‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 18 sur 20 · EE · texte numérisé non relu

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la 1r° dynastie, six rois de la 1"*, huit de la 111. 1] n’en faut pas plus pour nous prouver que Manéthon est l’écho fidèle des annales égyptiennes. Désormais, nous pouvons affirmer que ses trois premières dynasties appartiennent à l’histoire authentique de l'Égypte; nous pouvons de même être certains qu'aucune d'elles ne fut contemporaine de l’autre. — Malgré leur antiquité, les monuments de ces dynasties qui ont traversé les siècles pour venir jusqu’à nous sont encore assez nombreux. Le plus ancien serait la Pyramide à degrés de Saqqarah, qui remonterait jusqu’au {4° roide la I"e dynastie. Après elle, il faudrait placer le tombeau de Tot-hotep, trouvé pendant nos fouilles à Saqqarah et encore en place, les trois statues de la famille des fonctionnaires Sepa, au Louvre, découvertes il y a 40 ans aux Pyramides, enfin le tombeau et la statue d’Amten, transportés des Pyramides au Musée de Berlin par M. Lepsius et contemporains de l’avant-dernier roi de la I|"* dynastie. — Les fouilles que nous poursuivons en ce moment à Abydos nous livreront tôt ou tard d’autres monuments de ces vieilles familles, si effectivement les buttes au milieu desquelles nos ateliers fonctionnent sont, comme on le croit, celles de Thinis, capitale des rois de la Ir° et de la Ilme dynastie.

IVe et V"e Dynasties.

Manéthon et la Table de Saqqarah sont encore cette fois nos autorités principales pour l’arrangement des rois de cette période. La Table suit ici l'historien national de si près que rien n’est plus évident que la communauté d’origine des deux listes. Nous enregistrons avec empressement ce résultat qui est le témoignage le plus aflirmatif que les monuments aient porté jusqu'ici de la véracité de Manéthon et de ses Tables de l’Ancien-Empire. Les monuments de cette période sont peut-être les plus connus de toute PÉgypte : j'ai assez nommé les Pyramides. Les Pyramides de Gyseh appartiennent en effet à la IV" dynastie; parmi les autres on en compte, particulièrement à Abousyr, qui remontent à la V"*.

Je citerai aussi comme d'importants vestiges de la civilisation sous ces deux familles royales, les magnifiques tombes que les voyageurs vont visiter aux Pvramides et à Sagqarah. Enfin, on ajoutera à cette liste le temple tout d’albâtre et de granit que nous avons découvert près du Grand Sphinx de Gyzeh, monument unique jusqu'à présent, puisqu'il est le seul spécimen que nous possédions de l'architecture monumentale de l’Ancien-Empire. — Cette énumération des monuments qui se rapportent à la IV® et à la V® dynastie ne serait pas complète si je ne mentionnais les principaux objets de cette époque que possède le Musée du Vice-Roï. Ce sont : 1° la statue de Chéphren, fondateur de la 2% Pyramide. Cette statue, qui n'a pas aujourd'hui moins de 60 siècles, n’est pas seulement remarquable par sa haute antiquité : le fini des détails, l'ampleur et la majesté de l’ensemble la rendent aussi un des morceaux les plus rares qu'on puisse rencontrer. Elle jette d’ailleurs sur l’histoire de l’art en Égvpte un jour inattendu, et nous montre qu'il y a six mille ans les artistes égyptiens n'avaient déjà plus de progrès à faire (1). 2° Une inscription sur une pierre carrée, contemporaine de Khoufou, le fondateur de la 1° Pyramide, et relatant les offrandes faites à un temple par ce roi. Ces offrandes consistent en images divines travaillées avec la pierre, l'or, le bronze, l’ivoire et le bois. Cette inscription, modèle précieux des formules monumentales usitées sous la IV"® dynastie, est à l’écriture et à la langue ce que la statue de Chéphren est à la sculpture ; elle détermine la limite que la civilisation égyptienne avait atteinte au commencement de la IV#e dynastie, et nous fournit, en même temps, un terme de comparaison précieux pour le classement des monuments qui se rapportent aux diverses époques de l’Ancien- Empire. 3° Une grande stèle trouvée aux Pyramides de Gyseh et consacrée à la mémoire d’une princesse qui, après avoir été grande favorite dans le sérail des deux rois Snéfrou IT (Sûris de

(1) Elle est en ce moment à Paris, dans la salle intérieure du Temple (Voy. la Description du Parc.)

