A VETTORI
Basile Amerbach, jeune homme aussi disting’ué par la naissance que par l’esprit, après avoir reçu la plus libérale éducation et s’être formé sous les disciplines les plus pures, s’est rendu en Italie, selon le désir de son illustre père pour y rechercher auprès des savants de nos jours ce qui reste encore d’érudition et de sagesse, et en rapporter les trésors dans sa patrie. Il a si fidèlement accompli sa tâche qu’il n’est pas une université qu’il n’ait visitée, pas un professeur célèbre qu’il n’ait entendu. Au moment où il se disposait à partir pour Rome avec un empressement qui contraste avec notre propre apathie, j’ai reçu des lettres, écrites du fond de l’Allemagne, pour me prier de le recommander à un de nos compatriotes versé dans la connaissance des antiquités italiennes. Combien ne dois-je pas craindre que le goût de ces nobles études ne soit éteint parmi nous, avec
‘ Le jurisconsulte Boriifaco Amerbach, recteur de l’université de Bâle.
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nos illustres amis Sadolet, Bembo, MaflFei, Flaminio, Ubaldini, ces pures intelligences autrefois reléguées sur la terre , maintenant recueillies dans le séjour de la divinité ! Aussi n’ai-je pas laissé trop espérer à cet égard. Je me suis borné à répondre que si, laissant de côté la voie Flaminieniie qui longe la mer Adriatique, Amerbach suivait la voie Aurélienue qui côtoie la mer de Toscane ou celle de Cassius qui est plus directe, et qui était celle des anciennes légions, il aurait plus de plaisir à visiter nos villes étrusques auxquelles on ne saurait comparer celles de la marche d’Ancône, ni pour la facilité des mœurs, ni pour l’urbanité des habitants. J’omets Sienne, si toutefois une telle ville peut être sacrifiée sans regret ; Sienne si hospitalière malgré les ravages de la guerre qui a fait un désert de son territoire. Les frères Bellanti pourraient-ils savoir. Marco Placidi et Mino Cersa pourraient-ils apprendre qu’un homme recommandé par moi passe près d’eux sans accourir au-devant de lui, sans l’accueillir affectueusement, sans l’accompagner jusqu’à leurs frontières vers Poggi- Bonsi ou Staggia? Au sortir de cette ville, à sa droite, il trouvera Florence, Lucques à sa gauche. A Lucques je compte des hôtes, des amis par centaines; à Florence j’en trouve des milliers en toi seul , car il n’est rien que je ne puisse
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attendre de ton amitié. Tout mon désir est qu’Amerbach se dirige de ton côté, soit afin qu’il connaisse la plus brillante cité de Toscane, soit pour qu’il sache par expérience, et ses compatriotes avec lui, que de raisons j’ai de t’aimer, de te vénérer, et combien mes éloges seraient impuissants à louer dignement ton savoir, et cet éclat, cette générosité qui donne du prix à toutes tes actions. Adieu.
Milan, 1556.
A MARIETTA PALEARI*
Consorte mia carissima.
Non vorrei che tu pigliasse dispiacere del mio piacere, ed a male il mio bene. E’venuta l’ora ch’ io passi da questa vita al mio signore e padrone e Dio. Io vi vo tanto allegramente aile nozze del Figliolo del gran Re, del che ho sempre pregato il mio Signore che per sua bontà e liberalità infinita mi concéda. Sicche, la mia consorte dilettissima, confortatevi délia
* L’oriprinal de celle lollre fidèlement Iransmise à la famille du niarlyr, esl conservé à la bibliothèque de Sienne, avec celte suscriptioii : Min sua carissima consorte Mariella Paleari, ed a’ suoi dilettissimi figlioli Lampridio e Fedro Paleari^ a Colle di Valdensa in borgo vicino a S. Calerina.
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ArPENLICE.
volonta di Dio, e del mio contento, ed attendete alla fainig'liola sbig’ottita clie resterà, di allevarla e custodirla col timoré di Dio, ed essergli madré e padre. lo era già di settanta anni vecchio, e disutile. Bisogna che i figli con la virtù e col sudore si forniscano a vivere onoratamente. Dio padre e il Signore nostro Giesù Christo e la communione dello Spirito santo sia con lo Spirito vostro.
Tuo marito,
Roma il di 3 de Luglio 1570.
Lampridio e Fedro, figlioli dilettissimi,
Questi miei Signori cortesis.^imi infino ail’ ultimo non mancano con esso me délia loro cortesia, e mi permettouo ch’io vi scriva. Piace a Dio di chiamarmi a se per questo raezzo che voi intenderete, che vi parerà aspro ed amaro. Che se il considerate bene, essendo con mia somma contentezza e piacere per conformarmi alla volonta di Dio, vi avete anco voi a contentare. La virtù e diligenza vi lascio per patrimonio con quelle poche facoltà che avete. Non vi lascio debito. Molti chiedono aile volte, e devono dare. Voi siete emancipati pin di dieci otto anni fa; non siete tenuti a’ miei debiti. Quando vi fossero
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chiesti, ricorrete a Sua Eccelenza il signor Duca elle non vi lascierà far torto. Chiedi a Luca Pridio il conto del dare e 'avéré. Ci sono la dote di vostra madré, e di allevare la vostra sorellina , corne Dio vi darà la grazia sua. Salutate Aspasia e sor Aonilla mie fîgliuole dilettissime nel Signore. L’ora mia si avviccina. Lo Spirito di Dio vi consoli e conservi nella sua grazia.
Vostro padre,
Di Roma il di 3 Luglio 1570.
TABLE DES MATIÈRES
Préface
Pagres y-xj