.
Après l'expédition des documents à l'étranger, le Comité se mit à l'œuvre pour amener la participation des industriels belges.
Dans la réunion tenue le 28 mai, furent jetées les bases de l'organisation.
Le mercredi 3o juillet 1884, eut lieu dans la grande salle du Palais des Académies, l'installation delà commission chargée d'encourager la participation des producteurs belges.
L'assemblée, très nombreuse, composée de grands industriels, de commerçants, de hauts fonctionnaires, de professeurs d'université, de membres des corps savants, etc., etc., était présidée par M. A. Beernaert, ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, aux côtés duquel siégeaient les membres du Comité Central, MM. Lynen, président adjoint, de Wael et Meeus, vice-présidents, baron Lambermont, secrétaire général du
département des affaires étrangères, comte A. d'Oultremont, commissaire général du gouvernement, Rombaut, commissaire général de la section belge, MM. Cuylits, Belpaire, Evrard, Som'zée, Ronnberg et Bernard' commissaires internationaux, Gody J. et Koch P., secrétaires généraux, MM. le comte A. du Chastel et de Cazenave,, secrétaires.
En ouvrant la séance, M. le Ministre a pris la parole et dans une improvisation qui produisit une grande et heureuse impression, il rendit hommage à l'initiative des promoteurs de l'Exposition et à l'énergie persévérante des industriels belges dans leur lutte contre la concurrence étrangère.
Il fit ressortir, en excellents termes, les résultats heureux qu'on pouvait espérer, au point de vue surtout de l'exportation, du grand concours d'étrangers que la solennité ne manquerait pas de faire affluer en Belgique.
Il fit un appel chaleureux à la coopération de tous, protestant de l'intérêt que portait le gouvernement au succès de l'entreprise et renouvelant l'assurance de son entier et sympathique concours.
M. le ministre céda ensuite le fauteuil à M. Victor Lynen, qui, en quelques mots très applaudis, fit un exposé des démarches faites auprès des gouvernements étrangers. Déjà le concours officiel des principales nations, notamment de la France, de l'Angleterre, de l'Italie, du Brésil, etc., était acquis à cette œuvre importante. Des négociations actives sont suivies avec l'Espagne, les Pays-Bas et la Russie, dont l'adhésion ne saurait tarder.
M. P. Koch fit connaître les principaux détails du projet d'orga nisation et donna lecture du règlement de la commission.
Ensuite, M. Gody exposa la classification des groupes et comités chargés d'encourager la participation des producteurs belges, g et invita les membres présents à se réunir immédiate- ÉÊMk ment dans les autres salles ^^^ du Palais des Académies, ~~^^f~ pour procéder à la constitution des bureaux des divers comités.
Un entrain du plus heureux augure pour le succès de la grande œuvre qu'avait entreprise la ville d'Anvers marqua cette réunion.
De ce moment, l'organisation de la Section belge fut tout entière laissée aux mains du Commissaire général, M. Eug. Rombaut et de son secrétaire général M. L. de Cazenave.
Nous traiterons de la Section belge, comme de toutes les Sections étrangères, dans un chapitre spécial; nous nous bornons ici au développement général de l'Exposition.
C'est à M. le Comte Adrien d'Oultremont, nommé Commissaire général, que S. M. le Roi Léopold et ses ministres confièrent l'honneur de représenter le Gouvernement à l'Exposition d'Anvers. Ce choix était des plus heureux.
M. le Comte Adrien d'Oultremont est né en i8u3 au château de la Cattoir, dans le Hainaut.
Entré dans l'armée en 1862, il laissa dans la cavalerie dont il fut un des plus brillants officiers, les meilleurs souvenirs. En 1874, il abandonna la carrière militaire et se consacra spécialement à l'étude des questions économiques et commerciales. La compétence qu'il acquit en ces matières, lui valut l'honneur d'être nommé commissaire général des sections belges à l'Exposition Universelle de Philadelphie de 1876, et en 1878 à l'Exposition Universelle de Paris.