Manéthon) et Ahoufou (Souphis I! du même historien), fut attachée à la maison civile de Schafra (Souphis Il de Manéthon, Chéphren des Grecs). Cette stèle assure ainsi, d'accord avec la Table de Saqqarah, la place relative des trois Pharaons que nous venons de nommer. {° Une statue de bois. Jamais l’art égyptien n’a produit un portrait plus ressemblant (1). Le personnage que celte statue représente vit en quelque sorte dans son image. La tête surrout est étudiée avec une vérité frappante. C’est, dans toute sa pureté, ce type fin et rond qu'on rencontre aujourd’hui dans la plupart des villages de la Basse-Égypte. Le monument devait d’ailleurs être encore bien plus remarquable quand il possédait ce petit enduit composé d’une gaze fine recouverte de stuc qui servait au sculpteur à compléter son œuvre. 5° Plusieurs beaux sarcophages de granit rose et noir. Les uns appartiennent à des princes de la 1V®* dynastie ; les autres sont précieux par les ornements dont les quatre faces extérieures sont couvertes. On trouve là d'excellents modèles de cette architecture à grandes lignes, usitée sur les façades des édifices du temps. — Je rappellerai d’ailleurs que la IV®* et la V“* dynastie sont si riches en monuments de tout genre (2) que la seule collection du Musée de Boulaq compte une cinquantaine de stèles monolithes de 2 à 3 mètres de hauteur, et autant de belles statues de toutes matières.

Vine Dynastie.

Quatre rois dans la Table de Saqqarah, six rois dans Manéthon. Depuis Ménès, la Table compte 36 noms, Manéthon 49. Les six dynasties ont d’ailleurs leurs représentants sur le monument de Tounar-i. De ce fait, je conclus sans hésitation qu'il n’y a ici aucune dynastie collatérale. — La VIwe dynastie a des monuments

(4) Voy. la Description du Parc.

(2). Quelques-uns d'entre eux ont pris place dans la salle intérieure du Temple. (Voy. la Description du Parc.)

à Éléphantine, à EI-Kab, à Kasr-es-Sayad, à Abydos, à Cheykh- Saïd, à Zaouyet-el-Maïtin, à Memphis, à Sän, à Wadi-Maghara. Elle a ainsi occupé les bords du Nil de la Méditerranée à la Cataracte. Parmi les monuments de cette dynastie que possède le Musée de Boulaq, je citerai : 1° une grande inscription de 50 lignes provenant d'un tombeau découvert à Abydos. Un fonctionnaire, nommé Ouna, y prend la parole et raconte sa vie. Après avoir obtenu diverses distinctions sous les rois eti et Papi (Apappus), il servit encore sous un 3° roi nommé Meri-en-Ra. Notre inscription, à la vérité, infirme singulièrement la durée de 00 ans attribuée au règne du second de ces Pharaons; mais elle place les trois rois, Teti, Papi et Meri-en-Ra' à leur rang chronologique. 2° Une seconde inscription relative à un autre fonctionnaire d’Abydos. Celui-ci passa sa vie sous Papi et Meri-en-Ra, et mourut sous un quatrième pharaon nommé Wefer-ké-Ra. Comparées l’une à l’autre dans leurs éléments chronologiques, les deux inscriptions d’Abydos certifient donc la succession de quatre rois de la VI"® dynastie, et sont, pour les personnes qui n’ont pas l'habitude des études archéologiques, un bon exemple des procédés à l’aide desquels la science parvient à mettre patiemment à sa place chacun des innombrables rois dont se compose le canon égvptien. — J'en finirai avec la période des trois dynasties que nous venons d’analvser en indiquant les traits principaux qui permettent de classer entre eux les divers monuments qui remontent à ces temps reculés. Ces monuments ont presque tous un caractère commun : ils sont funéraires. Les tombes elles-mêmes sont, dans l’ensemble, conçues sur un plan uniforme. Un édicule de forme massive et carrée, où, à certains anniversaires, les parents du mort se réunissaient, un puits creusé verticalement dans le sol, et au fond de ce puits des chambres à jamais closes quand elles avaient reçu leur dépôt funébre, tel en est l’arrangement général. La manière d’orner cet ensemble était aussi à peu près uniforme. Plus de figures que de textes, absence absolue d’images de divinités, scènes nombreuses tirées de la vie privée et particulièrement des travaux des champs,

titres des défunts plutôt religieux que civils, emplois des cartouches royaux dans ces titres tres-fréquents, en général travail des sculptures en même temps vigoureux et fin. En analysant ces monuments, on distingue cependant certaines différences qui les font ranger en trois classes. Les premiers appartiennent au type le plus ancien. Tel est le tombeau d'Amten. On y sent un art et une écriture qui se forment. Les hiéroglyphes sont clair-semés et en relief. Les formes rudes v abondent. Les statues sont trapues; les détails anatomiques y sont exagérés. Les seconds ont plus d'assiette. Les hiéroglyphes ont des formes moins heurtées ; l’œi/ du texte a plus d'harmonie. Ces textes eux-mêmes se lisent mieux. L'élément alphabétique se substitue peu à peu à l’élément svllabique, qui prend une si large part dans les légendes du temps d'Amten. Du reste, peu de généalogies ascendantes. Au seul Anubis s'adressent les formules d’invocation. Le tombeau de Ti, à Saqqarah, découvert pendant nos fouilles il y a quelques années, est le plus beau spécimen que je connaisse des monuments de cette seconde époque. La troisième est contemporaine de la Vime dynastie. Le nom d’Osiris, jusqu'alors si rare, commence à être plus usité. La formule Ze justifié se rencontre aussi en de rares occasions. Les textes s’allongent ; de belles formules de prières se montrent, et quelques récits biographiques varient la monotonie des représentations. C’est dans les tombes de ce temps et dans celles qui sont contemporaines de 1 que se trouvent ces belles statues élancées, au visage rond, à la bouche souriante, au nez fin, aux épaules larges, aux jambes musculeuses, dont on trouvera de si jolis spécimens dans notre Musée 1). C’est enfin dans ces mêmes sépultures que l’antiquaire recueille ces énormes stèles monolithes taillées en forme de façade d’édifice dont le Musée de Boulaq est également si riche. Jusqu'à quelle époque après la Vime dynastie l’usage de ces monuments se maintint-1l? Je ne

