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ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT. — MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES ARTS LIBÉRAUX

L'enseignement y occupe une place prépondérante; dans les autres sections il ne figure que d'une manière tout à fait accessoire. A la tête de ce groupe figure le Ministère de l'Intérieur et de l'Instruction publique. Il expose

des documents relatifs à l'organisation et au développement de l'enseignement primaire, moyen et supérieur; des travaux d'élèves, des collections formées par les élèves et les maîtres, des travaux des professeurs; des plans d'écoles, d'athénées, d'instituts universitaires; des spécimens de mobilier scolaire, de collections, etc. La plupart des écoles exposent, en grand nombre, des cahiers de devoirs magnifiquement reliés. Pour l'enseignement des garçons, ce qui frappe, c'est la préoccupation évidente de rendre l'étude facile et attrayante, par l'introduction du modèle. Tout s'enseigne à l'aide de figures, de solides et de tableaux; c'est l'enseignement intuitif poussé à l'extrême.

Plusieurs fabricants exposent des mobiliers scolaires complets et perfectionnés ; des pupitres régulateurs pour toutes les tailles, etc.

Les méthodes de lecture, de calcul et d'écriture sont nombreuses. L'excellente méthode d'écriture belge, de

physique et politique de la Belgique, de dimensions colossales, est une œuvre tout à fait remarquable. Par la peinture en relief, elle reproduit d'une façon saisissante l'orographie et l'hydrographie du pays. S. M.

le Roi a félicité le jeune artiste au cours d'une de ses visites à l'Exposition.

MM.iT. Zara&n et Th.Tack, tous deux officiers de l'armée belge, exposent un relief du pays, d'après les cartes du dépôt de la guerre ; ils ont trouvé le moyen de le reproduire en nombre indéterminé en plâtre, qui, colorié, se trouve dans beaucoup d'écoles, notamment dans toutes les écoles communales d'Anvers.

Demany, de Liège, expose

M. Dierckx, chef de division au Ministère de la Guerre, a spécialement été remarquée. Ce nouveau genre d'écriture a été créé à la suite d'un concours ouvert par le Département de la Guerre, en vertu de l'arrêté royal du 7 juin 1849 ; la méthode de M. Dierckx y a remporté la médaille d'or.

Une assez large place est réservée à l'exposition des cartes scolaires; en première ligne figurent les cartes dessinées et peintes par M. Florent Van der Wee, l'auteur des splendides cartes murales de la Bourse d'Anvers. Les cartes de M. Van der Wee se distinguent par la justesse, la simplicité et la clarté. Sa carte

Fédération Belge de gymnastique Président: M.N. J. Cupérus

Les plans et modèles d'établissements scolaires sont également nombreux. M 284 feuilles de plans pour maisons d'écoles.

Une exposition d'un grand intérêt, est celle des écoles d'aveugles et de sourds-muets; on y voit des pailles tressées, des ouvrages au crochet, des fleurs artificielles, etc. On y trouve aussi des cartes à l'usage des aveugles, des appareils d'écriture, des livres classiques et les méthodes d'instruction en usage.

Il y a ensuite le compartiment des Frères de la Miséricorde, qui ont des établissements à Alsemberg et à Malmes ; l'exposition collective des Frères des Ecoles chrétiennes, celles de /' Athénée royal de Malmes, de l'Ecole des pupilles de l'armée, à Alost, etc., etc.

De toutes les exhibitions gymnastiques.le compartiment de la Fédération belge de gymnastique est assurément la plus complète et la plus intéressante que nous ayons vue à l'Exposition d'Anvers. C'est grâce à M.N.J. Cupérus, président de la Fédération, que celle-ci est parvenue à exposer un véritable musée d'une importance considérable.

L'attention du visiteur est constamment tenue en éveil par le soin jaloux qui a présidé à l'installation de cette exposition. Tout ce qui se rapporte à l'outillage du gymnase et à l'organisation du travail gymnastique y est complet et nous montre les tout derniers perfectionnements

Au fond du compartiment se trouve une nouveauté: une armoire haute de 3 mètres, large de i m. 20 et profonde de 0 m. 35, destinée à la gymnastique de chambre, d'après la conception de M. N. J. Cupérus.

