CHAPITRE TROISIÈME
C’est le privilège des époques marquées par des révolutions fécondes, de susciter des hommes dignes du rôle qui leur est assigné par la Providence, et de projeter jusque sur les personnages secondaires comme un reflet de la grandeur des événements contemporains. Si ces époques sont surtout mémorables par le réveil des croyances, et par l’enthousiasme de la vérité qui produit les grands sacrifices; si dans le drame, plein d’émouvantes péripéties, qu’elles déroulent à nos yeux , la religion ressaisissant son empire, retrempe les âmes, fortifie les caractères, et imprime aux actions ce cachet d’héroïsme et d’austérité qui contraste
avec les molles habitudes des siècles de scepti-
AONTO PAI.ÉAHIO.
cisme et de politesse, riiumanité s’élevant audessus d’elle-même, nous apparaît tour à tour dans une série de représentants qui résument toutes ses puissances. Croyances et passions, crimes et vertus , luttes , faiblesses , immolation de la vie au devoir, tout y revêt d’éclatantes couleurs, tout y prend un aspect g-randiose et tragique, eu harmonie avec l’esprit de la génération qui occupe la scène de l’histoire. Tel nous semble le caractère du siècle que l’on petit appeler entre tous l’Age héroïque du monde moderne, parce que malgré son intolérance, triste legs dit moyen Age, il aima la vérité; il Connut les nobles douleurs inséparables du triomphe de la justice ici-bas. L’Age de la Renaissance fut aussi celui de la Réforme, et quelles que Soient les taches qui le déparent, il sera beaircoup pardonné à la génération qui se trouva prête pour tous les martyres, et qui peut opposer à la sombre figure d’un Philippe II, l’Ame pure d’une Jeanne Gray, la grande Ame d’un L’Hôpital ou d’un Coligny !
Citer de tels noms, c’est évoquer l’histoire de