MATÉRIEL SPÉCIAL DE LA VOIE
Les croisements sont à aiguilles et d'une pièce. A ces croisements s'adaptent des voies droites ou courbes complémentaires de manière à former une travée totale de 5 mètres.
Le dérailleur est formé d'une travée courbe, terminée d'un côté par un plan incliné qui se place sur la voie fixe, et pouvant de l'autre côté, se raccorder à une voie d'évitement.
Pour traverser les routes on se sert de bouts de voie de i,a5 mètre de longueur, permettant de suivre la convexité de celles-ci, et munis de contre- rails assurant les ornières; l'on place des bouts de madriers entre les rails de façon à assurer la circulation sur la route.
Pour la construction des plaques de manœuvre, des plates-formes portatives, des plaques tournantes, etc., il a été tenu compte des derniers perfectionnements que la science a introduits dans cette fabrication.
Matériel roulant. — La maison Deville-Châtel possède une quarantaine de wagonnets de types différents appropriés aux usages agricoles ou aux travaux publics.
Les châssis en fer U de ces "wagonnets sont combinés de manière à pouvoir, sans remaniage, servir à constituer les wagonnets des divers types. Les buttoirs ou tampons d'attelage, élastiques par eux-mêmes, sont formés d'un fer cornier cintré, auquel est fixé le crochet muni de son anneau d'accouplement. Ces buttoirs sont indispensables pour l'accrochage des wagonnets et la formation des trains.
Les roues sont en acier très dur, et les essieux, en acier spécial, tournent dans des boîtes à huile où à graisse d'une pièce, ne nécessitant que très peu d'entretien. Il est facultatif de rendre une roue folle sur chaque essieu pour faciliter le passage des wagonnets dans des courbes à très petit rayon.
Un wagonnet-type ou truc sert de base à la confection de la plupart de ces wagonnets. Le rapprochement des essieux et la conicité des roues sont tels, que le wagonnet peut circuler dans des courbes de 4 mètres. Ses organes, très forts, le rendent capable de supporter des charges variant de 600 à 2000 kilogrammes.
Viennent ensuite : le wagonnet à tablier, le wagonnet plat, les wagonnets à ranchers, le wagonnet à caisse, le wagonnet-tombereau, le wagonnet-corbeille, les wagonnets-basculeurs de différents systèmes ; le wagonnet-porteur, le wagonnet-tonneau, le wagonnet à fourche pivotante, les wagonnets-plates-formes à deux trucs, les wagonnets articulés; les wagonnets de mine, les wagonnets d'ambulance, les wagonnets d'ouvriers et les wagonnets de luxe. Puis viennent encore une série de wagonnets affectés à des services spéciaux tels que wagonnet à béton, wagonnet à pains de sucre, wagonnet-pompe, grue roulante, etc., etc. (Voir nos illustrations).
Tous ces wagonnets, construits avec beaucoup de soins, sont admirablement appropriés aux travaux spéciaux en destination desquels ils ont été fabriqués, et l'usage des voies portatives que nous venons de décrire et du matériel roulant qui y est affecté, tend à se généraliser de jour en jour.
Nous parlerons plus loin des machines à vapeur, chaudières, bateaux, etc., que produisent encore les importantes usines de MM. Deville-Châtel & Cie.
Comme pendant à l'importante exposition dont nous venons de parler avsc quelques détails, il en est une autre également très remarquable; c'est celle de M. Achille Legrand, maître de forges, à Mons, qui expose dans les jardins de l'Exposition tout un ensemble de matériel de chemins de fer, voitures de ire et sraa classes ouvertes et fermées, locomotives, wagons de tous genres et à tous usages : wagons culbuteurs basculant à droite ou à gauche, et en avant ou en arrière — wagons pour cannes à sucre à 4 et à 8 roues, avec ridelles démontables — wagons pour le service des forêts, type tout à fait nouveau , Remployant aussi très avantageusement pour les armées en campagne. A remarquer deux types de voitures construites spécialement en vue du transport des troupes ; l'une portant 8 hamacs suspendus, pour le transport des blessés, l'autre avec les bancs placés dans le sens longitudinal, pour le transport des soldats valides.
Ces voitures se démontent très rapidement
Wagon-hamac pour le transport des blessés (système Achille Legrand)
volonté, et suivant les besoins, en voitures de l'un ou de l'autre de ces deux types.
Le matériel construit par M. Legrand se distingue par l'élégance et la solidité ; l'emploi judicieux des ressorts, étendu à la construction du petit matériel, ajoute encore à la réputation qu'il s'est faite depuis un quart de siècle dans l'outillage des transports rapides et économiques.
Son exposition de
voies portatives comporte
un développement li-
facilité dans toutes les
et se transforment à
néaire de plus de cent mètres. Le matériel roulant se meut avec la plus grand*
directions et suivant des courbes qui n'ont pas plus de 6 mètres de rayon.
Dans ce système on supprime tout: boulons, cales, clefs de tous genres; on opère le serrage par la traverse elle-même et on l'obtient solide, énergique et susceptible de résister à toutes les épreuves.
M. Legrand est le seul industriel en Europe et en Amérique qui construise un dispositif connu sous le nom de système Lartigue- Legrand à rail unique. Sur le rail surélevé de cette voie se balancent de petits
wagons suspendus ; la charge étant répartie de chaque côté, cette sorte de cacolet monté sur deux roues à gorge de o,25 mètre, se meut dans toutes les directions, passant dans les courbes les plus raides.
M. Legrand a été l'objet, cela va sans dire, de distinctions nombreuses autant que méritées.
MM. Alphonse et Victor Halot, de Louvain, avaient également dans les jardins
uuuuuuuuirauuuiraonuuonanainnmniiuuDuiiuuii
Wagons à voyageurs, plate-forme, pour l'été (système Achille Legrand)
une exposition remarquable, consistant en wagons à marchandises ouverts et fermés, wagons de terrassement, bascule urs, trucs, wagonsgrues, etc.; plaques tournantes, signaux, changements de voies, etc.
Cette usine fabrique encore des ponts fixes et tournants, charpentes métalliques, appareils pour sucreries, raffineries, brasseries et distilleries, et le matériel s'y rapportant.
Un des derniers décrets signés par le roi d'Espagne a été celui qui conférait la croix de chevalier de l'ordre de Charles III à M. Decauville pour le récompenser des services que son système de chemins de fer portatifs a rendus en Espagne et dans les colonies espagnoles, où ce nouveau moyen de transport est devenu aussi populaire qu'en France, et a reçu des applications considérables pour les travaux des fortifications et pour les transports agricoles. Dans la seule ile de Porto-Rico plus de trois cents kilomètres de voie Decauville ont été installés dans ces dernières années, pour le transport de la canne à sucre, et toutes ces affaires ont été obtenues malgré la concurrence des Anglais et des Américains.
Les chemins de fer Decauville fonctionnent chez 4700 clients et ils sont devenus d'un emploi tellement général qu'il n'existe plus un seul point du globe où on ne puisse en voir plusieurs installations. La voie se compose d'éléments qui ont la forme d'échelles et qui sont droits, courbes ou combinés en forme de croisements pour répondre à tous les besoins. Elle coûte de 3 fr. 5o à to fr. 5o le mètre, suivant qu'il s'agit de voie de 0m,4o en rails d'acier de 4 k. 5 ou de voie de om,75 en rails d'acier de 12 k. La pose en peut être faite avec la plus grande facilité par le premier ouvrier venu. Il n'y a lieu de ballaster la voie que lorsque l'on veut employer des locomotives.
