LE PARC
ous l'avons constaté souvent : ce qui frappe le visiteur qui a franchi le guichet, c'est le grandiose dans l'exigu.
Les jardins occupent une espace restreint et cependant ils encadrent convenablement — disons agréablement — l'ensemble des constructions. D'autre part, le portique d'entrée donne au palais de l'Exposition un cachet original, qui ne manque ni d'élégance ni de grandeur.
Chacune des précédentes Expositions Universelles évoque l'image d'un édifice autour duquel se groupent les souvenirs et les impressions ; c'est pour le grand nombre tout ce qui reste de la « Great exhibition. »
Pour Anvers aussi, le portique sera l'impression survivante de l'Exposition. L'œuvre a soulevé plus d'éloges que de critiques ; la conception est hardie et l'effet saisissant. Aussi les Anversois cherchent-ils les moyens de conserver un monument qui immortalisera un événement glorieux pour la métropole du Commerce et des Arts.
De chaque côté du grand portique , de superbes cascades déversent leurs eaux écumantes à travers les rochers artificiels et répandent dans l'atmosphère une fraîcheur bienfaisante, — Ces enrochements sortent des ateliers de la maison Blaton-Aubert dont le nom est aujourd'hui populaire. On ne saurait imiter la nature avec plus d'art et d'illusion. Les bassins dans lesquels viennent rouler les flots battus de la cascade sont en pierre moulée, comme le grand bassin avec jet d'eau qui s'étale en face de l'avenue du Sud, pierre d'une solidité à toute épreuve à laquelle le moulage donne aisément des formes variées.
De ci, de là, nous remarquons encore, éparpillés dans le jardin, les enrochements des Pulsomètres, la belle grotte du Marteau-Pilon, les enrochements du Marteau-Pilon de la Société Cockerill, un petit parc aux huîtres, des aquariums, etc.
Dans un ordre d'idées plus artistique, nous remarquons de nombreuses statues, telles que le Faune, le Gladiateur et tant d'autres, des lions et des cerfs que M. Blaton-Aubert a disséminés un peu partout et qui donnent aux jardins de l'Exposition l'aspect d'un véritable salon de sculpture.
Parmi les statues de M. Blaton-Aubert, exposées dans les jardins, le Triomphe de la Lumière par Wiertz, attire le plus particulièrement l'attention.
Le Parc de l'Exposition s'étend sur la surface d'un long triangle, en avant de la façade.
Le problème à résoudre n'était pas des plus facile ; n'ayant à sa disposition qu'un terrain de dimen-
sions restreintes, et un laps de temps très limité, il s'agissait de faire grand, de faire vite, et d'éviter autant que possible l'idée d'encombrement que devait faire naître la multiplicité des constructions 'à y établir.
Ici encore le talent et l'intelligence ont été à la hauteur de la tâche ; tout le monde a pu admirer ces vertes pelouses où les massifs de roses et de fleurs aux mille couleurs et aux senteurs embaumées, formaient un cadre frais et riant à ces constructions d'aspects si divers et de formes si variées. Le goût 'et la fantaisie des exposants les avaient établies comme au hasard, le long d'avenues, artistement tracées, offrant au visiteur une promenade des plus intéressantes et des points de vue charmants.
D'ailleurs, la réputation de l'habile architecte de jardins, M. Fuchs, n'est plus à faire. C'est à l'œuvre qu'on juge l'artiste et il nous suffira de citer, du même maître, le Parc d'Anvers, de disposition et de plantation. Ab uno dises omnes.
Le jeu des cascades est activé par des pulsomètres de divers systèmes; la cascade de gauche par le pulsomètre système « Koertmg, frères » ; celle de drotte par le pulsomètre système « Neuhaus », qui fait fonctionner également le jet d'eau du grand bassin. C'est toujours la même eau, tour à tour aspirée et refoulée, qui s'élève et retombe.
se généraliser de plus en plus, aussi croyons-nous utile d'en parler
reil en activité, d'ouvrir la
qui est un chef-d'œuvre
L'emploi du Pulsomètre ici avec quelques détails.
Le Pulsomètre sert dans toutes les industries à élever des liquides chauds ou froids, même épais, ou contenant des corps solides, pâte à papier, sable de rivière, acides, huiles, goudron , etc. Il s'emploie encore comme pompe d'épuisement ou d'alimentation, pompe pour navires , fontaines, etc.
1 1 fonctionne sans pistons, .' au moyen de la condensation et de la force vive de la vapeur; cette vapeur était fournie, à Anvers, par une chaudière placée derrière la galerie des machines, au moyen d'un tuyau de près de 450 mètres de longueur. Il
tend
soupape de prise de vapeur.
Ces appareils remplacent les pompes à vapeur et ont sur celles-ci les avantages suivants : consommation minime de vapeur, — montage d'une extrême simplicité, — fonctionnement régulier et non interrompu, — suppression de surveillance et de réparation.
L'idée du pulsomètre est loin d'être neuve. L'idée que Thomas Savery a exécutée de la manière la plus simple, a été reprise par un Américain, après avoir été abandonnée pendant environ 200 ans.
Cet Américain inventa le régulateur automatique de l'échappement de la vapeur dans autre Américain, Hall, poursuivit cette idée et chercha à
M. Fuchs Architecte de Jardins
suffisait, pour mettre l'appâte pulsomètre ; son nom est resté inconnu. Un l'appliquer pratiquement.
Il vendit ses brevets anglais à MM. Neuhaus et Hodgkin et se rendit en Allemagne, où il commença à fabriquer des pulsomètres. Le succès ne répondit pas à son attente et ce ne fut réellement que quand la maison Koertmg frères s'occupa de cette industrie, que la vogue du pulsomètre se répandit rapidement.
Des milliers d'appareils Koerting sont actuellement en usage ; celui qui a figuré à l'Exposition d'Anvers en démontre l'excellent fonctionnement.
Le pulsomètre Koerting a pour qualités principales une grande sûreté et une grande régularité d'action, et de plus, une grande durabilité ; sa construction est simple et d'un entretien facile ; à ces divers titres, il convient particulièrement pour les châteaux-d'eau des stations de chemin de fer ; il est fort employé également dans, l'industrie et il n'est guère d'établissement d'une certaine importance, qui ne puisse utilement s'en servir.
Le pulsomètre Koerting jouit d'une réputation méritée et peut lutter, avec avantage, contre les appareils de
ce genre les plus parfaits
A MM. Neuhaus et J l'avenir de cette invention.
Les premiers pulsomètres de construction européenne furent fabriqués par ces Messieurs à Londres
C. Hodgkin revient aussi l'honneur d'avoir su apprécier le mérite et
en 1873. Plus tard M. Neuhaus se fixa à Berlin et y fonda en 1880, sons la raison Puhometer-Fabrik M. Neuhaus une usine, dont la réputation s'étendit rapidement. Une description de cet appareil,
Deutsch - Engl.
donnée par un journal technique, •priva M. Neuhaus du droit de brevet d'invention dans les États Allemands; aussi vit -on surgir promptement de toutes parts des fabriques de Pulsomètres ; mais la fabrique de M. Neuhaus brilla toujours au premier rang, grâce à la supériorité de ses appareils.
