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L'EXPOSITION DE MONACO

Le joli pavillon, entouré de verdure, où se trouvent rassemblés les produits variés de la Principauté à l'Exposition universelle d'Anvers, éveille les mêmes idées gracieuses que le Monaco de la Méditerranée, cette

sionomie du palais

station balnéa qu'un écrivain moderne a justement comparée à « un bouquet, un nid, une corbeille de fleurs ».

Sa construction de forme rectangulaire, de 5ra sur 20, avec ses murs hauts de 5m couronnés de créneaux, rappelle assez bien la phy-

deS. A.S.leprince de Monaco.

Elle fait très bonne figure, l'exposition Monégasque, avec ses trois superbes soldats de la garde d'honneur du souverain — tunique bleu clair et collet rouge — visà-vis de l'imposant colosse russe, gardé

Cour d'honneur du palais de S. A. S. Le prince de Monaco, par les majestueux chevaliers-gardes du Czar. Les richesses accumulées dans l'espace, malheureusement trop étroit, qui lui est réservé, sont à bon droit l'objet de l'attention générale et classent définitivement ce petit État parmi les pays d'industrie, d'art et de progrès.

Ce n'est pas la première fois que la Principauté prend part à ces tournois internationaux des Expositions universelles ; ses débuts à Vienne en 1873 furent un succès, qui s'affirma une fois de plus en 1878 à Paris. Mais dans ces deux expositions, les produits industriels et artistiques avaient presque tous été exposés par la « Société Industrielle et Artistique de Monaco » fondée grâce à l'intelligente initiative de Madame Marie Blanc : cette société y recueillit de nombreux et légitimes lauriers.

A Anvers, nous avons assisté à une coopération plus large et plus complète : plus de 40 exposants — pro-

pnetaires, industriels et savants, — répartis dans 28 classes, ont tenu à honneur de contribuer, chacun dans sa sphère, au succès de l'œuvre commune.

Disons tout de suite que ce brillant résultat est dû, en grande partie, aux e ffo r t s et à l'infatigable énergie des hommes,

Pont sur le ravin de Sainte-Dévote, vrès de Monaco.

en qui le gouv e r n e m e n t avait placé sa confiance ; nous avons nommé MM.

Robyns d'Ink e n d a e I e , chargé d'affaires honoraire et Consul général de la Principauté pour le royaume de Belgique, Edmond Blanc, commissaires, et M. Léon Estor, secrétaire.

C'est grâce à l'impulsion de S. E. le baron de Saint-Priest, gouverneur général de la Principauté et au concours si actif et si empressé de M. Edmond Blanc, que les produits de Monaco sont arrivés nombreux et variés. C'est sur leurs indications que l'architecte a construit le pavillon de la Principauté et c'est à leur goût délicat que cette exposition doit ce cachet d'art qui frappe tous les visiteurs.

Ils ont été secondés parfaitement dans leur tâche par l'assistance bienveillante et toujours acquise de M. A. Rodants, consul de Monaco à Anvers.

Pénétrons dans ce charmant pavillon et examinons en détail cette exhibition si intéressante.

Les produits qui y dominent sont ceux de la « Poterie artistique de Monaco » ; ils se distinguent par une grande originalité de formes et de couleurs, un goût exquis et une exécution parfaite.

La. « Poterie artistique » , classée hors concours, n'est fondée que depuis 1872. C'est de cette époque également que datent les efforts, les progrès, nous dirons même

la renaissance de la poterie émaillée.

Si l'on remonte, en effet, à une quinzaine d'années seulement, on constate que les fabriques de céramique s'en tenaient toujours à la peinture à l'essence et à l'eau, sur des émaux plombifères et stannifères, La Condamine (Principauté de Monaco). comme au siècle

dernier. Puis la chimie, en enrichissant par de laborieuses recherches, la palette des émaux d'une variété infinie de nuances, en trouvant les émaux sous glaçure, donna l'idée de perfectionner les poteries et de créer des types nouveaux.

De ces essais sortit le genre fantaisiste dont nous admirons les échantillons dans la section qui nous occupe.

Le travail en est très fin : les poteries sont tournées et les ornements faits à l'ébauchoir et à la main, à l'exclusion absolue du moule ; le dessin et la couleur sont variés à l'infini.

On n'abandonna pas les formes anciennes, gallo-romaines, étrusques, grecques, arabes et autres qui servent toujours de base, mais on tenta de les rajeunir en cherchant l'originalité dans le décor.

La Poterie Artistique de Monaco expose un grand nombre de vases, cache-pots, plats, coupes, potiches rappelant le chine et le japon, etc., ainsi que des paniers, hottes, corbeilles et autres objets imitant les articles de vannerie. Rien" de plus délicat que ces poteries que l'on dirait faites de l'osier le plus souple et qui sont ornées

de fleurs délicatement modelées et brillant de couleurs vives et naturelles. Cette production de fleurs en argile— une spécialité de Monaco — a atteint un haut degré de perfection.

Comme fantaisie, très curieuse aussi, citons quelques spécimens de violons en faïence ; jusqu'à présent on n'en connaissait guère que de Delft.

A côté de la poterie, nous voyons des objets de marqueterie en bois d'olivier, exposés par M. Faraldo , d'un dessin plein de goût, d'une délicatesse de travail et d'un fini vraiment remarquables.

La Société' Industrielle et Artistique de M onaco expose encore dans une autre industrie, qu'elle doit aux produits naturels de son sol : celle de la parfumerie.

Il y a bien longtemps déjà que les richesses incomparables de la flore de Monaco ont été recherchées et exploitées; c'est à la Condamine, un de ses faubourgs, que se trouvaient les jardins de l'ancienne et fameuse maison Rimmel, si connue à Paris et à Londres. C'est là que son modeste laboratoire de la Costa puisait les fleurs dont il distillait les parfums et dont il tirait ses essences de géranium, de jasmin, de bergamotte, de violette, d'héliotrope, etc.