Inventés par M. Decauville en 1876, ces chemins de fer ont eu un succès si rapide, que les ateliers de Petit-Bourg, qui n'occupaient que 100 ouvriers en 1878, sont arrivés en 1884 à 730 ouvriers, avec un outillage formidable de 35o machines-outils, qui font le travail de 3,000 ouvriers. II y a entre autres, 4 machines à peindre, qui font le travail de 60 peintres, et 32 machines à river, qui assemblent les rails sur les traverses, avec une solidité tout à fait extraordinaire.
Les ateliers de M. Decauville sont à Petit-Bourg, à une heure de Paris. Ils sont fort intéressants à visiter, car leur création est si récente, que peu de personnes se doutent de l'importance qu'ils ont prise en si peu d'années. Ces ateliers occupent huit hectares au bord de la Seine, avec raccordement à la Compagnie P.-L.-M., dont les locomotives viennent tous les jours chercher les wagons sur l'embranchement particulier et en emmènent 18 à 20 en moyenne, c'est-à-dire la moitié d'un train de marchandises, chaque jour.
La principale halle, qui a 160 mètres de façade sur 160 mètres de profondeur, soit 25,ooo mètres carrés, est construite aux trois quarts et a actuellement 18,000 mètres, c'est-à-dire près de deux hectares d'une seule pièce. Cet atelier est une sorte de machine gigantesque à faire les petits chemins de fer. Les matières entrent par les deux bouts, et les produits fabriqués sortent par le milieu, chargés, par deux ponts roulants à vapeur, dans les wagons de la Compagnie P.-L -M. La production mensuelle est de 3, 000 w'agonnets et l5o kilomètres de voie.
Dans un banquet qui a eu lieu à Petit- Bourg en décembre i883, pour fêter le retour d'Australie d'un des chefs de la maison Decauville, le représentant du Creusot à Paris a dit, qu'il tenait à constater que les Ateliers de Petit-Bourg, dont la consommation de fer et d'acier avait sans cesse augmenté depuis 1878, étaient arrivés depuis 1882 à être de tous les ateliers du monde entier, ceux qui travaillent la plus, grande quantité de métal par jour.
De même que cela a eu lieu aux Etats-Unis pour Pulmann-City, le développement rapide des ateliers Decauville a rendu nécessaire la création d'un village entier pour loger les ouvriers, ou plutôt d'une petite ville, car on y trouve même un théâtre. Des maisons confortables, entourées de jardins, sont louées aux ouvriers mariés, à raison de 6, 8, 10 et 12 francs par mois, avec des diminutions proportionnelles au nombre d'enfants et au nombre d'années de séjour, de telle sorte, qu'au bout d'un certain temps, le locataire ne paie plus aucun loyer jusqu'à sa mort, même si, par suite de la vieillesse, il devient impropre au travail et, à ce moment, la caisse de retraite de la Société de Secours mutuels lui assure une petite rente. La boulangerie fournit toujours le pain au-dessous de son prix de revient. La Caisse d'épargne de l'établissement assure un taux rémunérateur à l'ouvrier qui veut économiser. Le comité des récompenses donne des primes aux ouvriers ou contre-maîtres qui trouvent des perfectionnements dans l'outillage.
M. Decauville installe en ce moment un autre atelier en Italie, pour éviter à ses clients Italiens les droits de douanes élevés qui frappent les voies portatives (120 francs par tonne). Cet atelier est à Diano-Marina près de Gênes, il occupe 4 hectares et est dans une situation industrielle aussi belle que celle des ateliers de Petit-Bourg, car il touche d'un bout au chemin de fer de Nice à Gênes et de l'autre bout à la mer par laquelle arriveront toutes les matières premières.
Le plus bel éloge que l'on puisse faire des procédés de fabrication de M. Decauville, c'est de constater qu'ils lui ont permis de devenir un des rares constructeurs français arrivant à faire des affaires suivies en Angleterre : 5G installations ont déjà été livrées dans ce pays, entre autres, une de 10 kilomètres chez MM. Denny Brothers. Pour arriver à vendre aux Anglais et jusque dans les chantiers delà Clyde, des chemins de fer portatifs construits dans les ateliers de Petit-Bourg, près Paris, il faut que ce matériel ait une supériorité bien réelle sur les produits similaires fabriqués en Angleterre. Du reste, M. Decauville, qui avait reçu la croix de la Légion d'honneur en 1878, la croix de commandeur de l'ordre du Nicham de Tunisie, la croix de chevalier de la Couronne d'Italie pour les services rendus par ses chemins de fer dans les. arsenaux italiens et à Massouah, et des diplômes d'honneur aux Expositions d'Amsterdam, Buenos-Ayres,
Turin, a obtenu également des récompenses à toutes les expositions anglaises, d'Edimbourg, de Preston, Galway Londres, Derby; à l'exposition de Calcutta, il a remporté le premier prix des chemins de fer portatifs, en battant six concurrents anglais. A la suite de ces succès, M. Decauville a reçu un ordre considérable du gouvernement anglais et l'Institution of Mechanical Engineers, de Londres, l'a admis au nombre de ses membres.
Les chemins de fer Decauville sont employés dans toute l'Europe, pour la récolte des betteraves ;
à bascule. Ils ont été également employés aux travaux de la ville de Genève, avec un plan incliné hydraulique, installé au bord du Rhône, sur une pente de 52 %, pour monter 3o,ooo m. cubes de gravier au nouveau cimetière de Saint-Georges.
216 planteurs l'emploient pour le transport de la canne à sucre; entre autres, à Java, MM. Hofland qui en emploient 37 kilomètres, la sua Colonial Sugar Refining Cy> en emploie
dansi' Autriche seule, il y en a ij5 applications.
Ils ont reçu également des applications considérables pour les terrassements, par 2,700 entrepreneurs, entre autres, pour les travaux du tunnel sous la Manche, pour les ports de Newhaven, Southampton et Anvers, et le canal de Panama, qui emploie 80,000 mètres de voie de 5o c. en rails de 7 kil. et 4,730 wagons crerie de Pan
dans 1 expédition de l'Oyôoué lorsque les rivières exploré
23 kilomètres ; en Australie, un seul client,
52 kilomètres avec 1,450 wagons et 6 locomotives; à Porto-Rico, 78 planteurs en emploient plus de 3oo kilomètres.
Le chemin de fer Decauville permet aussi d'établir des lignes à voyageurs, à voie de 0^60 ou de o'n75, à raison de 19,000 francs le kilomètre, y compris locomotives et voitures de ire, 2e et 3° classes et marchandises. Les locomotives peuvent faire 5o kilomètres en deux heures et demie sans arrêter.
Ce chemin de fer portatif permet ■de transporter des canons de 20 tonnes.
Il a été employé dans toutes les guerres qui ont eu lieu ces dernières années : par l'armée française (en Tunisie 70 kil., Tonkin 60 kil., Madagascar 22 kil.), par les Anglais en Afghanistan, par l'armée
cauville parut aux avant-postes afghans et fut signalé à l'armée anglaise par les officiers qui suivaient les opérations des Afghans. Les Anglais voulurent posséder un matériel pareil à celui des Russes et la commande en fut donnée à M. Decauville, en spécifiant que les voies devaient être du même type que celles fournies aux Russes. Il y avait dans cette dernière installation un problème assez difficile à résoudre : tout le matériel devait voyager à dos d'éléphant pendant quatre à cinq semaines et on voulait employer
italienne en Egypte, et par l'armée russe (100 verstes soit 106 kilomètres) dans le Turkestan, où le général Skobeleff l'employa avec grand succès, pour transporter les vivres et les munitions de son armée. La voie était déplacée à mesure que l'armée marchait en avant et lorsque, tout récemment, les Russes se rapprochèrent de
CHARGEMENT DES CHEMINS DE FER DECAUVILLE A DûS d'ÉLÉIHANT PAR I,' ARMÉE ANGLAISE '
Afghanistan. Le « Decauville » sert en ce moment dans les armées française, anglaise, belge, 1 Afghanistan, le petit espagnole, italienne, roumaine et russe chemin de fer De-
une locomotive. M. Decauville a fait construire cette dernière en deux pièces, dont la plus grosse ne pesait que 1,800 kil., charge maximum que peut porter un éléphant.