On peut voir fonctionner entre autres, un pulsomètre « Neuhaus »
dans les mines d'ambre de MM.
Stantien et Becker à Palmnicken; il y soulève l'eau à lui seul, à une hauteur de 45 mètres ; ce résultat n'a été obtenu par aucun autre système.
Les mérites incontestables de ces appareils , constatés par des expériences nombreuses, s'est affirmé
Pulsomètre Koerting frères, Paris
une fois de plus à l'Exposition d'Anvers, où le Jury leur a décerné la seule médaille d'Or attribuée aux Pulsomètres.
Ajoutons que la maison Karcher et Mullenhoff, à Anvers, est chargée de la vente exclusive du Pulsomètre Neuhaus en Belgique; elle fait aussi l'exportation d'installations complètes avec tuyauteries, chaudières, etc., le tout garanti sous le double rapport du fonctionnement et du rendement.
A gauche de l'entrée principale le regard est frappé en premier lieu par un nom qui se rencontre dans toutes les expositions.
Hic et ubique , telle devrait être la devise de la fameuse firme Thom. Cook and Son, agence internationale de billets circulaires.
Dans toutes les villes , où le
mouvement des voyageurs a une certaine importance, on est sûr de rencontrer une succursale de la maison-mère. Comme le prouve l'illustration ci-contre, l'agence était représentée à l'Exposition d'Anvers et là encore elle sut remplir ses multiples fonctions, à la satisfaction de tous ceux qui eurent recours à son office.
Le représentant de la maison parlait couramment comme tous ses confrères, le français, l'allemand, l'italien et l'anglais et se mettait obligeamment à la disposition du .public pour l'échange des monnaies étrangères et la vente des billets de parcours, ainsi que pour tous les renseignements désirables concernant les meilleurs hôtels, les heures de départ des trains et des steamers, etc., etc.
Il n'y aurait eu qu'à voir l'affluence journalière de visiteurs au kiosque de Th. Cook, pour être persuadé que ce pavillon constituait une des installations les plus utiles du Parc de l'Exposition, dans la promotion de cette vosue et de ces succès.
Une autre construction, très originale celle-là, de cette partie des Jardins, était le joli pavillon de /. W. Huesgen de Traben, qui rappelait très exactement les chalets que l'on rencontre à chaque pas dans la vallée de la Moselle.
Ici, comme là -bas d'ailleurs , le pavillon ne servait que de prétexte à la dégustation des excellents crus récoltés sur les coteaux qui bordent la charmante rivière.
La renommée des vins de Moselle date de loin ; il y a deux siècles, nos pères en approvisionnaient déjà leur table et, depuis cette époque, la faveur dont ils jouissaient n'a fait que grandir.
La maison /. W. Huesgen, fondée en 1760, a été l'un des principaux facteurs Les chefs actuels de la maison, MM. W. et R. Huesgen,
Pulsomètre Neuhaus, Berlin
continuent à se maintenir au niveau des premières maisons de Vins et de Mousseux du continent, par l'excellence
des produits qu'ils exportent dans toutes les parties du globe. Ces succès sont attestés par les nombreuses distinctions que la maison a remportées dans les différentes Expositions. A Amsterdam notamment, elle figurait Hors Concours (membre du Jury) et à Anvers ses produits ont obtenu la plus haute récompense décernée, la Médaille d'Or. Deux pas plus loin, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits a fait une exhibition doublement pratique en ce qu'elle montrait aux visiteurs le luxe et le confort de ses voitures et le soin que met la Compagnie à satisfaire aux besoins gastronomiques des voyageurs.
Sous un auvent se trouvait installé un train complet, comprenant un wagon-lits, un wagon-salon-bar, un wagonrestaurant et un fourgon approvisionné pour les besoins d'une série complète de voyageurs. Cette exhibition a eu un succès marqué, car les consommateurs se sont suivis sans interruption pendant toute la durée de l'Exposition. La Compagnie possède actuellement 170 wagons, qui parcourent journellement environ 5o,ooo kilomètres, de l'Orient à l'Occident et du Nord au Midi. Ce moyen de locomotion commence à entrer dans les mœurs, si Ton en juge par le nombre des voyageurs transportés journellement par les wagons-luxe, ce chiffre s'étant élevé à 200,000 pour l'année i883.
Mentionnons pour mémoire le pavillon des Pétroles russes; nous aurons l'occasion d'étudier plus longuement ces produits et leurs dérivés, lors de la description des halles de l'industrie.
A la droite de l'entrée, le pavillon du journal /' 'Indépendance Belge, surmonté d'une Renommée, se présente tout d'abord : c'est un petit salon d'information, comme l'Indépendance et la Chronique en possèdent à Bruxelles.
A deux pas, le kiosque de la Compagnie de publicité, du même modèle que celui occupé par MM. Cook & Cie; ces deux pavillons sont munis, à l'étage, de puissants foyers avec réflecteurs, servant à projeter la lumière électrique sur la façade monumentale.
A côté, contre la clôture, la ferme du Manitoba, exposée par le Canadian Pacific Raihvay, puis, un pavillon de tir, où de nombreux amateurs ont pu juger du mérite de la carabine Larssen.
Vient ensuite un chalet très intéressant, exposé pa'r MM. Nilsen Mathiesen & Cia de Fredrikstad. Ce chalet, entièrement construit en bois de sapin de Norwège, dans les ateliers des exposants, a été monté sur l'emplacement qu'il occupe. Toutes ses parties s'ajustent et sont assemblées par des vis, de sorte qu'il peut être monté et démonté avec la plus grande facilité, sans détérioration aucune.
Cette construction, très commode et fort élégante, se compose
Pavillon de MM. Th. Cook & Son
Pavillon J. W. Hue au rez-de-chaussée,
%en, Traben
luquel on a
par un joli perron, de deux pièces et d'un bel escalier conduisant à l'étage; celui-ci se compose également de deux chambres avec un spacieux balcon. Ce genre de construction convient surtout pour pavillon de chasse, chalet aux villes d'eau, villa de campagne et, en général, pour toute habitation provisoire.
Au rez-de-chaussée est exposée une collection d'échantillons de bois sciés et ouvrés de toutes dimensions; elle permet de se rendre compte de la supériorité du travail de la maison Nilsen Mathiesen & C'e ; cette maison n'occupe pas moins de deux cents ouvriers, répartis dans ses vastes ateliers de sciage et de rabotage.
