‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 83 sur 125 · M. Humbert I", Roi d'Italie · texte numérisé non relu

M. Humbert I", Roi d'Italie

Italie

l est peu d'exhibitions qui aient, à l'égal de la section italienne, conquis d'emblée à leur pays une place brillante au rang des nations industrielles.

C'est à l'Exposition d'Anvers que pour la première fois, le Royaume d'Italie, cette Italie qui marche vers sa troisième renaissance, présente à l'appréciation des autres nations, ses productions qui révèlent l'immense essor qu'a pris dans ce pays le mouvement industriel. Les progrès accomplis dans toutes les branches de l'industrie par ce peuple intelligent, sobre et travailleur— quoiqu'en disent les touristes — sont réellement étonnants. C'est le triomphe de l'art appliqué à l'industrie.

L'élan et l'empressement qu'a mis l'Italie

à répondre à l'appel de la Belgique et de

v£?Awcv£jr£.~-~-s t^s^s^iss™. -sggggr" ^ss*5- ja yjj[e d'An vers par l'envoi de produits

variés et multiples, sont une nouvelle affirmation des sympathies qui unissent depuis longtemps les deux pays.

Les rapports d'amitié et d'intérêts entre l'Italie et la Belgique datent en effet de loin. Dès le commencement du xive siècle, il y a donc près de 5oo ans, les galères vénitiennes remontaient l'Escaut, apportant à Anvers les riches produits de l'Orient et les magnifiques étoffes de soie, fabriquées en Italie.

Nous leur donnions en échange nos toiles des Flandres et nos draps du Brabant.

En 1324, la République de Venise envoyait deux Ambassadeurs, un Barbô et un Zoizi, pour présenter au Magistrat d'Anvers, les salutations amicales de la Grande République Italienne.

La même année, une galère Génoise qui se trouvait à l'Ecluse, fut invitée par les Anversois à visiter leur port. Depuis lors les relations entre l'Italie et la Belgique devinrent de plus en plus étroites et le mouvement commercial entre Bruges, Gand et Anvers d'une part, et Florence, Rome, Gênes, Venise et Milan d'autre part, acquit une importance colossale.

Tandis que les marchands Italiens venaient de tous les points de la Péninsule nous apporter les produits du Midi et de l'Orient, les artistes Flamands se rendaient en Italie pour y surprendre les secrets de la peinture des maîtres Vénitiens et Florentins; si bien que les relations entre les deux pays, suspendues sur le terrain commercial par la fermeture de l'Escaut, continuèrent sur le terrain artistique,

jusqu'au jour où la domination étrangère, pesant sur les deux peuples, vint arrêter momentanément leur développement intellectuel et matériel.

Leurs destinées furent semblables et cette commu-

nauté de malheur fut peutêtre le lien le plus puissant entre eux. Affranchie avant l'Italie, la Belgique a recouvré avant elle son ancienne prospérité, mais jamais dans les jours calmes qui ont succédé à la révolution de i83o, elle n'a oublié sa sœur d'au delà des Alpes.

Ces liens se resserrèrent encore par l'accueil fraternel fait en Belgique aux Italiens chassés du sol natal par les proscriptions des anciens dominateurs. C'est sur le sol Belge que les Italiens étudièrent les libertés constitutionnelles dont un Roi illustre dota la Belgique et c'est le reflet de ces idées de liberté, largement appliquées, qui se retrouve dans la Constitution del'Italie, redevenue une et libre. ^

1841, est issu d'une famille illustr Après avoir pris son

Aussi l'Italie ne pouvaitelle, nulle part mieux qu'à Anvers, se montrer pour la première fois dans son renouveau industriel et l'exposition de la section Italienne a été une vraie révélation.

Sur l'intelligente initiative de M. B. Grimaldi, Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie et du Commerce, le Parlement Italien vota un subside de 25o.ooo francs pour favoriser la participation de ses nationaux à l'Exposition d'Anvers. Ce subside fut plus tard augmenté de fr. 5o.ooo. Le Gouvernement Italien commença par acheter pour sa section, un terrain de 3778°* au prix de fr. 25.00 le mètre carré; un espace de 411»

fut acquis dans la galerie du travail par les exposants eux-mêmes.

Grimaldi, Bernardin, avocat, né à Catanzaro en Louis, son père, était un savant et un homme de lettres de premier ordre.

il entra à la

Bernardin Grimaldi, ■ de l'Agriculture, de [Industrie et du Commerc

Naples

— 3qû —

d'Élat. En 1S78 il fut nommé Secrétaire général au Ministère des travaux publics, et dans la même année il se distingua comme rapporteur du projet de loi sur la construction des chemins de fer; charge pénible et très difficile

à remplir, et dans laquelle il déploya toute la flexibilité de son talent et la multiplicité de ses connaissances.

Dans la discussion de ce grand projet de loi, il prononça un discours très savant et des plus remarquables, et son éloquence était si fougueuse et si entraînante, que les sténographes avaient la plus grande peine à le suivre dans son rapide

vint de nouveau au pouvoir, on confia à Grimaldi le portefeuille des Finances et l'intérim de celui du Trésor. Même dans cette charge très importante, il ne démentit pas un seul instant l'opinion favorable qu'il avait inspirée, et sa renommée

exposé de chiffres et de calculs techniques. Le grand succès de ce discours valut à Grimaldi la plus haute estime et une confiance illimitée non seulement de la Chambre, maisdupays tout entier. Depuis ce jour le jeune député de Catanzaro fut regardé comme undes hommes les plus illustres du Parlement Italien. Au mois de juillet 187g, lorsque M. Cairoli par-

. fit que grandir. Le nouveau Ministre ne tarda pas à se rendre un compte exact de l'état financier de l'Italie et il n'approuva pas les calculs ni ne partagea pas les douces illusions de ses prédécesseurs, ne les trouvant pas trop fondées; ce qu'il exposa dans le bilan qu'il présenta en 1879, bilan qui — selon ses prévisions — devait se clôturer par un déficit. Cette circonstance lui attira les attaques de la gauche et décida sa retraite du ministère au mois de novembre.

Lorsque M. Grimaldi se représenta à la Chambre comme Député, il y exerça, comme auparavant, une influence remarquable, influence rendue encore plus solide par l'appui et les sympathies de plusieurs groupes de la Chambre.

En avril 1884 il fut

Le Pont des Soupirs à Venise lois qu'il n'eut pas la satisfaction de faire approuver par

nommé M inistredel' Agriculture, de l'Industrie et du Commerce ; cette administration, il la régit encore aujourd'hui avec distinction et il y laissera des empreintes ineffaçables, car il consacra toute son intelligence et son infatigable activité à la prospérité nationale. En dehors des nombreuses initiatives destinées au développement des industries et du commerce, il suffira de rappeler l'approbation de lois très importantes comme celles qui concernent les écoles d'agriculture, le crédit foncier, les sociétés de secours mutuels et le travail des enfants dans les fabriques.