Nous ne saurions assez recommander cette armoire à ceux qui, sans disposer d'une grande chambre, veulent s'adonner à une gymnastique hygiénique complète.

La Société de gymnastique de Saint-Gilles (Bruxelles) expose les magnifiques plans de son gymnase, œuvre de l'architecte communal M. Quettin.

La Société de gymnastique et d'armes d'Anvers exhibe une carte annotée de la Belgique dressée par le Dépôt de la Guerre. Les excursions y sont marquées à l'aide de lignes vertes et de drapeaux indiquant les points de départ et d'arrivée. Ce tableau intuitif des excursions multiples faites depuis 1873 par les membres de la Société de gymnastique et d'armes d'Anvers, ainsi que les vues photographiques des plus beaux sites explorés, témoignent d'une activité peu commune.

Ce qui mérite une mention toute spéciale, ce sont les travaux nombreux de la Fédération Belge de gym-

nastique. Toute son histoire est exposée lààgrands traits.

Nous y voyons ses organes officiels deputs i865, c'est-àdire à l'époque où la gymnastique existait en Belgique à l'état embryonnaire.

L'enseignement supérieur présente une exposition très remarquable, mais qui ne s'adresse pas à tout le monde. Le Ministère de l'Agriculture, de l'Industrie et du Commerce., qui a remporté un diplôme d'honneur en 1878 à Paris, expose les annales, les bulletins et photographies.de spécimens du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique ; Yllp stitut agricole de l Etat à Gembloux, a envoyé tous les documents relatifs à son organisation, les brochures et ouvrages publiés par le personnel en seïgnant et un plan général de l'Institut;

L'Église de Sainte-Gudule

Y Administration des ponts et chaussées montre de remarquables panneaux décoratifs et maquettes, concernant les travaux exécutés par l'Administration, depuis l'exposition nationale de 1880. La Chambre Syndicale provinciale des Arts Industriels, de Gand, expose des vues photographiques des Expositions d'art industriel tenues à Gand en 1877 et 1882, des catalogues, des statuts et des règlements, concernant les diverses expositions organisées par elle.

Nous signalerons d'une façon toute particulière, l'exposition de M.. Louis Henry qui, depuis plus de vingt ans, occupe avec tant de distinction, la chaire de chimie générale à l'Université de Louvain. M. Henry expose une collection de produits chimiques, se ratta-

chant à la chimie générale, produits dont il est l'auteur. La haute valeur de cette exposition n'a pas échappé au jury ; il a décerné à l'unanimité à M. Louis Henry, un diplôme d'honneur.

La Ville d'Anvers a une exposition qui mérite de fixer l'attention; en dehors des travaux de ses écoles primaires et moyennes, de son matériel d'enseignement, des plans de ses écoles, etc., elle expose encore ceux de l'Académie des beaux-arts, qui donnent une idée très satisfaisante de l'enseignement artistique qui s'y donne.

La Ville de Bruxelles a concentré, dans un magnifique pavillon, à côté de la partie scolaire, qui est fort bien comprise au point de vue pratique, -tous ses services publics, accompagnés d'un catalogue explicatif très complet, donnant l'histoire et le développement de chacun d'eux, sous les différentes administrations qui se sont succédé; nous y voyons le service des égouts, avec plans, etc. ; le service des travaux publics, publiant des plans et modèles des travaux et embellissements de la' capitale; le service des inhumations, et les photographies de corbillards très riches ; le service des eaux ; le nettoyage de la vdierie, avec plans et brochures ; le service des pompiers et des théâtres, avec pompe à bras, dévidoir et accessoires, avertisseur d'incendie, récepteur télégraphique, etc ; le service du gaz, avec plans de la canalisation, compteur à deux cadrans, etc. ; le service du télégraphe, du téléphone et des horloges électriques; celui de l'hygiène et du laboratoire de chimie qui, depuis 1871, est chargé de l'analyse des denrées alimentaires.