Un exposant qui ne se plaindra pas de sa participation à l'Exposition d'Anvers, c'est M. Grtiber, dont le restaurant, supérieurement dirigé par M. Cordemans, était' à de certaines heures littéralement pris d'assaut par le public; celui-ci non plus ne s'est pas plaint. Touchant accord! Tout le monde a donc été content; une fois n'est pas coutume. La vogue du restaurant Grtiber est d'ailleurs pleinement justifiée; sa situation est excellente — sa bière délicieuse — sa cuisine succulente — le service bien fait et les prix modérés; c'est plus qu'il n'en faut pour réussir.
A proximité du restaurant Grùber, se trouve une grotte à double étage où l'on déguste, au choix, du vin du Rhin ou de la Moselle, à fr. o,5o le 1/4 de litre; de la terrasse ^ supérieure de cette grotte 11/ on jouit d'une belle vue sur le Parc et on se trouve
JOVKB.
Papillon Russe. aux premières loges pour
écouter les Concerts.
En quittant la grotte, nous laissons à gauche un petit pavillon de dégustation de cigares et nous arrivons au restaurant Viennois, tenu par M. A. Tewele, où les dames d'Anvers se donnaient rendez-vous pendant les heures chaudes de l'après-midi et se livraient en plein air à d'aimables causeries, en dégustant d'excellentes glaces; ces palabres remplaçaient avantageusement pour elles, les réunions dites Cafés de dames.
L'aftluence des visiteurs à l'Exposition était assez grande pour que le restaurant Tewele n'eût pas trop à souffrir de la concurrence de son voisin Grtiber.
Un peu plus au centre du jardin s'élevait le pavillon Xavier. Une large marquise, développée en demi-cercle,
offrait un abri contre les ardeurs indiscrètes d'un soleil trop brûlant. De délicieuses bières glacées achevaient de rafraîchir le promeneur altéré.
On y débitait les bières dites de Pilsen et de Munich, sortant des grandes brasseries de MM. Muser frères de Langendreer. Ces produits ont été fort appréciés et font honneur à la maison.
MM. Muser frères s'attachent spécialement à fabriquer des bières propres à l'exportation; ils y obtiennent un réel succès dont témoignent les nombreuses commandes qui leur parviennent des contrées les plus éloignées.
Contre la clôture est située la Laiterie Anversoise (Antwerpsche Melkinrichting) dont les belles vaches font la joie des babies.
comme il convient à un établissement rustique, et affecte
Chalet Norxvëgien
Restaurant Grùber Ce petit édifice est recouvert en chaume
la forme d'un chalet suisse. Les vaches ont des boxes très soignés avec leur nom, Fien
Beth
Lena
— Dîna , inscrit en tête.
Les jolies laitières portent le costume pittoresque des paysannes de la Campine, grand bonnet avec dentelles et bras nus jusqu'au coude. A droite et à gauche du comptoir, deux énormes vases en cuivre jaune, brillants comme de l'or , contiennent le lait , maintenu froid par d'abondantes provisions de glace.
Notre promenade nous conduit maintenant devant le bâtiment de la boulangerie Anversoise. Ce pavillon, construit en style Renaissance par l'Associa-
Grotte Hoffmann
nel, l'exquise délicatesse des produits et la libre surveillance de leur préparation, voilà le secret de la vo;
obtenue par cette intéressante exhibition.
Si nous pénétrons dans l'atelier, nous y voyons réunis tous les derniers perfectionnements que la science a mis à la disposition du travailleur. II nous parait utile d'entrer à ce sujet dans quelques détails qui ne pourront manquer d'intéresser le lecteur.
Restaurant Viennois
lion des Patrons boulangers d'Anvers, renferme une large boutique, un bureau et un atelier. C'est là que sont fabriqués et débités, sous la raison sociale Ch.
De Smecht et G18, les mille petits pains plus appétissants les uns que les autres et que tous les visiteurs de l'Exposition ont voulu admirer et" déguster. La boutique est un vrai temple édifié par la panification à l'appétit; impossible d'y pénétrer sans faire un sacrifice volontaire à ce dieu familier.
L'affabilité du personigue
Une des caractéristiques des temps modernes est la tendance à la production industrielle de tous les produits nécessaires à la subsistance de l'homme.
Les avantages de ce système sont, une augmentation considérable de la production et une diminution notable de la maind'œuvre.
L'industrie de la boulan-
gerie est une de celles dans lesquelles cette tendance s'est le plus vivement fait sentir, et les progr
l'on y a réalisés dans ces derniers temps sont considérables.
On a essayé successivement diverses améliorations pour obvier aux inconvénients des anciens fours, et notamment, la séparation du foyer et de l'âtre , l'emploi d'un combustible plus économique (tourbe, houille, etc.), le remplacement du four en briques par le four en fer, la construction d'âtres mobiles, etc.
Les fours qui jusqu'à présent ont donné les meilleurs résultats, sont les fours à eau chaude.
Des fours de ce système,
Pavillon Xavier, Muser frères, Langendreer pression de la vapeur d'eau. Le four est en outre entièrement entouré de maçonnerie, et fermé par un
que
sortant des ateliers de construction de Borbeck, ont fonctionné à la boulangerie Anversoise pendant toute la durée de l'Exposition .
Dans ces fours le foyer est séparé de l'âtre. Le chauffage se fait au moyen de 60 tuyaux en fer forgé, disposés sur deux plans, au-dessus et au-dessous du four, et sur toute longueur de celui-ci. Ils débouchent par une de leurs extrémités dans le foyer en briques réfractaires. Un pyromètre et un manomètre, placés devant le foyer , permettent d'exercer un double contrôle sur la chaleur du four et sur la
tiroir à contrepoids, construit en substance mauvaise conductrice de la chaleur. L'âtre en fer est mobile et placé sur 6 rouleaux, posés sur des rails qui se prolongent en avant du four pour permettre le placement des pains sur l'âtre, à l'extérieur.
Ces fours, employés principalement dans les boulangeries militaires, mais dont l'usage se généralisera bientôt, offrent les avantages suivants :
Le chauffage est rapide et facile , et peut se faire à l'aide d'un combustible quelconque.
Le four peut être maintenu, pendant un temps indéfini, à une température uniforme, ce qui permet d'en faire une exploitation-continue , assure une cuisson égale et permet la production du pain de toute espèce ainsi que de la pâtisserie .
De plus, l'âtre mobile et complètement séparé du combustible, rend l'en- ■ fournement commode et écarte toute
ment de leur montage, ainsi que de la tourniture de tous les matériaux "et accessoires. encore des fours doubles, avec deux âtres superposés. Quelquefois l'âtre inférieur seul est mobile.
Ces fours doubles sont chauffés au moyen de 3 ou 4 rangées de tuyaux, et l'on peut obtenir, à volonté, une chaleur uniforme pour les deux âtres ou une température moindre pour l'âtre supérieur.
j^JtV;..