On peut donc dire, après cette dernière application, que le chemin de fer Decauville se prête à toutes les exigences et triomphe de tous les obstacles ; mais ce qui est surtout intéressant à constater dans cette courte étude, c'est que M. Decauville présente ce rare exemple d'un inventeur qui, ayant créé une nou-
velle industrie, a eu assez de confiance dans son invention, pour ne pas hésiter à dépenser deux à trois millions, pour construire des ateliers et les développer en proportion de l'accroissement des commandes,afin de rester en mesure de livrer tout ce qu'on lui demandait. Ce développement si rapide a eu pour résultat de ne laisser le temps à aucun concurrent sérieux de s'établir.
De plus, comme M.
Decauville exploite son industrie très commercialement, en baissant ses tarifs à mesure que le prix des métaux diminue, on peut dire que, dans de telles conditions, la concurrence est presque impossible.
Nous signalons parmi les perfectionnements des chemins de fer Decauville :
Lanouvellevoie à traverses débordantes en acier, remkil., lorsque la ligne
plaçant avantageusement la voie à traverses embouties, en rails de 7 kil., 9 kil. et 12
doit rester fixe; elle coûte le même prix, car les traverses, tout eu étant plus lourdes, coûtent moins cher
de fabrication.
Un nouveau type de wagon renforcé, qui a été créé pour les carrières de pavés de la Ville de
Paris, près de Rambouillet, dont M.
Decauville a fait le raccordement à une station de la Compagnie de l'Ouest avec 9 kilomètres de voie de om6o rails de 9 kil. 5 sur traverses débordantes; ce wagon a une force de 3,ooo kil., sa longueur totale, y compris le tampon, est de 3"'5o.
Le wagon système Couvreux,pour circuler sur la voie de omj5 en rails d'acier de 12 kil. ; ce
MPI.OYÉ PAK 2l6PLANTl:UKS DECANNKA 'UCRE DANS LE
; d'Australie en a achet; 52 kilomètres avec 1,450 wagons
wagon possède une caisse à bascule cubant 2 mètres ; le fond est en tôle d'acier, parois verticales, avec portes ouvrant automatiquement d'un seul côté ; 200 wagons de ce type sont employés dans les chantiers du canal de Nantes à la mer.
Lanouvellegrue, munie d'un treuil, système Mégy-Echeverria, invention fort ingénieuse, grâce à laquelle on n'a plus à craindre le danger
qui provient, dans les grues ordinaires, du mouvement rapide des manivelles au moment de la descente du fardeau, car avec le treuil Mégy on tourne la manivelle pour arrêter le fardeau; lorsqu'on veut arrêter, on lâche la manivelle qui ne bouge plus; cette grue d'une force de deux tonnes, ayant trois mètres de portée, est montée sur truc articulé à 8 roues, système américain.
La maison Decauville construit également des ponts portatifs démontables, système Eiffel, pour le
passage des rivières de différentes largeurs ; ces ponts, construits entièrement en acier, sont d'une très grande légèreté et ne pèsent que 25o kil. par mètre courant et peuvent supporter le passage d'une charrette ou d'une locomotive de 4,000 kil., avec une portée de 21 mètres au maximum. — Le nombre des différentes pièces entrant dans la composition des ponts étant très petit, 7 au maximum, dont les plus lourdes ne pèsent pas plus de 145 kilog., ceux-ci sont facilement transportables et. peuvent être montés rapidement par de simples manœuvres.
En quittant la pelouse sur laquelle sont exposés les produits de la maison Deville-Châtel, nous admirons en passant une exhibition très complète de pompes d'arrosage de différents systèmes, et nous arrivons devant le Pavillon des Congolais, élevé par la Société Royale de géographie d'Anvers, et représentant très exactement le Sanitarium de Borna.
Cette exposition, unique en son genre, et dont Anvers a eu la primeur, était organisée sous la direc-
tion intelligente du savant général Wouwermans, le sympathique président de la dite Société.
On y a rassemblé tous les produits de l'Etat libre du Congo ; des armes, des outils, des instruments de musique et divers échantillons de l'industrie du pays.
Le visiteur sérieux peut y recueillir des renseignements précieux sur la topographie, l'étal actuel de la civilisation et les ressources de ces contrées, hier encore barbares, et auxquelles un généreux courant de civilisation ouvre un avenir de travail intelligent et de prospérité.
Quelques huttes congolaises ont été construites à proximité du Sanitarium et servent de cadre au groupe de nègres qui a séjourné à Anvers pendant l'Exposition.
Ces Congolais forment certes une des plus belles tribus africaines.
Les hommes sont beaux, doués que lui, il ne sera pas difficile de fair si fiers.
Massala, chef des Congolais
pénétrer dans leur pays la
bien musclés, marchant droit et ferme; la vivacité de l'œil trahit une activité mentale très grande; les femmes, beaucoup plus petites , ont le regard d'une grande douceur, et nous donneraient une assez haute idée des beautés nègres, n'était la suprême élégance de leur marche de canard.
Le roi Massala, qui dans son pays occupait les hautes fonctions de chef de tribu (ou de village), comptait dans sa nombreuse suite un interprète, Congolais comme lui, parlant très couramment l'anglais. Cet homme, le seul avec lequel il fut possible de s'entretenir sérieusement, était d'une intelligence remarquable ; sa facilité d'assimilation était telle qu'il comprenait, à la première explication , le but et le mouvement d'une machine assez compliquée pour rebuter un élève de nos écoles moyennes.
Si tous ses compatriotes
sont aussi heureusement
civilisation dont nous sommes
Derrière le Sanitarium s'élève un triple pavillon, dégustation des Vins et Kirsch d'Alsace de J. Bloch de Scherwiller; des Eaux minérales du Pouhon, et de l'Elixir de Spa de MM. Schaltin-Pierry & Cl*.
Vis-à-vis se trouvent quelques rares modèles de serres et d'abris; il est à regretter que nos prinapaux fabricants n'aient pas jugé favorable à leurs intérêts d'exposer les divers systèmes perfectionnés, qui Ont permis à nos horticulteurs d'envoyer sur les marchés étrangers ces beaux fruits, raisins, pêches, etc., et ces belles fleurs qui font l'ornement de nos expositions de pomologie et d'horticulture.
Une exposition des plus intéressantes était celle des manufactures de Glaces de Stolberg, près d'Aixla-Chapelle et de Waldhof, près de Mannheim.
Ces deux fabriques ont exposé, dans un pavillon spécial, une collection irréprochable et des plus variées de leurs produits depuis les glaces brutes pour toitures, jusqu'aux plus belles glaces polies et
ornementées ; cet ensemble, tout en offrant un coup d'œil agréable, avait le grand avantage de montrer l'utilisation pratique de ces produits, dans nos constructions modernes.
Dans les halles de l'industrie, section allemande, ces établissements ont exposé deux glaces, l'une étamée au mercure et l'autre argentée ; elles étaient vraiment imposantes, tant par leurs dimensions colossales que par leur pureté et leur parfaite répétition, qualités qui n'avaient pas été atteintes par les antres : expositions analogues. Ces deux glaces ont démontré que les établissements de Stolberg et de Waldhof; possèdent non seulement de puissants moyens de fabrication, mais qu'ils savent s'en servir avec une habileté étonnante.
