‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 63 sur 125 · CV-f · texte numérisé non relu

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des Docks et Magasins Généraux »

faillirent sombrer dans la tourmente. M. Victor Ljnen, quand les autres déclinaient cet honneur — cet honneur était une charge — accepta résolument la présidence de ces deux sociétés. Les deux établissements, hautement appréciés par le commerce, sont actuellement classés, à bon droit, parmi les mieux conduits et les plus prospères.

Le cœur, chez M. Lynen, est à la hauteur de l'intelligence, les arts trouvent en lui un protecteur éclairé et son hospitalité princière; délicate etgracieuse est proverbiale.

C'est assez dire que, comme Président de l'Exposition Universelle d'Anvers, M. Lynen fut en tous points the right man in the right place.

Le Roi Léopold vient de conférer à M. Lynen la croix de Commandeur de son Ordre.

Une mention spéciale revient aussi à M. Eugène Meeûs, vice- Président du Comité exécutif, dont l'expérience, le prestige et l'active collaboration ont été précieux à tant de titres.

Issu d'une famille qui est à la tête de l'industrie anversoise, M. Eugène Meeûs est né le 5 février i83o. Docteur en droit, il quitta le barreau pour embrasser la carrière industrielle. Ses multiples connaissances administratives et commerciales appelèrent sur lui l'attention de ses concitoyens, qui l'envoyèrent au Conseil provincial d'Anvers, où il siégea pendant nombre d'années. Elu le n juin 1872 membre de la Chambre des Représentants, il y traita avec une rare compétence la plupart des questions économiques et commerciales.

Le Conseil communal d'Anvers le nomma, en 1869, membre de la Commission administrative des Hospices civils, dont il fut pendant plusieurs années le Président.

Nommé membre de la Chambre de commerce d'Anvers en 1873,

il devint, à la suppression de cette institution, membre du Comité central de la Société commerciale, industrielle et maritime qui remplaça la Chambre de commerce.

A diverses reprises il fut nommé Président de la Société générale des fabricants de sucre de Belgique.

M. Meeûs fut, en 1876, nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold.

Lors de la constitution du Comité exécutif de l'Exposition, ses collègues le nommèrent Vice-Président.

Les nombreuses personnes qui, à l'occasion de l'Exposition, ont eu la bonne fortune de se trouver en relation avec M. Meeûs, font l'éloge de son affabilité, de sa droiture et de sa haute impartialité, avec une unanimité que nous signalons d'autant plus volontiers qu'elle est plus rare.

M . Bal, l'un des plus grands industriels de la place, possède, outre des connaissances très variées, un esprit d'entreprise sage et raisonné. Il a, entre autres innovations, doté la ville d'Anvers d'une laiterie modèle.

Il s'est chargé des départements de la force motrice et de la manutention et a mis au service de ces deux branches importantes de l'entreprise son expérience consommée et un dévouement de tous les instants.

M. Frédéric Belpaire, l'une des personnalités les plus considérables de son parti, personnifiait dans le sein du Comité une des branches de l'industrie nationale. Son rôle effectif, l'établissement des bilans, était celui de la dernière heure, mais sa voix a toujours fait autorité dans les conseils.

M. Jules Havenith-De Decker, qui s'était chargé des services de la comptabilité et des fêtes, est de ceux qui pensent qu'un bon général doit toujours marcher au feu; il a été constamment sur la brèche, et l'on peut dire que c'est sur le champ de bataille qu'il a été nommé chevalier de l'Ordre de Léopold.

Les départements des Entrées et de l'Électricité étaient placés sous la haute direction de M. Julien Koch. Pas n'est besoin de dire que cet honorable industriel s'est trouvé constamment en présence de courants contraires et qu'il lui a fallu des prodiges de tact et de diplomatie pour contenter les uns sans mécontenter les autres.

Pour les services des Constructions et des Jardins, le Comité a trouvé en M. G. Vanden Abeele un homme éminemment pratique, doué de l'énergie et de toutes les qualités nécessaires pour obtenir des entrepreneurs qu'ils érigeassent en un temps presque trop court, le superbe palais et les magnifiques jardins destinés à abriter les produits des cinq parties du monde.

Le Comité comptait encore parmi ses membres M.Arthur Van den Nest, le sympathique échevin de la ville d'Anvers, que ses vastes connaissances administratives et son entente parfaite des affaires désignaient tout naturellement au choix des organisateurs de l'Exposition.

Le Comité exécutif de l'Exposition, à peine installé, a immédiatement affirmé son intelligence et son discernement en s'adjoignant comme Secrétaire général M. Pierre Koch, avocat, l'un des hommes les plus aimables et les mieux doués de notre barreau. Tous ceux qui se sont trouvés en rapport avec lui n'ont eu qu'à se louer de l'affabilité de ses manières, de la science profonde avec laquelle il traitait les questions les plus diverses que soulevait l'organisation de l'Exposition, de la sûreté et de la précision qu'il mettait à résoudre les problèmes les plus complexes afférant aux différents services.

S. M. le Roi a rendu justice au dévouement de tous les membres du Comité exécutif, en leur conférant à chacun un grade dans notre ordre National.

Les plans des constructions approuvés par le Comité exécutif furent prêts dès la fin de mars et le cahier des charges envoyé aux intéressés. Enfin le 14 avril 1884 les travaux de construction purent être adjugés. Une particularité remarquable de cette Exposition, c'est qu'on n'eut bientôt plus à craindre le manque d'exposants, mais bien le manque de place; les plans primitifs comprenaient 70,000 m. c. de halles couvertes; la demande d'agrandissement de pays qui avaient déjà contracté et la demande nouvelle de ceux qui ne se décidèrent qu'en lS85, obligèrent le Comité à commander en février seulement les dernières extensions qui devaient être et qui furent prêtes à temps. L'on a fait un grief au Comité exécutif, de ce que l'attention des constructeurs ayant été concentrée sur ces extensions, certaines parties de la construction moins nécessaires et appartenant à la décoration du palais, aient été négligées. Mais la nécessité d'improviser ces extensions qui portèrent à plus de 110,000 mètres carrés l'ensemble des halles, l'étendue de la tâche ainsi journellement agrandie, justifient l'inachèvement de quelques parties au jour de l'ouverture et devraient désarmer la critique. Une chose à noter et qui n'est pas la moins curieuse de cette entreprise établie sur des bases si différentes de toutes ses devancières : le Palais de l'Exposition, sa façade monumentale, sa décoration, tout en un mot, ne fut pris par le Comité exécutif qu'en location. Il en résulta pour le Comité une économie notable et une diminution considérable de responsabilité.