Deuxième affiche
M. le Comte Adrien d'Oultremont,
Commissaire général du Gouvernement
M. d'Oultremont occupa les mêmes fonctions à la section Industrielle et à celle de l'Art rétrospectif de l'Exposition nationale, ouverte à Bruxelles à l'occasion des fêtes du cinquantième anniversaire de notre indépendance, et il fit en outre partie de la Commission des dites fêtes.
Enfin, en 1881, il fut envoyé à Paris comme commissaire de la section belge à l'Exposition internationale d'Electricité, et nommé membre de la société des Electriciens.
En récompense des services signalés qu'il a rendus à ces diverses Expositions, et du dévouement dont il n'a cessé de faire preuve, il fut nommé, en 1878, chevalier de l'Ordre de Léopold et commandeur de la Légion d'Honneur; en 1880, officier de l'Ordre de Léopold et en 1881, grand officier de la Légion d'Honneur.
Depuis le 10 juin 1S84, M. le Comte d'Oultremont fait partie de la Chambre des représentants.
Le Commissaire général du Gouvernement eut !a bonne fortune d'être secondé dans sa tâche difficile par M. J. Gody, Secrétaire général du Commissariat général.
M. Gody, conducteur honoraire des ponts et chaussées de l'Ecole du génie civil de Gand, architecte des bâtiments des Postes et des Télégraphes du Royaume, est à peine âgé de 40 ans; il a mis au service de
l'Exposition d'Anvers la grande expérience qu'il a acquise aux Expositions antérieures où il remplit avec distinction des missions officielles; nous le voyons en effet successivement délégué à l'Exposition universelle de Vienne en 1S73 ; secrétaire du Commissariat de Belgique à Philadelphie en 1876; secrétaire du Commissariat général de Belgique à Paris en 1878; secrétaire du Comité exécutif et de la Section de l'industrie de l'Exposition nationale de 1880 (Bruxelles) ; membre secrétaire de la Commission belge et membre du Jury à l'Exposition internationale d'Electricité de 1881 à Paris; à Anvers il fut nommé membre secrétaire du Comité technique, secrétaire général du Gouvernement et membre secrétaire du Jury supérieur des
M. J. Gody
Secrétaire Général du Commissariat général du Gouvernement
récompenses; là, comme ailleurs, son concours fut actif et dévoué et ses services furent hautement appréciés.
M. Gody vient d'être promu au grade d'officier de l'Ordre de Léopold et de la Légion d'Honneur
Réservons ici à M. le Prince de Chimay, Ministre des Affaires étrangères, la place à laquelle sa collaboration à l'entreprise lui donne plein droit.
M. le Prince de Chimay a été nommé attaché de Légation le 27 mai i855, secrétaire de 2me classe le 14 novembre i858, secrétaire de ire classe le 5 juin 1862, conseiller le ier février
Comme diplomate il a été successivement à Paris, à Rome, à Saint-Pétersbourg.
Il était chargé d'affaires à
Berne, lorsqu'on songea à lui pour le gouvernement de la province du Hainaut. Il fut mis en disponibilité le 20 octobre 1870 et nommé Gouverneur. Il obtint toutefois le 27 mai 1877, le titre de Ministre résident. Démission honorable de ses fonctions du Gouvernement du Hainaut lui fut accordée le 3o juin 1878.
II s'occupa alors de politique intérieure, fut élu aux Chambres et devint Ministre des Affaires étrangères en 1884-85.
M. le Prince de Chimay, qui est non seulement un diplomate distingué mais aussi artiste de talent et de cœur, a su amener la plupart des pays européens à une participation officielle de leur Etat.
Nous sommes heureux de pouvoir citer ces faits et rendre hommage dans ces lignes au succès de M. le Ministre.
Le comte du Chastel qui a été choisi par le gouvernement Belge pour remplir les délicates fonctions de secrétaire des sections étrangères est un diplomate de carrière. Il est arrivé au grade de conseiller de Légation. Il a fait successivement partie des Légations Belges à Londres, Constantinople, Berlin, Mexico, Washington et Vienne.
Le Comte du Chastel appartient à l'une des plus antiques familles du pays. Il est allié à un grand nombre de maisons princières en France, en Belgique, en Autriche et en Allemagne.