(1) La salle intérieure du Temple en possède üne quinzaine. (Voy. la Description du Parc.)

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saurais le dire. Depuis deux ans, je poursuis dans la nécropole de Saqqarah, avec des chances variées, la solution de ce double problème : faut-il regarder quelques-unes des tombes que je viens de décrire comme postérieures à la VI" dynastie et les faire même contemporaines de la XII", qui, chose remarquable, n’est pas représentée dans les cimetières de Memphis? Ou bien, en présence des monuments d’un tout autre style que nous offre à Thebes la XIe dynastie, faut-il supposer que les traditions funéraires de PAncien-Empire aient été tout à coup rompues au milieu des perturbations encore inexpliquées, qui, après la VIe, ont amené le vide monumental dont je vais parler ? Jusqu'ici aucun argument ne nous permet de formuler un jugement définitif.

VIIme, VIIIne, IX®e et Xe Dynasties.

Le vide monumental qui distingue cette période est déjà connu. il n’y aurait rien d'étonnant cependant à ce que plusieurs des tombes portant les cartouches de Pépi, de Téti et des autres rois de ce temps appartinssent aux deux premières de ces quatre dynasties, lesquelles sont Memphites. Quant à la IX®° et à la X"° dynastie que Manéthon place à Héracléopolis, nous n’en avons encore trouvé aucune trace, peut-être parce que Meydoun, Licht, Ahnas-el-Medyneh, et en général toute la zone de terrain qui barre l'entrée du Fayoum, ont été négligés des fouilleurs. Il ne faudrait pas croire d’ailleurs que l’absence des monuments soit aussi absolue qu’on serait tenté de le supposer. Peut-être, en effet, les quatorze cartouches placés à la rangée supérieure de la Table d’Abydos représentent-ils des rois de l’époque dont nous nous occupons. De son côté, la Salle des Ancêtres fait connaître quelques personnages de sang royal qui auront pu profiter des discordes du temps pour préparer l’avénement de la XI" dynastie, et qui, par conséquent, seraient des contemporains de la X"*, Enfin de nouveaux monuments seraient indispensables pour éclaircir la question de savoir si, comme je le crois, quelques-uns des rois nommés

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Sebekhotep n’appartiennent pas aussi à l’une de nos VI®e, VII, IX** ou Xm° dynasties. En résumé, cette période est à étudier dans de nouvelles fouilles.

XIme Dynastie.

Manéthon ne donne pasles noms des rois qui composèrent cette dynastie. L'étude des monuments révèle une demi-douzaine de rois qui forment sans aucun doute une même famille et qui sont restés longtemps sans classement. On doit à une stèle du Musée de Leyde un renseignement qui permet de donner à cette famille sa place dans les annales égyptiennes. Il résulte en effet de la traduction du texte gravé sur cette stèle qu'un personnage qui mourut sous un roi déjà classé de la XII dynastie aurait eu pour bisaïeul un autre personnage qui vivait sous l’un des rois de notre groupe. Le doute n’est donc pas possible, et ces rois, précédant la XII, forment incontestablement la XI®°,— La partie de Thèbes appelée Drah-abow'l-neggak est le lieu qu’il faudra fouiller toutes les fois qu’on voudra obtenir des renseignements sur la XI®° dynastie. A plusieurs reprises, les fellahs y ont trouvé, depuis quarante ans, des sépultures de rois aussi précieuses que rares. Malheureusement, ces découvertes faites par des mains ignorantes n’ont rien donné à la science. Drah-abou'l-neggah a été, du reste, l’objet de toute notre attention pendant nos dernières fouilles, et d’heureux résultats nous sont restés entre les mains. C’est en effet de Drahabou’l-neggah que viennent plusieurs stèles du Musée, et presque tous les vases, fruits, pains, vêtements, meubles, armes, ustensiles que notre collection possède. En faisant l’histoire de la XI®° dynastie, j'ai parlé du style rude qui caractérise cette époque. Je reviens sur cette question pour faire remarquer que les objets qui s’y rapportent n’ont avec les dynasties antérieures aucune de ces ressemblances qui trahissent des liens de parenté. Quelle qu’en ait été la cause, la XI"° dynastie est une renaissance. De carrées qu’elles étaient, les stèles sont devenues arrondies par le haut.