■k< ïi
yj£r
idÊSfo
Laiterie Anversoise (Bal et CeJ
crainte de souillure pour le pain.
Tous ces avantages se traduisent finalement en une économie de temps considérable et une diminution des 3/5 environ des frais de chauffage.
L'atelier de construction et fonderie Borbeck, à Berge- Borbeck, près d'Essen-sur-Ruhr , s'occupe spécialement dé la construction de ces fours. La maison se charge égale- La maison construit
.£ém
Machine à mélanger et à pétrir la pâte
Les progrès de la mécanique ont été également utilisés avec succès au remplacement, par le travail des machines, du pénible labeur du mélange et du pétrissage de la pâte.
Ce travail qui, il y a une dizaine d'années, était encore fait à l'aide des mains ou des pieds, constituait la partie la plus fatigante du dur métier de boulanger, et les légendaires « bras athlétiques » du garçon boulanger étaient acquis par lui au prix de sueurs journalières.
De plus, la pâte préparée de cette manière n'offrait pas toutes les garanties désirables de propreté et d'homogénéité.
La maison Borbeck a donc résolu un problème industriel en même temps qu'humanitaire, en produisant ses magnifiques machines à mélanger et à pétrir la pâte, mue par la vapeur ou à bras, et les machines combinées à mélanger, à pétrir et à exprimer la pâte.
La farine employée par la boulangerie Anversoise provenait exclusivement de la Compagnie française des moulins à vapeur d'Anvers et du Havre.
Cette Compagnie, dont la création est due à l'initiative de négociants français et belges, a établi à
Four à eau chaude de Berge-Borbeck
Merxem-lez-Anvers une vaste usine travaillant journellement 1,200 sacs de blé ; au Havre une seconde usine peut travailler jusqua 2,000 sacs par jour
La qualité des farines produites est supérieure, leur blancheur ne laisse rien à désirer, et le rendement en pains très fort. Ces résultats sont dus en grande partie à la supériorité du système de mouture par cylindres, perfectionné par MM. Seck frères de Bockenheim.
Dans l'usine de Merxem, le blé est pris par un élévateur dans le bateau ; un transporteur-traineur
l'amène dans les silos, en passant par une balance automatique. Il passe ensuite dans le bâtiment du nettoyage, d'où il est déversé dans le silo à blé nettoyé.
Le broyage du blé est opéré par les passages successifs sur les broyeurs, tandis que la mouture et la conversion des gruaux en farine ont lieu sur des cylindres lisses.
La séparation des produits se fait par des bluteries centrifuges et par des sassenrs Seck.
Le travail est entièrement automatique; jusqu'à la mise sur wagons ou sur chariots, tout se fait sans portage.
Entre la boulangerie et l'entrée de la place du Peuple, on remarque un Bungalow de Ceylon, dégustation d'un thé destiné à faire la concurrence au thé traditionnel des Chinois. On y vendait aussi du café de la même provenance, mais il paraît que l'autorisation de le débiter par tasse n'a pu être obtenue.
Des deux côtés de l'entrée de la place du Peuple, s'élèvent des turbines atmosphériques, espèces de tours, de construction en apparence légère, mais qui ont résisté bravement à toutes les intempéries, même pendant la nuit du 6 octobre, alors que le vent furieux a sérieusement endommagé le Restaurant populaire, le pavillon Wolff, le Café viennois et d'autres installations encore. D'ailleurs un appareil destiné à se servir du vent comme moteur, ne peut pas décemment se laisser démolir par lui.
L'un de ces moulins a été élevé par la Société de Construction des Turbines Atmosphériques de Paris ; l'autre appartient à M. G. Van Hecke, de Gand.
L'appareil très ingénieux de M. Van Hecke porte des voiles de 3]1)04 de diamètre ; il actionne une pompe aspirante et foulante, pour puits de grande profondeur, avec cylindre souterrain, à l'abri de la gelée. Ce moulin se règle automatiquement, exposant à l'action du vent une surface plus ou moins grande, suivant l'intensité de celui-ci.
Bien que mû par une force variable, il travaille donc avec une régularité parfaite; il résiste aux tempêtes les plus violentes et est mis en mouvement par la
Les amateurs de bonnes bières Brasserie Lôwenbrau de Munich.
La Lôwenbrau est une brasserie par actions, fondée au commencement du siècle et qui, modeste à ses débuts, est parvenue de nos jours à une production annuelle de 24,000,000 de litres de bière, dont la moitié est exportée dans les différents pays du Continent et d'outre-mer.
C'est à l'initiative de M. Edmond Berger, de la firme G. Becker-Berger, que nous devons l'établissement la^ première Cave de Munich à Bruxelles en 18S0, et des différentes succursales qui, depuis cette époque, tendent à détrôner nos anciens Estaminets dans les principales villes du pays.
Ces établissements ont rapidement rendu populaire la renommée de la Lowenbràu, dont les excellents produits soutiennent victorieusement la concurrence avec les autres bières étrangères.
L'accroissement constant de son chiffre d'exportation a permis à la maison-mère de donner une extensionl considérable à ses installations et d'y joindre une malterie qui lut donne la matière première nécessaire à sa fabrication.
Les encouragements n'ont pas manqué aux efforts intelligents de la Société, témoins la Médaille d'Or
moindre brise. — Il est le- seul dans son genre qui s'arrête de lui-même , lorsque le travail auquel il est destiné est achevé et qui se remet en marche lorsque son action est devenue nécessaire; on dirait d'une machine douée d'intelligence.
Ces moulins sont fort employés pour l'élévation des eaux, les irrigations, les châteaux-d'eau pour chemin de fer, machines à battre , production d'électricité, etc.
Abandonnons maintenant la clôture, que nous avons suivie jusqu'ici, et traversons le jardin en diagonale. Nous rencontrons en premier lieu le pavillon de la maison F. S. Brodt, de Bingen-s/Rhin. C'est un délicieux chalet, dédié au dieu Bacchus de la Moselle et du Rhin,
Pavillon Brodt et ^ont l'&nieublement rappelle
la vieille Allemagne, allemandes trouvent à se rafraîchir au pavillon à deux étages de la
^ÛJfcfya-J^r'- -*
fr* "f"
WÈÉê
^Bs§P$'-'-'
^EBfty
§Hllwl
■'■mpw^i.
jP^r - ""--""•" -:" - -~— ^■-"■Jj
obtenue à l'Exposition de Nuremberg en 1 pense à Anvers, en i885, où le Jury lui
dans
2, le premier prix à Hanovre, en 1884, et la plus haute récomdécerné le Diplôme d'Honneur.