Les nombreuses relations du Comte du Chastel dans le monde officiel, ont contribué à amener la participation des pays étrangers à l'Exposition Universelle d'Anvers.
Les rapports qu'il a entretenus avec les Commissaires étrangers et avec les chefs de mission accrédités près de la Cour de Belgique ont toujours été pleins de cordialité et de courtoisie.
Le commissaire général du gouvernement trouva dans l'intelligente coopération de ses secrétaires, MM. le Baron de Woelmont (Hermann) et E. Van Mons, un soulagement réel à la rude charge qu'il avait assumée.
Les Commissaires des Sections Internationales payèrent généreusement de leur personne et contribuèrent, pour une large part, au succès de l'œuvre commune.
Citons en premier lieu, M. Thonissen, ministre d'Etat, membre de la Chambre des Représentants à Louvain, Commissaire de la Section Internationale de l'Enseignement, des Arts libéraux et des Arts industriels, qui plus tard, à un autre titre encore, en qualité de Ministre de l'intérieur et de l'instruction publique, contribua puissamment au succès de l'organisation de la première Section.
Par l'étendue de sa science, l'importance de ses travaux, la loyauté de son caractère, M. Thonissen a sa
place marquée parmi les Belges qui ont bien mérité de la patrie.
II compte aujourd'hui 68 ans.
Cette longue carrière a été noblement remplie.
Avocat à 21 ans, M. Thonissen compléta à Paris ses études de droit.
Successivement avocat plaidant à Hasselt, sa ville natale, Conseiller communal, Conseiller provincial, Substitut du Procureur du Roi, Commissaire d'arrondissement, il -fut relevé de ce poste par le Cabinet de 1847,
L'Université de Louvain eut la bonne fortune de se l'attacher. Pendant plus de 35 ans réminent professeur de droit criminel, illustra sa chaire. Ses nombreux élèves brillent dans les rangs les plus élevés de la société. Tous
M. le Prince de Chimay Minisire des affaires étrangères
(voir page 172),
gardent avec un filial respect le souvenir du maître.
Des œuvres nombreuses et estimées, parmi lesquelles nous citerons " l'Histoire du Règne de Léopold Ier ,, " l'Histoire du droit criminel des peuples orientaux, ,, " Le Socialisme et ses promesses, ,, " Le Socialisme dans le passé, ,, etc, etc. attirèrent sur le savant belge les suffrages et les distinctions de l'étranger. M. Thonissen est Commandeur de l'Ordre de Léopold et décoré d'ordres nombreux. L'Académie royale de Belgique, l'Institut de France et beaucoup de Sociétés savantes s'honorent de sa collaboration.
Entré dans la vie politique en i863 par l'arrondissement de Louvain qui l'élut membre de la Chambre des
représentants, M. Thonissen par ses vastes connaissances, son éloquence persuasive, sa franchise, ne tarda pas à briller au premier rang et à rallier des sympathies même parmi ses adversaires politiques.
Désigné à diverses reprises pour prendre part à la direction des affaires, M. Thonissen, particulièrement connu du Roi, qui l'avait nommé ministre d'Etat, fut appelé à faire partie du Cabinet Beernaert, constitué à la suite de la crise d'octobre 1884.
M. Beîpaire, Administrateur des chemins de fer de l'Etat, à Bruxelles, consacra son expérience et ses remarquables aptitudes à l'organisation de la Section 2, Industrie.
La Section 3, qui comprenait la marine et le commerce, la pèche et la pisciculture, trouva un habile organisateur dans la personne de M. Ch. Evrard, ancien secrétaire général de la Section belge à l'Exposition Universelle de Paris en 1878.
M. Sommée, ingénieur et membre de la Chambre des représentants, mit au service de l'organisation de la Section 4, Electricité, ses vastes connaissances techniques et les fruits de sa longue expérience.
M. Ronnberg était tout naturellement désigné, par toute une carrière consacrée aux intérêts de l'agriculture, à présider la Section 5, qui ne fut pas la moins réussie ni la moins importante.
On se souviendra longtemps du succès qu'obtint la Section d'horticulture, dont l'organisation fut confiée à M. Bernard, ancien secrétaire de la 3m« section de l'Exposition Nationale de 1880 et de la section bel<?e de l'Exposition Internationale d'Amsterdam.