La Société Industrielle et artistique de Monaco à son tour, est parvenue à élaborer les parfums les plus suaves et les plus délicats, en appliquant à la distillation de tous les végétaux odoriférants qui croissent dans la Principauté, les procédés de fabrication les plus perfectionnés , et en employant les alcools les plus rectifiés; son établissement mo-

M. Robyns d'Inkendaele

Chargé d'affaires honoraire, Consul général de Monaco pour la Belgique.

M. Edmond Blanc,

Commissaire de la Principauté de Mena à VExposïlion universelle d'Anvers.

dèle, dirigé par de savants chimistes, produit des eaux de senteur hors ligne ; ses eaux de lavande ambrée, eau de Cologne, extraits et essences, peuvent rivaliser avec les produits similaires des meilleures maisons de tous les pays.

Ses produits chimiques et pharmaceutiques sont également dignes d'attention.

Il ne serait pas juste de passer sous silence les eaux de toilette au muguet et à la violette, exposées dans la même classe par M. Nestor | Moehr.

En dehors de la poterie et de la parfumerie, l'intéressante section monégasque renferme encore bien des choses méritant d'être citées: notons en première ligne la riche collection de monnaies, de médailles et bijoux romains, trouvés à la Condamine dans des sépultures gallo-romaines en 1879 lors d'importants travaux exécutés à Monaco. Une notice descriptive de M. Jolivot, secrétaire du gouverneur de la Principauté, permet de se rendre compte de la valeur archéologique de ces objets, confiés à la terre pour la plupart, selon toute probabilité, pendant le dernier quart du mB siècle.

Une collection non moins appréciée est celle des monnaies et médailles des princes de Monaco, depuis les écus d'argent et les patards en cuivre rouge. .du prince Honoré II en 1620, jusqu'aux pièces de 20 et de 100 francs du prince Charles III. Les monnaies de Monaco ont cours légal en France depuis

M. Léon Estor,

section Moiiigixsijtie , niz-erselle d'Anvers.

1643, ainsi qu'il résulte d'une ordonnance de Louis XIV; elles ont cours dans les États faisant partie de Vunion latine, depuis le 23 décembre 1 865.

M. Vieillard a envoyé des coléoptères de France et du bassin de la Méditerranée, des coquilles terrestres de la Principauté et de ses environs ainsi que de l'Océan et des crustacés de la Méditerranée.

Signalons encore les ouvrages Me vannerie et les chapeaux de paille de MM. Desteffanis et Dalbera, les bois d'essences diverses de MM. Neri et Cruzel, ainsi que les citrons de Monaco, échantillons de la' prodigieuse fécondité du sol de la Principauté ; le citronnier y fleurit sans cesse et fructifie quatre ou cinq fois l'an — d'où le dicton populaire : ses fruits croissent sous la main qui les cueille.

Les sciences ne sont pas moins bien représentées que l'industrie, dans le compartiment de la Principauté

ils au prince Albert

de Monaco; c'est le prince héréditaire luimême qui y occupe la première place. Il y expose en effet, dans une annexe faisant face à l'un des petits côtés du pavillon , les nombreux et intéressants matériaux recueillis par lui en 1884 dans la mer Baltique, au cours d'un voyage scientifique qu'il entreprit pour l'étude de la faune pélagique de cette mer, à bord de son yacht Y Hirondelle; les résultats acquis eurent une importance réelle; aussi valurent-

la distinction rare des palmes d'Officier de l'Instruction publique de France.

Son exposition à Anvers lui a obtenu un diplôme d'honneur.

Dans la même annexe, figure la riche collection d'histoire naturelle et des objets préparés pour l'étude microscopique de M. E. Strei-, cher. On y voit un morceau de corail péché en 1879, dans le port de Monaco et pesant 66 grammes.

C'est encore là que sont exposés les diffé-

Gardes d'honneur de S. A. S. le prince de Monaco de service à l'Exposition universelle d'Anvers.

rentes méthodes, relatives à l'enseignement primaire pour les enfants des deux sexes des écoles gratuites de Monaco, et les travaux des élèves ; — les études sur la météorologie du Dr Gueirard ; — les annuaires et codes de la Principauté, sortant de l'Imprimerie de Monaco, et les travaux si remarquables de M. Saige sur l'histoire de Monaco et de ses Princes; les échantillons de caroubier, bois, écorce, feuilles, fleurs et fruits, de M. L. Cruzel; tes blocs de porphyre rouge et les pierres employées dans la construction de la Cathédrale, exposés par le Comité des travaux publics et dont les connaisseurs disent merveille.

En résumé, l'exposition de la Principauté de Monaco, prise dans son ensemble et examinée dans ses détails, justifie de tous points, la vogue dont elle n'a cessé de jouir et les félicitations que LL. MM. le Roi et la Reine des Belges ont daigné adresser aux membres de la Commission Monégasque, au cours d'une de leurs visites à Anvers; elle fait honneur à ce petit pays, à ses dévoués mandataires et surtout au prince éclairé qui préside à ses destinées.

S. M. Guillaume III, Roi des Pays-Bas, Grand-Duc de Luxembourg

Grand - Duché de Luxembourg

ARMI les pays qui ont exposé leurs produits à Anvers, le Grand-Duché de Luxembourg est certes un des plus petits par rapport à la superficie de son territoire et au nombre de ses habitants, mais au point de vue de l'importance de son exposition et des récompenses que celle-ci lui a values, il occupe une place fort honorable à côté de ses puissants voisins.

Le Luxembourg, en effet, n'embrasse qu'une superficie de 47 milles carrés allemands.