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Les hiéroglyphes y ont une gaucherie particulière qui ne ressemble en rien à celles des tombes de la III"*° dynastie. Les sarcophages de ce temps ont aussi un caractère particulier qui les fait reconnaître à première vue. Par allusion à la déesse Isis, qui protége son frère Osiris, auquel le mort est assimilé, en étendant sur lui ses bras armés d’ailes, les cercueils sont couverts d’un système d'ailes feintes en couleurs variées et éclatantes. — Comme je l’ai dit plus haut, Manéthon ne mentionne la XI”e dynastie que brièvement et sans nous donner les noms de ses rois. Sur la Table de Saqqarah cette famille royale est représentée par deux seuls cartouches. Quant à la Salle des Ancêtres, elle serait de beaucoup la plus complète si le rédacteur de la liste n’avait pas rangé pêlemêle les cartouches de la XI®° dynastie au milieu d’autres noms appartenant à la VIme, à la XII®< et même à la XVII". En somme, tout n’est pas dit sur cette intéressante famille royale, et il n’est pas douteux que nos fouilles de Drah-abou’l-neggah ne nous livrent encore quelques renseignements précieux.

XII» Dynastie.

C’est la famille des Ousertasen et des Amenemha. On en trouve la liste, non-seulement dans Manéthon, mais dans la Table d’Abydos, la Table de Saqqarah et la Salle des Ancêtres. De Ouady- Maghara à Kumneh et à Semneh (au delà du Ouady-Halfa) ses traces se rencontrent. C’est à elle qu’on doit l’obélisque de Matarieh, l’obélisque de Begyg (Fayoum), les magnifiques hypogées de Beni-Hassan, quelques-unes des grottes de Syout, et plusieurs beaux colosses trouvés pendant nos fouilles à Sän et à Abydos. Tous ces monuments se font remarquer par leur grand style, et nous prouvent que l’une des plus brillantes époques de l’art égyptien est celle qui fut contemporaine de la XII" dynastie. — La place que doit prendre cette famille dans la série successive des dynasties a été longtemps incertaine. Au début des études égyptiennes, la Table d’Abydos était le seul document qui pût nous

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amener à distinguer quelle était cette place. Mais la Table d’Abydos, sans qu’on s’en doutàt alors, saute cinq dynasties, et met ainsi les Ousertasen en contact immédiat avec les Thoutmès (XVIH®e dynastie). Longtemps on a donc cru, avec une apparente raison, que les Ousertasen formaient la XVII"° dynastie. C’est à M. Lepsius qu’on doit d’avoir le premier reconnu la fausseté de de cette attribution. Manéthon nomme dans la XIIm° dynastie des rois parmi lesquels dominent les noms d’Amenemès et de Sesortosis; mais la Table nomme de son côté des souverains qui s'appellent tous Amenemha et Ousertasen : ajoutons que la série des noms d’Abydos s’adapte (après correction toutefois) à la série des noms de l'historien national. Les Ousertasen ne sont donc pas de la XVII" dynastie, et on voit par ces courtes explications que leur place est indubitablement dans la XII®°, — J'ai un dernier renseignement à ajouter. Manéthon compte la durée de la XII“* dynastie pour 160 ans, et la durée de la XI" pour 43, en tout 203 ans. De son côté, le Papyrus de Turin donne le chiffre 213 pour le total de la durée d’une famille royale qui se termine par les deux derniers rois de la XII® dynastie, mais dont le point initial a disparu avec les mutilations subies par ce monument. Faut-il corriger une erreur de 10 ans dans Manéthon, et faire porter les 213 ans du Papyrus sur la XI" et la XII" dynastie, comme si le Papyrus, de ces deux familles n’en faisait qu’une? La question est d'autant plus douteuse que j'ai trouvé à Drahabou’I-neggah une stèle sur laquelle on lit déjà l’an 50 de l’un des rois de cette dynastie à laquelle Manéthon n’attribue que 43 ans de règne.

XIII" et XIVr- Dynasties.