M. J. Cuylits, échevin, Président de la Société royale pour l'encouragement des Beaux-Arts, à Anvers accepta la tâche ingrate et difficile d'organiser la 6me section, consacrée aux Beaux-Arts.
M. Thonissen, nommé Ministre de l'Intérieur, fut remplacé comme Commissaire de la section Inter-
nationale de l'Enseignement des Arts libéraux et industriels, par M. le Représentant Delcour, ancien Ministre de l'Intérieur dont ressortissait à l'époque l'Instruction Publique.
Collègue de M. Thonissen, il professa comme lui à l'Université de Louvain pendant de longues années; il y occupa avec une rare distinction la chaire du droit civil approfondi.
Le portefeuille de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux Publics, avait passé des mains de M. Beernaert, devenu, à la suite d'un remaniement ministériel, Ministre des Finances et Chef du Cabinet, à M. le chevalier de Moreau. Le nouveau Ministre ne tarda pas à prouver combien il prenait à cœur les intérêts de l'Industrie si intimement liés au succès de l'Exposition.
Dans un rapport au Roi, daté du 23 février i885, le Chevalier de Moreau proposa de remplir une lacune signalée à d'autres Expositions, en créant, d'accord avec le Commissaire général du Gouvernement et le Comité exécutif de l'Exposition, deux Comités spéciaux chargés de procédera des essais sur les produits des industriels exposants, qui en feraient la demande.
Comme suite à ce rapport, un arrêté royal du 20 février institue deux Comités internationaux chargés d'effectuer des essais : le premier. Comité de l'industrie, sur les matériaux de construction, générateurs à vapeur, machines et appareils divers; le second, Comité de l'Electricité, sur les appareils servant à la production et à l'utilisation de la force électrique.
Voici le Rapport et la composition des deux Comités :
Rapport au Roi.
Sire,
Parmi les produits industriels de tous genres qui figurent d'ordinaire dans les expositions, il en est un grand nombre dont les qualités ou les défauts sont difficilement reconnaïssables à la simple vue, même pour un observateur expérimenté.
La valeur d'un échantillon de fer. par exemple, ne se révèle point uniquement par son aspect extérieur, ni môme par le caractère de sa cassure. Pour l'apprécier plus complètement, il faut le soumettre à des essais nombreux, le forger, le marteler, le laminer, l'étirer, le tordre, le plier, l'écraser, ' en le portant successivement à des températures différentes. Il faut encore constater l'effort sous lequel il se rompt, voir de combien il s'allonge avant cette rupture, quelle est sa résistance aux efforts de torsion, etc.
Un même raisonnement et une conclusion identique s'appliquent à toutes les matières premières ou demi-fabriquées que met en œuvre l'industrie, aux pierres, aux marbres, aux terres réfractaires, aux combustibles, aux bois, aux métaux, aux produiis chimiques, etc.
La difficulté s'accroît encore quand il s'agit de porter un jugement sur des produits finis, tels que des machines, des mécaniques, etc. Ici, des éléments d'appréciation multiples entrent en jeu. II faut considérer non seulement le choix des matériaux, mais le mode de fabrication, l'habileté de la main-d'œuvre et le coût de la façon, puis encore le fonctionnement des appareils, leur rendement, l'effet utile qu'ils produisent au point de vue de la consommation de combustible.
On conçoit, d'après cela, que les visiteurs d'une exposition ne puissent guère se faire une idée exacte du mérite des produits rassemblés sous leurs yeux. Les renseignements nécessaires font défaut. Ceux qu'on trouve dans les prospectus ne sont pas toujours suffisants ; parfois, ils sont erronés. En général, le public n'y ajoute point une entière confiance.
Cette absence d'indications précises a pour conséquence de diminuer le caractère pratique et l'utilité commerciale des expositions et de décourager l'initiative des industriels participants, dont les sacrifices ne sont point récompensés.
Il semble qu'on réaliserait une heureuse innovation en fournissant aux exposants le moyen de faire constater les qualités de leurs produits par des épreuves effectuées sous la direction d'un comité d'hommes compétents.