Il est divisé en deux arrondissements judiciaires, en trois districts administratifs, en douze cantons et en cent vingt-neuf communes.

En dehors de Luxembourg, la capitale, il renferme six autres villes : Diekirch, Echternach, Grevenmacher, Remich, Yïanden et Wilî\ ; il compte en outre cinq bourgs, 481 villages, 91 hameaux et 273 fermes, moulins ou maisons isolées.

La population est de 214,633 habitants.

Le Grand-Duché est un pays très accidenté ; ses montagnes appartiennent au système des Ardennes et des Vosges; il possède des vallées charmantes, parmi lesquelles celles de l'Alzette, de la Sûre, de la Moselle et notamment le Mïtllerthal attirent chaque année un nombre toujours croissant de touristes belges et hollandais.

Au point de vue de la fertilité du sol, on divise le pays en deux zones, celle du midi qu'on appelle le bon pays, et celle du nord désignée sous le nom d'Oesling (Ardennes).

L'Oesling se compose d'un massif de montagnes, en partie boisées, élevant leurs sommets jusqu'à une hauteur de 552 mètres au-dessus du niveau de la mer ; les vallées qui les entrecoupent renferment des beautés telles qu'à juste titre on a surnommé cette partie du pays la Suisse Luxembourgeoise.

Le sol argilo-schisteux de l'Oesling produit du seigle, de l'avoine, du sarrasin, du colza, du lin et d'excellentes pommes de terre.

Si cette partie du Grand- Duché ne recueille pas les abondantes moissons du bon pays, elle en est dédommagée en quelque sorte par sa richesse en haies à écorce, qui fournissent un tan de la meilleure qualité; aussi la tannerie forme- t-elle une des principales industries de cette contrée; elle est le mieux représentée à Wiltz et à Clervaux.

Les montagnes de l'Oesling recèlent dans leur sein des trésors miniers ; à Allerborn et Oberwampach

des mines de plomb, à Goesdorf des mines d'antimoine argentifère, à Stolzem bourg des filons de cuivre. Enfin, l'Oesling possède des carrières de pierre et notamment des ardoisières, dont celles de Haut-Martelange, EU et Perlé sont les plus productives.

L'ardoisière de l'Emeschbach, près de la station de Trois- Vierges., semble appelée à prendre, dans un avenir prochain, un développement considérable.

Le « bon pays » embrasse neuf cantons ou plus des deux tiers du Grand-Duché. Il est riche en céréales et en fruits de toute espèce.

L'agriculture y est prospère. Elle est, du reste, en voie de progrès dans tout le pays, grâce à l'énergique initiative du Gouvernement et au concours intelligent des agriculteurs. En i883, l'État a créé à Ettelbriick une école agricole, qui est fréquentée par environ cent élèves.

Il y a deux sucreries dans le pays, l'une à Diekirch et l'autre à Mersch, occupant environ 200 ouvriers. En 1883, elles ont employé 14,000,000 kilogrammes de betteraves.

Le canton d'Esch-sur-1'Alzette possède des gisements miniers d'une superficie de 1878 hectares de terrains concessibles et d'environ 2,000 hectares de terrains non concessibles. Les gisements sont jusqu'à fleur de terre : l'exploitation en est, par suite, en général très facile.

La production minière, en 1884, a été de 2,447,634 tonnes ; elle a occupé 3714 ouvriers.

La métallurgie, représentée par 18 hauts-fourneaux d'une production de 12S0 tonnes par jour, est la principale industrie du pays. La production de fonte, en 1884, a été de 369,997 tonnes de diverses qualités : fonte Thomas, très appréciée en Allemagne, où le procédé Thomas a trouvé son application dans les grandes usines ; fonte de moulage et d'affinage. La fonte de moulage du Grand-Duché est aussi appréciée que celle de Middlesborough. Le nombre des ouvriers employés, en 1884, était de 1703.

Les fonderies ont produit 1670 tonnes.

La faïencerie est représentée par l'établissement Villeroy et Boch, à Septfontaines, la fabrique de produits céramiques d'Utzschneider et Ed. Jaunez à Wasserbillig, et par l'établissement Zens frères à Luxembourg, produisant la faïence et la porcelaine décorées. Ces industries occupent environ 300 ouvriers.

La draperie a ses fabriques à Schleifmuhl, Pulfermuhl et Ettelbrùck (Société des Draperies Luxembourgeoises), à Larocbette, Wiltz et Esch-s/Sûre, Ces divers établissements occupent 2000 ouvriers et consomment approximativement 800,000 kilogrammes de matières premières.

La papeterie compte l'usine mécanique de Manternach (Eug. Lamort et Cie), la fabrique de cartons lissés à Wiltz et la papeterie à la main de Fischbach.

La ganterie est notamment représentée par deux fabriques : Gabriel Mayer à Luxembourg, et Aug. Charles et Cie à Bonnevoie.

La fabrication du tabac a occupé, en 1S84, vingt-sept fabricants avec 33o ouvriers au salaire de 200,000 francs et représente une production en labac à fumer de i,o5o,ooo kilogrammes, en tabac à priser de gooo kilogrammes, en tabac à mâcher de 65oo kilogrammes, en cigares de 6,000,000, en cigarettes de 3,000,000 de kilogrammes, soit io,o65,5oo kilogrammes de tabac d'une valeur de 2,240,000 francs.

Le pays possède i5 brasseries, dont dix travaillent à la vapeur. On n'y emploie que le malt et le houblon. La quantité de malt employée pour la fabrication totale des bières dans le Grand-Duché peut s'élever à 3, 600,000 francs par an; le houblon, provenant des meilleurs crûs de Bohême et de Bavière, entre dans la fabrication pour 25,ooo kilogrammes, représentant une valeur moyenne de 375,000 francs. La production totale des brasseries du Grand-Duché s'élève approximativement à i36,ooo hectolitres par an.