11 obtint encore de la Chambre des Députés l'approbation des projets de loi sur le crédit agricole et sur la responsabilité civile des entrepreneurs et des patrons en cas d'accidents du travail; le Sénat à cause de la clôture de la XV™ Législature.

— 3q7 — une des plus nobles et des plus imposantes figures parmi les hommes d'État italiens

Louis Peuch. Ces Messieurs ont réussi à distribuer dans un espace limité les produits industriels et artistiques de 600 exposants; c'est une des rares sections dans lesquelles le placement s'est fait dans un ordre rationnel, sans nuire en rien au coup d'ceil général. Les exposants sont redevables, en grande partie, de leurs succès, à l'activité et au dévouement intelligent de ceux auquels le Gouvernement italien à confié leurs intérêts.

On connaissait depuis long- \ temps les progrès étonnants réalisés par l'Italiedans plusieurs branches de l'Industrie; les statistiques j, constatent, pour ce jeune pays, une décroissance progressive dans l'importation et une augmentation dans l'exportation, non seulement

En résumé, M. Grimaldi est

L'architecture de la façade de la

Section Italienne est l'œuvre de l'émi-

nent architecte M. Camille Riccio,

de Turin; elle est d'une pureté de

lignes, d'une richesse de décoration

et d'une distinction tout italiennes.

La première impression sur le visiteur est excellente et on devine d'emblée qu'on va entrer dans le pays classique des arts.

La disposition intérieure de la section confirme entièrement la première impression. Le mérite de cet heureux arrangement revient en majeure partie à M. le Marquis de Maffei, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de S . M . le Roi d'Italie à Bruxelles, Le Marqua Ch. Albert Maffei di Bogli,

Commissaire général, assisté des " >- - zr , j- ■ .,,■■

° ' Envoyé Extraordinaire et Ministre

deux Commissaires organisateurs, Plénipotentiaire de S. M. le Roi d'Italie, le Comte de Seyssel et le Comman- auprès du Gouvernement belge,

deur Lattes et du Consul Royal Commissaire général de la Section Italienne des produits agricoles et minéraux d'Italie à Anvers, le Chevalier mais aussi des produits fabriqués.

C'est ainsi que l'Exposition d'Anvers a permis de se rendre compte des progrès très sérieux réalisés dans l'industrie de la soie, de l'orfèvrerie, de la céramique, des bronzes et des meubles d'art.

La soie se fabrique en Italie dans plus de 38oo ateliers, occupant au delà de 200,000 employés, dont

du .Ministère de l'Agriculture et du Commerce ; celui-ci a exposé à Anvers des échantillons de cocons superbes, qui lui ont valu la médaille d'or.

L'institution de Padoue est fréquentée non seulement par les paysans et les fermiers, mais aussi par les militaires de la garnison de Padoue ; pendant les heures de liberté que leur laisse le service militaire :

ces derniers vont de leur plein gré, s'instruire dans l'élevage et la culture rationnels des vers à soie ; une fois libérés, ils apportent dans leurs familles des trésors de connaissances nouvelles et dissipent une foule de préjugés qui ont pris racine dans les campagnes.

Il y a équilibre entre l'importation et l'exportation de la soie en Italie; elles sont l'une

les neuf dixièmes sont des femmes et des enfants.

La production italienne des cocons atteint 3g, 000, 000 de kilos. Quoique le produit des races indigènes de vers à soie soit meilleur et plus abondant que celui des races exotiques, il se manifeste cependant une tendance à l'emploi de ces dernières, parce qu'elles résistent mieux à certaines maladies.

Le Gouvernement Italien, voulant protéger d'une façon efficace l'industrie de la soie, a fondé dans les Provinces et les Communes des Observatoires bacologiques, dans lesquels les oeufs sont examinés au microscope ; on y donne aussi des conseils pratiques sur les meilleures méthodes d'élevage.

Le type de ces institutions est celle de Padoue qui dépend la Chine seule dépasse ce chiffre

Les magnifiques étoffes brochée

Le Chevalier Louis Petich,

Consul Royal d'Italie à Anvers,

Commissaire de la Section Italienne

et l'autre d'un million de kilos ; tous les autres pays réunis ne l'atteignent pas.

ses de Gavazzi de Milan, qui ont obtenu le diplôme d'honneur, les étoffes de soie et les velours de Ghidini de Turin (médaille d'or) ; les reproductions des anciens velours et

damas de Venise, de Trapolin (médaille d'or) prouvent que les Italiens s'appliquent avec succès à reconquérir une place brillante dans cette industrie, dans laquelle, au moyen âge, ils furent les maîtres. Les bijoux italo-grecs trouvés dans les fouilles d'Herculanum et plus tard les bijoux romains découverts dans celles de Pompeï inspirèrent à d'excellents artistes l'idée de les copier et de les reproduire. ^*\&**\r^ Ce fut Pio Castellani de Rome, encouragé par de puissants protecteurs des

arts, qui réussit le plus complètement dans ces essais, en utilisant le travail et les connaissances techniques des orfèvres forains ; il fonda la première École, qui rendit à Rome une nouvelle industrie ; cette hi du strie ne tarda pas à s'étendre ; elle était largement représentée à l'Exposition d'Anvers dans les riches vitrines de MM. Melillo de Naples (diplôme d'honneur) ; Rinaldini, de Florence (médaille d'or); Fasoli, de Rome (médaille d'argent) et d'autres. L'orfèvrerie et la bijouterie italiennes modernes étaient largement représentées par des échantillons très remarquables. Venaient ensuite de riches collections de mosaïques de Florence, de Bazzanti et fils, des frères Berchielh, de O. Graziosi, de

la mosaïque de Rome était représentée par les maisons Campi, Fasoli, Salandri et bien irail monté en or et brillants, des camées, des laves ciselées

La petite berge, Montelatici et fils,

etc.

d'autres ; Naples avait envoyé de superbes bijoux € et montées, sortant des ateliers de Michel et Nicolas Piscione, R. Petrucci, Vincent Maffei, Salvator Errico, etc.

Dans le voisinage de ce riche compartiment et le long d'une partie de la façade étaient livrées à la curiosité et, disons-le, à l'admiration du public, une belle collection de statues et statuettes en marbre blanc. La circulation à certains moments devenait impossible à cet endroit, tant la foule était avide de contempler ces gracieux sujets exposés par les maisons Florentines Frilli, Ba^anti, Lapini frères, etc. Tout le monde se rappellera la « curieuse » dont nous reproduisons la gravure et surtout la dame voilée, sujet à la mode, paraît-il, et qui incomparables. L'artiste a su donner à ses

La Dame voilée

a été l'objet de discussions sans nombre. Une des industries les plus remarquées dans la section Italienne, est celle des bronzes d'art.