Les noms des rois dé ces deux dynasties ne sont pas cités dans Manéthon, ce qui est toujours un embarras quand il s’agit de retrouver la série monumentale correspondante. Les monuments sont venus ici à notre aide. Au côté droit de la Salle des Ancêtres

et sur des objets de diverse nature conservés dans les Musées, on lit les noms de plusieurs Pharaons qui se sont généralement appelés Sebekhotep et Nofréhotep et qui à eux seuls forment une famille nombreuse. Où classer cette famille? Une inscription de Semneh, signalée par M. de Rougé, mentionne à la fois Sebekhotep | vivant et Ousertasen lil mort : donc les Sebekhotep sont postérieurs à la XII®* dynastie. Un renseignement du même genre est fourni par le Papyrus de Turin. Un grand fragment a heureusement conservé la tête de deux colonnes : à la première colonne se voient des cartouches bien connus de la XIIme dynastie; mais la seconde commence précisément par le cartouche-prénom de Sebekhotep IV. Encore une fois la grande famille où domine le nom de ce dernier prince ne peut donc être rangée qu'après celle des Amenemha et des Ousertasen. Mais on se rappellera : 4° que les Sebekhotep sont antérieurs à la XVIII" dynastie, puisqu'ils nous sont révélés principalement par un monument du règne de Thoutmès IT; 2° qu'ils furent des rois indépendants, puisqu'ils possédèrent l'Égypte du fond de la Nubie à la Méditerranée, ce qui empêche qu’ils soient contemporains des Pasteurs auxquels on attribue les XVe, XVIme et XVII®e dynasties. La marge des erreurs possibles se rétrécit donc de plus en plus, et on voit par ces détails que nous n’avons à hésiter qu’entre la XI®e et la XIVe dynastie. Or la XIIe dynastie eut une durée de 453 ans, et comme elle eut Thèbes pour siége officiel de son gouvernement, il est plus naturel de lui attribuer les beaux monuments des Sebekhotep que de supposer que ces monuments soient dus à la XIVe qui, pendant 184 ans, régna dans une localité obscure du Delta (Xoïs). C’est donc en vain que Manéthon aura passé sous silence les noms des rois qui succédèrent aux Amenemès et aux Sesortosis : on vient de voir comment la science, par une suite d’inductions ingénieuses et délicates, a su les retrouver. — On rencontre, du reste, les cartouches des deux dynasties qui nous occupent, nonseulement au Papyrus de Turin et au côté droit de la Salle des Ancêtres, mais encore sur des stèles répandues dans les divers

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Musées, sur des colosses de Sän, sur les parois de quelques hypogées de Syout, ainsi qu'à Asouan et à Hamamât. — Je dois ajouter que plusieurs rois, entr’autres Skhaï-het, dont les cartouches figurent dansles collections du Musée Vice-Royal, ne sont classés que conjecturalement dans la XIV»° dynastie, et que rien ne m'étonnerait si des recherches nouvelles, aidées de monuments encore à découvrir, nous forçaient à reporter ces rois à la période qui s'étend de la Vime à la XIw,

XV*° et XVIr° Dynasties.

Ici vide monumental qui a pour cause la présence des Hycsos. Ceux-ci ne nous ont laissé aucune trace directe de leur passage sur les bords du Nil. Peut-être les rois égyptiens, expulsés des provinces septentrionales, ont-ils régné sur quelques points encore ignorés de la Haute-Égypte; mais, pas plus que les Pasteurs, ils pe sont représentés dans la série des monuments égyptiens.

XVIIe Dynastie.

Dynastie double, Une dynastie de rois Pasteurs règne à Sàn, tandis qu’une dynastie de rois Égyptiens règne à Thèbes. La renaissance qui se manifeste à Thèbes offre des analogies singulières avec celles qu'on constate au commencement de la XI"° dynastie. À cemoment Drah-abou’l-neggah devient de nouveau le cimetière de Thèbes. Les cercueils richi (c’est-à-dire à plumes), etles mauvaises momies qui les emplissent, reparaissent. Les mêmes vases, les mêmes armes, les mêmes meubles se retrouvent dans les tombes. Quelques cercueils de princes et de personnages élevés, sans négliger l’ornement traditionnel des ailes, sont dorés des pieds à là tête, autre manière de rappeler, par le chatoiement de l'or dans les parties saillantes, un des titres d’Isis protégeant Osiris : « Elle à fait de la lumière avec ses plumes. » En outre les morts s'appellent comme autrefois Entef, Améni, Ahmès, Aah-