C'est grâce à la sollicitude du Gouvernement pour les voies de communication — chemins de fer, routes, télégraphes, téléphones — que le commerce et l'industrie ont pris un développement si rapide.

En effet, la longueur des. routes et chemins entretenus par l'État est de 983 kilomètres; la longueur des chemins vicinaux et d'exploitation est de 545o kilomètres.

Le réseau des chemins de fer a un développement de 334 kilomètres. Le pays possède en outre 40 kilomètres de chemin de fer secondaire, et de nouvelles concessions viennent d'être faites pour une étendue de 48 kilomètres. Le Grand-Duché est le pays le plus richement doté de chemins de fer, eu égard à la superficie de son territoire.

Le réseau télégraphique mesure 969 kilomètres de fils.

Le pays a plusieurs lignes téléphoniques et un réseau local à Luxembourg. Celui-ci comprend en ce moment i65 abonnés, ce qui fait à peu près un abonné sur 100 habitants.

L'histoire du Luxembourg n'est pas moins intéressante que l'aspect et la nature de son sol. Les Romains

y ont laissé des traces profondes de leur passage. Après une période d'indépendance relativement courte, le Luxembourg vit tour à tour les Bourguignons, les Espagnols, les Autrichiens et les Français planter leur drapeau sur les remparts de sa capitale. Chacun, en se retirant, leur légua un monument guerrier. C'est cet entassement de fortifications bizarres de tous les temps et de tous les peuples qui fit de Luxembourg non seulement la plus forte, mais aussi la plus intéressante des forteresses de l'empire. Enfin, le Congrès de Vienne (i8i5) rendit le pays à sa nationalité, en le plaçant sous le sceptre du prince d'Orange-Nassau, dans la Confédération germanique. La ville de Luxembourg était place forte fédérale. Le droit d'y tenir garnison appartenait à la Prusse. Celle-ci y renonça, par le traité de Londres du 11 mai 1867, en vertu duquel le Grand-Duché, tout en restant sous la souveraineté de la Maison d'Orange-Nassau, a été déclaré indépendant et neutre.

Vue de la Ville de Luxembourg

Le Roi des Pays-Bas est le souverain héréditaire du pays, sans cependant que le Luxembourg ait la moindre connexion avec la Hollande; il a sa Constitution et son Gouvernement à lui.

Le Roi Grand-Duc exerce seul le pouvoir exécutif ; il sanctionne et promulgue les lois ; il nomme aux emplois civils et militaires.

Le Gouvernement est représentatif ; il est nommé par, le Roi Grand-Duc et se compose de quatre membres, dont l'un a le titre de Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, et les trois autres celui de Directeur général.

Le pouvoir législatif réside au sein de la Chambre des Députés ; celle-ci se compose de 42 membres, qui sont élus par les cantons pour six ans; elle est renouvelée par moitié tous les trois ans.

Aux termes du traité de Londres de 1867, il fut procédé, dès cette même année, au démantèlement de l'ancienne forteresse fédérale. Les travaux furent commencés par M. Henri Vannerus, alors Directeur général de la Justice, et depuis lors continués et achevés par son successeur, M. Paul Eyschen.

Le 22 mai 18S3, à l'occasion d'un séjour que le Roi Grand-Duc est venu faire dans le pays. Sa Majesté déclara qu'il avait été pleinement satisfait aux obligations résultant pour le Grand-Duché du traité de Londres et que les intentions des hautes parties contractantes étaient loyalement remplies. Cette déclaration fut notifiée aux puissances signataires. Le traité de Londres avait reçu sa sanction. Cet acte est un des plus importants et des plus mémorables dans les annales du Grand-Duché.

Après le démantèlement de la forteresse commencèrent les travaux d'embellissement de la capitale,

l'habitation du Roi Grand-Duc. C'est dans la cour de ce bâtiment que Gaspard de Heu, seigneur de Buy et de Beaufort, fut décapité pour crime de haute trahison, vers la fin du xvie siècle.

Nous ne saurions parler des monuments historiques du Grand- Duché, sans faire mention de la basilique d' Editer nach.

C'est un monument religieux, seul héritage de ce genre qui ait été laissé au pays par le moyen âge. Son origine date du XIe siècle, sa reconstruction en style gothique du XIII- siècle.

M. Lassaulx de Coblence , M. Aug.

Reichensperger de Cologne, M. Essenwein, directeur du Musée Germanique de Nuremberg , le chanoine Wilmowsky de Trêves ont reconnu la valeur exceptionnelle de la basilique d'Echternach.

Victor Hugo, l'auteur de Notre - Dame de Paris, l'a proclamée, à deux reprises, entièrement digne de sa réputation.

auxquels procéda M.

le Directeur général Eyschen, assisté de M.

André, architecte -paysagiste, à Paris.

Grâce à l'ingéniosité, à l'entendement et au bon goût qui ont présidé au travail de la métamorphose de la ville de Luxembourg, le Grand -Duché peut se flatter de posséder aujourd'hui une capitale à la fois des plus élégantes , des plus agréables et des plus pittoresques.

Parmi les bâtiments publics de la ville, nous mentionnons l'ancien Hôtel du Gouvernement.

Cet édifice, construit par la ville de Luxembourg , existait déjà en 1443 et servait d'hôtel de ville. Réduit en cendres par la terrible explosion de i554, il fut reconstruit sous le gouvernement de Mansfeld. En 177g, il fut agrandi d'une aile.

Les Français en prirent possession en 1 795 .

Le palais, alors, était habité par le préfet.

