‹ Aperçu d'urbanisme sanitaire des villes surpeupléesChapitre 6 sur 12 · L MAUX · texte numérisé non relu

L MAUX

1) Le Bruir

Le voyageur qui, de retour de vacances, arrive dans une grande ville, est d’abord surpris par lmtensité du bruit qui fait avec le calme de la campagne qu’il vient de quitter le contraste le plus étonnant. Tout s’anime de bruits de moteurs, de grincement de tramways, de la trépidation des automobiles, du cri des sirènes. C’est, qu’actuellement, l’effort de l’homme civilisé est dans sa plus grande partie absorbé par l’agglomération urbaine. La campagne avec son horizon restreint a été délaissée MIaAoité calme et peu étendue d'autrefois où seul l’écho de quelques diligences ébranlant le pavé, témoignait de Pactivité des gens, où l’artisan fignolait son travail dans une échoppe sombre et où la boutique silencieuse du commerçant n'avait la visite que de rares clients ; cette Cité d’autrefois s’est métamorphosée et nous voyons la substitution de l’usine à l’échoppe, du grand magasin à la petite boutique. L'homme est

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animé par une mécanique nouvelle, les heures sont pour lui devenues des secondes, la vie intime est pour lui bannie du cadre de son existence, le téléphone l’assaillant jusque dans les endroits où il devrait connaître toute quiétude : son € home ». L’individu est dans un milieu nouveau. Les lois de la biologie nous enseignent qu'il lui faut s'adapter s’il veut vivre et résister aux variations du cadre qui brusquement a changé. Mais justement, nous allons nous demander si cette brusquerie n’a pas été un assaut fatal livré à notre constitution surprise par un chansement aussi brutal. Nous allons voir la façon dont notre organisme réagit à cette lutte continuele, à ce mal du siècle, ce fléau social qui comme une sorte d’épidémie n’épargne personne, l’ouvrier comme Pélite : la € cacophonie urbaine ».

C’est notre système nerveux qui fait les frais à cette évolution, et les physiologistes ont lieu. de s'inquiéter de l’action d’abord du tremblement artificiel. sur notre organisme et ensuite du bruit lui- -même. :

Le | passage d'un véhicule Ta provoque une action. mécanique directe transmise par le solide en communication avee le corps humain. Cette action. d’ ébranlement pourrait être fatale à l'écorce cérébrale si elle n’était pas amortie par la souple contexture du corps. Toutefois, sa continuité «st. un facteur. d'épuisement puisqu'il demande à notre charpente un excès de travail pour amortir ces chocs. ininterrompus. LE à NES) Sat RES

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Mais beaucoup plus importante est cette action indirecterpar l'intermédiaire de Pair, ces vibrations dont lamplitude varie constamment. E’est notre tympan quecapte alors la résultante de toutes ‘ces vibrations : par lui, c’est notre cerveau, nôtre système nerveux en entier. Comme c’est eelui-e1 qui possède les leviers de commande de notre organisme, toute perturbation apportée à ee € Central » aura une répercussion certaine sur les différents rouages de Péconomie.

Sans parler du choe brutal que peut produire un.bruit dont la brusquerie aurait surpris un vieillard ou un nerveux et qui pourrait être à l’origine de phénomènes d’inhibition, m’ayons en vue que le bruït continu, dont la chromeité attaque notre organisme, le mine jusque dans ses parties qui sembleraient être le plus à lPabri. Nous serons en présence de réactions organiques, d’une part, visibles, appréciables dont on ne saurait méconnaître lorigme, et d'autre part des réactions psychiques, lentes, dont la cause nous échappera le plus souvent et qui nous conduiront fatalement à la dégénérescence mentale.