Le nombre et la nature de ces épreuves seraient consignés dans un certificat auquel l'exposant donnerait la publicité qu'il jugerait convenable et où les visiteurs puiseraient des éléments de comparaison d'une haute valeur pratique.
L'institution de ces expériences aurait également d'heureux effets sur les progrès de l'industrie en général, car le producteur en tirerait d'utiles indications sur les moyens d'améliorer la qualité de ses fabricats.
En résumé, l'exécution de cette mesure donnerait aux expositions un caractère d'utilité pratique beaucoup plus accentué.
Sire,
M'appuyant sur les considérations qui précèdent, et conformément aux propositions du commissariat général du gouvernement et du comité exécutif de l'exposition d'Anvers, j'ai l'honneur de soumettre à l'approbation de Votre Majesté un projet d'arrêté instituant d^ux comités spéciaux chargés de procédera des essais sur les produits de tous les industriels participant à cette exposition qui en feront la demande.
Ces comités fonctionneraient pendant toute la durée de l'exposition.
Ils seraient composés de personnes de nationalités différentes, d'une valeur technique notoire et offrant, par conséquent, toutes les garanties désirables au point de vue de la manière dont les essais seraient effectués.
L'un s'occuperait des matériaux de construction et des matières premières en général, puis des générateurs à vapeur, des machines et appareils divers.
L'autre aurait spécialement dans ses attributions les expériences à faire sur les nombreux appareils servant à la production ou à l'utilisation de la force électrique.
Le Gouvernement de Votre Majesté est en mesure de faciliter à ces comités l'accomplissement de leur tâche, en mettant à leur dispos ition les appareils installés à l'arsenal de Malines.
Ainsi, le banc d'épreuves de Kirkaldy permettrait les essais de traction, de flexion, d'écrasement et de torsion, avec mesure des allongements, détermination des limites d'élasticité, etc.
Les analyses de métaux, d'huiles, de combustibles s'effectueraient au laboratoire du même établissement.
On pourrait également y constater le rendement des générateurs et des moteurs à vapeur, y faire des essais sur les machines-outils, en déterminant le travail produit et le travail absorbé.
M. Thonissen Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique
Telles seraient les conditions d'exécution du projet que j'ai l'honneur de soumettre à l'approbation de Votre Majesté. Je La prie, si Elle daigne y donner Son assentiment, de vouloir bien revêtir de Sa Royale signature le projet d'arrêté ci-joint. Je suis, Sire, avec le plus profond respect, votre très obéissant et très dévoué serviteur.
Le Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics , Chevalier de Moreau.
LÉOPOLD II, Roi des Belges, A tous présents et à venir, Salut.
Vu Notre arrêté en date du 17 juillet 1884, organisant le commissariat général auprès de l'Exposition d'Anvers ;
Considérant que l'institution de comités internationaux chargés de procéder à des essais sur les produits des exposants qui en feront la demande est éminemment favorable aux progrès de l'industrie, et qu'elle augmentera le caractère pratique et l'utilité commerciale de l'Exposition Universelle d'Anvers ;
Sur la proposition de Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics,
Nous avons arrêté et arrêtons :
Art. rer. U est institué deux comités intemaitonaux chargés d'effectuer des essais : le premier, dit comité de l'industrie, sur les matériaux de construction, générateurs à vapeur, machines et appareils divers ; le second, dit comité de l'électricité, sur les appareils servant à la production 2 électrique.
■1 l'utilisation de la fort
Art. 2. Sont nommés membres du comité de l'Industrie :
MM. Belpaire, Administrateur des chemins de fer de l'Etat belge, commissaire de la section internationale de l'industrie, président du comité technique près l'Exposition universelle d'Anvers. Boudin, Inspecteur général des ponts et chaussées, professeur à l'Ecole
du génie civil de Gand; De Walque, professeur à l'Université de Louvain; Dwelshamvers-Dery, Ingénieur, Professeur à l'Université de Liège ; Huberti, Ingénieur, Professeur à l'Université de Bruxelles; Kraft, Ingénieur en chef de la Société J.Cockerill à Seraing ; Pasquier, Professeur à l'Université de Louvain ; Vinçotte, Ingénieur, Directeur de l'Association pour la surveillance
des chaudières à vapeur; Zimmer, Ingénieur, Professeur à l'Université de Bruxelles; M. Belpaire remplira les fonctions de président de ce comité et M. Huberti, celles de secrétaire rapporteur.