On n'en finirait pas si on voulait décrire toutes les curiosités de ce genre que renfermait l'Exposition d'Anvers; M. le Chevalier A. Nelli de Rome, a exposé des statues, des vases d'après d'anciens modèles, des bas-reliefs, des groupes artistiques si remarquables, qu'on se croirait transporté dans une des salles du musée du Vatican ou de la Villa Borghèse. L'illusion du reste toucherait à la realité; toutes ces pièces admirables ne sont en effet que la reproduction des chefs-d'œuvre originaux de ces musées oductions tous les caractères des bronzes antiques, et la perfection du travail a valu à M. Nelli, outre la médaille d'or, les suffrages sincères et spontanés de tous les connaisseurs.

MM. Carradori et Cia, de Pistoie, exposent des fontes artistiques, ornementales et de fantaisie, pour escaliers, jardins, etc., telles que consoles, grands supports, coupes; à tirer hors de pair une statue représentant un saltimbanque debout sur un globe. Dans ce beau bronze, dont tout le monde se souviendra, le mouvement du sujet, l'équilibre instable, l'élégance de la pose sont rendus avec une vérité saisissante, que la magnifique couleur du métal fait ressortir encore davantage.

/^~^\ Une autre statuette exposée par la même maison n'est pas moins

&f^^ remarquable ; elle représente un gamin jouant à la toupie ; la pose du gamin, .'jT ^j? ce corps ramassé, ce regard aiguisé, cette main nerveuse sur laquelle la

^ toupie enlevée de terre avec adresse, continue à tourner, tout est vrai et ,-' pris sur le vif.

Très remarquables aussi les armures et trophées imités de l'ancien, exposés par M. A. Banfi de Milan, et l'exposition d'armes et de cuirasses ^^ de MM. Tradico frères; on jurerait qu'elles sortent de quelque musée d'antiquités et on est tenté de s'incliner avec respect devant ces reliques d'un autre âge. Erreur, ces bronzes

eprc

La petite curieuse

Ant. Frilli, Florence

3qo

ne sont pas même des bronzes, c'est simplement du carton bronzé. La maison Borella de Venise nous montre des lampes, des fanaux, des candélabres et des cuivres repoussés; mais est-ce bien du cuivre repoussé? Ne serait-ce pas plutôt du métal coulé sur des modèles en plâtre? Dans cette Py ' ;\\ section où tout a un cachet artistique, mais où il y a peu d'art pur, on n'admire qu'avec une certaine réserve.

Très beaux les bronzes de la fonderie Gemito et de Mesnil de Naples, bustes et statuettes; les plats, lampadaires, etc., de M. Pandiani de Milan; les groupes, médaillons et vases de M. Strada de Milan.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire en détail les étalages des., nombreux exposants de produits céramiques ; ce sont des choses qu'il faut voir de près et examiner à loisir.

La Société coopérative d'Lmola, qui compte 120 membres, a choisi pour spécialité la décoration en fleurs des champs; elle expose des services complets où •^T^' ~{j|r ce motif décoratif, tout moderne, est traité avec infiniment d'élégance et de variété ;

elle suit les traditions anciennes au point de vue des procédés de fabrication.

Vis-à-vis l'une de l'autre, se trouvent les statuettes et groupes de M. Leone de Catane et de M. Cargiulo de Naples. Ils reproduisent tous les deux les types et les scènes de la vie Italienne et surtout Napolitaine : ils ont choisi comme spécialité d'habiller leurs statuettes sur le nu, c'est-à-dire que l'artiste fait d'abord le corps de ses personnages et y applique ensuite la terre glaise devant former les vêtements et accessoires ; il en résulte plus de correction dans la forme et plus de naturel dans les mouvements. Ils réussissent tous les deux également bien dans ce genre, au point qu'on confondrait aisément leurs produits, s'il n'y avait entre eux cette différence, que ceux de M. Gargiulo sont peints, tandis que ceux de M. Leone conservent la couleur de la terre.

Le genre hispano-arabe est traité d'une façon remarquable par M . le chevalier Miliani, de Fabriano, qui possède également le secret des procédés employés ancien- .'Carradori et C", Pistoie nement par les Arabes du moyen âge, pour produire ces reflets métalliques d'un si grand effet.

La maison Molinari s'efforce de reproduire l'ancienne vaisselle jaune et bleue, spécialité de la ville de Pesaro; l'imitation est si complète qu'il faut l'œil exercé d'un spécialiste pour distinguer l'ancien du moderne; la grande différence réside naturellement dans le prix, mais ce n'est là qu'un détail qui n'empêche pas la confusion. M. Stejfennoni, de Milan, réussit dans ce genre avec autant de succès que M. Molinari. Une des plus anciennes fabriques de produits céramiques est celle de MM. Antonibon et fils, de Vicence.

Elle fait un peu tous les genres et réussit dans tous. Tout en

sacrifiant aux goûts du siècle, elle a su conserver les traditions artistiques qui ont fait sa renommée. En général elle remplace les ornements en relief par des peintures, dont elle confie l'exécution à des artistes de premier ordre.

MM. Schioppa et Cacciapuoti de Naples, se soucient fort peu des anciennes traditions; ils se lancent sans hésiter dans le domaine de la fantaisie; ils fabriquent pour vendre, et nous devons à la vérité de dire qu'ils ont bien jugé leur public, car ils ont écoulé à peu près tous les produits exposés. Il faut avouer que leurs petits bonshommes et leurs petites femmes aux tournures provocantes, leurs statuettes et leurs groupes, composés avec finesse et esprit, leurs vases dont la forme originale s'efface sous une profusion de fleurs et de figurines d'une infinie variété, ne sont pas sans mérite ; c'est le bibelot pour l'étagère, c'est la note gaie des appartements. La Société Richard de Milan, qui n'occupe pas moins de i5oo ouvriers, n'a envoyé que quelques pièces ; son exposition n'en est pas moins un des clous de la section Italienne. Son vase décoratif représentant la « Tentation de Saint Antoine .» a fait sensation. Cette création neuve, originale et vibrante, est due à M. Magui, un sculpteur jeune encore, que la Société Richald a eu la bonne fortune de s'attacher.

Le Saltimbanque

MM.'

Le Gamin à la toupie MM. Carradori et C, Pistoie

Nous avons à dessein laissé pour la fin la remarquable exposition de M. F abri Pio de Rome; ici tout éloge

serait insuffisant ; c'est l'art dans son expression la plus parfaite. Ses vases hispanoarabes, ses vases rhodiens et persans, ses plats ornés de poftraits et de devises, originaires de Pesaro, sont de purs chefs-d'œuvre ; toute son exposition, en un mot, dénote chez M. Fabri Pio une grande vénération pour le passé et une connaissance approfondie des procédés tant anciens que modernes.