La ville de Bruxelles présente un spécimen de l'ensemble des services d'une grande commune et permet d'apprécier les nécessités auxquelles il faut pourvoir, les difficultés contre lesquelles on doit lutter. En prenant une

part aussi large et aussi brillante à notre Exposition, la Capitale a voulu prouver sa sympathie à la ville d'Anvers.

L'imprimerie et la librairie ne comprennent pas moins de 46 exposants, parmi lesquels nous comptons les maisons les plus importantes de Bruxelles: MM.

E. Guyot, A. N. Lebègue et C'e, Félix Callewaert père, Joseph Albanel, Gustave Mayole\, Adolphe Mertens, l'Imprimerie des Travaux Publics, etc., etc.

L'Imprimerie Mertens a été fondée en 1824. Elle a été successivement dirigée par MM. Raes, Labroue, Mertens père et Ad. Mertens fils. La direction actuelle date de iS63.

Cette maison a exposé à Anvers les travaux suivants : Le purgatoire de chromolithographie

G. Doré — tiré pour l'Amérique; des travaux pour le Gouvernement Chilien; l'Art ancien Belge, imprimé pour les Maisons Didot et Rozez ; V Illustration Nationale , Y Illustration Belge, une série de travaux chromolithographiques et typographiques comprenant les travaux ordinaires ainsi que les travaux de luxe : calendriers, catalogues, pancartes , travaux commerciaux et administratifs ,

journaux, revues, livres, chromos en 26 couleurs, ouvrages classiques en langue espagnole pour le Mexique, l'Amérique Centrale, le Pérou, etc. etc.

Elle a fondé une succursale, 5, rue des Archives, Paris.

Comme installations, l'imprimerie Mertens comprend la typographie , la la fonderie , la galvanoplastie et la zincographie, plus les ateliers de reliure et de

La Colonne du Consrès

brochage, et comprend 22 machines. Elle a obtenu aux différentes Expositions les récompenses suivantes : Vienne, 1873, Médaille de Mérite.— Paris, 1878, Médaille d'Argent. — Bruxelles, 1881, Médaille d'Or. — Anvers, i8S5, Médaille d'Or. — Londres, Deux Médailles, Or et Argent. — Sydney, Lima, Santiago.

Les principales villes de la province étaient représentées dans cette classe: Liège, par MM. H. Dessain,

livres de liturgie, catholique, d'enseignement, etc. ; — Baudry et C, par des ouvrages relatifs à la science de l'ingénieur, à l'industrie et à l'architecture; — H. V aillant- Carmanne, 8, rue St-Adalbert, par des ouvrages scientifiques et littéraires, ainsi que par des éditions de luxe et illustrées. Son exposition à Anvers lui a mérité un diplôme de médaille d'argent.

Mons se fait remarquer par la maison Hector Manceaux, dont la vitrine renferme des livres scientifiques, publiés sous le titre générique de « fiî-

A. Wesmael - Charlier,

[mpviimiir-Êdii€M-

bliothèque Belge <> et destinés aux écoles, ainsi qu'une collection de classiques et de traités de mathématiques; ces derniers sont irréprochables.

Namur a deux expositions remarquables : celle de M. Jacques Godenne, imprimerie Paul Godenne ; cet établissement est connu pour ses publications elzéviriennes ; son petit recueil de poésies « Les Nationales » est un vrai bijou. M. Godenne n'a obtenu qu'une médaille d'argent; son exposition péchait peut-être par une trop grande simplicité. Il faut savoir , dans une

Exposition surtout, attirer l'attention. Le second exposant est M. Wesmael-Chariier , qui est parvenu à affranchir l'enseignement belge du tribut onéreux de l'étranger, en créant une bibliothèque de livres belges de science, d'instruction, d'éducation primaire et moyenne, bien faits et à bon marché. M. Wesmael a obtenu la Croix de Chevalier de l'Oidre de Léopold.

Braine-le-Comte est représenté par l'imprimerie Zech et Cornet, successeurs de l'imprimerie Lelong;

elle expose un grand nombre de spécimens d'impression en différents genres et une collection des plus variées de livres de prières en français, en flamand et en espagnol. Onze revues ou publications périodiques destinées à Paris sortent chaque semaine de ses presses. Cet important établissement occupe régulièrement plus de deux cent cinquante ouvriers. Trois distinctions lui sont tombées en partage : une médaille d'or et deux médailles d'argent.