L’oreille sera de toute évidenee un organe atteint et les lésions des terminaisons du nerf auditif dans Je Himaçon seront surtout déterminées par cette série de bruit aigus, violents, discontinus qui remplissent l’atmosphère des grandes Cités. |

Ce trouble de Paudrtion sera caractérisé par un processus de dégénérescence consistant en laboltion d’abord des sons élevés, puis peu à peu des sons

rires

plus graves. Ces lésions de l'oreille sont évidemment accrues : par la’ transmission des vibrations du squelette rigide. :

: Un autre. organe des sens est également atteint : l'œil. Les réactions visuelles sont modifiées : elles sont ralenties et rendues irrégulières. Nous voyons done par ces deux lésions que l'individu handicapé est détaché de lui-même des groupements dont il a participé à la constitution.

Le système neuro-végétatif qui préside à toutes les fonctions ne peut échapper à l’action néfaste de cet élément. Les contractions de l’estomac sont très ralenties et la dyspepsie guette les Citadins. [’appareil cardio-vasculaire en fait aussi les frais. Il est ébranlé dans son fonctionnement : le pouls s’accélère, devient irrégulier ; la tension artérielle et la pression intracranienne sélèvent. Le résultat est semblable à celui d’un travail physique : cet effort constant peut avoir raison de l’organe central et l’'amener à une décompensation incompatible alors à toute vie active.

Constatant que la machine humaine est en perpétuel travail, 1l nous est facile d'imaginer que le métabolisme augmente : la consommation s’accroissant, aurons-nous assez d'apport pour rétablir ce déséquilibre, pourrons-nous vaincre cette sensation de fatigue, de dépression ?

Oui, si un sommeil réparateur est là pour redonner la force nécessaire et rétablir le rythme de l’activité des organes. Mais le bruit règne toujours, et la nuit

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malgré notre sommeil, à notre insu, nous subissons toujours l'influence de cé fléau. Mosso à fait à ce sujet une expérience probante. Chez un individu présentant une large brèche cramienne pulsatile il a examiné des réactions au bruit pendant un sommeïl naturel. Il a constaté que le plus léger choc auditif augmentait immédiatement la circulation du cerveau, le pouls devenant également plus fort et plus rapide. |

La phase de dépense surpassant donc la phase de réparation, comment s'étonner qué le cerveau ne soit pas atteint dans sa fonction la plus noble, mais aussi la plus sensible : le psychisme ? L’écorce cérébrale emmagasinant toutes les sensations vives produites par le bruit, isolement inoffensives, devient à la longue par leur association le siège de troubles cérébraux qui paraissent être l’aboutissant inévitable du « bruitisme » avec toutes ses conséquences :'les

psychonévroses.

2) L’arr

Après avoir été surpris du vacarme qui l’entoure, le Voyageur dont nous parlions tout à l’heure aura la sensation très nette d’une atmosphère pesante par Ja grande diminution de la luminosité et la difficulté de respirer.

C’est qu'il est loin de cet air pur des cimes alpestres ou de la grande plaine non souillé par les humains, qu'aucune agglomération urbaine’ n’a rempli de

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fumées, de poussières obscursissant lair et nous privant ainsi des précieux éléments venus du soleil, ni de bactéries, de gaz toxiques qui sur un organisme alors affaibli vont avoir une tâche facile. Les arbres verdoyants de nos campagnes sont 1e devenus des squelettes grisâtres, la prerre elle-même de nos monuments se désagrège, que fera l’homme si frèle en face de cette coalition qui lui enlevant ses armes par la carence des radiations bienfaitrices ultraviolettes, le livre à ses ennemis qu'il a lui-même créés : les vapeurs toxiques et les germes.