Le génie italien s'est appliqué à façonner et à transformer tous les matériaux au gré de sa fantaisie; nous avons vu ce qu'il a fait des métaux, du marbre, de la terre ; voyons ce qu'a produit le travail du bois.

M. Lovati, de Milan, a exposé une superbe cheminée en noyer sculpté, remarquable par le caractère, la vigueur et la netteté du dessin. Les mêmes qualités

M. Raddi, de Venise, expose de magnifiques candélabres en bois, — MM. Rovere et fils, des basreliefs représentant des sujets historiques, des trophées, etc.; — M. Guastalla, de Milan, des meubles de salon, des canapés à trois places, etc.

N'oublions pas de mentionner un petit chef-d'œuvre de sculp- ■ ture, dû au ciseau de M . Cavacchioli,de Bassano. C'est un groupe représentant deux enfants , dans un berceau couvert de fleurs champêtres ; le petit garçon chante en, s'accompagnant d'une guitare, pour faire sa cour à une petite fille, qui, mollement étendue, et un doigt dans la bouche, semble savourer

Vase en argent repoussé

La Séréjiade, bois sculpté Exposition de M. Cavacchioli, de Bassano

se retrouvent dans un bahut à tiroirs, en ébène incrusté d'ivoire, style du xvG siècle ; dans une bibliothèque en noyer sculpté, etc.

M. Zanetti, de Vicence, s'occupe uniquement de la reproduction des meubles artistiques anciens; sa collection complète de meubles en noyer, des xvie et xvii" siècles, a excité bien des convoitises. M. Zanetti apporte dans le choix des modèles et dans le fini du travail de sculpture et d'ébénisterie, un soin scrupuleux; ajoutons que les prix de toutes ces merveilles sont loin d'être exagérés.

M. Toso, de Venise, a la spécialité des objets décoratifs fantastiques, pour serres, corridors, escaliers, etc. Sa maison, fondée en 1854, est très importante et ses transactions avec l'Amérique sont fort étendues, eprésentant la Musique et la Danse ; la musique et l'hommage. C'est spirituellement conçu et charmant d'exécution.

Ne quittons pas ce compartiment sans signaler le superbe bahut de M. Quartara.

Ce meuble est une des plus belles pièces de la Section italienne. M. Quartara a eu l'heureuse idée de faire intervenir la figure dans l'ornementation, et il le fait avec un goût remarquable.

Partout des chaises, des fauteuils, des tables de toute forme et de tout style, d'un bon marché fabuleux. Ce qu'on a vendu de ces objets est incalculable ; les exposants n'ont pas

Façade de la Section Italienne

lieu de regretter les sacrifices qu'ils se sont imposés pour prendre part à notre Exposition.

11 y a encore bien des choses dans la section italienne, qui méritent d'être mentionnées : de superbes produits agricoles; de magnifiques échantillons de marbre de Carrare, blancs, bleus, gris et roses ; des minerais de plomb et de cuivre de la Société des mines de Malfidano ; des calamines et galènes de la Société de Monteponi. Dans un autre ordre d'idées, des chapeaux de paille, des gants, des chaussures, des brosses; quelques voitures, des instruments de musique, etc., etc. Tous ces objets, par leur diversité et leur nombre, nous parlent éloquemment de l'activité opiniâtre et du travail acharné d'un peuple, qu'on nous représente à tort comme indolent et paresseux.

Les produits alimentaires, — pâtes et macaronis, huiles d'olive, conserves de viande-, de poissons, de fruits et de légumes, condiments, — occupent un espace relativement considérable.

Les vins italiens, dont quelques-uns portent les noms vénérés de Syracuse, Marsala, Lacryma Christi, Falerne, sont représentés par plus de cent exposants; les "Vermouth de Turin, cela va sans dire, n'ont pas été oubliés.

Nous terminerons cette courte étude sur la section italienne, par un aperçu sur l'art de fabriquer le verre, qui a pris naissance et a élu définitivement domicile à Venise et dans ses environs. Pour les nombreux visiteurs de l'Exposition, cette industrie est d'autant plus intéressante, qu'ils ont été à même de la voir de près, dans la fabrique de MM. Ferro et fils, annexée à la galerie du travail. L'origine de la verrerie se perd dans la nuit des temps.

Les Égyptiens connaissaient déjà la fabrication du verre plus de vingt siècles avant notre ère. Les peuples primitifs du Nord de l'Afrique et de l'Asie Mineure connaissaient le verre. Les traditions historiques qu'ils ont laissées en font foi, et les découvertes des archéologues l'ont prouvé. Parmi les objets retrouvés dans les ruines des anciennes cités égyptiennes, on a remarqué de nombreux spécimens de la fabrication du verre à l'époque des Pharaons.

Les Italiens,— et spécialement les habitants de laVénétie,— se livraient à cette fabrication bien longtemps avant les autres peuples du Continent.

Un fabricant de fioles, — un ftolanus, — du nom de P. Flabanieo, existait déjà à Venise en 1090, puisqu'un acte de cette époque porte la mention fiolanus à la suite du nom de ce verrier.

En 1224, vingt-neuf personnes exerçaient la même profession de fiolanus à Venise.

Les musées de l'Italie renferment des produits verriers qui sont vraiment remarquables et qui prouvent jusqu'à quel degré de perfection on en était arrivé à cette époque.

En 1268, le 28 juillet, à l'occasion de l'élection du Doge Loren/.o Ficpolo, les maîtres verriers de Venise organisèrent une exposition de leurs produits, dont la chronique de Martino de Canale a décrit les merveilles.

L'art de la verrerie vénitienne atteignit son apogée dans les siècles suivants. Le gouvernement protégeait d'ailleurs, d'une façon toute spéciale, cette branche de l'Industrie. Des lois particulières étaient en vigueur, qui

punissaient sévèrement ceux qui transgresssaient les statuts de la corporation et qui essayaient de transplanter cette industrie à l'étranger.

— 4°3 — La fabrication du verre avait surtout pour objet la confection des vitres et des glaces qu'au xive siècle que la fabrication du verre fut en progrès à Venise et que le prix de ce produit devint plus modéré qu'il ne l'avait été jusqu'alors.

C'est en novembre i33o que le Grand Conseil autorisa lejiolario Giovanni à travailler les vitraux colorés.

La verrerie vénitienne ne se borna pas à la fabrication des vitres et des glaces. Les verriers de Venise fabriquèrent aussi des miroirs, et, plus tard, des lunettes, des perles, de la verroterie, du verre filé, etc.

Le commerce des miroirs était très étendu à Venise.

Ceux-ci étaient souvent ornés de peintures signées par des artistes de valeur; ils étaient réunis par des ciselures dorées, ou encadrés de fleurs, de feuilles ou d'autres motifs de décoration.

Les lunettes furent inventées vers la fin du xme siècle, par un certain Salvius d'Ar-

ia Tentation de S1 Antoine, Exposition de la Société Richard, Milan

Ce n'est mento où d'Armatï, de Florence.