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hotep, si bien qu'aujourd'hui l’œil le plus exercé a peine à distinguer entre eux des monuments que plusieurs dynasties et une longue invasion séparent. Quant aux rois et aux princes de cette XVII®%e dynastie thébaine, on les trouve mentionnés dans des listes gravées sur les murs de certains hypogées de Qournah, sur une table à libations du Musée de Marseille, et sur quelques objets conservés dans les collections publiques de l’Europe et de Boulaq. Les abréviateurs de Manéthon nous ont laissé, d’après l’annaliste égyptien, diverses listes des rois qui formèrent la XVII" dynastie de Sàn. Dans ces noms propres {Saitès, Siaan, Assis, Asseth, Sethos) le nom du dieu Set, en honneur parmi les peuples dont les Khétas ont été le rameau le plus distingué, paraît avoir dominé, Deux seuls des noms royaux de la XVII®* dynastie de Sàn ont été jusqu'ici retrouvés sur les monuments : celui du premier roi de la dynastie, Saïtès {écrit sur une stèle de notre Musée Set aa pehti Noubti), et celui du dernier roi Apophis, dont l'orthographe égyptienne Apapi est exactement celle de l’Apappus de la Vl** dynastie. Les monuments se rapportant aux Pasteurs de la XVII" dynastie sont d’ailleurs : 4° quatre grands sphinx de granit (Musée de Boulaq) trouvés à Sàn; au lieu de la coiffure ordinaire ils ont la tête couverte d’une épaisse crinière de lion ; les traits du visage sont anguleux, sévères, vivement accentués et rappellent ceux des pêcheurs actuels du lac Menzaleh ; sur l’épaule droite de chacun d’eux Apophis a fait graver ses cartouches avec le titre aime de Set; plus tard ils ont été usurpés de nouveau par Ménephtah (XIXe dynastie) et Psousennès (XXI"°); 2° un groupe de granit (Musée de Boulaq) représentant deux personnages debout, tenant sur leurs mains étendues une table d’offrandes chargée de poissons et de fleurs; ce magnifique morceau n’a aucune légende contemporaine de l’époque de son érection; mais le travail des têtes, identique à celui des quatre sphinx, assure la date du monument; 3° une tête de roi Pasteur (Musée de Boulaq) trouvée à Myt-Farès (Fayoum), découverte importante en ce qu’elle prouve que les Pasteurs se sont avancés jusque-là et par conséquent ont occupé

Memphis; 4° un papyrus du Musée de Londres; selon le récit dont ce papyrus conserve le texte, le Roi Raskenen gouvernait à Thèbes tandis que notre Apophis était établi à Sàn; le papyrus parle d'une querelle et laisse entrevoir des hostilités prochaines entre les deux souverains; 5° un second récit gravé sur les parois de l'un des tombeaux d’El-Kab appartenant à un fonctionnaire nommé \hmès; ici encore l'inscription raconte les principaux événements de la vie du défunt : Ahmès passa son enfance sous Raskenen, et prit ensuite part aux campagnes du roi Amosis contre les Pasteurs,. campagnes qui eurent pour résultat la définitive expulsion de ces Asiatiques; 6° enfin je mentionnerai, comme se rapportant indirectement à notre XVII®: dynastie des Hycsos, la grande stèle de granit trouvée pendant nos fouilles à Sän et dont le vrai sens. échappe encore à nos investigations ; elle est du règne de Ramsès ]] (XIXe dyn.) et datée de l’an 400 du roi Set aa pehti Noubti. Si ce roi est le Saïtès de Manéthon, il semblerait, quel que soit le motif de l'érection de la stèle, que 400 ans se sont écoulés entre l’avénement de la XVII" dynastie et l’année de Ramsès II pendant laquelle notre texte a été gravé, renseignement dont l’importance chronologique n’échappe à personne. L'année du règne de Ramsès IT est à la vérité inconnue; mais comme la stèle contient une invocation à Set, et que le culte de Set (ou Sutekh) ne fut rétabli à Sän qu'après la paix conclue entre les Khétas et Ramsès, l'an 23 du règne de ce dernier prince, il s'ensuit que la date cherchée est postérieure à celle que nous venons d’énoncer. ‘

XVIII" Dynastie.

Le classement des rois de ia XVIIIe dynastie ne s’établit pas sans discussion. Des altérations regrettables ont en effet porté atteinte à l'intégrité des listes de Manéthon. Non-seulement les noms propres y sont mal transcrits, mais on y trouve aussi certains règnes transposés. D'un autre côté, la Table d’Abydos, qui, seule des monuments hiéroglyphiques, a conservé une liste suivie

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des rois de ce temps, n’est pas complète, et de parti pris saute par-dessus quelques personnages royaux qu’elle a sans doute regardés comme illégitimes. Quant à la Table de Saqqarah, des 12 cartouches qu’elle place entre Rarnsès II et Amosis, dix sont à jamais perdus. Nous devons donc renoncer à obtenir, soit de Manéthon, soit des monuments, une liste déjà faite de la XVIIme dynastie, et pour avoir celte liste, il faut la demander aux éclaircissements qu’on pourra tirer çà et là de l’étude des textes. — Les monuments principaux qui, après la Table d’Abydos, servent à amener cet important résultat, sont : 4° l’inscription d’El-Kab, dont nous avons déjà parlé. On y trouve la mention chronologique des quatre rois sous lesquels Ahmès vécut : askenen (1), Amosis, Aménophis I et Thoutmès I. Le premier de ces rois appartenant à la XVII" dynastie, on rangera les trois autres en tête de la XVIII“; 2° une autre inscription tirée d’un tombeau d’El-Kab, et la base d’une statue, aujourd’hui au Louvre, découverte dans le même tombeau. Ici le personnage auquel ces monuments se rapportent vécut successivement sous Amosis, Aménophis 1, Thoutmès 1, Thoutmès IT et Thoutmès II. Dans le courant du même texte est nommée la régente Hatasou, sans rang chronologique; mais comme Thoutmès II fit marteler ses cartouches, et qu’elle-même usurpa souvent ceux de Thoutmès I, il s'ensuit qu’elle se place entre ces deux princes. La première série d'El-Kab est donc augmentée par la seconde de trois nouveaux cartouches. La parenté de ces rois, et en particulier celle des Thoutmès, est d’ailleurs établie par divers autres monuments parmi lesquels on distingue les obélisques de Karnak, la grande inscription commémorative des campagnes de Thoutmès IT dans le même temple, et des statues que possèdent les Musées de. Londres et de Berlin; 3° une stèle du Musée de Boulaq, consacrée à un personnage nommé Neb-oua. Thoutmès IT et Aménophis I