Les travaux furent poussés avec une grande activité, à tel point que dès le 20 février i885, M. le Commissaire Général fut en mesure de faire connaître que la majeure partie des halles de l'Industrie et des machines était entièrement achevée et prête à être mise à la disposition des exposants.

Il les engageait à faire tous leurs efforts pour qu'il fût procédé à très bref délai aux travaux d'aménagement de leurs compartiments et à l'installation des produits de leur section.

Nous croyons utile et intéressant de nous étendre un peu sur le service compliqué et difficile de la manutention; nous sommes heureux de pouvoir constater qu'il a marché de manière à satisfaire les plus difficiles, sinon tout le monde.

Ce service a été placé sous la direction de M. Hamaide, chef de division au ministère des chemins de fer, postes et télégraphes, et de M. Colaut, contrôleur au même ministère.

M. Hamaide était tout désigné pour occuper cet emploi par suite des fonctions analogues qu'il avait remplies à l'Exposition Nationale de 1880 et qui lui avaient valu la croix de l'Ordre de Léopold. Sa mission était d'autant plus importante que la manutention des envois de tous les pays était placée sous une direction unique.

M. Colaut, que le Commissariat Général du Gouvernement a adjoint à M. Hamaide en qualité de chef de service de la Manutention, a une longue pratique du service des chemins de fer et des transports maritimes acquise à la gare maritime et commerciale d'Anvers-Bassins et Entrepôts, où il a rempli naguère les fonctions de sous-chef.

— 6780 mètres de voies ferrées, disposées de manière à permettre la sortie des wagons sans rebroussement et reliées entre elles au moyen de 21 excentriques et de 12 plaques tournantes, sillonnaient tant les halles industrielles que les jardins et les hangars-abris pour caisses vides.

Cette disposition des voies a permis d'effectuer les déchargements des produits avec une célérité remarquable.

Le Comité exécutif de l'Exposition a entrepris complètement le déchargement et la mise à pied d'ceuvre des produits étrangers ainsi que l'emmagasinage des caisses vides.

En ce qui concerne la section belge, la manutention des produits a été exécutée par des militaires et par des ouvriers appartenant à la « Hesse Natie ». Cette corporation avait, du reste, fourni les ouvriers pour la manutention des produits étrangers.

Les opérations ont commencé fin mars , mais les transports n'ont réellement acquis de l'importance qu'à partir du 10 avril, et surtout du 20 du même mois. C'est ainsi que pendant la période du 20 avril au 10 mai, il arrivait en moyenne par jour 110 wagons de marchandises de détail, destinées à l'Exposition.

Le nombre des wagons de produits parvenus à l'Exposition s'est élevé à 6644, représentant un poids de 18,662,553 kilos. En y comprenant les matériaux employés pour la construction des divers locaux et transportés par chemin de fer, on arrive à un nombre de 10.098 wagons, qui représentent un poids total de 40,919,437 kilogrammes.

Le tableau intéressant ci-joint contient tous les renseignements au sujet des envois parvenus à l'Exposition ou destinés aux divers concours qui ont eu lieu à cette occasion.

Last not Least. Dans la longue énumération que nous venons de faire de toutes les activités dont le concours devait assurer le succès de la grande œuvre, nous avons voulu parler en dernier lieu du lien qui a permis de rassembler tous ces éléments, et de faire appel au dévouement de tous dans un but unique.

Nous avons parlé de la Presse.

On a l'habitude de lui demander beaucoup et cette fois, comme toujours, elle n'a pas marchandé son puissant appui.

La presse devait, au début, faire connaître au monde entier par la voie des journaux, l'existence de l'Exposition et les conditions dans lesquelles elle aurait lieu. Plus tard sa mission devait être toute d'hospitalité et de fraternité : recevoir les correspondants délégués par les journaux étrangers, leur faciliter le séjour à Anvers,

M. Colaut Chef de service de la manutention

leur donner tous les renseignements utiles, en un mot, leur faire oublier qu'ils se trouvaient momentanément dans une ville étrangère. Le Comité international de la presse accepta, le moment venu, de remplir cette mission à l'égard de la presse étrangère.

Le Comité belge de la presse fut composé des Rédacteurs en chef des journaux quotidiens d'Anvers, d'un représentant de la Presse artistique anversoise et des Rédacteurs en chef des plus anciens journaux quotidiens de Bruxelles.

Ces derniers apportaient un concours précieux, car ils avaient puissamment contribué au succès de l'Exposition nationale de 1880 et possédaient une expérience à laquelle on devait fréquemment avoir recours.

Il n'est que juste de publier les noms de tous les membres des deux Comités pour rendre hommage aux hommes dévoués qui ont fait preuve d'une abnégation entière et d'un désintéressement absolu.

Comité Belge de la Presse.

Bureau :

Président : M Auguste, Snïeders, Rédacteur en chef du Handelsblad.

Vice-Présidents : MM. Arthur Goemaere, Rédacteur en chef du Précurseur . Eugène Gressin-Dumoulin, Rédacteur en chef de r Opinion.

Secrétaires: MM. Jean Van den Dries, Directeur-Rédacteur en chef

de t Escaut .

Paul Billiet, Rédacteur en chef du Koophandel.

Membres Conseillers :

MM. P, Bourson , Directeur- Rédacteur en chef du Moniteur belge.

G. Bérardi, Directeur- Rédacteur en chef de l'Indépendance Belge.

B°" de Hnulleville, Directeur- Rédacteur en chef du Journal de Bruxelles.

A. Madoux, Directeur de l'Etoile Belge.

A. Canler, Rédacteur en chef de l'Echo du Par-

, Réd. en chef du Cou, Directeur-Rédacteur

M. Arthur Goemaere

Président du Comité International de la Presse

et Vice-Président du Comité Belge

•ier de Bruxelles, en chef de la

A. Delmer A. Renson Galette.

Victor Hallaux, Directeur-Rédacteur en chef de la

Ch. Bontems, Directeur des Nouvelles du Jour. MM. Th. Van Haesendonck. Rédacteur en chef du Scheldcgalm.

J. Van Dteren, Rédacteur en chef du Huisvriend. I

J. Beruy, Rédacteur du Lloyd Anvcrsois. \ Anvers

L. Van Keymeulen, délégué de la Presse Artistique Anversoise. \

Albert Van de Vin, Rédacteur de la Cote officielle de la Bourse. j

Le Président du Comité de la presse belge, M. Auguste Snieders, docteur en Philosophie et Lettres de l'Université de Louvain, est l'un des vétérans du journalisme en Belgique; il est en effet depuis 1848 Rédacteur en chef du Handelsblad.