La librairie A. Hosîe, de Gand, expose des ouvrages de science, de musique et de luxe; M. Ch. Peeiers, de Louvain, des impressions en langues flamande, française et étrangères (Hébreu, Syriaque, Pehlvi, Avesta, Sanscrit, etc.); MM. Desclee, Lefebvre & C de Tournay, des ouvrages de piété et de liturgie; M. A. Van Genechten, de Turnhout, des papiers de tous genres et des cartes à jouer pour tous les pays; enfin citons parmi les exposants anversois, l'établissement de M. L. Seghers, qui nous montre des dessins calligraphiques et des albums de lettres très soignés, des initiales et des ornements du moyen âge et de l'époque de la Renaissance, fidèlement reproduits ; Mm8 Vve De Backer mérite une mention spéciale pour sa fabrication du matériel Frcebel ; la maison Ratinckx frères, pour ses reproductions de tableaux de maîtres par la chromolithographie ; M. F. J. Michiels, pour ses impressions de gravures en taille-douce.

mansjrùres, d'An-

Dans la vitrine de MM. E. Stockmans & Ci0, d'Anvers, nous trouvons une belle et grande collection de registres pour la comptabilité.

Nous admirons surtout la simplicité et la solidité des différentes reliures, ainsi que la fraîcheur de la réglure et la netteté de l'impression.

Notons tout particulièrement l'exposition de l'établissement Belle-

Place Royale, Bruxelles

vers, qui est sans contredit la plus complète et la plus générale dans l'article Registre, Imprimerie , Lithographie, Reliure, etc. Ce établissement justifie une fois de plus la réputation dont il jouit. Les visiteurs de l'Exposition ont apprécié justement les produits de cette maison , aussi le jury lui a-t-ildécerné des récompenses bien méritées.

Nous avons admiré de beaux échantillons de rel'ure, notamment une collection curieuse de spécimens de reliures, depuis l'an 1400 jusqu'à nos jours, appartenante MM. L. Claessens et fils, de Bruxelles; des spécimens de reliure représentant les diverses époques de cet art, depuis le commencement de l'ère chrétienne, jusqu'à nos jours, produite par M. /. Chavye, de Bruxelles; des reliures artistiques, de bibliothèques commerciales et classiques, avec impressions or, noir et couleurs, de M. G. Schildknecht, de Bruxelles; des reliures de luxe de MM. Vandervoort & fils, d'Anvers; ces artistes-industriels se sont surtout appliqués à l'imitation des reliures anciennes et en mosaïque ; les spécimens qu'ils ont soumis à l'appréciation des connaisseurs sont exécutés avec un art et une perfection, dont on ne saurait assez faire l'éloge.

M. G. Schildknecht, fondeur en caractères et fabricant de matériel d'imprimerie, à Bruxelles, est le continuateur de la maison Pennequin fondée en iSi5. Son exposition très complète, établie avec goût, comprend entre autres, outre une riche collection de caractères en tous genres, un caractère diamant fondu mécaniquement sur trois points Fournier, soit encore un quart de point moins fort que le caractère diamant anglais, allemand et français, ainsi qu'une série de caractères chaldéens en quatre différentes grandeurs dont la gravure élégante a attiré l'attention de la Direction de l'Imprimerie Impériale et Royale de Vienne qui en a fait l'acquisition des matrices.

Cette maison a aussi une importante installation pour la fabrication des lettres en bois ainsi que pour la galvanoplastie, et construit également une presse à pédale typographique, intitulée « la Modeste», qui se distingue entre toutes par sa solidité, sa légèreté, sa vitesse et surtout par un perfectionnement très important concernant le réglage du foulage.

M. G. Schildknecht a annexé à son établissement de vastes ateliers pour l'exécution de reliures artistiques, de bibliothèques, commerciales et classiques.

Dans son exposition séparée pour cette branche (classe V), la reliure d'art est brillamment représentée par un « Plantin », style renaissance flamande; Gevaert (Histoire de la musique de l'antiquité), style grec; la bible de G. Doré, style gothique, etc., etc.