La maison Antoine Barbier, constructeur à Anvers, a exposé le Parc :
i° Un Broyeur à mortier à vapeur bien connu des entrepreneurs. — Ce Broyeur est monté sur un châssis en poutrelles, porté par quatre roues et est pourvu de sa machine avec chaudière à vapeur. — Il a l'avantage sur ceux employés précédemment, de supprimer la locomobile, dès lors plus besoin n'est de courroie, ni de fondation, en outre l'appareil en entier étant sur roues, lorsque les travaux l'exigent on peut en opérer le déplacement sans aucuns frais et les travaux achevés, il suffit d'y atteler 2 chevaux pour le reconduire en magasin.
Cet appareil peut donner du mortier pour 3o maçons dans des fondations et pour 40 en élévation.
20 Un Ascenseur à main mis en mouvement par une corde sans fin et engrenage. — La cage est équilibrée par un contrepoids et elle est pourvue d'un arrêt de sûreté avec griffes pour parer aux accidents du bris de la corde ou autres. — Un seul homme peut soulever 5oo kilos.
Cet ascenseur est recommandable pour hôtels, maisons particulières et magasins divers.
3° (Système breveté). Assemblage de rails Vignole avec plaques de joint et plaques d'appui intermédiaires, métallique, à bouton central et crampons de côté, à l'effet d'empêcher le reculement, le déplacement des rails des voies ferrées sur les rampes et dans les courbes.
Plus loin nous remarquons une installation, qui peut se vanter de n'avoir pas chômé pendant la durée de l'Exposition ; c'est celle de l'ancienne firme Erven Lucas Bols, en français, les Héritiers de Lucas Bols, d'Amsterdam. Un pavillon très original, vieux style, attirait les regards, et des consommations de
qualité supérieure flattaient le palais des visiteurs. Retourneç-y, le nom d'une des délicieuses liqueurs de la maison, semblait aussi en être la devise. On y retournait volontiers et on s'y attardait non moins volontiers. Ce qu'on a consommé là d' Anisettes blanche, jaune, rose et verte, et de Curaçaos de toutes les couleurs, est prodigieux.
Ce fut en 1373 que Lucas Bols créa, hors des fortifications d'Amsterdam, une Distillerie d'Eaux-de-Vie et de Liqueurs fines. Cette première distillerie était très simple ; elle consistait en une maisonnette en bois, vulgairement nommée het Lootsje. Lorsqu'en 1612 Amsterdam fut agrandi, le terrain sur lequel Lucas Bols avait élevé sa modeste fabrique, se trouva compris dans la nouvelle enceinte. La maisonnette en bois fut rasée et une nouvelle usine fut construite sur le même emplacement, mais, cette fois, en briques et dans de plus vastes proportions.
En mémoire de son installation primitive, Lucas Bols conserva à sa nouvelle fabrique le nom de 't Lootsje, et c'est sous cette marque que les premières liqueurs de Hollande firent leur entrée dans le monde. Leur vogue fut rapide et leur réputation est aujourd'hui universelle.
Depuis la fondation delà maison en 1575, jusqu'en 1815, le fils avait toujours succédé au père, et ce ne fut qu'à cette Pavillon Lrven Lucas Bo.s dern;ère date que, faute de descendants mâles directs, la succession
échut à la branche féminine et que la raison sociale devint Erven Lucas Bols. Pendant cette longue période,
Brasserie Loiveubràu, Munich
les successeurs de Lucas Bols ont continué les
bonnes traditions de leur aïeul ; les hautes récompenses obtenues à toutes les expositions sont là pour en témoigner au besoin. A Anvers, le jury décerna le Diplôme d'Honneur aux produits de la maison.
Dans le groupe d'installations qui nous entourent sont offerts à la dégustation les rafraîchissements les plus variés.
Sur la même pelouse que Lucas Bols nous trouvons le Zoeten Inval, un élégant chalet suisse où se débitent des bières nationales; puis une dégustation de vins de Champagne, où la maison Manuel & O, de Reims, fait la meilleure des réclames ; les Américains, si experts en la matière, ne pourraient faire mieux.
L'on peut en effet déguster dans ce pavillon les différentes marques de Champagne de la maison Manuel ; le débit est fait par verre et une installation mécanique permet de reboucher hermétiquement la bouteille dont
Pavillon Zoeten Inval vir-
Cette firme est une des seules maisons de Reims qui tienne à coeur d'affirmer l'excellence de ses produits dans toutes les expositions. Les maisons similaires craignent-elles la comparaison, ou croient- ' elles plus profitable à leur industrie de se retrancher derrière leur orgueil et leurs succès passés, pour refuser de venir prendre part à la lutte générale ?
Quoi qu'il en soit, M. Manuel, en exposant ses produits, )I8 a désiré que ses vins excellents, si fins et si délicats, fussent jugés 'i par un Jury International et reçussent ainsi une consécration en même temps officielle et universelle.
Le succès a pleinement couronné l'effort et la maison Manuel & O-1, qui avait déjà obtenu la Médaille d'Or à l'Exposition Universelle de Paris, 1S78, et 2 médailles de i'" ordre à Sydney, en 1S79 des plus hautes récompenses décernées aux vins de Champagne), a remporté également une Médaille d'Or à
Amsterdam, 1883,
Dégustation du Champagne Manuel
rémant, Œil de Perdrix et Car
Pavillon Deis Frères L'extrait ce viande, dont la préparation date des découvertes c
et à Anvers, i885, pour ses vins de Champagne, Royal Manuel, blanche.
Arrêtons-nous un instant au ravissant pavillon construit 'a Compagnie Kemmerich de Santa-Elena (République Argentine), et disons un mot des remarquables produits qu'elle expose.
Le premier de ses produits est l'Extrait de viande Kemmerich qui contient, sous une forme concentrée, tous les éléments solubles de la viande ; l'assimilation de cet aliment est très facile, et par son influence bienfaisante sur la digestion et sur les nerfs, il constitue un des aliments les plus salutaires pour les malades, en même temps qu'un des produits les plus indispensables aux cuisines modernes.
Parmentier et de Proust, a été
son beau-pere, M. Giebert, avait dirigé l'usine de l'université de Montevideo, résolut d'essayer des pro-
fabriqué industriellement et mis en vente primitivement, sous le nom d'Extrait de viande de Liebig, par M. Giebert à Fray-Bentos, qui s'était inspiré des travaux du Docteur Liebig.
Le Docteur Kemmerich, qui jusqu'à la mort de son beau-père. Fray-Bentos, et avait ensuite occupé une chaire cédés nouveaux pour la fabrication de l'extrait de viande. Dans ce but, il s'adressa aux premières maisons de commerce de la Plata et d'Anvers, et, fort de leur appui , il fonda une nouvelle fabrique à Santa- Elena, sur le Rio Parana, dont la situation au milieu d'admirables pâturages , lut assurait en outre des communications faciles pour le commerce d'exportation.
La prospérité de l'établissement fut telle, qu'il fallut bientôt lui donner une extension considérable» et dans ce but fut constitué la Compagnie des produits Kemmerich, dont le siège est à Anvers.