Littérateur flamand fécond et distingué, M. Snïeders débuta dans la carrière des lettres en publiant un recueil de poésies, suivi de nombreux romans qui rendirent son nom populaire ; on n'en compte pas moins de quatre-vingts. Il choisit de préférence le sujet de ses livres dans les scènes de la vie flamande, ainsi que le faisait le regretté Conscience et, comme ce dernier, il est l'auteur aimé du peuple et le compagnon fidèle des longues veillées d'hiver.

Un grand nombre de ses œuvres ont eu les honneurs de la traduction en plusieurs langues.

Comité International de la Presse.

Bureau Président: M. Arthur Goemaere.

Secrétaire : M. Gust. Lemaire.

Délégué du Gouvernement belge : M. le Baron de Haullevîlle. Délégué du Comité exècidif de i Exposition .- M. Gaston Bérardi,

Membres Conseillers :

Allemagne MM. P. Mullendorff, Correspondant de la Kôînische JCeitung, Bruxelles, 83, avenue d'Auderghem.

Autriche Belsiqu e

Danbmarck

Espagne

France

Grande-Bretagne

Grèce

Italie

Luxembourg

Pays-Bas Portugal

ris, rue Veniei, 33,

E. Bâcher, Rédacteur en Chef de la Neue Freie Presse, Vienne, Kolowratring, Fichtegasse, n. MM. Arthur Goemaere, Rédacteur en Chef du Précurseur, Anvers, y5, rue Jordaens. Gust. Lemaire, Rédacteur de l'Etoile Belge, Bruxelles, 3 5a, rue des Comédiens. B" de Haulleville, Dir.-Réd. en Chef du Journal de Bruxelles, Bruxelles, rue de la Loi, a63. Gaston Berardi, Dir.-Réd. en Chef de V Indépendance Belge, Bruxelles, rue Fossé -aux- Loups, et

(Champs-Elysées;.

F.-J. Je Santa-Anna Nery, Correspondant du Jornal do Commercio, RIo-de-Janeiro ; résidence actuelle : ai, rue

Berlioz, Paris.

Hector Fabre, ancien sénateur, Commissaire Général de la province de Québec à Paris; Anvers, 48, rue Van Straelen. Hjort Lorenzcn, Directeur du National Tidende, Copenhague.

V. Valle, Correspondant du journal elLibéral, de Madrid, Anvers, 60, rue du Vanneau. P. Jourde, Rédacteur du Siècle, Syndic de la Presse Parisienne, Paris. Absent pour motifs de santé, M. Jourde, au

nom du Syndicat, a accrédité comme délégué, M. Gaston Carie, Secrétaire du Syndicat, Dir. de la Paix. Jules Lax, Correspondant du Times, de Londres, Bruxelles, 17, rue des Boiteux. Bl. Gabrielly, Rédacteur en Chef de l'Acropole, Athènes. J.-B. Ballesio, Rédacteur en Chef du journal il Diritto, Rome; en son absence :

il Secolo, de Milan.

Charles Buffet, Député, Luxembourg.

F. Bœtzman, Vice- Président honoraire de l'Association littéraire internationale ;

grès, Asniéres (Seine], France.

A.-G.-C. Van Duyl, Président du Journal istenkring, Amsterdam, Oz, Voorburgw; Christovani Ayrez, Rédacteur en Chef du Jornal do Commercio, Lisbonne,

Corona, Correspondant du journal

iidence actuelle : 7, rue du Con-

de Bel ver

absence : Antonk

rue des Gueu:

de Castilho, collaborateur de l'Economista, de Lisbonne; Anvers Républ. Argentine Pedro V. Lamas, Directeur de la Revue Sud-Américaine, Paris. Russie A. Effront, Correspondant autorisé et collaborateur du journal Nawosti, St-Pétersbourj

1 5, rue Pouchkiriska]

Suède Suisse

Anvers, ib, rue Bollandus.

Rudolf Wall, Directeur du Dagens Nyheter, Stockholm. Edouard Sccretan, Rédacteur en Chef de la Gazelle de La,

M. Arthur Goemaere, jeune officier du génie Belge en congé illimité, était professeur d'Histoire à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers lorsqu'il entra, en 1868, au journal le Précurseur en qualité de critique d'art et pour l'étude des questions de politique étrangère.

Après avoir repris son service d'officier pendant la durée de la guerre franco-allemande, il se fit recevoir Dispacheur au Tribunal de commerce d'Anvers, et, en 1S7S, devint Rédacteur en chef du Précurseur. C'est à ce titre qu'il fut appelé, à l'Exposition universelle de 1 885, à jouer un rôle actif au sein du Comité de la Presse. Ses collègues l'appelèrent au poste d'honneur de vice-Président du Comité de la Presse belge et de Président du Comité international.

M. Goemaere a reçu la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. Cette distinction est d'autant plus flatteuse pour lui qu'elle lui a été envoyée directement par le gouvernement français sur la proposition du Syndicat de la presse parisienne. Cet hommage spontané fait honneur à M. Goemaere et témoigne de la distinction avec laquelle il a rempli sa délicate mission.

Voici en quelques mots le résumé des travaux auxquels les membres des deux Comités se livrèrent avec un dévouement qui leur concilia tous les suffrages.

Un « Comité de la Presse » fut constitué dès le mois de septembre 1S84.

Son premier soin fut d'envoyer aux journalistes de tous les pays du monde et aux consuls belges des lettres circulaires rédigées en différentes langues et contenant quelques indications générales sur Anvers et sur la future Exposition.

Il se mit aussi en rapport avec le Comité exécutif de l'Exposition, avec le Commissariat général, avec l'édilité anversoise, avec les diverses administrations des chemins de fer, avec les sociétés particulières de la ville, afin de prendre de commun accord les mesures qui faciliteraient et rendraient agréables le voyage et le séjour en Belgique des confrères étrangers.

Lorsque, sur l'initiative du Commissaire général du gouvernement, M. le Comte d'OuItremont, et dans un but qui ne pouvait qu'être sympathique au comité existant, il se forma plus tard un Comité international de la Presse, le premier prit le nom de Comité belge.

Le Comité belge procéda à l'installation du Hall de la Presse à l'Exposition, et chacun des membres de son bureau y siégea un jour par semaine et à tour de rôle le dimanche.

Le Hall, magnifiquement décoré, se composait d'un grand cabinet de travail réservé aux confrères belges et étrangers, d'un second cabinet de travail pour les membres appelés à siéger et d'une vaste salle publique de lecture avec bibliothèque et journaux.