Art. 3. Sont nommés membres du comité d'électricité : MM. Banneux, Ingénieur en chef, Inspecteur des Télégraphes de l'Etat; Delarge, Ingénieur en chef, Inspecteur des Télégraphes de l'État; Gérard (Eric), Ingénieur, Professeur à l'Institut électro -technique
Montefiore. annexé à l'Université de Liège; Gody (Léon), Capitaine commandant d'artillerie, Professeur à l'École
militaire et à l'École de guerre ; Melsens, Membre de l'Académie royale des sciences, à Bruxelles; Nothomb (L.), Ingénieur-électricien, à Bruxelles ; Rousseau, Professeur à l'Université de Bruxelles; Somzée, Ingénieur, Membre de la Chambre des représentants, commissaire de la Section internationale d'électricité. M. Rousseau remplira les fonctions de président de ce comité et M. Gérard, celles de secrétaire-rapporteur.
Art. 4. Ces deux comités seront complétés par l'adjonction de spécialistes appartenant aux pays étrangers qui prendront part à l'Exposition d'Anvers.
Art. 5. Les comités s'occuperont, à partir de ce jour, de préparer le programme des essais qu'ils auront à diriger.
Art. 6. Les fonctions des membres de ces comités sont gratuites. Art. 7. Les comités d'essai sont rattachés au commissariat général du gouvernement auprès de l'Exposition d'Anvers. Art. S. Notre Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Par le Roi- Donné à Bruxelles, le 23 février 1884.
Le Ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, LEOPOLD.
Chevalier de Moreau.
En vertu de l'art. 4 de cet arrêté, ces deux comités furent respectivement complétés par l'adjonction de spécialistes étrangers dont les noms suivent : Pour le comité de l'Industrie ;
MM. Auderson, Membre de l'Institution des Ingénieurs civils de Londres;
Cornut, Ingénieur en chef de l'Association des propriétaires d'appareils à vapeur du nord de la France ; Douglas-Galion (Capitaine), C. B. ; Ortiz de Canabate, Ingénieur agronome.
Pour le Comité de l'Electricité :
MM. Bechtold (Fréd.), Chef du service télégraphique des chemins de fer Nord-Ouest d'Autriche ; Collette, Inspecteur du service technique des télégraphes à La Haye ;
Karels (Jos.), Ingénieur du télégraphe Impérial et Royal au Ministère du Commerce d'Autriche ; Roïti (Ant.), Professeur à l'Institut Royal des études supérieures, à Florence ; Saniaux,Chef du service des télégraphes de la Compagnie du Nord-Français ; Wullner, Professeur-recteur de l'Ecole Polytechnique d'Aix-la-Chapelle.
M. Van den Peereboom Ministre des Chemins de fer. Postes et Télégraphes
M. Dëgeaux (J.-A.-C.)
Ingénieur du Commissariat général du Gouvermmmt
et du Commissariat général de la Section Belge.
M, le comte Adolphe nu Chastel
Secrétaire des Sections étrangères.
M. le Baron HerMINN de WûELMOS'T
Secrétaire du Commissariat général du Gouvernement.
M. le Comte Adriex d'Oultremox
Comuiissairt' Général du Gouvernement
M. G. BuRDUt)
Architecte du Commissariat générai du Gouvernement
et du Commissariat généra! de la Section Belge.
M. J. Gody
Secrétaire Général du Commissariat général du Gouvernement.
M. Hamaide.
Directeur des services du Transport et de la Manutention
des produits.
Bien que les exposants n'aient pas répondu, autant qu'on aurait pu s'y attendre, à l'appel du Comité de l'Industrie, celui-ci a fait d'assez nombreux essais de résistance au banc d'épreuves de Kirkaldy, à Malines, mis à sa disposition par le Gouvernement.