a) Les fumées dérivant de la combustion et Îles poussières de la désintégration des objets ont une double origine : industrielle et domestique : usines, gares intramuros, cheminées privées, ordures ménagères, voirie. Ce sont des corpuscules inertes en suspension dans l’air qui s’étalent sur les villes avec une abondance insoupçonnée. D’Arsoxvaz et Bor- Das ont déterminé sur le terrasse du Palais Royal à Paris la quantité de 13 grammes de suie par mètre carré renfermant en outre 2 à 3 grammes d'acide sulfurique. Le record est détenu par la ville de Pittsbourg (E.-U.) qui produit annuellement par mille mètres carrés 1.031 tonnes de suie. Les Centrales électriques pour leur chaufferie n’utilisant que le charbon pulvérisé n’émettent pas de fumée, mais projettent aux environs des cendres entraînées par les gaz chauds dans l'atmosphère à la dose de Lkg. 600 par mètre carré et par mois pour le cas de la Centrale de Vitry. On compte à Paris un dépôt

annuel de 160.000 kilos de poussières et charbon sur les maisons et dans les rues. Les couches supérieures de l’atmosphère ne sont non plus pas épargnées et Borpas et Konx ABREesr par des expériences ont démontré l'existence au sommet de la Four Eiffel d’une. calotte de fumée et de poussière surplombant toute la ville; | — Ces, couches constituées de pärticules solides forment un écran opaque. aux radiations ultra-violettes, la principale source d'assainissement. La Juminosité d’une grande Cité est, en effet, diminuée de moitié par rapport à celle de lacampagne. Londres qui possède une fumée jaune, épaisse, oblige ses habitants à s’éclairer à la Jumière artificielle. Cette absorption de l’énergie radiante du soleil diminue eonsidérablement nos forces de défense : le rachitisme et la spas- - mophylie en sont les conséquences. ; —— Mais les poussières et les parcelles de charbon ont aussi une action locale, directe, sur Pépithélium des muqueuses respiratoires, blessant les cellules en désorganisant leur fonction, elles ouvrent la porte aux grandes infections, propagent la tuberculose. —— Ajoutons-y également leur nocivité chimique par Ha présence d’acides (4 grammes de SOfI® pour 100 grammes de suie) et d'hydrocarbures, ainsi que Ja faculté qu’a leur noyau solide de condenser. la vapeur d’eau sous forme de gouttelettes stables de brouillard qui par leur humidité constituent un miheu propre à la conservation des agents infectieux. On a

constaté à Paris une augmentation du brouillard de 50 %,, de 1919 à 1926 (Bessox).

b) Parmi les nombreux gaz que nous respirons, retenons seulement l’oxyde de carbone, les gaz putrides, et les gaz délétères.

— Le premier, produit spécialement par les automobiles a été dosé par Konn-ABresr. l'essence qui est à base de carbone ne doit dégager dans sa combustion complète que du gaz carbonique. Ce résultat rationnel dû à la présence suflisante d'oxygène est rare. Le dégagement nocif ne varie pas beaucoup avec la vitesse du véhicule n1 avec les conditions atmosphériques, mais du simple au double lorsque à l’arrêt de la voiture le moteur tourne au ralenti. Cette condition est merveilleusement remplie aux carrefours, partout où il y a encombrement. La production intempestive de CO atteint 600 litres par litre d'essence brute. L’air dissout normalement ce gaz, mais si le temps est lourd, il devient irrespirable par brassage insuffisant. Faut-il chercher ailleurs la cause de cette intoxication lente des villes, de la faiblesse, de l’anémie, des troubles de la vue, de la mémoire, de la digestion, accusés par tous les citadins ? On voit toute l'importance de cette intoxication quand on constate que la proportion d’une voiture automobile par 8.000 habitants en 1900 s’est accrue à Paris de 1 pour 8.

Signalons au passage que la conibustion incomplète des essences et des huiles de graissages produit des odeurs qui après avoir d’abord agi par excitation

provoqueront de l’anosmie passagère et chez certains sujets neurasthéniques un état léthargique (Brver).