Il n'était séparé que par un couloir des bureaux du Commissariat général et du Comité exécutif, et des bureaux des postes, des télégraphes et du téléphone, ce dernier relié au réseau belge.

La présidence des réceptions et des fêtes organisées en l'honneur des confrères étrangers constitua une autre part essentielle de l'œuvre du Comité belge.

Le Comité' international entra activement en fonctions au mois de mars i885.

La partie administrative du service de la presse fut centralisée entre les mains de son Président et de son Secrétaire, aidés d'un personnel dévoué, commun aux deux Comités. Ils se mirent en rapport avec les journalistes de tous les pays, en reprenant l'œuvre si bien commencée par le Comité belge ; ils continuèrent les relations entamées avec les autorités publiques et en nouèrent avec les Commissariats

étrangers ; ils servirent journellement d'intermédiaires entre les nombreux Comités qui ont fonctionné à l'Exposition et la presse et le public ; ils se tinrent constamment à la disposition des journalistes étrangers présents à Anvers et leur procurèrent des invitations aux fêtes, tant officielles que privées ; ils secondèrent dans la limite de leurs moyens le Commissariat général et le Comité exécutif; et, finalement, ils consentirent à joindre à leur service proprement dit celui du cabinet de lecture et de la bibliothèque.

Les nombreux comités dont il vient d'être parlé sont ceux qui, tour à tour, se sont occupés du salon des Beaux- Arts ; des solennités musicales ; des expositions d'agriculture et d'horticulture, et de celles des animaux reproducteurs ; des concours hippiques ; de la loterie nationale, etc.

Parmi les nombreux journalistes qui visitèrent l'Exposition Universelle, ceux qui se firent inscrire au Comité international en vue d'un séjour plus ou moins prolongé à Anvers, appartenaient aux pays suivants, que nous rangeons d'après l'importance des inscriptions, abstraction faite de la Belgique : France, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne et colonies, Italie, Autriche-Hongrie , Suède-Norwège, Danemarck, Russie, Suisse, États-Unis, Espagne et colonies, Grand-Duché de Luxembourg, Brésil, Portugal, Turquie et Roumanie, Canada, Grèce, République Argentine, Chili, Afrique Australe.

Les mêmes pays et les suivants étaient représentés par des journaux au cabinet de lecture : Indes orientales, Egypte, Chine.

La bibliothèque avait été formée avec le concours bienveillant de quelques éditeurs belges, français, allemands, autrichiens et néerlandais, et de MM. les Commissaires d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie, de Belgique, de Bombay, du Brésil, de l'Egypte, de la France, de la Grande-Bretagne, de Haïti, d'Italie, de Monaco, du Paraguay, des Pays-Bas et de Suède-Norwège.

Le Hall de la Presse fut honoré d'une visite de S. M. Léopold II, le 29 octobre. La session des deux Comités à l'Exposition fut déclarée close le i« novembre, à midi ; et le Comité belge, en sa séance du 2 décembre, déclara terminée la mission de la Presse.

Enfin, grâce au dévouement,, à l'activité et à l'entrain de tous, la grande œuvre promettait d'être prête au jour fixé dès l'origine ; résultat merveilleux si l'on considère que les premiers documents n'ont été expédiés que le 2 Mai 1884, un an, date pour date, avant l'ouverture!

L'ouverture de l'Exposition universelle d'Anvers s'est faite le 2 mai i885. Quelle somme d'efforts n'a-t-il pas fallu pour lutter contre les difficultés sans nombre qui accompagnent pas à pas ces grandioses entreprises.

M. Auguste Snieders Président du Comité Belge de la Presse

Honneur aux hommes qui ont su les surmonter.

Le 2 Mai 1885 marquera dans les annales de l'industrieuse Belgique.

Nous ne pouvons mieux terminer cet article sur les origines de l'exposition universelle d'Anvers qu'en reproduisant ici le discours prononcé par le sympathique Président du Comité exécutif de l'Exposition, le jour de l'inauguration :

Sire Madame, Altesses Royales,

Au moment d'ouvrir cette Exposition à laquelle, il y a quinze mois à peine, nous invitions, au nom de la ville d'Anvers, tous les peuples de l'Univers, le Comité exécutif a pour premier devoir d'exprimer au Roi ses sentiments de profonde gratitude.

L'Exposition universelle d'Anvers inaugurée aujourd'hui avec tant d'éclat eut une origine des plus modestes. Le projet, issu de l'initiative privée, fut ratifié par la population anversoise tout entière.

Au moment où la reconstruction de nos quais et le perfectionnement de notre outillage maritime s'achevaient, il semblait opportun de convier l'étranger à venir se rendre compte des avantages de notre port et de l'intérêt qu'il présente pour le commerce du monde. Pour atteindre ce résultat, la voie était toute tracée. Il fallait organiser un de ces grands concours internationaux où resplendît comme dans une admirable synthèse la puissance créatrice de la science et du travail.

L'œuvre était vaste, son exécution était entourée de difficultés de tous genres.

Au milieu des embarras de la première heure et des craintes décourageantes qui se manifestaient autour de nous, nous nous adressâmes avec confiance au monarque éclairé dont la sollicitude s'étend à tout ce qui peut contribuer au développement du commerce et de l'industrie.

Votre Majesté, Sire, daigna accordera notre œuvre naissante son haut et puissant patronage. Forts de cet appui, nous avons travaillé résolument au succès de cette entreprise.

En voyant aujourd'hui rassemblés autour de Vos Majestés et de Vos Altesses Royales les représentants officiels de tant de pays divers, les ministres du Roi et les membres de notre Législature, les grands corps de l'Etat et les hommes les plus marquants des deux mondes dans l'Industrie, le Commerce, !a Science et les Arts, cette foule enfin, venue de toutes les parties du pays et de l'étranger, nous sentons notre reconnaissance s'accroître pour Votre Majesté. Le pays, Sire, vous rendra avec nous le témoignage que c'est grâce au concours que votre Majesté a bien voulu nous accorder que notre appel a été compris et accueilli.

Nous associons dans nos sentiments de respectueuse reconnaissance Son Altesse Royale le Comte de Flandre, qui a daigné accepter la Présidence d'honneur du Comité belge et n'a cessé de nous encourager par les marques du plus vif intérêt.

Le Gouvernement du Roi n'a pas hésité non plus à seconder nos efforts. Nous rendons en ce jour un solennel hommage à l'intelligente et efficace protection qu'il a accordée à notre œuvre.