Une série très complète de tous les genres de reliures ainsi que la production d'un bel ensemble de

Piano, J. Oor, Bruxelles

couvertures percalines, impressions or, noir et couleurs au balancier, témoignent des efforts de l'exposant pour arriver à amener MM. les éditeurs belges à confier la reliure de toutes leurs publications à l'industrie du pays.

La maison G. Schildknecht de Bruxelles a obtenu aux Expositions universelles d'Amsterdam et d'Anvers trois médailles d'or et deux médailles d'argent.

Viennent ensuite, une collection de gravures sur bois, sur métaux, sur ivoire, sur marbre ; des impressions en taille-douce et des eaux-fortes ; des médailles, des cachets, des poinçons, des matrices, des plaques, des timbres, etc.; un splendide missel, manuscrit enluminé sur vélin, avec reliure en argent ciselé, exposé par M" G. Jooris, de Bruges; un classeur-archiviste, très ingénieux, de M. E. Muni, d'Anvers, etc., etc.

La photographie a réuni une trentaine d'exposants, parmi lesquels figurent avec honneur quelques

photographes amateurs. Les produits de cet art si répandu, se présentent sous des dénominations très variées : i! y a la photographie au charbon, la photographie astronomique,, la photographie commerciale et industrielle, la phototypie, la photogravure, la photolithographie, l'héliogravure, etc. Tous ces procédés sont largement

représentés par des épreuves de choix, et par les appareils les plus perfectionnés.

S'il est vrai que la musique adoucit les mœurs, le grand nombre d'instruments de musique qui figurent dans la classe VIII, fait bien augurer des mœurs belges. La réputation de plusieurs de nos facteurs de pianos, a depuis longtemps franchi les frontières ; la ' maison /. Oorde Bruxelles est de ce nombre.

La maison Oor nedatequedei87i; mais si rapide a été sa vogue, que dès 1876, M. J. Oor s'est construit, chaussée de Forest, 191, une vaste usine, où toutes les branches de la fabrication des pianos se trouvent réunies ainsi que de grands chantiershangars, renfermant des approvisionnements de bois pour plus de dix ans.

Ses pianos, si

remarquables par

leur puissante sonorité et leur brillant toucher, doivent

leurs qualités aux soins et à l'habileté des artistes, placés

à la tête de chaque branche spéciale de la fabrication.

Le choix judicieux des matières premières n'est pas

moins important. Aussi le piano Oor est-il remarquable

par la puissance de l'harmonie et grâce a de nombreuses, recherches, le mécanisme a atteint une rare perfection.

Le toucher, aussi agréable que facile, n'exige aucun effort.

Piano Louis XVI, J. Gùnther, Bruxelles.

Disons ici un mot d'un nouvel appareil, qui concerne directement les pianos : celui de M. Vivier.

M. Vivier est un inventeur belge, qui travaille à révolutionner l'art d accorder les pianos. Son procédé est des plus simpes et des plus pratiques. Voici en quoi il consiste :

Depuis la plus haute antiquité, les cordes des instruments à cordes s'enroulent autour d'une cheville, forée dans le bois. Pour accorder, on tourne ou on détourne les chevilles, jusqu'à ce qu'on les ait fixées dans la position voulue. De là, les tâtonnements et la difficulté de l'accordage d'un piano. M. Vivier a imaginé d'attacher le bout mobile de chaque corde à une tige filetée, d'engager cette tige dans un écrou, reposant sur un point d'appui fixe, et de tendre la corde en faisant tourner l'écrou. L'avantage le voici : un tour entier de l'écrou ne produit qu'un allongement de la corde, égal à la longueur du pas de vis de la tige filetée ; or, on fait ce pas de vis aussi court que l'on veut.

L'accord du piano se trouve singulièrement simplifié et facilité. Il faut presque tout un tour de clef pour monter les cordes d'un demi-ton. L'appareil peut s'appliquer à tous les pianos : aux nouveaux, auxquels il assure une longévité extraordinaire, et aux vieux, auxquels il peut procurer un regain inespéré de jeunesse M. J. Oor, toujours à la recherche du progrès, s'est empressé d'appliquer l'appareil à ses pianos; le public artiste et amateur peut examiner dans ses magasins, les avantages qu'offre cette belle invention.