(1) L'étude des bijoux de la reine Aah-hotep ferait supposer qu'un roi. nommé Kamès, doit être placé entre Raskenen et Amnsis,

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y sont placés dans leur ordre ; 4° une inscription du tombeau de Hor-em-Heb à Abd-el-Qournah (prov. de Qéneh). Hor-em-Heb fut successivement le serviteur des rois Aménophis I, Thoutmès IV et Aménophis III. La série se continue donc sans interruption, et déjà nous possédons la presque totalité des rois de la XVHI®- dynastie. Si l’on en croyait la Table d’Abydos et Manéthon, le dernier de ces rois, Aménophis If, aurait eu pour successeur immédiat Horus. Cependant si l’on étudie les monuments, on s'apercevra qu'Horus à fait construire à Karnak un pylône avec les matériaux d’un édifice détruit portant les cartouches de Khou-en-Aten (aussi nommé Aménophis), lequel Khou-en-Aten lui est par conséquent antérieur; que ce Khou-en-Aten a fait exécuter des martelages dont les traces se reconnaissent sur les inscriptions jusqu’à la fin du règne d’Aménophis If, preuve qu’à son tour Aménophis III était antérieur au roi fanatique de Tell-el- Amarna. Le doute n’est donc pas possible, et entre l’Aménophis et l’Horus de la Table d’Abydos, prendra place celui que nous appelons avec raison Aménophis IV. Je ne pousserai pas plus loin ces démonstrations : je ne ferai pas voir par quelle suite d’observations on a découvert qu'Aménophis IV ne fut pas le seul de sa lignée, et qu’il eut pour successeurs deux ou trois souverains exclus comme lui de la série des Pharaons légitimes. Ce que j'ai voulu prouver, c’est que les monuments à eux seuls nous ont rendu la XVIII®* dynastie tout entière, et que nous n’avons en définitive rien perdu aux altérations du texte de Manéthon et aux lacunes de la Table d’Abydos. — Avec la XVIII® dynastie, nous entrons du reste dans la période monumentale. A Gebel-Barkal, près d’Abou-Hammed et de la 4e cataracte, Aménophis I fonda un temple dont les avenues sont précédées de sphinx en forme de béliers accroupis. A Soleb entre la 2% et la 3"° cataracte, à Semneh, un peu au-dessus de Wadi-Halfa, à Amada en Nubie, des temples sont bâtis par Thoutmès HI. Un des plus jolis temples de Égypte, détruit il y a trente ans par le vandalisme des habitants d’Asouan, avait été fondé dans l’île d'Éléphantine par Améno-

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phis IL. Une porte de granit, encastrée dans la cour d'enceinte du temple d'Ombos, rappelle le souvenir de la régente Hatasou. À Gebel-Silsileh apparaissent des bas-reliefs qui relatent les campagnes d'Horus. Thèbes est en quelque sorte toute resplendissante encore des belles constructions qu'y a laissées la XVITI®e dynastie. Sur la rive gauche, c’est le temple de Deir-el-Bahari, c’est la partie septentrionale de Médinet-Abou, œuvre des Thoutmès, ce sont les colosses d’Aménophis II, ce sont les magnifiques hypogées d’Abd-el-Qournah, ce sont les trois ou quatre tombeaux de rois qu’on visite dans la vallée de l'Ouest; sur la rive droite, les grosses constructions de Karnak sont dues à la XVII" dypastie, et Aménophis II fut le fondateur du temple de Louqsor, à l'embellissement duquel ses successeurs jusqu’à la XXVI*° dynastie travaillèrent. Dans les autres parties de l'Égypte, la XVIIe dynastie n’a pas laissé moins de traces. On en trouve à EI-Kab, à Tell-el-Amarna, à Gebel-Touneh, à Memphis, à Saqqarah, aux Pyramides, à Héliopolis, à Serbut-el-Kadim, à Wadi- Maghara. — Enfin, je rappellerai que la XVIII" dynastie est de celles qui ont le plus enrichi les Musées d'Europe et du Caire. Les belles statues de Turin sont en effet de la XVIII®* dynastie. Le Musée du Vice-Roi possède un buste colossal représentant Thoutmès II, qui certes égale ces statues comme œuvre d'art, C’est aussi au Musée de Boulaq qu'appartient la stèle de granit qui, bien que nouvelle dans la science, est déjà cependant célèbre. Sur cette stèle est gravé un poëme composé en l'honneur des victoires de Thoutmès II. L’'inspiration la plus pure a guidé l’auteur de ce beau chant poétique qui, bien qu’antérieur de plusieurs siècles à Homère et à la Bible, n’en est pas moins un des plus précieux échantillons de la littérature ancienne. C’est aussi à la XVIIIe dynastie, et au premier de ses rois, que remontent les beaux bijoux découverts sur la momie de la reine Aah- Hotep, mère du roi Amosis, et aujourd’hui conservés dans la collection, de Boulak. Parmi les plus remarquables d’entre eux, il faut citer :