Ces établissements appartiennent à la Société des Manufactures des glaces et des produits chimiques de St-Gobain, Chauny et Cirey, universellement connue depuis longtemps et dont la fondation remonte à i665. Pendant longtemps cette société a eu le monopole de la fabrication des glaces sur le continent; elle, ne le possède naturellement plus, mais ce qu'elle a su conserver de tous temps, ce sont ses moyens matériels considérables dont elle sait se servir avec intelligence, en mettant à profit toutes les nouvelles découvertes et inventions.
Société de St-Gobain a contribué, pour une large part, à amener la
sèment pour les fenêtres des maisons
1 1 est incontestable que la fabrication des glaces au degré de perfection qu'elle a atteint aujourd'hui. — Un autre fait digne de remarque, c'est que l'amélioration de la qualité des glaces a toujours été suivie d'une diminution de frais de fabrication. — Les prix de vente ont donc pu subir une réduction successive et graduelle , de sorte qu'aujourd'hui les glaces ne sont plus à considérer comme un article de luxe, mais bien comme un objet de nécessité.
Etamée ou argentée, la glace a sa place indiquée dans nos intérieurs; elle en est souvent le plus riche et le plus bel ornement.
En blanc, elle est d'une nécessité absolue pour vitrer nos grands magasins et on s'en servira avantageu-
Pai'illon de la Société anonyme des glaces et produits chimiques de St-Gobain, Chauny et Cirey, (Stolberg- et Mannheim)
particulières; elle donne toujours à, la plus modeste façade un cachet , extrêmement distingué ; aussi , la glace est-elle devenue aujourd'hui, entre les mains de nos architectes, et entrepreneurs, un motif de décoration économique.
La glace brute , épaisse ou mince, suivant l'usage auquel on la destine , est devenue d'un emploi usuel dans toute espèce de construc- .
tion : halles de chemin de fer, ateliers, serres, vérandas, etc.
Une réclame intelligente, mais, qui n'est pas à la portée de tout le monde, a été faite pendant quatre :
mois par la Société Centra da Lavoura e Coimnercio de Rio-de- ;
Janeiro. Cette . Société avait fait édifier un vaste pavillon où l'on a servi du café brésilien gratuitement à tous les visiteurs.
Situé auprès de la façade des Colonies Portugaises, ce pavillon avait l'apparence d'un chalet rustique ; sa forme était octogone ; l'extérieur était orné de bambous et l'intérieur était divisé en deux compartiments • dont l'un servait de salon et l'autre à la confection du café.
Ce pavillon a été inauguré le 6 juin i885 par Son Excellence le Comte de Villeneuve, Ministre du Brésil, délégué du Gouvernement Impérial et Président de la Commission de la Section Brésilienne. Les Commissaires de la dite Section, plusieurs membres du corps diplomatique et quantité de personnes notables : de Bruxelles et d'Anvers, assistaient à cette cérémonie.
Cette distribution gratuite de café a beaucoup contribué à vulgariser le principal produit du pays, que l'on considère, à juste titre, comme le plus important producteur de café et auquel le Jury de l'Exposition d'Anvers a accordé un grand nombre de récompenses, parmi lesquelles des Diplômes d'Honneur et. des Médailles d'Or.
Les pavillons de dégustation ne manquent pas dans cette partie, des Jardins ; nous remarquons successivement le pavillon de la Lcewenbrauerei, tenu par MM. H. et Ch. Wolff, où se débite la bière de Dortmund ; puis une installation très originale, le tonneau monstre de G. De Smet-De Nayer, ou vingt personnes peuvent aisément s'asseoir pour savourer d'excellentes bières dû pays; plus loin s'élève le Restaurant Populaire, dont les vastes proportions étaient, à de certains jours, à peine suffisantes pour contenir le flot des consommateurs. A la gauche de celui-ci une pompe centrifuge de M. L. Dumont, de Paris, déversait,
en permanence, une large nappe d'eau dans un grand bassin ; les applications de cette pompe sont nombreuses ; elle sert notamment aux travaux d'épuisement, irrigations, dessèchements, submersion des vignes, etc.
Pénétrons un instant dans un pavillon qui a été un rébus pour beaucoup de promeneurs, et dont la suscription « Blanchiment » n'était pas faite pour donner aux chercheurs le mot de l'énigme. Tâchons de suppléer à cette insuffisance de renseignements, et de montrer l'importance du procédé de blanchiment des matières textiles, exploité par la firme Scrive- H ermite & Cie, de Marcq-en-Barœul, Lille.
Parmi les nombreuses applications de l'électricité, la décomposition des sels par le courant électrique a vivement excité la sagacité des chercheurs.
Depuis que les machines dynamo-électriques permettent d'obtenir industriellement de forts courants électriques, on a entrevu la possibilité de faire de très importantes applications de l'électrolyse à l'industrie et de nombreuses recherches ont été faites dans cette voie.
Malheureusement, les phénomènes électro-chimiques sont loin d'être bien connus et malgré les nombreux
travaux auxquels se sont livrés les savants dans les laboratoires, les lois qu'ils ont cru pouvoir formuler sont incomplètes et se trouvent même souvent en défaut.
Ainsi, il est admis que lorsqu'on fait passer un courant dans une dissolution d'un sel métallique, ce sel est décomposé ; le métal se porte au pôle négatif et l'acide au pôle positif.
Mais , dans beaucoup de cas, les réactions sont loin d'être aussi simples; il se produit une foule de réactions secondaires donnant naissance à des produits complexes qui peuvent entraver ou compliquer les opérations.
On remarque aussi que l'eau est toujours décomposée en même temps que le sel.
Ces réactions secondaires qui rendent difficiles certaines applications de l'électro-chimie,
peuvent quelquefois être utilisées; c'est une réaction semblable qui fait la base du procédé de blanchiment dont nous nous occupons.
Si l'on soumet à l'action du courant électrique une solution de chlorure de magnésium , deux équivalents de ce sel sont décomposés en même temps que l'eau; après une série de décompositions successives, le magnésium se porte de nouveau au pôle négatif et s'oxyde en décomposant l'eau, tandis que les acides chloreux et chlorique formés, sont mis en liberté et, s'ils sont en présence d'une matière organique, lui cèdent leur oxygène à l'état naissant ; le chlore fixe de l'hydrogène pour former de l'acide chlorhydrique qui se combine avec la magnésie en liberté pour régénérer le chlorure de magnésium primitif.
On obtient ainsi un cycle
Papillon de dégustation du Café du Brésil complet dans lequel le chlore sert simplement de véhicule pour fixer de l'oxygène emprunté à l'eau sur la matière organique.
C'est cette réaction que M. Hermite a cherché à appliquer industriellement au blanchiment des matières textiles.
Pour opérer dans les conditions les plus économiques, il se sert d'une solution de chlorure de magnésium d'une densité de 1,125 soit 16" Baume, à une température de 3o°.
Les électrodes sont en platine au pôle positif et en zinc au pôle négatif; la surface de ces électrodes est calculée de façon à réduire le plus possible la force motrice absorbée, sans faire des appareils d'un prix exagéré.
Les jeux d'électrodes ont reçu une forme pratique, permettant de se servir des appareils existant dans les blanchisseries, en ne leur faisant subir que de légères modifications.
L'appareil pour le blanchiment des fils se compose d'une série de bacs renfermant les jeux d'électrodes montés en tension et baignant dans la dissolution de chlorure de magnésium.
Le courant est fourni par une machine Phcenix Shunt, d'un débit variable suivant l'importance du blanchiment et ayant une force électro-motrice aux bornes de 110 volts.
Par le procédé ordinaire du blanchiment, le crémage du lin revient aux blanchisseurs à plus de dix centimes le kilogramme.
