‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 7 sur 20 · UN · texte numérisé non relu

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les rois du Moyen-Empire, dans le but, soit de régulariser les inondations de ce fleuve impétueux, soit d'élever un rempart naturel entre l'Egypte et ses plus redoutables ennemis en rendant cette cataracte impraticable aux navires qui descendaient du Soudan ? C’est ce que je ne pourrais dire.

Nous ne savons absolument rien de la XIVe dynastie. Selon quelques auteurs modernes, elle aurait régné dans la Basse-Egypte pendant que les rois de la XIII" régnaient dans la Haute. Mais cette assertion est contredite par les statues du Musée de Boulaq, qui représentent des rois de la XII®° dynastie, et quiontété trouvées à Sàn. Il est évident que, si les rois de la XIII®* dynastie avaient été relégués dans la Haute-Egypte, ils n’auraieni pas orné de leurs images les temples placés sous la domination d’une dynastie rivale,

Au rapport de l’un des abréviateurs de Manéthon (Eusèbe), les deux dynasties suivantes (la XV“: et la XVI“) furent originaires de Thèbes. Pendant que ces familles royales faisaient de la ville des Entef la capitale de leur empire, l'Egypte du nord était le théâtre d’un des plus terribles événements dont les annales égyptiennes aient gardé le souvenir. Sous les derniers rois de la XIV“: dynastie, l’œuvre de civilisation s’accomplissait et tout fait présumer que le pays marchait paisiblement dans les voies du progres. Tout à coup, des peuples sans gloire, que Manéthon appelle des Hycsos ou Pasteurs, envahissent du côté de l’Asie les frontières du Delta, massacrent les populations, pillent les temples et imposent leur joug par le fer et le sang aux provinces septentrionales de l'Egypte. Pendant quatre siècles, les rois relégués dans la Thébaïde eurent ainsi pour voisins, et probablement pour maitres, ces barbares envahisseurs. Dire ce qu’à ce moment l'Egypte eut à subir de bouleversements est impossible. Le seul point qu’il nous soit permis de donner comme certain, c’est que pas un monument de cette époque désolée n’est venu jusqu’à nous pour nous apprendre ce que devint, sous les Hycsos, l’antique splendeur de l'Egypte. Nous assistons donc, sous la XV": et la XVI" dynastie, à un nouveau naufrage de la civilisation égyptienne. Si

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vigoureux qu’il ait été, l’élan donné par les Osortasen s’ärrête subitement ; la série des monuments s’interrompt, et l'Egypte nous instruit, par son silence même, des calamités dont elle fut frappée.

La période qui suit ne peut être bien étudiée que dans les monuments du Musée de Boulaq. Là l'Egypte se montre, sous la XVIIwe dynastie, partagée, comme sous les deux dynasties précédentes, entre des rois rivaux. Mais à la nuit profonde qui vient, pendant si longtemps, de couvrir le pays de ténèbres, succèdent des jours plus sereins. Dans la Haute-Egypte, les fouilles toujours infructueuses quand on leur demande des monuments de la XV®" et de la XVI® dynastie, commencent à être moins rebelles à nos efforts dès qu'il s'agit de monuments de la XVIIe, et parmi les personnages dont les tombes de Qournah conservent les restes, on distingue de nouveau toute une hiérarchie de fonctionnaires qui trahit un état policé. Dans la Basse-Egypte, une autre dynastie de Pasteurs s'élève à Tanis (Sän), rameau détaché de cette confédération de peuples adorateurs de Sutekh qui, sous le nom de Khétas, habitaient les plaines voisines du Taurus. Mais cette fois les Hycsos ne sont plus les dévastateurs que Manéthon nous dépeint. Loin de là, les monuments du Musée nous les font voir, vainqueurs de l'Égypte, se laissant à leur tour envahir par la civilisation des vaincus. L'Egypte réagit ainsi par ses arts, par sa religion, par sa gloire, contre ses oppresseurs. Elle les force à orner le temple de Sàn de sphinx égyptiens taillés à leur image. Elle leur impose son écriture. Elle les amène peu à peu à devenir Égyptiens, et, véritables Pharaons, à se faire appeler comme eux les fils du Soleil. A la vérité, les Pasteurs de la XVII" dynastie, tout en faisant de Sàn la ville de Sutekh par excellence, avaient placé ce dieu au sommet de leur panthéon ; mais comme ils n’avaient ni renversé n1 proscrit le culte des dieux égyptiens dont ils étaient également les adorateurs, on ne doit voir dans ce fait que l’hommage d’un peuple devenu égyptien à la divinité qui fut celle de ses ancêtres. Les traditions violentes de la XVe et de la XVI® dynastie sont donc ici interrompues. Sous les nouveaux Hycsos,

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