Le professeur Kemmerich qui s'est adjoint son beau-frère, l'ingénieur W. Gie-
In den Zoeten Inval. — Hier tapt men Bier, bij Jan Craeye
bert, dirige aujourd'hui en personne la fabrique de Santa-Elena ; la vogue universelle que se sont acquis ses produits, prouve que les bienfaiteurs de l'humanité récoltent parfois autre chose que l'ingratitude de leurs contemporains.
Le deuxième produit du Docteur Kemmerich, est le bouillon de viande concentre, qui diffère essentiellement de l'extrait de viande, en ce qu'il contient de l'albumine' soluble et de la peptone ; ces éléments
fonctionnent comme substances nutritives facilement assimilables, et font de ce produit un aliment excellent pour les convalescents et pour les personnes qui souffrent d'une atonie d'estomac. Ce bouillon condensé fit
Pavillon de'jié gustation des Produits de la Compagnie Kemmerich de Santa-Elena (République Argentine).
le succès du Pavillon Kemmerich à l'Exposition ; tout le monde voulut déguster cet excellent breuvage préparé instantanément, en versant deux cuillerées à café de bouillon Kemmerich dans une tasse d'eau chaude.
Un troisième produit appelé à un succès certain, est la pepîone de Viande Kemmerich qui contient, outre les principes du bouillon condensé, d'autres substances nutritives, notamment l'albumine animale. Cette
Les autorités médicales les plus compétentes, parmi lesquelles nous citerons les professeurs Rossbach à Jena,Ewald à Berlin, Obersteiner à Vienne et le Docteur Gabriel Pouchet de la Faculté de Paris, sont unanimes à dire que la peptone de viande Kemmerich est le plus agréable, le plus riche en matières nutritives et le plus facilement assimilable de tous les produits de l'espèce.
La Compagnie fournit encore des langues de bœuf et des viandes conservées, celles-ci notamment à l'usage de la marine et de l'armée.
Les distinctions décernées à la Compagnie Kemmerich par le Jury de l'Exposition Universelle d'Anvers témoignent de la supériorité de ses produits et Pavillon de dégustation du Cacao Van Houien de l'importance commerciale de
cette Compagnie, frères Deis ont ouvert un débit de vins du Rhin et de la Moselle.
façon , des auditeurs , que la température élevée des halles chassait dans les jardins. Des concerts moins nombreux, mais plus choisis, comme ceux donnés le soir par les corps de musique de la garnison, eussent plu davantage. Ces réflexions, échangées sous forme de critique, n'empêchaient pas les visiteurs de rendre justice aux qualités supérieures du cacao de MM. Van Houten. Cette ancienne maison, unique dans son genre en Europe, n'en est plus à compter ses succès. Ses produits, cacao pur et soluble en poudre, se distinguent (ce sont les sommités médicales et les chimistes renommés qui l'attestent), par leur pureté parfaite, leur richesse en sans pitié, les morceaux les plus Collectivité des fabr. de Cigares de la Havane principes nutritifset bienfaisants, choisis de leur brillant réper- Pavillon de dégustation leur arôme délicat, l'économie et
toire, sans se soucier, en aucune (M' Moris-Van den Bussche, Anvers) la simplicité de ieur préparation.
Pour donner une idée de l'importance de la maison Van Houten, citons ici quelques chiffres.
peptone, mélangée aux légumes, constitue une nourriture saine et très fortifiante.
Les matières albuminoïdes doivent entrer pour une large part dans la nourriture de l'homme, attendu que, à l'exception des os et de quelques autres parties, le corps humain renferme beaucoup des ces matières, désignées sous la dénomination de protéine. Les substances albumineuses introduites dans l'estomac sont rendues assimilables par la pepsine que renferme cet organe.
La fabrication artificielle de la peptone a pour effet de supprimer ce travail de digestion, et de rendre les matières albumineuses directement assimilables; cette préparation présente donc un grand progrès dans le problème de l'alimentation des malades.
En face du kiosque, les De l'autre côté, se dresse un pavillon spacieux, élégant, meublé avec luxe : celui de MM. C. J. Van Houten, de Weesp (Hollande). C'est là que les dames aimaient à se reposer, en sirotant une tasse de délicieux cacao et en écoutant, parfois malgré elles , les accords plus ou moins harmonieux qui partaient du kiosque ; ces concerts en plein air n'étaient pas toujours, en effet, un régal pour les oreilles délicates — ni même pour les autres ; l'entrée gratuite à l'Exposition, accordée aux sociétés qui en faisaient la demande, constituait un appât, auquel il était difficile de résister ; elles payaient leur écot en exécutant,
Les bâtiments occupés par cet établissement couvrent 200 ares de terrain, divisés en atelier de fabrication, laboratoire, menuiserie, magasins divers pour les réserves de bois, de fer-blanc et de zinc, scierie à vapeur, fabrication de boîtes de fer-blanc pour la poudre à cacao (il ne s'en fabrique pas moins de 18,000 par jour), élévateur et machines à vapeur ; le personnel employé, hommes et femmes, atteint environ le chiffre de 200.
En contournant la pelouse sur laquelle se trouve le pavillon Van Houten, le regard est attiré par le gigantesque Marteau-Pilon de la Société Cockerill. C'est un modèle en bois, .
grandeur d'exécution, du pilon de 100 tonnes et de 5 mètres de course, construit à Seraing, poulies usines de Terni en Italie.
Il a donné son nom à la grotte du Marteau-Pilon , dégustation de vins, adossée au restaurant du Grand - Hôtel ; l'emplacement de celui-ci est particulièrement bien choisi; les bâtiments de l'Exposition, en effet , lui prêtent une ombre bienfaisante , à l'heure où les touristes fatigués songent à réparer leurs forces.
En face de ce restaurant s'élève un riche et
Marteau-Pilon (Société J. Cockerill)
élégant pavillon dont nous reproduisons la gravure. C'est une dégustation de cigares de la Havane, succursale^ en quelque sorte, de l'importante exposition collective de cigares, dont nous parlerons dans le chapitre traitant de l'Espagne et de ses colonies.
M. Moris-Vanden Bussche, qui représente cette collectivité, a eu l'heureuse idée de permettre ainsi
aux amateurs de juger, mieux que de visu, les différentes marques exposées. On y trouvait des spécimens pour tous les goûts et pour toutes les bourses, depuis le modeste Coucha, à 20 centimes jusqu'au somptueux Sublime, à 5 francs.
Saluons en passant le groupe important du Triomphe de la Lumière, œuvre géniale du grand maître Dinantais, Antoine Wiertz, et dirigeons nos pas vers le pavillon Cambodgien, en laissant à notre gauche le gracieux chalet de dégustation de liqueurs suisses, installé par MM. Amstutz et Denner.