Une firme justement renommée dans la facture des pianos, est celle de la maison J. Gunther, à Bruxelles; aussi son exposition est-elle des plus intéressantes et des plus grandioses. Elle ne comprend pas moins de neuf instruments : 5 pianos-buffets et 4 pianos à queue.

Tous ceux qui ont suivi les auditions de musique, données régulièrement par des artistes en renom, se

souviendront de la grande sonorité et du charme de ces instruments. Le plus remarqué parmi ces pianos de choix, est le piano à queue style Louis XVI, dont nous reproduisons la gravure; c'est non seulement un meuble d'un goût parfait, c'est encore un instrument qui a fait les délices de tous les amateurs.

La maison Gùnther est, du reste, une des plus importantes du pays et sa réputation est aujourd'hui solidement établie. Dès 1867, ses travaux étaient très favorablement appréciés par le rappor-

M. Pierre Schyven

teur de l'Exposition de Paris, M. Fétis, et plus récemment, le jury de l'Exposition d'Amsterdam s'est plu à reconnaître à ses produits des qualités de premier ordre.

Sous l'habile direction de son chef actuel, M. Louis Gunther, fils du fondateur de la manufacture, la maison a reçu une impulsion nouvelle. Le meuble du piano Louis XVI, reproduit ici, est dû à la collaboration de MM. Jean et Henri aas, qui en ont dessiné le modèle et les motifs décoratifs. M. Chambon en a exécuté les sculptures sur bois. M. Amédée

Lynen est l'auteur des charmantes peintures à l'huile qui ornent les surfaces. Ce sont de vraies merveilles d'art, chacune dans son genre. De même qu'aux Expositions de Sydney et d'Amsterdam, le jury de l'Exposition d'Anvers a décerné, à l'unanimité, le diplôme d'honneur à la maison J. Gunther.

Un facteur anversois, M. A. Berrens, expose 3 instruments : un piano à cordes croisées, avec châssis en fer, d'après les meilleurs systèmes connus jusqu'à ce jour, résistant à tous les climats; des vis de rappel, réglant le tirage des cordes, empêchent la table d'harmonie de céder à la pression de celles-ci ; ce piano est d'une sonorité remarquable, égale, d'un bout à l'autre du clavier; son mécanisme est d'une souplesse exceptionnelle, qui permet à l'artiste de rendre les nuances les plus délicates de la musique. Comme meuble, ce piano en chêne, sculpté en plein bois, avec une grande finesse, est une véritable œuvre d'art. Il est en vieux style flamand, d'après les dessins de M. Jules Wagner.

Le second piano est en bois noir avec gravure mate; il es à cordes obliques, d'un toucher élégant, d'un son puissant et distingué; le troisième, également en bois noir, à cordes croisées, est irréprochable comme instrument et comme meuble. Aussi le jury international lui a-t-il décerné la médaille d'or, la plus haute récompense accordée aux pianos- buffets.

Notons encore les excellents pianos et harmoniums de MM. V. et C. Gevaert, de Gand et Liège; les pianos avec cadres en fer, pour l'exportation, de M. E. Vits, de Gand; les pianos d'exportation, à cordes doublement ■croisées, spécialement destinés aux pays chauds et humides, de la maison B. Van Hyfte, de Gand, fondée en i835 ; les orgues de MM. Pierre Schyven & Cie, dont un spécimen à servi aux concerts d'orgue, donnés dans la salle des fêtes par M. Wiegand , l'excellent organiste d'Anvers; les orgues, pianos et harmoniums de M. Ch. Anneessens, de Grammont; les orgues sortant des ateliers de cet artiste, sont des instruments qui n'ont .rien à envier à ceux des cathédrales de Berne et de Genève. M. Heinemann, facteur à Liège, expose des pianos

obliques et quart obliques, très remarqués; il a également des pianos à cadre en fer, destinés à l'exportation et pouvant supporter les chaleurs tropicales, aussi bien que les froids des pays du Nord; tous ses instruments se distinguent par une grande richesse de son; M. Heinemann a été formé à bonne école; il est élève de