Son premier acte fut de constituer le Comité belge, composé d'hommes émînents, qui ont entraîné la coopération des industriels et des commerçants du pays.

La nomination aux fonctions de Commissaire général du Gouvernement d'un homme sympathique, qui déjà avait représenté la Belgique à plusieurs expositions antérieures, a puissamment contribué à nous obtenir le concours des gouvernements étrangers.

Qu'il nous soit permis de payer également notre tribut de reconnaissance à l'Administration communale de notre ville et à son chef qui a accepté dès le premier jour la Présidence d'honneur de notre Comité et a appuyé toutes nos démarches pour le succès de notre œuvre.

La presse belge et étrangère a droit aussi à nos plus vifs remerciements. C'est elle qui a porté au loin l'appel que nous faisions à tous les peuples et fit comprendre le but élevé que nous poursuivions. C'est au concours empressé de tous ces dévouements, s'inspirant de notre belle devise nationale : " l'Union fait la Force » que nous devons le succès qu'il nous est donné de constater en cette solennité.

L'espace couvert de soixante-dix mille mètres carrés que nous avions prévu à l'origine s'est trouvé bientôt trop étroit. Il a fallu élever successivement des constructions nouvelles, jusqu'à donner aux halles de l'industrie et des machines une superficie totale de cent mille mètres carrés. Ce chiffre indique suffisamment l'importance de l'Exposition qui va s'ouvrir.

Parmi les grandes nations, la France, la première, a répondu à l'invitation de notre pays par un acquiescement qui reçut l'approbation immédiate et unanime des pouvoirs publics. La nation elle-même nous a offert un nouveau gage de son ancienne et durable amitié, en nous envoyant un nombre considérable de ses produits, qui occupent dans les Halles de '. mètres carrés, soit le cinquième de tout l'espace couvert.

Dans un merveilleux pavillon élevé dans les Jardins, elle a voulu placer sous 1 richesses de ses nombreuses colonies.

Les autres grandes nations de l'Europe ont donné à la Belgique des marques non moins éclatantes de leurs sentiments amicaux.

En Angleterre la Commission du patronage compte parmi ses Membres les lords-maires des principales cités, des illustrations scientifiques, des notabilités du Parlement, de l'Administration, du haut commerce et de la grande industrie.

En Allemagne, des comités régionaux spontanément formés à Berlin, à Cologne, à Mayence, à Mannheim. nos Consuls, les chefs d'industrie et les plus modestes exposants eux-mêmes, ont rivalisé d'initiative, d'énergie et de sacrifices. Ces efforts collectifs ou individuels ont été généreusement et efficacement secondés par la nombreuse colonie allemande d'Anvers, par le Comité choisi dans son sein et son infatigable délégué. Grâce au concours de toutes ces bonnes volontés, l'Allemagne occupe ici une place véritablement digne de cette grande nation.

L'Autriche, dont le renom va toujours grandissant dans les arts et dans l'industrie, n'a pas fait moins pour conquérir parmi nous de nouveaux ■et précieux suffrages, L'étroite alliance des deux Familles Régnantes a largement contribué au succès de l'Exposition autrichienne. Sa Majesté l'Empereur François-Joseph, Son Altesse Impériale et Royale l'Archiduc Rodolphe, lui ont accordé Leur haut appui et Son Altesse Impériale l'Archiduc Charles-Louis a accepté la présidence d'honneur de la Commission instituée à Vienne.

L'Italie qui, elle aussi, marche à pas rapides dans les voies du progrès, a fait pour nous un choix de ses plus remarquables productions.

La Russie ne s'est pas bornée à envoyer son adhésion officielle, elle a tenu à se faire représenter par la plupart des produits de ses industries ■de plus en plus florissantes.

Parmi les autres Etats de l'Europe qui nous ont accordé leur précieux concours, nous signalons tout d'abord les Pays-Bas; nous avons là des amis, des frères que nous entourons de notre estime et de nos plus vives sympathies. Nous leur souhaitons la bienvenue : comme aussi à nos frères du Grand- Duché de Luxembourg.

L'Espagne et le Portugal avec leurs Colonies, la Suéde, la Norvège, le Danemarck, la Principauté de Monaco, ont également répondu à notre appel.

'industrie et dans les Galeries des machines plus de vingt mille ige réelle et pittoresque de l'architecture et des

1 Suisse, la Turquie, la Serbie, la Roumanie, la Grèce,

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féerie de l'Inde, de la Chine et du Japon. :ore par le premier Etat libre des nègres

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ïiontre ses œuvn

L'Europe entière est venue au rendez-vous de i SS5.

Ce n'est pas seulement l'Europe qui donne à la Belgique un éclatant témoignage de sympathie, mais aussi l'Amérique, les Etals-Unis, le Canada, le Brésil, la République Argentine, celles de l' Uruguay, du Paraguay, de San Salvador et de Haïti.

L'extrême Orient. l'Asie nous envoient les tissus, les joyaux, les émaux, îa fantaisie et 1

L'Afrique même est représentée, non seulement par l'Egypte, la Tunisie et YAlgérie, maïs t affranchis, la République de Libéria.

Et comme pour rendre plus significatif le rapprochement de tous les peuples, M. entreprises pour les rapprocher davantage encore, le Canal de -Shct et celui de Panama.

A toutes ces nations, grandes et petites, à tous ceux qui nous honorent de leur concours, nous disons du fond de notre cœur : Merci !

Soyez les bienvenus sur le sol hospitalier de la Belgique, au sein de notre vieille cité d'Anvers. Puissent tous ceux qui ont contribué à cette imposante manifestation de l'intelligence et de l'activité humaine, recueillir les fruits de leur labeur et de leurs sacrifices.

Puissent les peuples unis un jour par le sentiment de la fraternité universelle, supprimant les lois prohibitives, qui aujourd'hui encore entravent les relations commerciales, travailler tous ensemble, pacifiquement, à la prospérité commune.

Puissent les producteurs des deux mondes, patrons et ouvriers, unis par leurs intérêts réciproques, dépouillés de tous sentiments d'antagonisme, ne former plus qu'une seule société.

En face de ce grand fleuve, l'Escaut, de ce port ouvert à l'activité de tous les peuples, qu'il me soit permis d'exprimer ces généreuses espérances.

Et ces vœux, Sire, ne sont pas une illusion. A la Conférence de Berlin, ils ont reçu une sanction éclatante. La grande œuvre a laquelle Votre Majesté a indissolublement attaché son nom, ne repose-t-elle pas sur cette même idée pacifique de Liberté et d'Union ? Liberté commerciale pour tous et application aux rapports entre nations des règles du droit et des lois de la Justice !