Napoléon Ier y descendit en 1 804. Aujourd'hui il est affecté à

Hôtel du Gouvernement à Luxembourg

C'est à Echternach — disons-le en passant — qu'a lieu la procession dansante bien connue sous son nom, restes bizarres des rites du moyen âge dans la chrétienté.

Il convient aussi de citer, parmi les beautés du Grand-Duché, les ruines du château de Vianden, qui offrent un aspect des plus grandioses dans un site pour lequel la nature a été prodigue en tableaux pittoresques.

Les comtes de Vianden étaient au xine siècle de très puissants seigneurs: ils régnaient souverainement

sur 52 villages. Henri Ier, comte de Vianden, avait épousé Marguerite de Courtenay, issue du sang royal de France. Son père, Pierre de Courtenay, élu empereur d'Orient, eut pour successeur sur le trône de Constantinople ses deux fils Robert et Baudouin.

Le Roi Grand-Duc actuel de Luxembourg, Guillaume III, descend au 8e degré de Jean IV, comte de Vianden et frère du célèbre Guillaume le Taciturne.

Sous le règne de ce souverain, l'indépendance et la neutralité du Grand-Duché, dont la sauvegarde est confiée à la Maison d'Orange-Nassau , n'a fait que s'affirmer davantage. Le Luxembourg s'en montre reconnaissant par les témoignages éclatants d'un attachement inébranlable à la dynastie royale ; il s'en montre digne par la part active qu'il prend aux manifestations de la vie politique et sociale des peuples.

Aussi le Gouvernement, informé par la lettre de M. Van Damme, consul général de la Belgique à Luxembourg, à la date du 7 juin 1884, du désir du Gouvernement belge de voir participer le Grand-Duché à l'Exposition universelle d'Anvers, eut hâte de porter à la connaissance de celui-ci, par une lettre du même jour adressée à M. Van Damme, qu'il se ferait représenter à l'Exposition par M. Antoine Pescatore , membre de

Monument de S.

M. Guillaume II, Roi des Pays-Bas et Grand-Duc de Luxembourg

en qualité de commissaire général, avec l'adjonction de

la Chambre des Députés, M. Paul Meti comme commissaire local.

Le choix de ces deux commissaires a été ratifié par la confiance et les éloges de l'universalité des exposants. Aussi le Gouvernement belge, en reconnaissance de leurs mérites, a conféré à M. Ant. Pescatore la croix de commandeur, et à M. Metz ■ celle de chevalier de l'Ordre de Léopold.

L'Exposition luxembourgeoise occupait un espace de 600 mètres carrés dans les halles de l'industrie

et plus de 1000 mètres carrés dans les jardins. La statistique officielle de la manutention a constaté que le Grand-Duché a envoyé à l'Exposition d'Anvers 48 wagons de produits, représentant un poids de plus de ico, 000 kilogrammes.

C'est dire que, dans un espace relativement bien resserré, on avait su réunir, avec une abondance en

M. Antoine Pescatore

Commissaire général de la Section

Luxembou rgeoise

M. Paul Meii

Commissaire local de la Section

Luxembourgeoise

même temps qu'avec un art de groupement tout à l'éloge des commissaires que nous venons de citer, tout ce que le Grand-Duché produit au point de vue de l'industrie, du commerce et de l'agriculture.

Nous nous écarterons d'une promenade qui serait trop tôt faite en cet espace, pour prendre préférablement chacune des branches que nous avons citées, et nous ne pouvons mieux faire qu'en commençant par l'industrie la plus importante : la Métallurgie.

D'abord, à droite, l'exposition de M. Emile Servais, ingénieur civil des mines, qui s'est créé une réputation par des innovations de grande importance, entre autres ses appareils automatiques pour bouches d'égouts, des calorifères de divers systèmes à magasin de charbon central et à feu continu, pour salles, etc. Il expose des herses à socs, des pressoirs qui ont été très remarqués par les visiteurs, ainsi que ses wagonets culbuteurs à courbes guides se maniant avec une extrême facilité. Enfin M. Servais nous fait voir des aciers doux obtenus au moyen de fontes à minette du Grand-Duché de Luxembourg.

C'est, en somme, une exposition très intéressante pour les industriels; aussi le jury n'a-t-il pas marchandé les récompenses à M. Servais, qui a obtenu deux médailles d'or, deux médailles d'argent et une médaille de bronze.

Viennent ensuite les installations des Hauts-Fourneaux et Forges de Rumelange-Ottange A. Pescatore, Louis Zoude et C"\ On y voit des fontes de moulage et d'affinage, de beaux blocs de minette grise et rouge, d'énormes pièces de fonte de première et de seconde fusion.

L'usine de Rumelange, se composant de trois hauts-fourneaux de grande dimension, est de création récente. Elle est remarquable par ses installations minières et son chemin de fer aérien, qui transporte le minerai directement des galeries de la mine sur les gueulards des fourneaux. Sa production est de 3oo tonnes par jour.

L'usine d'Ottange appartient au comte d'Hunolstein ; elle est louée par la Société de Rumelange- Ottange et se compose de trois hauts-fourneaux, produisant chacun 80 tonnes par jour. Elle est munie d'une fonderie.

Les fontes de ces usines sont très appréciées des fondeurs allemands et belges et se prêtent admirablement à tous les genres de moulages. La Direction se compose de M. Rebuffet, ingénieur des Mines de Saint-Etienne, et de MM. Hinsberg et Jaans, sous-directeurs.

Cette exposition comprend aussi celle des Laminoirs de' Luxembourg, qui n'emploient comme fontes dans leur fabrication que les fontes à minettes pures du Grand-Duché et des fontes Spiegel de première marque allemandes, d'où la pureté et l'homogénéité de leurs produits. C'est sous la direction de M. Joseph Simons, ingénieur, que les Laminoirs de Luxembourg sont parvenus à produire cette bonne qualité de fer qui leur a valu à Anvers une médaille d'argent. La production de 1884 a été de plus de 25oo tonnes de fers ébauchés et 8000 tonnes de fers marchands et fers spéciaux.