De tous les points du parc on distingue le pavillon des Colonies françaises et son toit à quatre compartiments, dont les tuiles plates, rouges et bleues, forment de grands dessins*. Une autre toiture, plus petite et de même forme , semble posée comme un bat sur la première.
Un. clocheton ouvragé et doré s'élève au centre, et de grandes cornes dorées , pareilles à des rostres, se hérissent aux angles
Papillon Suisse, Amstuîi et Denner
et donnent à l'ensemble un aspect singulier. Les murs sont couverts de bandes brunes de deux tons alternés , avec des arabesques, et les fenêtres, plus larges que hautes, ont des encadrements de sculptures dorées.
Une gigantesque face de dieu, paisible et bienveillante, rayonne au-dessus de la porte. L'escalier, dont les larges marches sont couvertes de squelettes de têtes d'éléphants, de défenses d'ivoire,
de gros échantillons de bois et de minerais et d'ossements de grands animaux, semble une étagère de géants, et, le long de la façade d'entrée, s'étalent encore des pirogues décorées, des objets étranges, des modèles de chariots barbares, de curieuses voitures tenant à leurs essieux par des ressorts en bois et dont la caisse étroite et basse est faite pour des hommes souples, aux membres grêles, habitués à s'asseoir sur leurs talons. A l'intérieur, douze compartiments se disposent autour d'un carré central, et l'on trouve là tout ce que produisent les colonies de la France : la Cochinchine et le Cambodge, le Sénégal, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Réu-
quelle merveille se vouer. On renonce à prendre des notes, car il faudrait tout noter ; on remet son papier et son crayon dans sa poche et Ton regarde au hasard.
Ce qui frappe avant tout c'est toute une collection de bons dieux, aux figures rondes comme des lunes, aux nez écrasés, aux grosses lèvres, aux oreilles pendantes ; leurs physionomies bienveillantes sont pleines d onction ; et, assis comme des tailleurs, ils croisent sur leurs gros ventres leurs bras terminés par des mains bénissantes dont
* La" description de l'Exposition des Co!o
1 dans la Gazette et t
; élégante de M. Edmond Cattier.
les doigts et les ongles n'en finissent pas. Quelques-uns ont leur petite bedaine ronde toute nue, et rient la bouche fendue jusqu'aux oreilles ; et leur nombril a l'air d'un œil qui rit aussi. Dans les coins, deux déesses, très dignes, sous des parasols à plusieurs étages, sont serrées dans des robes d'or collantes, qui dessinent leurs hanches étroites, leur souple et gracieux torse asiatique.
Sur les murailles, s'arrange une profusion d'armes aux fers contournés et élégants comme des pétales de fleurs; d'avirons en laque à dessins d'or; de chapeaux qui ont la forme de boucliers; d'arcs gracieusement courbés, d'encensoirs en forme de boules; d'éventails éclatants, aussi éblouissants que des miroirs à alouettes ; et l'on distingue surtout de grands éventails où, sur un fond de soie, est broché un dragon qui veut dévorer le soleil, des cercles concentriques de plumes blanches et noires l'entourent, variés par des guirlandes de plumes de paon.
Sur le plancher et sur les meubles sont des tabourets en bois incrusté ou en porcelaine, des vases en bronze ou en argent dont les pieds sont des pieds de bête et les anses des lézards qui rampent à leur surface, — des monstres aux narines larges ouvertes, aux dents formidables, taillées comme des créneaux, terribles et grotesques, des dents d'éléphants, des vases en porcelaine admirables et qu'on regarde à peine tant il y a d'autres choses à contempler.
Mais, ce qui l'emporte peut-être sur tout le reste, ce qu'il faut voir de près, ce sont les incrustations de nacre d'une infinité de bahuts, de bancs, de tabourets, de coffrets, répandus partout. Elles représentent les paysages, la vie, la mythologie de l'Extrême-Orient. Des pavillons dressent leurs toits retroussés en croc, des arbres étonnants emmêlent leurs branches, des ruisseaux courent dans les prairies, des lacs miroitent, des pirogues glissent et des voiles s'ouvrent à la brise, des oiseaux planent. Une perspective étrange règne dans toutes ces images. Ce n'est pas notre perspective à nous, et c'est une perspective pourtant, qui fait sentir à sa manière l'espace, la différence des plans, le relief. Avec l'éclat très doux, les irisations fantastiques de la nacre sur le fond sombre du bois de trac, on dirait tout cela illuminé par un clair de lune très vif sur un ciel très sombre. Et quel dessin étonnant dans ces cavalcades qui passent avec leurs étendards, ces guerriers qui combattent, ces personnages en palanquins éventés par leurs esclaves, ces cavaliers qui se poursuivent, ces bonshommes qui courent, ces chinoises qui se promènent, ces bourreaux qui tranchent des têtes, cet univers dont les personnages n'ont pas un pouce de haut, et sont indiqués uniquement par un peu de nacre dans du bois et quelques traits de burin dans cette nacre! Ce n'est pas tel homme qui en fuit un autre, tel cheval qui galope, tel individu dans une circonstance spéciale. Chacun de ces bonshommes est toute une synthèse. C'est la représentation de la fuite, du galop, de la course de fureur, de la peur, de l'orgueil, de la grâce même. Et pourtant quelle variété, quelle vérité, quelle vie dans ce dessin abstrait.
On s'arrête encore à quelques gros morceaux : un lit énorme et compliqué, garni, en guise de draps, de soie noire et de peaux de tigre, surmonté d'une galerie fabuleuse et de dragons hideux ; à un palanquin en laque ; à une cage d'éléphant ; à un tamtam ; à toute une collection d'instruments de musique étranges, dont les curieux égratignent les cordes du bout de leur parasol, et qui rendent des sons plaintifs ; à des étoffes brodées; à des souliers tout petits, et la pointe retroussée; à des plats de bronze incrustés, et à un pavillon multicolore qui se dresse au centre du local, sanctuaire de la commission, d'autant plus mystérieux qu'il n'est fermé que par un grillage de bois.
Dans le compartiment du Sénégal, la civilisation baisse d'un cran. On rit devant deux fauteuils de rois nègres, taillés dans une seule bûche et constellés de petites croix qui en sont les ornements ; là, un gros clou fiché dans un morceau de bois est une enclume, un sac de peau est un soufflet de forge, des morceaux de bois sont des outils; des sabots recouverts de peau sont des violons; une série de petits bâtons attachés sur deux traverses forment une sorte d'harmonica primitif : un balafou, que tout le monde racle du bout de sa canne en passant et dont on entend sans cesse la gamme étrange, le son mélancolique et doux ; des chapeaux de paille cependant, sont charmants, et les Sénégalais savent tailler des statuettes en bois fort drôles et caricaturer les blancs, comme dans cette figure représentant un ministre sous les traits d'un bonhomme en bois blanc, assis dans un fauteuil et uniquement vêtu... d'un chapeau de forme d'un beau noir.