La verroterie, connue avant les Vénitiens par les Egyptiens, prit également à Venise une grande extension. Les perles servaient à faire des chapelets ; on les appelait pour cette raison, des paternpstri.

En i5oi, les verriers de Murano (près de Venise), obtinrent la faculté de fabriquer des perles en coupant des baguettes creuses en verre.

Enfin, une dernière variété de la fabrication du verre, c'est la filasse de verre. C'est au commencement de ce siècle que leperlaio Peruggi inventa le verre filé. Son élève, Carlo Olivi, commença des essais de tissage au moyen du verre filé. Mais ce fut Jacopo Tommasi, de la maison Tommasi- Gelsominï et Cie, qui perfectionna ce genre de travail.

Il fabriqua, — et fabrique encore, d'ailleurs, — une foule d'objets d'un usage courant,

tels que vases, corbeilles, verres à 'boire, paniers, abat-jour, chapeaux, toques, plumes, cheveux, perruques, pantoufles, etc. Telles sont rapidement esquissées, les grandes lignes de l'histoire de la verrerie à Venise et à Murano.

L'art de la verrerie vénitienne est représentéd'une façon superbe à l'Exposition d'Anvers, par les magnifiques installations delà maison F. Ferro et fils, de Murano.

MM. Ferro

et fils sont les

descendants

d'une vieille

famille orïgi-

, ,t Pécheurs tirant une barque.— Céramique

naire de Mu- 2

ont fait sombrer la République Vénitienne, ont fait sombrer également bien de fortunes.

notamment, dut abandonner la verrerie quelques années après l'avènement du

François Ferro et fils se vit contraint de se livrer au simple blés, attirent Ja foule dans la section italienne.

Quant à la verrerie, qui se trouve à droite de la galerie des machines, on peut y voir travailler continuellement et y suivre avec intérêt, toutes les transformations que subit le verre, à partir de sa sortie du creuset, à l'état de lave rouge, jusqu'à l'emballage des objets si mignons, si délicats, si artistement travaillés, qui font l'admiration de tous les visiteurs.

Tout le monde peut voir confectionner avec une perfection remarquable, des imitations de vases antiques, Phéniciens, Egyptiens, Grecs, Romains, Etrusques, Byzantins, etc.

des candélabres, des lustres, des appliques pour bougies, gaz et lumière électrique, des services de table avec décoration, des armoiries, monogrammes, objets variés et magnifiques, répondant à tous les usages de la vie.

entrée spéciale de 5o centimes, à tous les

La famille Ferro, nouveau gouvernement.

Le fondateur de la maison actuelle travail du verrier, ce qui lui permit tout juste de sauver sa nombreuse famille des tortures de la faim.

En i85o, il fonda une petite boutique de' perles et autres produits des fabriques de Murano, qu'il vendait aux étrangers. Plus tard, avec l'aide de ses amis,' il ouvrit, — en 1862,— un magasin qu'il réussit à faire prospérer.

Aujourd'hui, associé à son fils, qui est lui-même un maître verrier diligent et économe, il possède à lui seul sa fabrique, et a déjà obtenu des diplômes et de hautes récompenses aux expositions de 1872, de 1876 (Philadelphie), de 1880 (Venise), de 1881 (Milan), dé i883(Imola) et de 1884 (Turin).

Ses installations à Anvers sont assurément une des plus grandes attractions de l'Exposition Universelle.

Les produits de sa verrerie, aussi nombreux que remarqua-

MM. Ferro avaient acquis le droit de faire payer u

visiteurs ; à la sortie ils offraient à chacun d'eux un petit objet en verre, à titre de souvenir de l'Exposition. Si nous nous sommes étendu assez longuement sur les produits de l'Italie, c'est que nous avons voulu faire connaître ce peuple italien, intelligent et actif, dans ses manifestations industrielles et artistiques ; et rendre hommage au gouvernement et à la nation italienne, pour leur empressement à participer à l'Exposition d'Anvers.

S. M. François-Joseph, Empereur d'Autriche

Autriche-Hongrie

pulente et distinguée, d'une simplicité pleine de goût et d'une richesse incomparable, telle se présente à nos yeux la Section Austro-Hongroise. Il en est certes, dans les halles de l'Industrie, qui occupent un espace plus vaste-, il n'en est aucune, qui soit arrangée avec plus de grâce et qui réalise un ensemble plus élégant et plus harmonieux.

Le gouvernement n'a pas cru devoir participer I officiellement à notre Exposition Universelle; mais à peine celle-ci était-elle annoncée, qu'un groupe influent d'industriels Viennois se réunit, et résolut de faire, dans tout le pays, une propagande active, afin de recueillir des adhésions. Une requête fut adressée à la Chambre afin d'obtenir qu'une Commission fût nommée par elle ; dans sa séance du 8 août 1884, déférant au désir exprimé par les hommes d'initiative qui s'étaient mis à la tête du mouvement, elle décida à l'unanimité, l'institution d'une commission composée de huit conseillers de la Chambre, de $% sept représentants de l'Union Industrielle de la Basse- Autriche et de trois représentants de l'Union Viennoise de l'Industrie Artistique.

Cette commission avait la faculté de s'adjoindre des représentants des Chambres de Commerce et d'Industrie de l'Empire, et, si elle le jugeait utile, des personnes compétentes, prises en dehors de celles-ci.

Forte de cette décision et assurée de l'appui moral du ministère, la commission se constitua définitivement le 21 août, sous le nom de « Commission Autrichienne pour l'Exposition Universelle d'Anvers ».

D'augustes influences daignèrent s'employer pour obtenir la participation des industriels Autrichiens. L'Archiduc Rodolphe d'Autriche, fils unique de l'Empereur François-Joseph et héritier présomptif du trône, avec cet élan qui lui est propre, a donné dès le principe, aux travaux du Comité, une impulsion des plus heureuses et a manifesté à l'égard de l'Exposition d'Anvers, un intérêt bienveillant et un zèle communicatif ; la princesse Stéphanie, sa gracieuse compagne, fidèle au souvenir de son pays natal, a désiré contribuer, de son côté, au succès de notre solennité nationale ; elle a maintes fois présidé à Vienne le Comité de dames qui s'occupait des articles de luxe, destinés à rehausser l'éclat du compartiment Autrichien.

Au cours des nombreuses visites que LL. AA. Impériales et Royales ont daigné faire à Anvers, elles ont pu constater que leurs encouragements et leur exemple ont produit les plus brillants résultats.

S. A. I. et R. l'Archiduc Rodolphe d'Autriche S. A. I. et R. V Archiduchesse Stéphanie d'Autriche

L'Archiduc Rodolphe, qui lors de l'inauguration de l'Exposition, avait voulu recevoir lui-même S. M. Léopold II à l'entrée de la section Autrichienne, avait tenu aussi a être ê

comité Autrichien, à l'archiduc Charles-Louis d'Autriche.