Sire, Madame, Altesses Royales,

En demandant à vos Majestés de bien vouloir présider à l'inauguration de l'Exposition universelle d'Anvers, nous ne pouvons mieux traduire nos sentiments que par ce cri, qui est au fond du cœur de tous les Belges, et que répéteront avec nous tous les amis de la Paix et du Progrès, à quelques nations qu'ils appartiennent :

Vive te Roi .' *

Vive la Reine .'

Vive la Famille Royale !

Les Constructions

Il appartenait à la Belgique, cette nation si justement célèbre par son industrie métallurgique, de réunir .les produits des diverses nations dans un palais entièrement construit en fer.

En effet, les halles de l'industrie et la galerie des machines sont construites eu fer et couvertes en zinc, elles mesurent environ 91450 mètres carrés.

C'est à M. Bordiau que sont dus les plans de la façade et de ces belles et vastes galeries.

M. Bordiau a su profiter en maître d'une occasion bien rare en Belgique de prouver que nos

artistes sont dignes d'opérer sur un vaste théâtre.

En 1S80 déjà, les projets conçus par M. Bordiau de donnera notre Cinquantenaire national un ■éclat exceptionnel, en organisant dans la capitale une Exposition des produits de l'art et de l'industrie belges, et de mettre en regard des productions modernes, les plus beaux spécimens de l'art •et de l'industrie des siècles passés, eurent la bonne fortune d'être exécutés par le Gouvernement.

Le succès de l'Exposition de 1880 nous dispense de faire l'éloge du génie de l'architecte.

Ajoutons que les heureuses dispositions qu'il a données aux diverses installations de notre Exposition universelle ont achevé de classer M. Bordiau parmi les maîtres de l'art.

M. G. Bordiau

Architecte du Commissariat général du

Gouvernement et du Commissariat général de la section Belge.

Dans le début l'entreprise pour la construction des bâtiments comprenait la fourniture en location du matériel pour plus de 7 hectares de galeries. On prit la résolution de confier le travail aux trois plus puissantes sociétés industrielles du pays.

C'était d'abord la Société John Cockerill de Seraing — puis la Société Métallurgique de Bruxelles et la Société Internationale de construction (Rolin et Cip) de Braine-Ie-Comte.

Par suite de demandes nouvelles d'admission le nombre de 7 hectares fut porté à 9 hectares.

Voici comment se répartissait la division des surfaces à couvrir entre les trois sociétés précitées :

Les locaux devaient être

achevés et prêts à recevoir les installations et la décoration intérieurs pour le 3i décembre 1884.

Cette vaste entreprise comprenait donc :

i° l'Etablissement de clôtures autour des terrains de l'Exposition ;

20 l'Établissement des fondations nécessaires et d'un réseau d'égouts relié à celui existant ;

3° La construction des charpentes en fer ;

40 Les boiseries (boiseries de toitures, de revêtements et de planchers) ;

5° La couverture en zinc ;

6° Le vitrage.

Le cahier des charges renferme des conditions relatives à la nature des matériaux ; elles sont :

i° Fondations . en maçonneries de briques ; les empâtements devaient être suffisants pour que la pression sur le bon sol ne fût pas supérieure à 3 kil. par centimètre carré ; dans le cas de sol douteux, des essais directs ont été faits pour déterminer la résistance de l'assise et par conséquent, les dimensions à donner à la base des fondations ;

2° Egouts : Le réseau d'égouts, raccordant les tuyaux de descente des halles aux égouts existants, pouvait être établi au moyen de conduits en fonte, en grès, en maçonnerie ou en béton comprimé, au choix des entrepreneurs : ces égouts ont été exécutés en maçonnerie ;

3° Charpentes : Entièrement métalliques. Les portées, les hauteurs et l'écartement des montants se trouvaient naturellement déterminés par les plans d'ensemble; les planches I et II donnent ces détails.

La pression du pied des montants sur la partie supérieure des piliers en maçonnerie ne pouvait excéder 6 kilogrammes par centimètre carré. L'écar;ement maximum des pannes était de 2 mètres 5o ;

WP

4° Boiserie : a) Planchers en planches de sapin, non rabotées, de 4/4 d'épaisseur, espacées de un centimètre et portées sur des gîtes de 0.18 x °-°7 au minimum.

Les dimensions et les dispositions des pièces de charpentes du plancher devaient être proposées parles entrepreneurs en se basant sur les données générales suivantes : i° les neuf dixièmes des planchers des halles devront pouvoir supporter de 400 à 5oo kilog. par mètre carré ; 20 le dixième restant devra porter au besoin i5oo kilog. par mètre carré.

b) Revêtements extérieurs : en planches 4/4 d'épaisseur, rabotées au moins sur la face extérieure, assemblées à rainures et languettes pour les façades principales ; en planches 4/4 d'épaisseur, non rabotées, placées en recouvrement d'au moins 4 centimètres pour toutes les autres façades ;

c) Voliges : de toitures en planches de sapin 4/4 d'épaisseur, non rabotées, portées par des chevrons d'équarrissage et d'écartement donnés ;

5n Zinc: Couverture en zinc à losanges n° 9 de 75 centimètres de côté. Chéneaux en zinc n° 14; raccords en zinc n° 10.

Tuyaux de descente en zinc n° 14, de 12 centimètres de diamètre au minimum; la section de ces tuyaux devait être calculée à raison de 1 centimètre carré de section par mètre carré de projection horizontale des toitures.

Les revêtements en bois exposés à l'ouest et au sud-ouest devaient être recouverts en losanges, comme les toitures ;

6° Vitrage : Verre double épaisseur placé à double mastic avec recouvrement de 0,02 centimètres ;. emploi de goupilles en bois et d'agrafes en plomb.

Telles étaient les conditions générales et les points 'principaux du programme que devaient remplir les trois Sociétés concessionnaires de cette grande entreprise.

La condition essentielle de l'entreprise était la fourniture en location, entretien compris, jusqu'au ier mars 1886, de tous les matériaux entrant dans la construction. Passé ce délai, les entrepreneurs reprendront possession des ouvrages et auront à remettre les terrains dans leur état primitif.

Avant le commencement des travaux, au mois de juin 1884, les 22 hectares, occupés actuellement par les bâtiments et les jardins de l'Exposition, constituaient un quartier à bâtir, avec son réseau de rues, ses égouts, ses canalisations d'eau et de gaz ; l'aspect général du terrain était donc celui-ci : des rues (cote moyenne de niveau -f- 6.5o) séparées par des terrains vagues en contre-bas de 2 mètres environ.

La Galerie des Machines.