Ces essais ont porté sur des matériaux de différentes natures, pièces de fer et de fonte (boulons, rivets, tôles, chaînes, corps de roues, etc.), grès, granits, ciments, carreaux et produits céramiques, etc.
Des essais chimiques et photométriques et plusieurs expériences importantes sur les chaudières ont aussi été exécutées par les soins du Comité.
Le Comité de l'Électricité eut à examiner de nombreux appareils de tous genres. — Presque tous les exposants électriciens eurent recours à ses lumières.
Des rapports détaillés seront publiés sur les travaux de ces comités et donneront tous les éléments intéressants recueillis au cours de ces essais.
L'institution de ces Comités techniques est une innovation en matière d'exposition, innovation heureuse à plus d'un point de vue, aussi utile pour le consommateur que pour l'industriel. Le Ministre qui a pris l'initiative de cette mesure a droit à tous nos éloges; M. de Moreau est du reste un homme d'étude et qui, quoique jeune encore — il est né en 1841 au château d'Andoy — a déjà fourni une carrière bien remplie.
Il conquit brillamment ses grades académiques à l'Université de Liège et fit ses débuts comme avocat au barreau de Namur; sa parole chaude, élégante et facile, le soin qu'il mettait à étudier les affaires, la loyauté
chevaleresque de son caractère, attirèrent sur lui l'attention. Son goût prononcé pour les études sociales l'entraîna dans la Presse. Il défendit avec vigueur dans diverses revues d'économie politique des opinions parfois osées.
Bientôt la vie publique sollicita son activité. Elu Conseiller provincial, M. de Moreau brilla au Conseil de la province de Namur parmi les orateurs les plus écoutés et les travailleurs les plus vaillants. Il prit une part considérable aux discussions, à celles surtout qui roulaient sur des questions agricoles, sociales ou d'économie rurale.
Des conférences publiques sur l'objet de ses études favorites, comme aussi sur des questions d'art, de littérature et d'histoire, lui méritèrent de nombreux et légitimes succès et achevèrent de populariser son nom.
En juin 1876, M. le Chevalier de Moreau fut élu membre de la Chambre des Représentants pour l'arrondissement de Namur.
Il ne tarda pas à prendre pied dans cette importante Assemblée. Ses collègues lui confièrent presque immédiatement le périlleux honneur de défendre, comme rapporteur, plusieurs lois importantes, telles que la loi électorale, le code rural, etc. Dans l'opposition — de 1878 à 1884 — il se signala par de vigoureux discours qui le classèrent parmi les meilleurs orateurs de la Droite.
C'est ainsi que M. le Chevalier de Moreau fut naturellement désigné pour faire partie du Cabinet constitué, le 16 juin 1884, par M, Malou.
Il accepta le portefeuille des Affaires étrangères. Une éducation distinguée, sa courtoisie naturelle, jointes à une attitude habituellement calme et réservée — presque sévère — le prédisposaient à ce poste éminent. Le 26 octobre 1884, sous la présidence de M. Beernaert, M. le Chevalier de Moreau fut placé à la tête d'un département de création nouvelle : celui de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics. La coopération de M. J. Van den Peereboom, qui est à la tète du département des chemins de fer, était indispensable et a été particulièrement précieuse. Le jeune Ministre s'est appliqué, avec une bienveillance dont on doit lui savoir gré, à aplanir les difficultés inhérentes à l'installation de voies ferrées nombreuses et compliquées et à donner satisfaction' aux besoins divers qui se sont successivement manifestés.
Ajoutons qu'il a été admirablement secondé par le personnel de son administration ; un fait unique et bien digne de remarque : aucun accident n'a eu lieu , quoiqu'une transformation presque complète ait dû être improvisée pour répondre aux besoins du transport, tant des voyageurs que des marchandises.