L'archiduc Charles - Louis est le deuxième frère de l'Empereur ; il est né en i833 et a le grade de Maréchal-Lieutenant dans l'armée Austro - Hongroise.

Tout le monde connaît son goût prononcé pour les Arts et les Sciences, dont il est le protecteur éclairé ; son nom est très populaire en Autriche, car on sait que dans toutes les questions qui touchent au bien-être du peuple, 011 peut compter sur son dévouement et sur son appui. Le succès éclatant de la section Autrichienne lui revient en grande partie.

Aussitôt con-

M. R. Isbary

Commissaire Général de la section Autrichienne

[joint, comme Protecteur et chef du stituée, la commission Autrichienne se mit vaillamment à l'œuvre.

Elle résolut d'étendre son action sur toute l'Autriche, et choisit comme président M. R.

Isbary, Président de la Chambre.

Ce choix reçut l'approbation géné- "~'~~, raie; grand industriel

lui-même, appelé à Ijîl; diverses reprises à

remplir les fonctions officielles les plus élevées dans son pays, président de la plupart des commissions Autrichiennes auprès des Expositions internationales, M. Isbary était vraiment l'homme de la situation.

Son influence personnelle, jointe à celle de ses collègues,

aux efforts dévoués desquels nous rendons volontiers hommage, parvint à rallier un groupe d'exposants assez important, pour qu'il fût possible d'organiser une des sections les plus belles et les plus admirées de notre Exposition.

La section Autrichienne est placée au milieu de la partie droite de la grande galerie latérale et doit nécessairement attirer l'attention, de quelque côté qu'on y arrive. On pénètre dans le pavillon central édifié par « l'Union de l'Industrie d'art » de Vienne, par une grille monumentale en fer forgé, empruntée au parc d'un pavillon de l'Empereur ; le travail de cette grille est des plus remarquables.

Façade de la Section Austro-Hongroise

Les fers forgés exposés par MM. C. Haas, Dziedzinski & Hanusch, Milde Albert, etc. sous forme d'ornements, ouvrages de serrurerie, candélabres, girandoles, toilettes, jardinières, etc. ont rallié tous les suffrages.

Dans ce pavillon central, véritable synthèse de l'exposition Autrichienne, est étalé, avec un goût exquis, tout ce que l'art produit de plus merveilleux .;. c'est le luxe dans toute sa splendeur et dans toutes ses afféteries, car nous n'apprendrons rien à personne en disant que Vienne est, avant tout, la ville du

L'Archiduc Charles-Louis d'Autriche

luxe raffiné et le centre de toutes les élégances. L'article de de la forme et l'harmonie des couleurs , et l'emporte sur lui sous le rapport de l'éclat et de la solidité.

Au centre du pavillon s'élève un dais circulaire, d'où descendent en plis majestueux des pièces de soie brochée magnifiques ; autour se groupent toutes les richesses de l'art viennois; chaque objet mériterait une mention spéciale. Voici d'abord les célèbres verreries de Bohême, incrustées, émaillées, dorées, argentées aux nuances variées et délison Franz Bollarth ; quatre armoires pleines de bijoux, de peti

argent; une ___

profu sion de buvards, ~" d'albums , d e cadres , de portefeuîlles, etc.

connus sou s la dénomination d'articles Vieilîiois ; une superbe armoire incrustée de divers bois de couleur, des poêles en faïence émaillée, des écrans délicatement brodés et mille autres objets dont l'énumé ration serait fastidieuse , mais qu'on ne se lassait pas d'admirer.

La pavillon Viennois est entouré d'une quantité de choses intéressantes; l'imprimerie et la lithographie y occupent une des premières places. Vienne et Prague y brillent d'un éclat sans pareille; ces deux villes ont pour ainsi dire le monopole de ces industries; elles possèdent des établissements outillés d'après les derniers perfectionnements connus, presses à vapeur, presses rotatives, etc. Elles ont également,depuis une dizaine d'années, des fonderies de caractères

Prague

Budapest

Vienne vaut celui de Paris, pour la délicatesse ^ cates, aux formes multiples s^^vVr^ et gracieuses, exposées par ^JC^ MM. Moritz Hartmann, E.

Bakalowits, J. et L. Lobmeyer, etc. ; puis les coffrets et les albums en cuir repoussé d'un travail si fin, qu'on les dirait sculptés ; il y a là des couvertures d'album d'Auguste Klein, qui sont de vrais chefs-d'œuvre; des porcelaines à rendre jalouses les porcelaines de Sèvres ; des dentelles inimitables, en vieux point de Venise et en vieux point de Paris, exposées par la mai- :s objets artistement travaillés, en bronze et en

d'imprimerie ; on en rencontre, I il est vrai, I dans d'autres villes , mais elles sont de moindre importance La librairie suit la marche progressive de l'imprimerie; en i883, ie nombre des publications parues dans l'Empire, a atteint le chiffre élevé de 4-200. Dans ce nombre , il n'y avait pas moins de 658 ouvrages nouveaux. Il parait en Autriche une grande quantité de publications , traduites dans les différents idiomes slaves.

Les éditions d'œuvres musicales sont nombreuses et recherchées. L'exposition de M. v.Waldheim , était certes une des plus parfaites dans cette classe ; l'établissement artistique de M. v.

Waldheim occupe environ 3oo employés et 48 presses ; il comprend- des ateliers d'imprimerie, de lithographie , de fonderie de caractères, de gravure sur bois et

sur métaux; la perfection du travail, à en juger par les échantillons exposés, est en rapport avec l'importance de cette ancienne maison. 11 y avait encore l'exposition de la maison A. Hartleben, comprenant de beaux volumes illustrés, des ouvrages techniques, etc ; les albums de lithographie et de musique de M. J. Heim, etc., etc.

La fabrication du papier était largement représentée par une collectivité de six exposants, dont l'installation renferme toutes les espèces et toutes les qualités de papier. Quelques exposants, tels que la fabrique « Schlôglmuhl », MM. C. Kohn, F. Rollinger de Vienne, MM. P. Piette, J. Steinbrener, de Bohème ne sont pas compris dans cette collectivité.

Parmi les spécialités viennoises, nous devons une mention particulière aux meubles en bois courbé, connus sous le nom de « meubles de Vienne. »

Vienne est encore le siège principal de cette industrie; elle possédait en iSS3, 42 grandes fabriques de meubles, et plus de 2000 ateliers moins importants, employant ensemble plus de 4000 ouvriers.

Malgré son emplacement quelque peu défavorable, l'exposition des produits en bois courbé de la célèbre maison Jacob et Joseph Kohn, est très complète. Elle révèle de sérieux progrès réalisés dans cette industrie.