Par le procédé Hermite ce prix n'est que de 4 1/2 centimes le kilogramme, soit une économie de 55 °/o SU1" l'ancien procédé.
De plus, par ce système on obtient un crémage très suffisant pour certains articles, sans faire subir
au fil aucun lessivage; la dépense s'abaisse dans ce cas à fr. 0.022 par kilogramme, soit 88 °/0 d'économie.
Si l'on ajoute à ces chiffres l'amortissement du capital, on arrive à une majoration de fr. 0.0057
par kilogramme de lin blanchi dans un établissement muni de force motrice avant la transformation des
appareils.
A l'aide du procédé que nous venons d'esquisser rapidement, on peut blanchir des matières quelconques sans craindre de les altérer, puisque l'on peut augmenter ou diminuer à volonté le pouvoir décolorant du bain en augmentant ou en diminuant le courant électrique.
De plus, au bout de quelques heures de service, le courant électrique a complètement débarrassé
rare de calcium, mais le premier sel est préférable parce qu'il est moins cher et qu'on le trouve dans le commerce beaucoup plus pur et en plus grande quantité. De plus la magnésie n'a aucune action sur la fibre textile, tandis que la chaux de l'hypochlorite de chaux quft se produit pendant l'opération brûle les tissus.
Mais abandonnons l'étude de ces procédés scientifiques de crainte de fatiguer le lecteur,
et abordons la description d'une exhibition qui attirait tous les regards par sa masse imposante : c'était la reproduction en grandeur naturelle, d'un tronçon de mur des quais d'Anvers.
Cette construction, due à MM. Couvreux et Hersent, entrepreneurs du gigantesque travail de la rectification des quais d'Anvers, était bien faite pour donner aux nombreux étrangers attirés par l'Exposition,' une haute idée des sacrifices que s'étaient imposés le Gouvernement et la Ville pour maintenir Anvers à la hauteur des premiers ports du continent et pour montrer avec quelle science et quelle ingéniosité MM. Couvreux et Hersent s'étaient acquittés de leur lourde tâche.
Les nouveaux quais ont un développement de 35oo mètres et une largeur moyenne de 100 mètres. A partir de -l'arête du mur, on trouve successivement une voie de grue et une voie de chargement direct, des hangars d'une largeur de 46 mètres, trois voies destinées au chargement et au stationnement des wagons, puis deux voies principales de circulation des trains, et enfin, une voie carrossable de 17 mètres de largeur e* un trottoir de 3 mètres.
Pour la construction le mur a été divisé en tronçons de 25 mètres de longueur, à poser bout à bout directement sur le bon sol, sans interposition pour la fondation. Chaque tronçon est exécuté à l'aide d'un appareil très ingénieux, imaginé par les entrepreneurs et composé de :
le bain de toute impureté, entre
autre du fer qui tombe au fond des bacs à l'état d'oxyde, ce qui rend le procédé avantageux pour obtenir des nuances délicates.
Il va sans dire que le procédé s'applique aux toiles, pâtes à papier, etc. ; il n'y a que la forme des appareils qui change, le principe reste le même.
Tout ce qui vient d'être dît sur l'emploi du chlorure de magnésium s'applique également au chlo-
re Tonneau monstre Dégustation de bières Belges, G. Desmet-De Nayer, Anvers
i° Un caisson métallique à air comprimé, de 9 mètres sur 25 et d'une hauteur variable de 2,60 mètres à 5 mètres selon la profondeur à laquelle doit être établie l'assiette de la fondation, et destiné à déblayer le sol et à fonder la base du mur.
Chaque caisson est divisé en deux parties par une paroi horizontale de manière à former dans la partie inférieure une chambre de travail de 1,90 mètre de hauteur. Le plafond du caisson présente cinq ouvertures circulaires destinées à recevoir des cheminées en tôle, dont quatre devant servir à l'introduction du béton et une cheminée centrale surmontée d'un double sas à air pour la descente des ouvriers et l'introduction de l'air comprimé. Une cornière rivée sur tout le pourtour de l'arête supérieure du caisson a pour but de permettre l'assemblage par boulons du caisson avec le batardeau mobile.
20 Un batardeau mobile en tôle, d'une hauteur de 12 mètres, ayant la même forme que le caisson et boulonné directement sur celui-ci. Ce batardeau permet de construire à sec et à l'air libre, même à marée haute, la partie du mur de quai de 8 mètres de hauteur, comprise entre l'arête supérieure de la fondation proprement dite et le niveau de basse mer.
A la partie inférieure de la caisse se trouve une galerie en tôle de i,5o mètre de haut sur o,5o mètre de large, qui règne sur tout le pourtour du batardeau et sert à permettre de boulonner ou de déboulonner, sous l'eau et au moyen de l'air comprimé, le joint entre le caisson et le batardeau.
Des vannes, établies sur les parois d'about, permettent d'introduire l'eau dans le batardeau à un moment donné, afin d'augmenter la charge sur le caisson et de faciliter ainsi le travail du fonçage.
3° Un échafaudage flottant destiné à manœuvrer le batardean mobile, à mettre en place les caissons et à en opérer le fonçage. Cet échafaudage flottant est composé de deux bateaux en fer, surmontés de fermes, également en fer, contre-ventées entre elles et réunies par les deux bouts, et par la tête à i3 mètres au-dessus de la flottaison. Le batardeau mobile est suspendu, dans l'espace compris entre les deux bateaux, par 12 chaînes fixées sur des treuils et permettant de le monter ou de le descendre.
Les bateaux de l'échafaudage reçoivent, dans la cale, les machines à vapeur destinées à la manœuvre du batardeau mobile, les machines à comprimer l'air, les pompes foulantes et les pompes d'épuisement ; puis, sur le pont, les machines à fabriquer le mortier et celles nécessaires à la manutention des matériaux.
Voici, à grands traits, la marche de l'opération :
On drague à l'avance l'emplacement où doit être foncé le caisson.
On remorque celui-ci près de l'échafaudage flottant et on en charge le plafond avec du béton. Le batardeau mobile est remonté jusqu'à un mètre au-dessus de la flottaison et le caisson amené au-dessous afin de faire le joint boulonné qui doit les relier l'un à l'autre. Puis on commence les maçonneries d'élévation à l'abri du batardeau mobile, afin de lester le caisson du poids nécessaire.
Lorsque, par suite du poids des maçonneries, le caisson est près de talonner sur le fond du fleuve à marée basse, on met toute cette immense masse dans l'alignement des quais et on amarre tout l'appareil. On continue la maçonnerie à l'intérieur du batardeau tout en soufflant de l'air dans la chambre de travail, et lorsque le caisson repose enfin sur le sol, on laisse entrer l'eau dans le batardeau mobile afin d'augmenter la charge sur le caisson. On procède ensuite, dans l'air comprimé, à l'extraction des déblais qui se trouvent dans la chambre du travail, afin de faire pénétrer le caisson dans le sol et d'asseoir les fondations sur le bon terrain à la profondeur voulue.
Les déblais à extraire du fond de l'Escaut étant en général composés de sable argileux et de terres vaseuses, leur expulsion se fait au moyen dejecteurs débouchant à la partie supérieure du caisson contre l'une des parois.
Lorsque les déblais sont terminés, on procède au remplissage de la chambre de travail ; cette opération se fait à l'aide de béton, par couches régulières superposées et disposées en gradins.
On démonte les bétonnières et la cheminée à sas d'air, on épuise l'eau à l'intérieur du batardeau et on continue la maçonnerie jusqu'à une hauteur d'environ om5o au-dessus de la marée basse.