Les Canaques sont encore bien au-dessous des Sénégalais. Il faut voir, dans le compartiment de|la Nouvelle-Calédonie, leurs canots pas plus grands que des écopes, leurs tabous faits à l'image des Canaques — ils n'échappent pas à cette loi qui fait toujours les dieux à l'image de leurs adorateurs ; les dieux canaques ont l'air de bien fameux drôles. Les casse-tête sont aussi un des principaux articles de l'industrie canaque.
Ensuite, ce sont des spécialités des autres colonies. L'une des plus curieuses est l'Inde, avec une collection de costumes et d'étoffes, un radeau à voile et une image de la déesse Dourga, toute jaune avec des yeux en amande, reposant sur un tigre blanc qui dévore le bras d'un homme vert.
Toutes les colonies ont envoyé les produits de leurs indigènes, de leurs colons et de leurs déportés — celles qui ont des déportés. Cela forme une superbe collection de minerais, de bois précieux, d'étoffes, de denrées, de comestibles et de liqueurs de toutes sortes, de fleurs, de plumes d'oiseaux, de vêtements multicolores à dessins violents, de chemises — qui s'appellent boubous — et d'autres vêtements pour les indigènes ; il y a encore des trousseaux pour les déportés, de l'ébénisterie de la Nouvelle-Calédonie, qui sent joliment son faubourg Saint-Antoine, de la lingerie, mille choses curieuses dont le détail serait trop long.
Ce pavillon est tout une exposition à lui seul. Il faut rendre hommage aussi au bon goût et à l'ordre avec lesquels cette multitude de curiosités a été classée et arrangée par M. Albert Grodet, commissaire et M. de Nozeilles, commissaire adjoint. Le public admire beaucoup aussi les marins en tenue, les Annamites avec leur chignon et leur peigne d'écaillés, et le superbe tirailleur sénégalais, d'un noir absolu, qui gardent ces trésors. Le Sénégalais est fréquemment interviewé par nos soldats de la garnison d'Anvers.
Nous quittons à regret l'exposition des" produits de la fantaisie et de la civilisation orientales, pour nous transporter dans le domaine de la pratique ; nous nous trouvons en présence de l'un des derniers perfectionnements que la science de l'ingénieur a apportés à ce grand facteur de la richesse nationale, les moyens de transport. Nous voulons parler des chemins de fer portatifs.
Ces chemins de fer rendent d'éminents services partout où l'on doit effectuer le transport de matériaux ou de marchandises à des distances relativement faibles, ils sont des auxiliaires précieux pour l'alimentation des grandes voies de communication.
Le principe sur lequel reposent ces petites voies ferrées, est la répartition des charges à transporter, sur un grand nombre d'essieux ou de wagonnets, susceptibles d'être remorqués à bras d'homme, par des animaux ou par des locomotives légères. Ce fractionnement des charges sur le sol par l'intermédiaire de rails et de nombreuses traverses, permet l'enlèvement des produits agricoles sur les champs et leur transport jusqu'aux routes carrossables.
L'économie réalisée sur la main-d'œuvre dépensée par l'emploi de brouettes ou d'autres moyens de transport primitifs est de près de 80 °/„.
Une exposition très complète dans cette classe, est celle de MM. H. Deville-Châtel et C" de Bruxelles. Cette maison expose des voies de divers types :
Voie portative n° 1 en travées d'une pièce. — Cette voie se compose de rails Vignole hauts, pesant 5 ou 7 kilogr. le mètre courant, maintenus par des traverses en fer U, solidement fixées aux rails à l'aide de crampons doubles, saisissant les patins à l'intérieur et à l'extérieur de la voie.
Ces crampons doubles laissent aux rails un certain jeu qui facilite la jonction de ceux-ci, et permet la formation sur place de courbes à rayon moyen, comme cela se pratique pour les chemins de fer à grande section. L'on peut ainsi poser la voie à la demande du terrain, sans bris et sans dépenses supplémentaires.
La longueur normale des rails est de 5 mètres ; on en forme des travées de voie ayant cinq traverses, dont deux très rapprochées des bouts.
Ces travées, qu'un seul homme peut transporter, sont placées les unes à la suite des autres, et reliées entre elles par des plaques dédisses spéciales, à 2 boulons, d'un placement prompt et facile. Les joints des rails sont en porte-à-faux.
Si on ne désire qu'une pose provisoire, les plaques d'éclisses ne sont boulonnées que d'un côté des travées, et l'on engage les bouts saillants des plaques, légèrement évasés, dans les gorges des rails de la travée subséquente.
La pose de ces voies est très rapide; deux manœuvres sans expérience peuvent en établir environ 200 mètres courants à l'heure.
Pour déplacer la voie, qu'elle soit définitive ou provisoire, les ouvriers enlèvent des travées de 5 ou de 10 mètres de longueur, les posent sur le nouvel emplacement, et les rejoignent entre elles par les plaques d'éclisses restées fixées à l'une des extrémités des rails de la travée.
On peut faire la traction dans l'intérieur de la voie à l'aide de chevaux, de mules ou de bœufs sans craindre la déformation des traverses à nervures.
Wagonnet-plate-forme à ridelles
Wagonnet à tablier
Voie portative n° 1
Wagonnet-corb eille
Voie portative n° 2
pf
Wagonnet basculier à caisse équilibrée Wagonnet basculier Wagonnet à fourche pivotante
Matériel roulant exposé par MM. H. DEVILLE-CHATEL & O Bruxelles
Dans des cas spéciaux et sur un bon terrain, on peut se servir de voies portatives extra-légères, avec rails en acier pesant 3 kilogr. 1/2 le mètre courant.
Voie portative n° 2 avec traverses mobiles. — Les rails et les traverses sont expédiés séparément. Les rails s'introduisent par un des bouts dans les traverses repliées formant coussinet.
Les travées portatives sont faites comme précédemment, et réunies par éclisses et boulons. Pour une pose provisoire, on peut réunir les abouts des rails de deux travées consécutives sur une même traverse, dans les mêmes coussinets. Les traverses sont alors placées à un mètre de distance les unes des autres.
L'enlèvement des travées s'opère en faisant glisser légèrement les traverses de joint pour dégager les abouts des rails.
Le poids des rails et l'écartement de la voie varient suivant la nature des travaux auxquels la voie est destinée.
Voie semi-portative 11° 3. — Cette voie offre une stabilité et une résistance plus grandes que la voie portative et son exploitation permet l'emploi de chevaux ou de locomotives légères. Ses rails pèsent, 7, 9, 12, i5 ou 18 kilogrammes le mètre courant.
La pose de la voie se fait comme pour la voie n° 2.
Les traverses.de ces voies maintiennent les rails à écartement à l'aide de larges crampons extérieurs rivés, et les fixent à l'intérieur par des boulons avec clames que l'on peut également river. Les travées sont réunies par des éclisses à 4 boulons.