Ce ne sont plus ces vieux modèles, toujours les mêmes, toujours fabriqués par les mêmes procédés , qu'on retrouvait invariablement à toutes les Expositions. La maison Kohn a compris les exigences du goût moderne ; à l'ancien mode de fabrication, elle a substitué un art spécial, et est parvenue à donner à ses meubles en bois courbé, la grâce et l'élégance qui leur manquaient ; elle ne s'en tient plus aux formes arrondies de jadis; elle imite parfaitement tous les genres et tous les styles, le gothique, le style Renaissance , le La Cathédrde de vienne^

style Louis XV, etc.

Nous ne nous étendrons pas sur tous les perfectionnements dont l'intéressante industrie qui nous occupe est redevable à la maison Kohn ; les nombreuses récompenses décernées à celle-ci, lui ont prouvé suffisamment que ses efforts et sa persévérance ont été appréciés comme ils le méritent.

Nous ne pouvons cependant quitter cette exposition remarquable, sans jeter un coup d'œilsur un pavillon pour fumeurs, qui est, pour ainsi dire, la pièce de résistance. Il est impossiblede rêver quelque chose de plus ravissant et de plus luxueux; un goût artistique délicat a présidé à la disposition des différentes pièces qui composent cet ensemble superbe; son ameublement complet, en noyer courbé, est sans contredit ce qui a été fait de plus beau et de plus parfait dans ce genre, non seulement en Autriche, mais même en France et en Allemagne. Le Jury d'Anvers a décerné le Diplôme d'Honneur à la maison Kohn et le public a ratifié sa décision.

Un pavillon spécial était consacré à l'exposition des tissus de M. Franz Leitenberger; cette fabrique date de 1764; elle occupe un grand nombre d'ouvriers et a des succursales à Cosmanos, à Grottau et à Budapest.

La maison Benedict Schroll fils, expose dans un élégant kiosque tout un assortiment de tissus de sa fabrication merveilleusement travaillés.

A Vienne, en 1873, la maison Schroll a obtenu une médaille de progrès. Les plus hautes distinctions lui ont été décernées aux Expositions industrielles de la Basse-Autriche, à Vienne en 1880 et à Trieste en 1882.

Le pavillon Schroll est entouré de nombreux étalages, où la foule se presse et stationne volontiers ; il y a là des éventails, des plumes, des parquets en marqueterie, des grenats de Bohême, des bijoux et des céramiques incomparables, imitant les anciennes porcelaines viennoises ; la plupart de ces objets sont d'un prix très élevé.

Les animaux animés de M. Jacques Wesenich ont été un des succès de la Section Autrichienne;

Tepliti

rien de plus curieux que ces petits ours, gros comme le poing, marchant de ce pas lourd et solennel particulier a leur race, balançant la tête, ouvrant la gueule et poussant des grognements, en montrant les dents. Il y avait encore d'autres animaux : de petits pugs aboyant et courant, des paons étalant fièrement leur éventail de plumes, des poules pondant des œufs etc., mais c'est l'ours qui a remporté la palme dans ce concours intime. r

Mentionnons aussi d'une façon spéciale l'exposition de M. Albert Neuhauser, d'Innsbruck de peinture sur verre, qui se trouve à la tête d'une industrie nouvelle florissante. Beaucoup de ses œuvres ornent des églises, des musées et des monuments publics.

L'Empereur d'Autriche, a la suite d'une visite qu'il fit au, ateliers de M. Neuhauser, conféra à celui-ci la Croix de Mente en or, avec la Couronne de l'Ordre de François-Joseph.

Ne quittons pas la Section Autrichienne sans jeter un coup d'œil sur le pavillon de l'Archiduc Rodolphe, où se trouvent réunis quelques morceaux de choix : les rideaux de peluche de C. Haas, qui

Gastein.

garnissent l'entrée, valent à eux seuls une petite fortune ; deux armoires aux montants de fer forgé et doré, aux panneaux de cristal, sont des cadeaux offerts par l'Archiduc à Léopold II, à l'occasion de son cinquantième anniversaire ; un buffet en or, ivoire et bronze, d'une composition charmante, offert à l'Archiduc lors de son mariage, par la ville de Vienne.

S. M. Victoria, Reine d'Angleterre, Impératrice des Indes

l'Angleterre et ses Colonies

qnï soit qui mal y pense !.. . Nous ne voulons pas attribuer à un mobile peu flatteur pour notre petit pays, ou à des dispositions peu bienveillantes à notre égard le manque d'empressement qu'a mis l'Angleterre à répondre à l'appel de la Belgique et d'Anvers. Nos voisins d'Outre-Manche nous ont donné trop de marques de leur sympathie, pour que nous nous arrêtions un instant à cette idée. Et cependant, il faut bien en convenir, l'exposition Anglaise a été en disproportion manifeste avec les ressources de toute nature dont dispose la riche Albion.

C'est grâce à l'appui et aux encouragements de M. C. M. Kennedy, C. B., directeur des affaires Commerciales au « Foreign Office », aux démarches et à l'activité de M. E. A. Grattan, Consul général d'Angleterre, à Anvers, et commissaire de la section britannique, que le compartiment anglais a réuni un contingent de 280 exposants.

Nous ne parlerons ici que des produits exposés dans les Halles de l'Industrie; ceux qui figuraient dans la Galerie des Machines seront décrits dans le chapitre spécial consacré à ce Département.

Nous rencontrons en premier lieu une installation qu'on retrouve à toutes les solennités de ce genre, et qui semble être inséparable d'une exposition Anglaise : c'est celle de la Société de la Bible.

L'imprimerie, la librairie et la papeterie, si perfectionnées en Angleterre, sont à peine représentées. En fait d'instruments de musique, la maison John Brînsmead & Sons a envoyé trois magnifiques pianos qui lui ont valu le Diplôme, d'Honneur.

La célèbre fabrique de tapis de Vincent Robinson & C° de Londres, a bien fait les choses ; son envoi de tapis orientaux, anciens et modernes, est de toute beauté; le coloris et le dessin en sont superbes.

D'autres manufactures ont envoyé également de riches collections de tapis: MM. Tomkinson & Adam de Kidderminster; Procter & C°, à Londres et à Bombay; Th. Tapling & C°, de Londres.

La maison Procter & C" expose aussi des étoffes de soie et de coton ; des cotonnades imprimées venant

des Indes, et des étoffes brochées de même provenance; à côté de cela des tentures, des ameublements, des

vases, des coffrets, des bijoux, etc., d'un goût exquis; leur pavillon est une véritable galerie de l'art Indien.

L'Industrie de la draperie a envoyé quelques produits de choix. A citer les étoffes de laine et les

dr.ips de MM. Apperly Curtis & C°, de Stroud ; Ash Bros, de Leeds, et G. Hodgson de Bradford.