—- Après les automobiles, les usines participent de toute évidence à la pollution en gaz insalubres. Certains sont spécifiques à diverses industries (fabriques de colle, gélatine, torréfaction du cuir), d’autres communes provenant de la combustion de la houille crue. Celle-ci en effet contient du soufre. Le gaz sulfureux formé va par oxydation et hydratation se transformer en acide sullurique que la pluie entraîne au sol. M. Krixe du laboratoire de Chimie de la Préfecture de Police a constaté que la combustion de cette houille dans le département de la Seine peut donner naissance annuellement à 200 millions de kilogrammes de SOIF. Nous nous passons de commentaires sur l'effet destructeur de ee vitriol dans nos poumons, la vue de nos monuments noircis et désagrécés nous devant faire entrevoir suflisamment la nocivité de ce produit. -

— Enfin, les gaz putrides provenant de la décomposition des matières albuminoïdes constituent à l’égard des microbes.un véritable, bouillon de culture dû à la présence de substances alhmentaires nutritives : ce sont les « gaz aliments » ainsi dénommés par TRILLAT.

c) L'air en lui-même n’est pas un bon milieu de culture, il ne doit pas contenir de germes. En effet; au Spitzberg on n’en a pas trouvé : à l’intérieur des mers. : À par mètre cube ; au désert de Libye: 28 par 100 mètres cubes. C’est done l’agglomération urbaine

qui leur a donné maissanee et qui les entretient dans un véritable « marécage aérien » alimenté comme nous l'avons vu par les gaz de Frillat et les gouttelettes humides. Cette pollution atteint dans les villes, des chiffres. considérables, même dans les endroits aérés et spacieux tels qu'à Paris la Place de la Concorde à 7 heures du soir en contient 88.0000 par mètre cube et l'Avenue du Bois, 400.000. Par contre, à 7 heures du matin, alors qu'aucune circulation n’est venue apporter d'éléments nocifs la quantité se réduit à 640 à la Concorde. La plupart de ces microbes ne sont évidemment que des saprophytes, mais als s’y glissent aussi des pathogènes provenant des malades et grâce à leur développement facile se propagent rapidement donnant naissance ainsi à des épidémies. | Notre organisme de citadin comme nous venons de le voir, privé de cette stimulation donnée par les radiations ultra-violettes, et de cette force de résistance que lui enlève lirritation produite par Îles vapeurs corrosives irritant la muqueuse respiratoire, devient une proie facile aux agents infectieux. La prédispositäion à la contamination, la porte ouverte à la maladie, voilà l'effet de la surpopulation sur l’individu. Enumérer les maux que les microbes produsent, c'est passer en revue toute la pathologie humaine ; contentons-nous d'examiner la statistique de Russel des décès de la ville de Glasgow.

Maladies contagieuses

Brénches Divers

| Districts TUPAUX » 1220280 | Ville de Fr HER | Parties moins habitées|. … - 430 : MR TE tree Co 1.020

3) Eaux Mais il est un problème qui échappe aux citadins non avertis, faisant par contre 1 ri des spééialistes, en l'occurence des hygiénistes ; c’est celui de l’eau. 1 ‘augmentation de da population entraîne üne consommation quotidienne d’eau potable de plus en plus grande, et l intensification de l’activité des homimes a pour résultat dé jeter l'alarme chez ceux ‘qui “entrevoient les difficultés : sans cesse croisdé l'épüuration des eaux Le SR Le nombré des diverses sources de captation. de l'eau potable : ne pouvant s $ élever dans fa même pro-

des

“portion” que celü S “habitants, ainsi que ‘celui

de leurs dei . par les règles du confort et de l'hygiène, s'avère ‘alors insuflisant à l’alimentation dés grandes villes: Ainsi à à Paris, l’eau buvable 1895 à 1930 est passée du chiffre de 63.192.500

à 202:797.600. Force à été de puiser dans les fleuves ét rivières, et par des procédés de désinfection la réndré utilisable. A Paris encore. dans l intervalle de

ces mêmes ännéës son emploi a erû de 131.000

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