A côté de l'installation que nous venons de décrire, se trouve celle de la Société Anonyme Luxembourgeoise des chemins de fer et minières Prince-Henri. Cette Société possède, dans le Grand-Duché de Luxembourg, i5o kilomètres environ de chemins de fer à grande section. Dans un an, son réseau, par suite de nouvelles constructions, aura une étendue de 162 kilomètres.

La ligne des Minières, où se fait un trafic considérable qui peut être comparé à celui des meilleures lignes du continent, est à double voie ; le restant du réseau est à simple voie.

L'Etat Grand-Ducal, afin de faciliter la construction des lignes de moindre rendement, a donné à la Société des concessions considérables de minerai de fer. Aujourd'hui elle possède déjà 325 hectares et, dans dix-huit mois, à la suite des constructions qu'elle exécute, elle aura une nouvelle subvention de 5o hectares.

L'exploitation des Minières est poussée avec une grande activité ; elle n'était que de 76,000 tonnes en 1878, tandis qu'en 1884 elle atteignit 25o,ooo tonnes.

La Société Prince-Henri exposait à Anvers différents échantillons de minerais provenant de ses concessions. Elle exposait également une carte très intéressante des Bassins Miniers du Sud du Grand-Duché. Cette carte, dressée par le directeur de la Société, M. l'ingénieur P. Willière, a rendu déjà d'immenses services aux industriels et aux exploitants.

La même carte était également exposée reproduite en relief par M. Wolff, ingénieur des mines de la Société. Soigneusement faite, à une échelle indiquant parfaitement tous les mouvements du terrain et l'emplacement des concessions, cette carte a sa place indiquée dans un musée national.

Les Minières de la Société Prince-Henri occupent continuellement 450 ouvriers.

Nous passons à l'exposition des Forges d'Eich, Met\ et C". Nous y voyons des types de minerai provenant des minières d'Esch-s/Alzette, des types de fontes d'affinage, de moulage et de fonte Thomas, une collection d'appareils de chauffage, poêles régulateurs et d'autres belles pièces de moulage. C'est à cette maison que revient l'honneur d'être la promotrice de l'industrie métallurgique dans le Grand-Duché.

Le premier haut-fourneau exploité par les frères Met\ était celui de Berbourg, en 1839 ; ensuite ceux du Grundhof, de Fischbach et de Septfontaines. En l865, Norbert Me% le seul survivant des trois frères, fonda la Société actuelle des Forges d'Eich, Met^ et C", qui comprend Eich, Dommeldange, Esch-sur-l' Ailette et les fours à coke de Haine-St-Pierre . En 1882, il intéressa la Société pour une large part dans les nouveaux établissements de Dudelange. En 1885, la production de ces différents établissements a été :

Fonte d'affinage 46,000 tonnes.

id. Thomas 83,3oo id.

id. de moulage 34,800 id.

11 est sorti des ateliers de construction et fonderies d'Eich 1, 388, 000 kilos de produits achevés.

Ces chiffres classent les forges d'Eich parmi les établissements qui ont la plus forte production sur le continent.

Il convient de dire ici un mot de la Société des Hauts-Fourneaux et Aciéries de Dudelange, créée ' en 1882.

L'établissement comprend 4 hauts-fourneaux dont 3 complètement achevés, 4 convertisseurs et 1 laminoir.

Les vastes terrains miniers qui entourent l'usine, à laquelle ils sont reliés par un chemin de fer à voie étroite, sont la propriété de la Société.

L'aciérie est en marche depuis trois mois ; sa production annuelle pourra atteindre 90,000 tonnes de lingots.

Les aciéries de Dudelange ont donné un nouvel essor à l'industrie métallurgique du Grand-Duché et tout fait espérer qu'un brillant avenir lui est réservé.

Un espace de 70"' est occupé ensuite par l'importante exposition des Usines de Colmar-Berg F. Majerus et Schoeller. On y voit des wagons de 16 types différents pour mines et usines; des échantillons d'outils en acier pour carrières, mines et usines, objets d'art, etc. Les Usines de Colmar-Berg

fondées au xvh" siècle pour la fabrication de la fonte et du fer au bois, a, depuis lors, pris une grande extension sous l'habile direction de MM. Majerus et Schoeller.

A côté de cette exposition, nous voyons celle de M. Joseph Koemgen. Son établissement a la spécialité des machines pour la fabrication des tabacs. Nous avons appris qu'il a reçu de nombreuses commandes pendant la durée de l'Exposition, preuve évidente de la supériorité de ses machines.

Au centre du compartiment nous remarquons deux belles pyramides de meules. La première est celle de MM. X. de Wael & C", successeurs de MM. X. de Saint-Hubert & C". Ce sont des meules à aiguiser, à émoudre, à peler ou décortiquer, provenant" des Carrières de la Sûre et de la Kyll; il y en a de toutes dimensions, depuis 20 jusqu'à 3ooo kilos.

Cette pierre est très appréciée à cause de l'homogénéité du grain et de la sécurité de l'emploi des meules. Les meules à défibrer, par exemple, sont soumises à un effort de 200 chevaux sur 200 tours à la minute. Le Jury d'Anvers a ajouté une médaille d'argent aux récompenses que MM. de Wael et C" avaient obtenues à Paris, en i855, et à Bruxelles, en 1 856.

Les carrières de Muhlenbach (Reisdorf), représentées par M. Adolphe Laduron, ont aussi exposé de fort belles meules pour l'aiguisage et l'affûtage des outils. Déjà primées à Dusseldorf, Sydney et Melbourne, elles ont obtenu la médaille de bronze à Anvers.