On déboulonne ensuite le batardeau mobile, puis on le lève au moyen des treuils de l'échafaudage flottant. A cause de la place occupée par les parois du batardeau mobile, il reste un intervalle de 1 mètre entre deux tronçons de mur successifs. Cet intervalle est rempli jusqu'à hauteur de marée basse par du béton coulé entre deux panneaux provisoires en bois.
La liaison des maçonneries de ces tronçons de mur avec le béton est établie au moyen d'échancrures verticales ménagées aux abouts de deux tronçons successifs. Au-dessus de marée basse, la maçonnerie du . mur, qui est alors absolument continue, s'exécute avec sujétion de marée, jusqu'à ce qu'on ait atteint le niveau de la marée haute.
Le mur de quai est entièrement construit en briques de Boom dites Klampsteen. Les pavements sont revêtus en pierre de taille de Soïgnîes.
Le dessus de la tablette de couronnement est établi à 7moo en contre-haut du niveau de la marée basse ordinaire à Anvers. Le mur a une hauteur de i5moo; il a une largeur de 2 mètres à sa partie supérieure et de 6m25 à niveau de basse-mer.
Sa base, à hauteur de la fondation, a une largeur de 7 mètres.
Le mur présente du côté de l'Escaut un fruit de 1/20 depuis le couronnement jusqu'au niveau de basse-mer, et de 1/10 depuis ce dernier niveau jusqu'à sa base, sur la fondation proprement dite.
Le niveau supérieur de cette fondation est établi invariablement à 8 mètres en contre-bas du plan ■d'eau à marée basse.
La fondation a une largeur uniforme de g mètres et sa hauteur oscille entre 2m5o et 5 mètres, ce qui fait descendre la base de la fondation proprement dite à io'"5o ou i3 mètres en dessous du niveau de basse mer.
Non loin du mur de quai se trouve, contre la clôture, un pavillon rayé clair bleu et blanc, où se débitent les vins d'Algérie, côte du Sahël et vin de l'Hermitage à fr. o.5o le verre.
Puis viennent l'exposition intéressante des ruches d'abeilles, les magnifiques cloches de M. Van Aerschot, -de Louvain, et une collection variée de toiles de campement.
Comme on a déjà pu le voir, on rencontrait dans toutes les parties des jardins, de nombreuses occasions de se rafraîchir, les bières nationales et étrangères, les vins du Rhin et de la Moselle, les champagnes de toutes marques, sollicitaient à chaque pas le visiteur altéré, qui ne trouvait pas, dans ce parc improvisé, les ombrages protecteurs de grandes plantations.
Mais ces diverses boissons, plus ou moins capiteuses, ne convenaient pas à tout le monde et on était heureux de rencontrer sur son chemin, le joli petit pavillon des eaux ga\euses dont le nom seul promettait un adoucissement aux ardeurs d'un soleil trop brûlant.
Ce pavillon original, de construction rustique, recouvert de chaume, était élevé par la maison H. T. Bridges, établie à Anvers depuis une vingtaine d'années et bien connue par ses excellentes bières, Pale et Stout, de la célèbre brasserie Bass et C° qui lui confia son agence principale.
La maison Bridges a joint, depuis cette année, à son important commerce de bières anglaises, de vins et de spiritueux, une fabrique d'Eaux gazeuses, qui a pris en peu de temps un grand développement.
Les limonades variées, ginger-ale etc. de cette firme, ne le cèdent en rien aux produits similaires des anciennes maisons anglaises, qui ont participé à l'Exposition d'Anvers; telle a été aussi l'opinion du jury; une médaille de bronze leur a été attribuée, pour leur début, comme preuve de leur bonne qualité.
A cette partie de notre promenade nous devons renoncer à donner une description spéciale de chaque ■exposition. C'est ici que se trouvent rassemblés les matériaux de construction, dont l'étude demanderait des volumes. Constatons tout d'abord la déplorable abstention dans laquelle ont cru devoir se renfermer, d'une façon presque générale, les représentants d'une de nos industries nationales les plus florissantes : nous avons nommé le briqueterie.
Cette industrie, qui se retrouve dans toutes nos provinces, est particulièrement prospère à Boom et dans les localités riveraines du Rupel. Leurs produits, connus sous les noms de Klampsteen, Papesteen, Derdeling, Kleine steen et Putsteen se sont acquis une renommée universelle et jouissent d'une supériorité incontestée sur les produits similaires ' d'autres localités.
C'est peut-être dans ce fait qu'il faut chercher le secret de l'abstention de nos producteurs. De toute la Belgique c'est la province d'Anvers qui possède les deux gisements les plus importants de terre argileuse, celui du Midi situé sur les bords de l'Escaut, du Rupel et de la Nèthe, appartenant au -système rupelien, est d'origine marine ; la couche en est très épaisse, elle atteint souvent plus de 20 mètres. L'argile en est éminemment plastique ; malheureusement son origine marine l'a laissée chargée d'une certaine quantité de salpêtre et de pyrites ou matières sulfuriques qui contribuent à la rendre assez fusible. Ce gisement est le siège d'une industrie très importante et fort ancienne et ses briques très réputées dans tout le pays ont eu longtemps le monopole pour tout les grands travaux d'art.
Le gisement de l'Est ou de la Campine, à la côte 28 sur la crête de partage de la Meuse et de l'Escaut, est non moins important; son épaisseur n'est que de 3 mètres environ mais son étendue est beaucoup plus considérable.
Il est d'origine fluviatile, postérieur à la couche rupelienne et produit par d'anciennes alluvions de la Meuse quaternaire (le relief du sol de la Belgique était différent de celui actuel). On y a trouvé des ossements de mammouth et des bois de renne incisés par l'homme. Cette argile est donc contemporaine des cavernes de Furfooz près de Dinant (selon E. Dupont : V Homme pendant les âges de la pierre — et le baron Van Ertborn) où l'on a trouvé les restes de ces animaux associés avec des débris humains.
La formation ou mieux le dépôt de ce gisement s'est donc fait de matières limoneuses charriées par les cours d'eau, exactement comme aujourd'hui le dépôt des matières fertilisantes charriées par les eaux de la Meuse est fait par les irrigations sur les magnifiques prairies qu'on a créées en Campine sur les rives du canal de jonction de la Meuse à l'Escaut.
L'argile de la Campine a donc une même origine, comme nature et comme formation, que celle que l'on trouve en Hollande, le long du Rhin et de la Meuse, avec laquelle on fait ces tuiles si réputées dans tout le Nord de l'Europe.
L'industrie briquetière, sans avoir eu autrefois grande importance, a existé de tout temps en Campine pour les besoins locaux. La belle église collégiale d'Hoogstraeten, bâtie de i534 à 1346 par le comte Antoine de Lalaing, Seigneur d'Hoogstraeten, a été construite avec des briques faites en argile de Campine, briques qui se trouvent dans un état de conservation admirable, rappelant les matériaux romains. Certaines parties de ce gisement fournissent pour la fabrication de la tuile une argile tout à fait supérieure, possédant une grande plasticité et ne contenant ni silex, ni carbonate de chaux, ni pyrite et très peu d'oxyde de fer ; conditions qui leur permettent de supporter sans fusion ni déformation une haute température. C'est à cette propriété qu'on attribue principalement la conservation des briques et tuiles de fabrication romaine, conservation étonnante et supérieure à celle des autres matériaux de construction, telles que pierres et ardoises. On peut estimer que ces argiles de Campine exigent pour leur cuisson 3o % de charbon en plus que celles du système rupelien et peuvent atteindre une température supérieure d'au moins 200 degrés. Aussi, malgré le manque de moyens de communication, la réputation des tuiles de la Campine s'est faite depuis longtemps ; elles sont même employées jusque dans le voisinage de Boom. Ce n'est guère que depuis l'ouverture du canal en 1866 que l'industrie briquetière a pu s'établir sérieusement dans ce pays et en peu de temps acquérir une assez grande importance. Toute la fabrication s'y fait par des moyens mécaniques.