M. Emile Van Mons
Secrétaire du Commissaire Général
et de l'œuvre des Congrès
M . A . PvONNSERG
Commissaire de la cinquième Section « Agriculture »
Commissaire de la troisième Section « Marine et Commerce, Pêche et Pisciculture »
M. Belpairë Commissaire de la deuxième Scci « Industrie f>
M. J. B. Delcour
Commissaire de la première section « Enseignement, Art
libéraux et industriels »
M. L. Sqmzée
Commissaire de la quatrième Section
« Électricité »
M. C. Bernard
Commissaire de la cinquième Section
« Horticulture »
Pendant que les chefs des divers départements ministériels et les membres des Commissions gouvernementales s'appliquaient sans relâche à l'organisation des Sections, le Comité exécutif, dont M. de Wael, Bourgmestre d'Anvers, avait accepté la Présidence honoraire, constamment sur la brèche, résolvait pratiquement les questions épineuses et multiples que soulevait chaque jour l'exécution d'une aussi gigantesque entreprise. M. de Wael (Léopold-Charles-Norbert), appartient à une des vieilles familles d'Anvers. Sa généalogie est établie jusqu'au commencement du xvie siècle.
Cette famille anoblie depuis deux siècles, a donné au magistrat d'Anvers trois échevins et deux bourgmestres ; elle est alliée aux meilleures maisons du pays.
Malgré ses attaches aristocratiques, M. Léopold de Wael est resté au fond de l'âme bourgeois d'Anvers. Sa spirituelle bonhomie, la simplicité de ses manières et son extrême affabilité, lui ont valu une popularité que justifient d'ailleurs des qualités plus sérieuses et plus hautes.
Entré au Conseil provincial au mois de mai 1860, M. Léopold de Wael a siégé jusqu'en iS63 dans cette
assemblée. Le 1" juillet 1872, il fut nommé membre du Conseil communal, et, le 20 août suivant, bourgmestre de sa ville natale.
M. de Wael apporte dans la gestion des affaires publiques l'esprit d'ordre et l'activité du négociant. Sous son administration, Anvers a pris une extension remarquable.
Elu membre de la Chambre des Représentants le n juin 1878, M. de Wael a eu l'honneur, dès son entrée à la Chambre, de remplir les fonctions de deuxième vice-président pendant la session extraordinaire, puis celles de premier vice-président au mois de novembre suivant.
Le dévouement que M. de Wael a mis dès l'origine au service de l'Exposition est connu et apprécié et tout le monde a applaudi à sa récente promotion au grade de commandeur dans l'Ordre de Léopold.
Nous ne serons que l'écho du sentiment public en proclamant que les membres du Comité exécutif : MM. Victor Lynen, Eugène Meeûs, Corneille-Joseph Bal, Frédéric Belpaire, Jules Havenith-De Decker, Julien Koch, Gustave Van den Abeele, Arthur Van den Nest, Pierre Koch, ont bien mérité de la ville d'Anvers et du pays.
Mais, à tout seigneur, tout honneur.
Les collègues de M. Victor Lynen ne nous démentiront pas quand nous dirons que la réalisation de cette idée grandiose est due à celui que d'une voix unanime ils ont élu Président.
Sa personnalité a rallié leur concours; son labeur opiniâtre, son intelligence des grandes affaires, son esprit méthodique qui embrasse l'ensemble avec les détails, ont contribué au succès dans une large mesure.
L'intégrité indiscutée de son caractère a permis à des hommes haut placés dans tous les camps de faire abstraction de leur situation politique et de poursuivre avec lui le même but.
Né en 1834, M. V. Lynen se signala de bonne heure par son intelligence largement ouverte et par ses aptitudes commerciales.
11 n'attendit pas l'exploration du Congo pour créer, outre-mer, des débouchés à l'exubérante activité nationale. Il ouvrit le chemin du Chili — dont il devint le consul — à un grand nombre d'industriels et dirigea vers ces parages les produits variés de nos manufactures. Plus récemment, il fonda une maison à Port-Elisabeth. Déjà, en 1 861 , la croix de Léopold prouva au jeune négociant que ses services étaient appréciés en haut lieu. La crise financière qui sévit si cruellement en i865, eut son contre-coup à Anvers. Deux établissements de création récente, également nécessaires au négoce : la <, Banque de Crédit Commercial » et la « Compagnie
M. Léopold de Wael,
Bourgmestre de la Ville a" Anvers
Président d'Honneur du Comité exécutif.
M. .Icseph Bal, Membre
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