‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 12 sur 20 · HE · texte numérisé non relu

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Mais une catastrophe soudaine allait reculer pour quelque temps encore le moment où la Grèce viendrait à son tour régner sur l'Égypte. En effet, de ces mêmes plaines de la Mésopotamie, autrefois si ardemment convoitées, accourait alors un peuple à demisauvage qui, après avoir soumis Suze et Babylone, après avoir forcé la Syrie elle-même à lui payer tribut, se trouvait, six mois seulement après l’avénement du dernier roi de la XXVI®° dynastie (Psammitichus III), aux portes de l'Égypte. A ces armées innombrables que les Perses entraînaient avec eux, Cambyse, fils de Cyrus, commandait. En vain Psammitichus alla-t-il jusqu’à Peluse au-devant du flot qui se précipitait sur l'Egypte. Ses efforts furent inutiles, et bientôt l'Égypte, ravie par Cambyse à ses maîtres légitimes, ne fut plus qu'une province de l'empire des Perses (1). Les premières années du règne de Cambyse furent paisibles. Il honora les dieux de l'Égypte, suivant une statue du Vatican dont les inscriptions ont été traduites par M. de Rougé; bien plus, il se fit instruire dans les sciences qui faisaient la renommée des prêtres égyptiens. Cinq ans se passèrent ainsi, après lesquels des revers multiphiés vinrent accabler tout à coup les armes jusqu'alors victorieuses de Cambyse. Une première expédition avait été dirigée contre les Carthaginois : l’armée de Cambyse fut vaincue. Une seconde campagne avait pour but la prise de possession de l'oasis d’Ammon, située dans le désert occidental de l'Égypte : trahis par des guides infidèles, mal fournis de vivres et de provisions, les soldats que Cambyse avait envoyés s’égarèrent dans le désert, et pas un ne revint pour raconter la catastrophe qui avait englouti une armée tout entière. Enfin, à la tête de troupes nombreuses, Cambyse lui-même s'était mis en route et marchait de sa personne vers le Soudan. Mais ici encore l’imprévoyance du vainqueur de l'Égypte porta ses fruits, et cette troisième armée s'était à peine engagée de quelques journées dans les déserts qui séparent l'Égypte du Soudan, que, manquant de tout, elle fut obligée de revenir sur ses pas. En présence de ce triple désastre, la colère de Cambvyse

(1) 527 av. J. C.

ne connut pas de bornes. D’Asouan à Theébes et de Thèbes à Memphis, il marqua, dit-on, sa route par des ruines. Les temples furent dévastés, les tombes des rois furent ouvertes et pillées. Le jour où Cambyse arriva à Memphis était précisément un jour de fête. Cambyse crut que, par les transports bruyants d’allégresse qu'il entendait autour de lui, les Égyptiens se réjouissaient de sa défaite, et sa fureur n'alla qu’en augmentant. L'Égypte vit ainsi se rouvrir une ère de calamités et de larmes. Heureusement Cambyse mourut. Mais si cet événement mit un terme aux dévastations ordonnées par le farouche conquérant, il fut loin d’affermir l’autorité persane en Égypte. En vain un roi sensé, Darius [‘", essayat-il par une sage administration de faire oublier aux Egyptiens le joug qui pesait sur eux : les ruines entassées par Cambyse parlaient en quelque sorte d’elles-mêmes , et des révoltes venaient à chaque instant prouver que l'Égypte n’oubliait pas les injures qu’elle avait à venger. Cette soumission apparente, ces soulèvements toujours comprimés durèrent 121 ans. Enfin un effort plus heureux donna la victoire aux Égyptiens, et les Perses durent s’enfuir de l'Égypte rendue à ses maîtres légitimes. Ce fut la fin de la XXVIP"e dynastie.

Pendant les 67 années qui suivirent (XXVIH"*, XXIXMe et XXX°* ynasties), l'Égypte essaya de réparer les désastres de l'occupation étrangère. La Perse, de son côté, n’attendait qu'une occasion de ressaisir une proie qu’elle n’avait lâchée qu’à regret. Comme deux ennemis irréconciliables, les deux pays se livraient à l’envi aux plus formidables préparatifs. Un choc était inévitable.

Mais la fortune allait encore trahir les armes égyptiennes. En vain, dans une première bataille, Nectanebo T° {XXX"!° dynastie) chassa-t-il des frontières du Delta les généraux persans qui s’en étaient emparés. Vaincu successivement à Peluse, à Bubastis, à Memphis, Nectanebo IT dut enfin céder à la force, et s’enfuit au Soudan, laissant les Perses maîtres pour la seconde fois de l'Égypte. Avec lui s’éteignit, pour ne jamais reparaître, l’antique race des Pharaons,

L'histoire a peu de chose à dire de celle seconde dynastie persane, qui fut la XXX/"° des listes de Manéthon. Elle régnait à peine depuis huit ans, que, sous Darius HT, Alexandre paraît. Que pouvait l'Égypte, déjà plus qu’à moitié vaincue, contre le héros macédonien? Fatiguée du joug toujours plus pesant des Perses, elle lui ouvrit ses portes comme à un libérateur, et c’est ainsi que tour à tour Éthiopienne avec la XXV® dynastie, Libyenne avec la XX VI, Persane avec la XXVIH"® et la XXXI®°, l'Égypte devint Grecque sous les nouveaux maîtres que la fortune de la guerre venait de lui donner. Ici se termine le Nouvel-Empire ; il avait duré 1371 ans. /

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