L'une des maisons y établies, la Société Anonyme des Briqueteries et Tuileries St-Joseph, a exposé, dans un pavillon style flamand, des produits de bel aspect et surtout de qualité supérieure. Cette maison s'efforce, par le perfectionnement de ses procédés, à retrouver les débouchés importants que le bassin du Rupel possédait autrefois pour l'exportation et qu'il s'est laissé enlever en ne mettant pas sa fabrication au niveau de la concurrence étrangère.
Les produits exposés par la Société Anonyme des Briqueteries et Tuileries St-Joseph dont M. Francart est le fondateur et l'administrateur-directeur, ont obtenu deux médailles : l'une de bronze pour l'exportation, l'autre d'argent pour la classe de matériaux de construction, la plus haute récompense qui ait été accordée aux exposants belges et étrangers de produits similaires.
Son exposition possédait une belle collection de tuiles à emboîtement format Marseille, grand et petit modèle, ainsi que de tuiles dites anversoises, également à emboîtement avec encoches et crochets lesquels, sans clous ni ligature, assujettissant complètement les tuiles, suppriment toute cause de réparation et constituent ainsi un système de couverture des plus perfectionnés, léger, de bel aspect, économique, aussi étanche que l'ardoise et le zinc, mais supérieure à ceux-ci sous le rapport de la transmission moins grande du froid et du chaud atmosphérique et des risques communicatifs bien moindres en cas d'incendie. Cette tuile, inventée par M. Francart, est brevetée en Belgique et à l'étranger et le modèle en a été déposé. Elle est de format excessivement heureux surtout pour les constructions en style flamand et possède une illustration gothique des plus gracieuses. Elle est aussi étanche, aussi résistante et de même poids que la tuile de Marseille, mais, se juxtaposant mieux, elle a l'avantage pour l'exportation de fournir un poids beaucoup plus grand par mètre cube d'arrimage que la tuile format Marseille; celle-ci donne 700 kilos et l'Anversoise 1000 kilos. Nul doute que le succès obtenu par cette maison à l'Exposition d'Anvers ne lui soit un stimulant pour l'engager à continuer ses efforts et qu'elle ne parvienne à donner à ses produits, dont la matière est bien supérieure à celle de la Provence et de la Bourgogne, la première contenant trop de carbonate de chaux et la seconde d'oxyde de fer, ce qui les rend impropres à supporter une haute température, à leur donner en un mot le cachet qui distingue la fabrication des tuiles de ces deux régions. C'est l'industrie Marseillaise qui a enlevé à celle de Boom la plupart des débouchés pour l'exportation.
Un autre fait, non moins incompréhensible que l'abstention de nos briquetiers, c'est l'absence complète, à l'Exposition, des pierres blanches de Gobertange, de St-Remy, de Jodoigne, etc. Nos propriétaires de carrières, devraient pourtant savoir qu'il n'a pas suffi des leçons de l'expérience pour guérir nos architectes et nos sculpteurs de leur engouement pour les pierres de France et d'Allemagne. Ces artistes ont des yeux pour ne point voir les tristes effets de notre climat sur l'église de Laeken, la colonne du Congres et le Palais de Justice de Bruxelles ; ils n'ont jamais voulu admirer le bel effet décoratif que produisent les magnifiques caisses dont on est obligé de recouvrir, pendant sept mois de l'année, les monuments Looz et Boduognat à Anvers.
La France n'a pas jugé inutile de se rappeler au souvenir des constructeurs, et elle nous a donné une exposition de produits très variés.
Nous remarquons notamment la maison Civet-Crouet-Gantier de Givet qui expose des échantillons de
Exposition de bois de MM. Edmund & /. Cutmann, de Vienne (Autriche).
bois du Larrys.de la roche de Blombanchien, de la roche d'Enville ; des pierres de Mery-sur-Dise, le banc royal de Vergelé, les bancs de Tercé et d'Echaillon ; le St-Vaast, la Savonnière et tant d'autres.
Toutes ces pierres sont admirablement taillées et portent l'indication des renseignements pouvant intéresser le constructeur : poids, résistance à l'écrasement par centimètre carré, etc. Elles sont malheureusement gélives, et notre pierre dure de Gobertange, qui se marie si harmonieusement avec la pierre bleue et avec la brique, eût remporté là une victoire facile sur ses concurrentes étrangères.
Le principe de l'abstention ne s'est pas étendu aux pierres bleues (granit) qui forment un de nos principaux matériaux de construction. Cette pierre n'est pas gélive et sa durée à l'air, comme sous l'eau, est indéfinie. C'est cette dernière propriété qui en fait un des matériaux les plus recherchés pour les travaux hydrauliques.
Les revêtements des nouveaux murs des quais d'Anvers sont en pierre bleue de la maison Wincqz, de Soîgnies.
Les carrières les plus importantes de granit sont celles de Soignies, des Ecaussines et de Sprimont, qui ont fourni des pierres pour la construction des principaux monuments, tant anciens que modernes, de la Belgique, de la Hollande et du Nord de la France.
La maison Wincqz a exposé un bloc énorme de granit et un beau banc de blue-black poli. Les produits exposés consistaient :
i° En deux tranches sciées de om2o d'épaisseur, ayant 5m3o de longueur sur 3m35 de largeur. 2" En un banc monolithe taillé mesurant io™25 de longueur, ayant une section de om5o sur 0.45 mesurée par équarrissement ou ayant om35 sur ora38 comme section de résistance réelle à la rupture.
Ces échantillons étaient destinés à montrer: i° les qualités et l'homogénéité du petit granit; 20 les effets que l'on peut obtenir par les différents genres de taille, la rectitude des ciselures et le fini du travail.
Les dimensions des tranches, tout importantes qu'elles étaient, auraient pu être augmentées encore si les conditions imposées par le chemin] de fer, pour la mesure des largeurs des chargements, ne s'y fussent pas opposées. Les produits exposés n'étaient évidemment que des spécimens destinés à appeler l'attention du jury sur les établissements de la Société G. Wincqz et à donner une idée de ce qu'ils peuvent produire. Pour être pénétré de la puissance de leur organisation et des moyens mécaniques dont ils disposent, il faudrait pour cela visiter les établissements mêmes.
L'immense bloc de petit granit exposé dans les jardins et qui a si vivement impressionné le public
provenait des carrières de Thiarmont sises à Ecaussines et appartenant à MM. J. Velge et J. Cornet.
Les visiteurs de l'Exposition ne pouvaient se faire à l'idée qu'un bloc de telles dimensions
(14.60+1.40 + 0.64) et d'un poids de 35, 000 kilogrammes pût être extrait d'une profondeur de 40 mètres
et amené jusque sur le champ de l'Exposition sans encombre.
On ne se souvient pas qu'une pareille longueur ait jamais paru sur les chantiers de nos carrières : l'extraction en a été faite par un pont pivotant (unique jusqu'ici) d'une longueur de 60 mètres qui embrasse dans sa circonférence plus d'un hectare (1 1,340™ 2) où 453, 6001"3 de pierre; l'extraction annuelle est de i2,ooom:i de ■ sorte qu'au moyen du second appareil installé depuis un an, MM. Velge et Cornet ont élevé leur extraction à 25,ooom3 c'est-à-dire 68,750,000 kilogrammes.
Plus de cinq cents ouvriers sont employés à l'extraction et à la taille de cette pierre qui fait le plus bel ornement des édifices de France, de Hollande et de Belgique. Seize armures la débitent en tranches de toutes épaisseurs.