Elle couvre un espace de 170 m. de longueur sur io6m875 de largeur, soit 18,168.75 m. carrés.

La galerie se compose de cinq travées parallèles juxtaposées, chacune ayant une portée de 2im375 et une longueur de 170 mètres. — Les travées extrêmes et celle du milieu ont une hauteur de n m. mesurée du plancher à la naissance des fermes.

La deuxième et la quatrième travée sont surélevées à la hauteur de 17 m.

Les colonnes sont espacées de 10 m. et elles sont établies sur des piliers en maçonnerie. Leurs pieds qui sont en fonte se trouvent sous le plancher afin de ne gêner en rien la circulation du public. Les colonnes se composent de deux fers U réunis par des semelles, suffisamment écartés pour laisser place au passage d'un tuyau en zinc pour l'écoulement des eaux pluviales ; cette section des colonnes leur donne une grande rigidité latérale, ce qui est fort important avec leur grande hauteur. — En même temps, c'est une construction légère, et elle dissimule très heureusement l'aspect toujours déplaisant des tuyaux des eaux pluviales. La rivure des semelles est, de plus, suffisamment étanche pour tenir les eaux en casd'accident aux tuyaux en zinc.

Un tuyau en fonte est logé dans les piliers maçonnés qui portent les colonnes. — Le tuyau en zinc pénètre dans ce tuyau en fonte, et ce dernier conduit les eaux à fégout.

Les averses étant très fréquentes à Anvers, on a donné une large section aux tuyaux d'écoulement,. soit 1 cent, carré par mètre carré de surface couverte.

Les colonnes sont reliées entre elles à la hauteur de u m. par une ligne de longerons horizontaux en treillis.

Les colonnes des travées élevées de 17 m. ont une deuxième ligne de longerons en treillis à cette hauteur..

ni

Ces longerons, qui donnent à l'ensemble un aspect léger et gracieux, ne servent pas seulement à relier les colonnes; ils portent en même temps les fermes intermédiaires espacées de 5 mètres.

Cette construction, à la fois légère et solide, réduit la portée des pannes à 5m et permet de leur donner une faible section sans craindre qu'elles prennent une flèche.

Les fermes même sont du système Polonceau à cinq fiches et à entrait horizontal. L'inclinaison des arbalétriers est de o'"40 par mètre.

Les organes comprimés des fermes sont formés de cornières, les organes tendus de plats, tirant incliné de chaque ferme est prolongé vers le bas jusqu'à la rencontre avec la colonne à laquelle il est solidement réuni.

Un puissant contreventement de tout l'ensemble est obtenu par

vrons en bois sont fixés aux pannes à des distances de om33o et portent un volïgeage en planches de 25 m'm d'épaisseur sur lequel se place la couverture en zinc à losanges de om75xom75.

Cette couverture s'étend jusqu'au faîtage des travées élevées, elle s'arrête à l'avant-dernière panne aux travées basses, pour y être remplacée par un vitrage supporté par des fers j distancés d'axe en axe de o,"33.

Ce vitrage a une inclinaison de om6o par mètre. Les vitres sont en verre mat, d'épaisseur double; ils ont environ une longueur de olt!65.

Une passerelle avec garde-corps est établie au haut des versants afin de permettre l'entretien du vitrage et de faire des réparations éventuelles.

On a établi, au bas du vitrage, un chenal intermédiaire recouvert de zinc plat, recourbé vers l'inté-

rieur pour recueillir, en même temps, les eaux de condensation.

Ce chenal communique avec celui établi au pied des versants à l'aide de tuyaux en zinc de 160 m/m de diamètre.

Les halles, autant les basses que les hautes, sont encore éclairées par des vitrages verticaux de 4 mètres de hauteur.

La construction des bouts à pignon des halles a demandé un

soin tout spécial. Les halles se terminent là par des parois en planches ayant jusqu'à 21 mètres de hauteur au milieu des halles élevées, et offrant une surface très considérable à la pression du vent. Pour s'opposer à cette pression, on a divisé les parois en plusieurs panneaux, à l'aide de forts montants verticaux en treillis.

Ces montants sont, en bas, solidement fixés à la fondation, et en haut, ils correspondent aux nœuds de la dernière ferme. Cette ferme est reliée à la voisine par un fort contreventement et par les pannes. Les deux fermes, ainsi reliées, forment une sorte de longeron de pont mis à plat et transmettant l'action du vent jusqu'à la file des colonnes, de manière que tout l'ensemble résiste à la poussée du vent reçu par la paroi terminale de la halle.

Les montants verticaux qui forment ainsi l'ossature du bout de la halle, étant eu treillis, ne lui enlèvent pas son caractère de légèreté et rompent la monotonie qu'une surface terminale unie n'aurait pas manqué de présenter.

Pont. — La galerie des machines communique avec les halles de l'industrie par un pont jeté au-dessus de la rue de Bruxelles, dont il fallait laisser le passage libre. Ce pont est à 3"'8o au-dessus du niveau des halles et pont où elle est on y arrive du LES HALLES DE LEXPOSÏTION UNIVERSELLE DÀNVERS P1L 18BS.

Superficie c

j. 1. Plan d'ensemble.

côté des galeries de l'industrie par un large escalier.

Profitant de cette différence de niveau, exigée par les circonstances locales, on a fait déboucher le pont sur une estrade qui court tout le long de la première halle aux machines et embrasse une partie des côtés où des escaliers permettent de descendre dans les halles aux machines.

La largeur de cette estrade est de 4 mètres, sauf à l'endroit du

— Il n'y a là aucun organe inutile, aucun- dont le- but serait douteux, aucun dont les fonctions et les efforts auxquels il doit résister ne soient parfaitement définis.

WM

de 6 mètres. Là elle forme un vaste balcon d'où on peut embrasser d'un coup d'œil toutes les halles aux machines et jouir du spectacle saisissant des nombreuses machines en marche.

Nous nous permettons d'appuyer sur la conception absolument correcte de toutes les parties de cet édifice, qui réunit la légèreté à la solidité, et sur l'exécution remarquab I e m e n t soignée de toute la construction.

Halles de io et de i5 mètres de portée dans la- Galerie de l'Industrie.

Le système de construction de ces halles est analogue à celui de la galerie des machines et tout ce que nous y avons dit se rapporte également à ces halles.

Le niveau général du plancher des halles devant être établi à la cote 7"'3o, les montants des charpentes reposent sur plus de 8oo piliers en maçonnerie de hauteurs variables rachetant les différences de niveau provenant de la configuration du sol.