Nous remarquons encore le plâtre cru et tamisé pour engrais de MM. Kuborn et Reuter ; les pierres à plâtre de MM. J.-P. Maas et Thorn à Bous, près de Remich.

Les regards se portent ensuite sur la fabrique de faïence de Sept fontaines, fondée en 1767. C'est une succursale des grands fabricants de produits céramiques, MM. Villeroy et Boch, universellement connus. Le directeur, M. F. Raynaud, étant membre du jury, ses produits ont été mis hors concours.

C'est à l'entrée du compartiment, en face des visiteurs, que se trouve l'exposition de MM. Eug. Lamort et C", propriétaires de la fabrique de papiers et de pâte de bois de Mantemach. Cette Maison, fondée en i83o, a su, grâce à ses bons produits et aux intelligents efforts de son directeur actuel, M. Eug. Lamort, donner une large extension à ses affaires. Elle a obtenu la médaille d'or.

Viennent les étalages de draps et molletons de MM. Knaff frères à Larochette et Glaesener-Fuhrmann à Wilt^. Les premiers sont mis hors concours, étant membres du Jury; les seconds ont obtenu une médaille de bronze.

Il est à regretter que les autres fabriques de draps du Grand-Duché, que nous avons citées, n'aient pas pris part à l'Exposition.

Immédiatement à droite on remarque les cuirs des Tanneries Réunies de Wilt{. Elles sont représentées par les Maisons Georges Faber, J. Hobscheid et Fr. Lambert. La réputation de ces maisons n'est plus à faire; leurs produits sont recherchés sur les principaux marchés de l'Europe. La fondation de la plus ancienne, M. J. Hobscheid, date de 1784. Le Jury a décerné aux Tanneries réunies de Write une médaille d'or.

Les belles écorces de failli pur de seize ans, exposées par M. Ch. Buffet de Wilti, ont attiré l'attention des nombreux tanneurs qui ont visité la Section.

Mentionnons encore à cette place l'exposition de chaussures de M. Gustave Gompel, de Rodange.

MM. P. Bender et Funck, architectes-ingénieurs, nous montrent des plans et constructions en miniature de brasseries et dé malteries; ils ont trouvé des moyens perfectionnés pour le refroidissement et la ventilation des caves de garde et des entonneries. Des centaines d'applications en divers pays ont démontré la grande valeur de ces innovations. Ces Messieurs ont obtenu des diplômes aux Expositions de Versailles, de Mannheim et de Hanovre. L'un d'eux faisant partie du Jury à Anvers, leur exposition a été mise hors concours.

Nous voilà en face du bar de dégustation de la Brasserie de Diekirch. dont la bière a obtenu a l'Exposition d'Anvers le même succès qu'aux Expositions internationales de Vienne, Pans, Hagenau etc.

Cette brasserie est la plus importante et la mieux outillée du Grand-Duché. On y a installé de grandes caves-glacières, système Bender, avec réfrigérateur double, par la glace emmagasinée et le froid artificiel produit par des machines de construction récente.

Elle produit en ce moment 40,000 hectolitres à l'année, sur une force productrice de 60,000 hectolitres. Sa bière blonde est fort appréciée à Paris et sa bière d'exportation a trouvé un débouché très important en Allemagne, en Lorraine, en France, en Belgique, en Italie, en Espagne, au Japon et au Tonkm. L Exposition une nouvelle occasion de se faire valoir ; le jury lui a décerné la médaille dor.

d'Anvers

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Façade principale de la Section Luxembourgeoise

La Brasserie de M. M. Mousel frères à Clausen lez-Luxembourg, dont l'exposition se trouve à côté de celle dont nous venons de parler, n'a pas l'importance de celle de Diekirch. Elle a été fondée en 1826; sa production atteint aujourd'hui 20,000 hectolitres à l'année, et ses bières sont très estimées tant à Tintérieur du pays qu'à l'étranger ; elle a obtenu la médaille d'argent.

Un peu plus loin, nous voyons l'installation de la Société Anonyme des Bains de Mondorf, dont les eaux chlorurées sodiques iodo-bromurées fortes occupent un des premiers rangs parmi leurs congénères : Kreuznach, Kissingen, Wiesbaden, Bourbonne-les-Bains, Balaruc, etc.; elles jouissent d'une grande renommée pour leur efficacité dans les maladies de l'appareil digestif, les affections nerveuses, scrofuleuses et lymphatiques, la goutte, le rhumatisme, les maladies du foie et de la peau, la tuberculose, les engorgements du bas-ventre, etc.

Vue intérieure de la Section Luxembourgeoise

L'institut hydrothérapique annexé à rétablissement est un des plus beaux et des plus complets qui existent en Europe; il a été exécuté d'après le plan de feu M. le professeur Fleury, l'éminent balnéologue français.

Le Gouvernement du Grand-Duché vient de faire l'acquisition de l'établissement. Il y a fait exécuter des travaux d'améliorations et d'embellissements considérables. Aussi le Kreu\nach Luxembourgeois pourra désormais offrir à ses visiteurs, outre la perspective d'un traitement énergique, tous les agréments qu'on rencontre aux stations allemandes.

Mondorf est situé dans un des plus jolis sites du beau pays de Moselle qui s'étend entre Trêves et Metz ; le climat est doux et agréable. Les hôtels sont bons et les prix très modérés.

Mondorf est relié à Luxembourg et Remich par un chemin de fer secondaire.

Les eaux de Mondorf ont remporté à Amsterdam la médaille d'or, à Paris et à Anvers des médailles d'argent.