Les carrières de petit granit de MM. J. Velge et J. Cornet sont sans contredit les plus belles, les plus riches et les plus importantes du continent.
A noter encore un escalier de la carrière Rombaut et un tombeau exposé par la maison Rivière frère et sœur de Maffles, Hainaut.
Dans la classe des matériaux de construction, l'exposition la plus complète était, sans contredit, celle des marbres. C'est aussi dans cette classe que l'industrie nationale brillait au premier rang.
Le centre de l'hémicycle était occupé par une colonne de Rouge fleuri, montée sur une base en granit de l'Ourthe poli.
La Société de Merbes-le-Château a perfectionné le polissage des granits durs du Nord, qui se faisait autrefois à la main, et pour lequel elle emploie maintenant une machine de son invention : comme échantillons de ce travail elle exposait une collection de tranches des diverses variétés des granits de Suède, des Syénites noires et mouchetées, qu'elle travaille le plus souvent. Deux petits monuments funéraires en granit vert, ont attiré, avec ces tranches, l'attention de tous les constructeurs.
Cette société exposait enfin un échantillon de maulure d'un large développement, fait mécaniquement dans la pierre blanche de France, au moyen d'une machine à moulurer, brevetée en faveur de la société. L'installation totale dont nous venons de donner la description représentait un poids d'un peu plus de 100,000 kilogrammes.
Personne n'a été surpris de voir décerner le Diplôme d'Honneur à la Société anonyme de Merbes-le- Château pour ses blocs (Matériel et procédés du Génie Civil), indépendamment d'un second Diplôme d'Honneur qu'elle a reçu dans la section d'Exportation (classe 81).
Citons encore les marbres rouges de la Société d'Yves-Gomezée, les marbres noirs de Biesmes et de Bougnies et les beaux marbres onyx d'Algérie, jaune et blanc, presque transparents.
Plus loin se dresse la colonne en porphyre de Quenast ; la Société de Quenast a fourni le gravier pour les allées du Parc. Puis viennent les porphyres gris de Bierges et l'obélisque en pavés des carrières de Tacquenier, qui s'élève devant le Sanitarium des Congolais.
Arrêtons-nous un instant devant le pavillon de MM. F. Picha & frères de Gand. (Entreprise générale des travaux en ciment et fer.) Cette maison a réalisé un grand progrès dans l'industrie du ciment, par la combinaison intime de ce produit avec un treillis en fer (système breveté). Les ciments employés sont les ciments Portland et Romain, fabriqués par la maison T. Picha et Cie, qui existe depuis plus de 3o ans.
Ce nouveau produit offre comme principaux avantages: une élasticité durable, une grande légèreté et une résistance considérable. Le retrait du ciment est nul, car les intervalles entre les treillis de fer sont si restreints que l'action atmosphérique devient inoffensive ; l'homogénéité est complète et l'ensemble parfaitement étanche.
D'autre part, le fer étant soustrait à l'action de l'air, ne s'oxyde pas comme dans d'autres combinaisons.
La conservation de ce produit est indéfinie et son application industrielle s'étend à des usages multiples, tels que : construction de réservoirs, conduites d'eau, cuves, fosses, silos, lavoirs, égouts, ponts, passerelles, voûtes, toitures, etc. Il remplace avantageusement, pour une foule d'applications, le fer, la tôle, le zinc, la pierre ou la maçonnerie ordinaire.
Malgré sa grande légèreté il résiste parfaitement aux gelées et aux intempéries.
Ainsi dans l'élégant pavillon que la maison Picha a élevé dans le Parc, se trouve un réservoir en ciment et fer, d'une contenance de 6000 bidons, qui a été tenu rempli d'eau pendant toute la durée de l'Exposition, et dont I'étanchéité a été parfaite.
Une autre maison qui a attiré l'attention des visiteurs par le nombre et l'excellence de ses produits, est la Société L. Chainaye, Alph. Lhoest et Cie de Liège.
Cette firme qui possède quatre grands sièges d'exploitation à Moha, Ampsin, Flémalle-Haute et Engihoul, expose des pierres calcaires pour sucreries, des castines pour hauts-fourneaux, des moellons, des pierres de taille et des chaux grasses et hydrauliques de toute première qualité.
La production moyenne de chaux grasse est de 400,000 kilogrammes par jour. Cette chaux, par sa pureté, son grand foisonnement et sa richesse, forme un produit excellent pour les industriels, les cultivateurs et les entrepreneurs.
La société L. Chainaye et Cie a fourni des pierres de taille de grand et de petit appareil aux travaux maritimes d'Anvers, Gand, Dunkerque, etc.
Comme bois de construction nous signalerons l'exposition de M. J. Cornet, de Tongres, qui s'occupe spécialement du sciage des bois de peuplier du Canada et de Franc-Picard de provenance indigène.
Sa scierie, dont l'outillage a subi les derniers perfectionnements, débite journellement vingt mètres cubes de bois, et ses produits sont expédiés sur tous les points du pays et de l'étranger.
M. Cornet a obtenu la Médaille d'Argent à l'Exposition d'Anvers.
11 nous reste à citer les pavillons de la maison Francart, briqueterie et tuilerie; de MM. Duthait frères, ciments, chaux, pierres, etc. ; des couvertures métalliques en étain, résistant aux plus fortes tempêtes; les produits des carrières de Trass, enrochements, etc. ; de la tuilerie mécanique de M. Lallemand, qui a couvert le pavillon du Cambodge; les produits céramiques de M. Mommaerts et de M. Lecat, de Baumela- L ou vière ; la poterie artistique de Brée, Limbourg ; les pierres artificielles de MM. Lau et Drasbeke ; les meules de M. Mosqua ; l'énorme bloc de calamine exposé par la société de la Vieille-Montagne; des tombeaux, des pavés, des pierres, des ballasts, des graviers, des ciments, des chaux et quantité d'autres matériaux encore, dont la description allongerait outre mesure notre travail.
Deux ponts métalliques reliaient le Parc, d'une part à l'Exposition Maritime, et d'autre part au pavillon de la Croix-Rouge et à l'enceinte du Ballon Captif. Nous aurons l'occasion de nous occuper de ces exhibitions spéciales dans la suite de cet ouvrage.
Dans le groupe 3, classe 61, nous remarquons les installations céramiques perfectionnées de Boom, si renommées dans tous les pays. Parmi elles se remarque principalement le joli pavillon de la maison E. S. Van Reeth-Dewit exposant des spécimens multiples de tous ses produits.
Cette maison a perfectionné sa fabrication par des appareils nouveaux de cylindres et de malaxeurs mis en mouvement par vapeur, et formant une pâte molle, purifiée de toute matière étrangère et propre à être employée dans les arts comme dans les industries.
Nous y trouvons d'abord les tuiles, formes belge et hollandaise, les tuiles plates à coulisses forme
française de couleur bleue, rouge et vernies, produits employés dans tout le pays et exportés vers les pays du Nord. — Les carreaux de pavement rouges et bleus de toute grandeur, de divers dessins et diverses nuances formant un pavement céramique très agréable à l'œil comme des hexagones, des octogones, des losanges, etc.
Nous remarquons encore ses briques à bon marché, employées dans les travaux de l'Etat, les belles briques de façade rouges et bleues, rabatues par machines à vapeur, des briques creuses de un à neuf trous, des briques à moulures de formes variées et compliquées.
Le tout forme une collection charmante de produits à bâtir par laquelle on juge cette maison à la hauteur du progrès et à même de fabriquer tous les produits servant à l'industrie du bâtiment. — Cette maison a obtenu à diverses expositions des diplômes et médailles, notamment à Bruxelles, Amsterdam, etc. et la médaille de bronze à celle d'Anvers i885.
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