MM.Pleyelde Paris, et Berden.de Bruxelles. Citons encore une maison liégeoise, MM. A, Renson et fils, qui exposent quatre pianos de genres différents, remarquables par la richesse du son et parlefinidu travail. L'un de ces instruments, destiné aux Colonies, est à cadre en fer ; tout y est vissé et vernis ; c'est la seule maison wallonne qui expose des pianos de 7 a/4 octaves avec mécaniques à lame et jeux célestes découpés montés avec mouvements en cuivre. N'oublions pas les pianos à pédalier indépendant, de MM.

Fre'd, Rummel d'Anvers, ni les grandes orgues d'église, dechapelle et de salon, de MM.

A. Van Bever frères, de Laeken( Bruxelles); les quatres frères associés, qui constituent cette firme, se sont chargés chacun d'une partie spéciale de la fabrication ; c'est ainsi quils arrivent à produire des instruments, dont tous les éléments sont également parfaits, — Comme nouveauté,

. Crypte

Ruines du Cloître Samt-Bavon à Gand

de la crypte. — 3. Chapelle Saint- Mâchai rc. — 4. Le baptistère.

signalons l' Echelle harmonique, de M. E. Livain, professeur de musique à Mons; c'est un instrument démonstratif, à l'aide duquel deux secondes suffisent, pour représenter toutes espèces de gammes, d'intervalles ou d'accords.

En fait d'instruments en cuivre, en bois et à percussion, citons les belles installations de M. F. Andelhof, de Turnhout, et celles de MM. G. Van Engelen fils, de Lierre, maison fondée en i8i3.

La classe de médecine et d'hygiène n'est pas très complète; plusieurs des exposants de ces branches figurent dans l'exposition de la Croix-Rouge, entièrement séparée des halles de l'industrie. Nous y rencontrons toutefois des choses très curieuses; entre autres, deux cellules pour aliénés, l'ancien et le nouveau modèle. Les anciennes cellules ressemblent fort aux sinistres cachots de l'Inquisition espagnole, avec leurs instruments de répression, remplaçant les instruments de torture; un grabat de paille, fixé dans le mur, —une gamelle en fer-blanc, retenue par une forte chaîne, qu'on passait par un guichet étroit, muni de barreaux de fer, un espace de deux mètres de superficie privé de lumière, voilà ce qui attendait le malheureux que la science déclarait privé de raison. Aujourd'hui, les choses se passent plus humainement et l'horrible cachot est devenu une chambrette des plus propres, dans laquelle les instruments en fer ont été remplacés par des cordes et par des lanières de cuir et d'étoffe. Cette intéressante exposition comparée est due au Ministère de la justice, qui y a ajouté les plans des écoles agricoles de Beernem-Ruysselede et différents travaux des pensionnaires de ces établissements; des plans et des vues des dépôts de Merxplas, d'Hoogstraeten et de Wortel.

Nous voyons dans la même classe une collection remarquable d'appareils herniaires et d'orthopédie, de M. H. Biondetti, de Bruxelles; des instruments de chirurgie de M. Klain-Glitschka, de Gand ; des instruments et pièces dentaires de MM. Maurice Mêler, de Courtrai, /, /. Rosseemv, de Gand, A. Hulsman aîné, d'Anvers, /. Baruch, de Bruxelles, et Alphonse Sasserath, chirurgien-mécanicien, à Liège. M. Sasserath, récompensé à diverses Expositions antérieures, a obtenu à Anvers la médaille d'or pour ses appareils dentaires brevetés ; il expose des appareils pour le redressement des dents déviées, des dentiers américains, approuvés par plusieurs Commissions médicales, des dentiers sans crochets ni ressorts; tous les ouvrages qui sortent de ses ateliers, sont garantis pour vingt ans.

Il reste à mentionner dans ce groupe les instruments de précision : balances, compas, niveaux, équerres, sextants, instruments de physique, de mathématique, etc., ainsi que les cartes et appareils de géographie et de cosmographie.

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