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1° Une hache, symbole ordinaire de la Divinité. Le tranchant est d'or massif. On y voit d'un côté des représentations symboliques; de l’autre est une image du roi Amosis lui-même, les jambes écartées et levant le bras pour frapper un bar»are. Le manche de cette hache est en bois recouvert d’une feuille d’or. Une légende hiérogly phique, découpée dans la feuille d'or, laisse lire toute la série des titres royaux d’Amosis.

2% Un pectoral en or massif découpé à jour. Ce monument, unique jusqu'ici et d’un prix inestimable, a la forme générale d’une chapelle égyptienne. Au centre, Amosis est représenté debout dans une barque et naviguant sur l'Océan céleste. Deux divinités sont près du roi et lui versent sur la tête l’eau de purification. On remarquera le fini d'exécution qui distingue ce rare monument. Les couleurs ne sont pas obtenues, comme on le pense généralement, par des émaux, mais par des plaquettes de pierres précieuses arrangées dans des cloisons d’or. Les pierres qu’on y remarque sont : la turquoise, le lapis-lazuli, la cornaline rouge. Au revers le monument offre une série de gravures à la pointe qui forment un ensemble peut-être plus harmonieux encore que la face principale.

3° Une barque en or massif portée sur un chariot à roues de bronze. La forme de cette barque rappelle celle des caiks de Constantinople et des gondoles de Venise. Les rameurs sont en argent massif, Au centre se tient assis un petit personnage armé d'une hache et d’un bâton recourbé. A l'arrière est le timonier qui dirige la barque au moyen du seul gouvernail connu alors, c’est-à-dire par une rame à large palette. À l’avant est debout le . chanteur, chargé de régler la cadence des rameurs. Près de lui sont gravés les cartouches du roi Kamès. Quant à la signification de ce monument, elle était toute symbolique. Les Égyptiens croyaient qu'avant d'arriver à sa dernière demeure, l’âme devait traverser des espaces éthérés où se rencontraient des champs, des fleuves, des canaux. La barque symbolisait ce voyage dans l’autre monde.

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le Un bracelet en or massif avec figures en or sur fond de lapis-lazuli. Ce bracelet est encore un chef-d'œuvre de gravure. Les représentations qu’on y voit sont celles de divinités funèbres.

5° Trois abeilles découpées dans des plaques d’or massif et réunies par une chaîne commune. On pense que ces trois abeilles formaient une décoration. L'usage des décorations dans l’ancienne Égypte est constant. À El-Kab un fonctionnaire, nommé Ahmès comme le roi et contemporain des bijoux dont nous nous occupons, raconte sa biographie sur les parois du tombeau où il a été enseveli. On y voit qu'\hmès servit successivement sous plusieurs souverains, et que, pour les actes de bravoure dont il s’honora, il fut décoré jusqu’à sept fois. Mais il ne paraît pas que cette décoration militaire ait été l'abeille retrouvée dans le tombeau de la reine Aah-hotep. Il est plus probable que l’insigne était le lion, dont on a d’ailleurs quelques exemples dans les peintures des hypogées.

6° Un diadème en or qui servait à retenir dans sa partie circulaire les cheveux qui y étaient réunis en tresses. Il est orné de : deux petits sphinx accroupis à chaque extrémité d’une sorte de boîte en forme de cartouche. Le nom du roi Amosis, en lettres d’or sur fond de lapis, se lit au milieu de ce cartouche.

7° Un poignard à lame d’or. Rien de plus gracieux que ce morument, La poignée est ornée de dessins en triangle de diverses couleurs. Elle est terminée par quatre têtes de femmes du style le plus pur. Au milieu de la lame court une bande de métal foncé sur laquelle se détachent vivement des ornements en or damasquiné. Les légendes d’Amosis y sont encore reproduites. D'un côté, elles sont accompagnées par une suite de sauterelles qui vont en s’amincissant jusqu'à l'extrémité du poignard. De l’autre côté, on voit la représentation très-singulière d’un lion qui se précipite sur un taureau. Ce sujet, d’un caractère tout asiatique, est d’autant plus à remarquer qu’on le trouve sur un monument contemporain d’un roi qui avait été relégué dans la Haute-Égypte pendant la majeure partie de son règne.

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