Ii convient de mentionner ici l'exposition de M. Henri Krombach, pharmacien à Etteîbriïck, inventeur

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Mon dorf-les-Bains Grand-Duché de Luxembourg

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ses broderies

les

Henri Kranl\ de Roiange ; les colliers collection de vues photographiques de

d'un sirop réparateur remplaçant l'huile de foie de morue; de la liqueur de pepsine; de l'encre zincographique, etc. Le jury lui a décerné la médaille d'argent.

Mentionnons encore M. Fr. Michaëlis à Rollinger grund avec ses différentes sortes de vinaigres, et M. J.-P. Musset à Remerschen, avec sa collection de liqueurs.

M. Victor Thibeau a introduit dans le pays la fabrication de statues religieuses en terre cuite. D'après ce que nous avons appris, M. Thibeau donne une grande extension à son entreprise et a déjà traité de nombreuses affaires d'exportation. Son exposition a obtenu également deux médailles : or et argent.

M. Georges Willière, ingénieur à Luxembourg, nous montre des armoires incombustibles. Un enduit de son invention, moyennant deux couches, rend tous les bois incombustibles; il en résulte qu'un meuble en bois peut remplacer, pour la sécurité en cas d'incendie, le meuble en fer. M. Willière a obtenu la médaille de bronze.

MM. Dumont etMoes, Luxembourg et Redange, exposent des écrémeuses avec réfrigérateur pou séparation de la crème et du lait : nouvelle invention brevetée dans treize pays.

M. Charlé-Neuens de Mersch expose également une écrémease complète avec accessoires. Ces deux firmes ont été primées à l'Exposition d'Anvers.

Beaucoup de visiteurs s'arrêtent devant la vitrine de M"0 Thérèse Reuland de Larochette artistiques qui ont obtenu la médaille d'argent, sont d'un goût et d'une finesse remarquables.

M. Léopold Fouplier de Luxembourg expose un enduit chimique anticalcaire, pour empêcher incrustations de se former à l'intérieur des générateurs à vapeur. Les certificats de nombreux industriels prouvent que son procédé est de grande utilité.

Nous remarquons encore les ruches à cadres mobiles de M. de cheval mobiles à coulisses de Frédéric Mersch d'Ettelbriick ; la M. Ch. Bemhceft, photographe à Luxembourg; la chicorée de MM. Nie. Angelsberg et C" à Larochette; les liquides chimiques de M. Nicolas Mayer à Luxembourg, et la terre de bruyère de M. Aug. Thill. horticulteur à Walferdange.

Très intéressante est l'installation qui couronne l'Exposition de notre compartiment : celle du Service Agricole du Grand-Duché de Luxembourg.

Sur quatre grandes tables sont étalés des plans et des cartes géographiques, et tout autour de nombreux ustensiles de drainage, des écluses en miniature provenant des ateliers de MM. Duchscher et Spoo à Wecker. D'un coup d'œil on peut se rendre compte de cette belle organisation , pour laquelle le Gouvernement Grand-Ducal fait les plus grands sacrifices.

Le chef de service est M. Enpveiler, ingénieur agricole, qui a sous ses ordres tout technique et de bureau pour les nombreux travaux d'amélioration agricole.

Sous sa direction, on forme, dans les communes du pays, des syndicats pour l'irrigation, le drainage et l'aménagement des prairies, pour la régularisation des cours d'eau et le lotissement des propriétés morcelées et divisées. Le Gouvernement recrute le personnel et donne de forts subsides aux communes et aux

Outre ces travaux, le service agricole organise des tournées de conférences agricole! les diverses localités du pays, faites par des professeurs ambulants (Wanderlehrer) c partie dans le personnel de V École Agricole d'Ettelbriick. Cette l'agriculture et malgré la ténacité de la routine parmi la population agricole, elle a su se frayer un chemin; aujourd'hui les cultivateurs réclament eux-mêmes son intervention et arrivent en grand nombre, les jours de foire consulter l'ingénieur agricole et son délégué, pour les améliorations qu'ils veulent apporter à leur culture, sur le choix de leurs bestiaux, etc. Le Jury a su apprécier à sa juste valeur cette belle institution et lui a décerné un diplôme d'honneur.

C'est dans cet ordre d'idées que le succès des exposants du Grand Duché n'est pas moindre dans les Jardins de l'Exposition, où de nombreux massifs sont occupés par les horticulteurs luxembourgeois.

Des deux côtés de l'entrée principale, MM. Soupert et Notting ainsi que MM. Ketten frères exposent d'innombrables variétés de roses qui excitent l'admiration de tous les visiteurs. Le Jury leur a décerné les plus hautes récompenses.

M. Backes-Jones a obtenu une médaille d'argent pour sa collection de roses.

Les plantations d'arbustes et d'arbres fruitiers de M. Nicolas Mouset, pépiniériste à Sandjpeiler, près de Luxembourg, ont été très appréciées par le Jury, qui leur a donné une médaille d'or et une médaille de vermeil.

Le concours agricole qui a eu lieu pendant le mois de juillet, a également fourni aux éleveurs luxembourgeois l'occasion de faire distinguer leurs produits; plusieurs de leurs étalons ont été primés.

personnel

et viticoles dans sont recrutés en rendu d'immenses services à

Pour nous résumer, nous pouvons dire avec justice, qu'après les grandes nations auxquelles l'extension du territoire et l'abondance des capitaux donnent des forces centuples, on peut placer l'exposition du Grand-Duché au premier rang parmi celles qui ont pris part au grand concours international d'Anvers.

Ce petit pays neutre, libre, resserré dans son territoire, fait rayonner sur le globe sa face intelligente d'action. Il est un enseignement pour tous et nous félicitons son Gouvernement d'avoir pris à cœur de le démontrer et d'avoir emporté victorieusement la palme de sa démonstration.

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