La galerie des machines, dont le plancher est établi à la cote Gm8o, occupe seule un terrain sensiblement de niveau (cote 6"'5o); elle s'étend jusque dans la gare du Sud dont elle occupe certaines voies : cette disposition a l'avantage de simplifier et de faciliter considérablement l'arrivée à pied d'eeuvre des produits.

Une partie des fondations se trouvant à l'emplacement des anciens fossés de la citadelle — fossés remplis de vase et remblayés — ont dû être établies sur pilots, vu la résistance absolument nulle du sol.

Examinons maintenant comment étaient réparties les surfaces à couvrir des halles de l'Exposition, - entre les sociétés Cockerill, La Métallurgique et Internationale.

La Société La Métallurgique de Bruxelles était chargée de construire et d'établir les 32,ooo mètres carrés de galeries s'étendant à droite de celles faisant face à l'entrée principale.

Les galeries basses ont des portées de io, o, 20 et 25 mètres, l'écartement des montants est de 10 mètres, celui des fermes de 5 mètres. Les montants des charpentes sont composés de deux poutrelles, percées seulement de quelques trous à leur extrémité supérieure pour l'attache des longerons et des fermes; les deux poutrelles sont réunies par des agrafes en fer plat posées à chaud de distance en distance ; l'écartement intérieur est maintenu par des entretoises en fonte de forme convenable.

Façade monumentale de l'Exposition universelle^' Anvers.

— ig6 —

Le pied du montant s'emboîte, sans assemblage, par boulons ou rivets, dans un sabot en fonte présentant en creux le profil des deux poutrelles.

Les fermes de la Métallurgique (galeries basses) sont toutes du type Polonceau articulé, à une bielle.

L'arbalétrier et les bielles sont formées d'une seule poutrelle; les tirants et entraits sont en fer rond.

Les boulons principaux d'articulations et d'attaches sont en acier.

En outre, les montants écartés de 10 mètres, reçoivent un longeron treillis de 1 mètre de hauteur qui reçoit en son milieu la ferme intermédiaire.

Les pannes sont en poutrelles : l'assemblage de la panne sur l'arbalétrier se fait de la façon suivante : une équerre, sur laquelle viennent se boulonner, bout à bout, les extrémités de deux pannes consécutives, est fixée à l'arbalétrier au moyen de crapauds en fer qui prennent sous le bourrelet de la poutrelle : cette disposition est analogue à celle employée pour la voie Hilff (rail sur longrine en fer); elle a pour but de laisser l'arbalétrier intact et de ne pas le déforcer par des trous inutiles.

Le faible poids de la construction est digne de remarque; y compris les colonnes et les fers de vitrage,

arc des galeries principales Iop).

Echelle 0005 p m"

qui sont nombreux, ce poids n'atteint pas 43 kilos par mètre carré horizontal couvert.

Passons aux Galeries hautes : pour toutes les galeries principales (i4mètres de hauteur sous entrait) les montants sont écartés de 5 mètres et supportent directement la ferme ; cette dernière est une ferme cintrée, dont le diagramme figure à notre planche ; le rayon du cintre est de i4'"6o. Tous les éléments de cette- ferme sont rivés ; les pièces comprimées (arbalétriers, contre-fiches et cintres) sont formées de 2 cornières; les parties étendues sont composées de fers plats.

Nous n'avons rien de particulier à signaler pour cette ferme, si ce n'est son aspect léger et hardi.

Quant à la salle des fêtes, d'une superficie de 3, 600 mètres carrés, elle se compose d'une

éléments rivés. L'arbalétrier est formé de fers LJ adossé: en fers plats. Les pannes sont en poutrelles.

La disposition des montants (deux poutrelles agrafées) est sensiblement la même que pour les charpentes de la Métallurgique : le pied des deux poutrelles, réuni par des goussets rivés, est boulonné sur un sabot en fonte.

La Société Rolin avait à construire la partie surélevée (22 mètres de hauteur libre) se trouvant à l'intersection des deux galeries principales qui se coupent à l'angle droit; ce dôme se compose de quatre demi-fermes (type des fermes cintrées) et de quatre fermes d'arêtier s'assemblant au centre de la construction.

Le montage des charpentes métalliques s'est fait entièrement au moyen de chèvres ; la configuration du terrain, à cause des fortes différences du niveau, ne permettait pas l'emploi d'échafaudages roulants.

Disons quelques mots des boiseries de l'Exposition. Toutes celles-ci pour les trois sociétés précitées, ont .été entreprises par les mêmes entrepreneurs : MM. Wouters-Dustin et Masson, de Bruxelles; les boiseries des toitures {chevrons et voliges) sont conformes aux conditions imposées par le cahier des charges; les chevrons se trouvent fixés sur les pannes au moyen d'agrafes spéciales en fer qui sont clouées sur le bois et saisissent le dessous du bourrelet de la poutrelle.

galerie haute de 25 mètres de portée (fermes Polonceau), de 14 mètres de hauteur libre et de 60 mètres de longueur ; à droite et à gauche de cette galerie, des galeries basses de 20 m.

servent de dégagements.

Quant à la Société Internationale (Rolin et Cie}, de Brainele-Comte , il lui était réservé 27,800 m. carrés à construire.

Cette société a établi les trois galeries hautes dans l'axe de l'entrée principale et toutes les halles se trouvant à gauche de ces dernières, sauf les galeries de 10 et i5 mètres (construites par la Société Cockerill).

Les galeries principales (ferme cintrée) ont les mêmes dispositions que pour les charpentes de la Métallurgique.

Quant aux galeries basses

(25 mètres), elles sont couvertes

au moyen d'une ferme du profil

Polonceau, à trois bielles, à

Les bielles sont en cornières ; les tirants et entraits

!s~~il

— iQ7 —

Les revêtements sont composés comme suit : des bouts de cornières en fer sont fixés sur les montants verticaux de la charpente; ces équerres sont fixées sur les poutrelles montantes au moyen d'un assemblage à crapauds analogue à celui des pannes sur les arbalétriers ; sur ces cornières viennent se boulonner des gites posés à plat et enfin sur ces derniers se clouent les planches de revêtement; de cette façon, on ne perce et on ne déforce pas les fers ; d'un autre côté, les bois peuvent être laissés à longueur commerciale et être réem-

ployés.

Les planchers sont ■construits comme suit : des poteaux, de hauteur variable suivant le profil du terrain, reposent à leur pied sur une longrine supportée par des semelles transversales encastrées dans le sol ; la tête du poteau est saisie par deux moïses boulonnées ; sur ces moises viennent reposer les gites sur lesquels se clouent les planches; des

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