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Pavillon de MM. John Den'hurst et fils, Skipton

Après la laine et le drap vient le colon. La maison John Dewhurst et fils, de Skipton a surtout attiré

l'attention des connaisseurs par la supériorité de sa fabrication.

Une autre industrie Anglaise, dont la supériorité est incontestable, est celle des produits réfractaires.

La question de la purification des eaux et de la transformation des eaux insalubres en eaux potables, a fait de tout temps en Angleterre l'objet de sérieuses études, dont les résultats sont soumis à l'appréciation du public.

La maison Gustave Mellin de Londres remettait à tous les visiteurs de petits échantillons de r.4 //ment Mellin.

Quelques brasseurs, John Smith deTadcaster, Henry Smit & Son de Stockport, Arnold & C°, de Watwar et la Murree Brewery CD (Inde), ont exposé des bières en bou- P lu sieurs modèles Allan & C°, de Granton.

Il y avait, en quantité assez notable, des câbles métalliques en fer et en acier, des cabestans, des manivel les à vapeur, des gouvernails à vapeur et à main, des rames, des machines à sonder.

A l'extrémité de la section Anglaise se trouvait un compartiment intéressant , renfermant une grande variété d'objets exposés par la Présidence de Bombay.

Il y avait là, entassés un peu pêle-mêle, tous les articles qui constituent la bimbeloterie indienne : objets ciselés, sculptés, fouillés, en ivoire, en bois, en cuivre; instruments de musique ; meubles en bois de tek ; poteries indiennes ; collections d'idoles ;

'S Altessis Royales le D-ic et la Duchesse de Connmght et Straihearn

de bateaux à vapeur pour la pêche on

M. E. A. Grattan,

■nul général ^Angleterre à Anvers missaire de la Sc-ction Britannique

teilles et en barriques, des bières fortes pour l'exportation et des bières légères pour la consommation journalière.

MM. Lamb et Watt, avec leurs vins Anglais, et J. et H. Van Ryii de Capetown, avec leur exposition de vins du Cap, clôturent la série des exposants de liqueurs alcoolisées.

La Berthon Boat Company expose des canots pliants portatifs, très ingénieusement conçus, des bateaux de pêche de petites dimensions, qui leur ont valu la médaille d'or; la Peninsular and Orientai Steamship €" des modèles de ses puissants navires; MM. Laird Brothers de Birkenhead, les grands constructeurs de navires bien connus, ont exposé plusieurs modèles de vapeurs, présentés à Anvers par MM. D.

objets en or, en argent, en laiton de Benarès et de Moradabad ; articles de .bijouterie indigène, armes, jouets, etc.

La maison J. Renard & C° de Melbourne et Sydney ' exposait une collection comprenant toutes les 'principales variétés de laines qui se produisent dans les colonies de la Nouvelle-Galles du Sud, de Victoria, de l'Australie Méridionale, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que des types de froments très appréciés, provenant de la colonie Victoria. Citons les houblons de Tasmanie et de la Nouvelle- Zélande, ainsi que les avoines qui, dans cette dernière colonie, sont l'objet d'une culture spéciale

La République de Libéria avait également

expose une

petite collection de différents objets plus

moins intéressants.

La Belgique

ière à juste titre de la place distinguée qu'elle avait conquise dans les grandes exhibitions antérieures, la Belgique a tenu à honneur de prouver une tois de plus, sur son propre terrain, que lé génie des industriels , la perfection de son outillage, le fini de ses produits soutiennent avec avantage les luttes du travail et de la concurrence.

L'exposition delà Section belge a été; organisée par les soins du Commissariat général composé de MM. Eugène Rombaut, Commissaire général, Lucien de Cazenave, Secrétaire général , G. Bordiau , architecte, et Degraux, ingénieur.

Le choix de M. Rombaut en qualité de Commissaire général était des plus heureux.

Nous le voyons successivement Secrétaire de l'Exposition nationale de 1880 , ier groupe ; Secrétaire du Congrès de l'enseignement tenu à Bruxelles, la même année, Inspecteur de l'industrie en 1882; Commissaire général de la Belgique à l'Exposition internationale d'Amsterdam, en iSS3. Il fut en outre chargé de différentes missions scientifiques et techniques, dont il s'acquitta avec distinction.

M. Rombaut a été bien secondé par son Secrétaire général. M. Lucien de Cazenave, Ingénieur sorti de l'Ecole du génie civil de Gand, fut attaché à l'Administration communale de Bruxelles, pour l'exécution des travaux d'assainissement de la Senne. 11 fut nommé Secrétaire du groupe des Arts Libéraux à l'Exposition nationale de 1880, et en 1881 il se rendit en Amérique pour collaborer avec M. de Lesseps aux études du tracé du Canal interocéanique. Le Président de l'Etat suprême de Panama lui a décerné la médaille d'or, en récompense de ses services. Rentré en Belgique après une année d'absence, il reprit ses fonctions d'ingénieur de la ville de Bruxelles. Le Gouvernement vient de nommer M-, de Cazenave Consul général à Zanzibar; l'industrie belge n'a pu qu'applaudir à cette nomination.

Le terrain occupé par la Section belge comprenait en tout 34,63o mètres, se divisant comme suit : 19,747 mètres dans les Halles de l'Industrie; — 3n mètres dans les extensions;— 1 1,886 mètres dans la Galerie des machines; — 1,819 dans la galerie du travail ; — 867 mètres dans les jardins.

Ces 34,63o mètres mis à la disposition de la Section belge, furent répartis entre 3411 2,983 exposants dans les Halles de l'Industrie; — 238 dans la Galerie des machines; — v travail,— et 88 dans les jardins. Le bon goût qui a présidé à la décoration de la Section belge, a fait l'objet dans la presse d'un éloge unanime etj mérité.

M. le Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics, dans le discours qu'il prononça le 14 septembre i885, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine, à l'occasion delà proclamation des récompenses, constatait que la Belgique pouvait être fière de sa part de succès.

D'après les rapportsqui ^^ lui avaient été fournis ^B par MM. les membres ^jS du Jury, rapports basés sur les opérations délicates et difficiles du classement des récompenses, 8618 distinc Section belge avait, sur

exposants, soit :

2 dans celle du

M. Eugène Rombaut,

Commissaire général de la Section Belge

tions auraient été décernées ; or, la

M. Lucien de Caçenave,

Secrétaire général de la Section Belge

nombre, remporté 2414 diplômes, dont :

184 d'Honneur, — 456 de médaille d'or, — 723 de médaille d'argent, — 604 de médaille de bronze — et 447 de mention honorable.

Presque toutes les industries sont représentées dans la Section belge, soit par des expositions particulières, soit par des collectivités. Il n'est pas possible de décrire en détail tous les produits exposés ni même de les citer tous ; nous devons forcement, nous borner à en mentionner quelques-uns dans chaque groupe, de manière à donner une idée de l'importance de l'Exposition belge dans son ensemble.

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