‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 8 sur 20 · NO · texte numérisé non relu

NO

l'Égypte renaît à des jours meilleurs. Manéthon d’un côté, les monuments de l’autre, nous conservent les noms de ces rois dont la postérité n’eut pas à détester la mémoire. Bien plus, quatre cents ans plus tard, un -des grands conquérants de l'Égypte, Ramsès If, à la suite d’un traité de paix qu'il venait de conclure avec les Khétas eux-mêmes, célébrera à Sän le quatrième arniversaire séculaire de l’avénement de la XVII”* dynastie, et par courtoisie décernera à Saïtès, son premier roi, le titre d’aïeul de sa race. En résumé, au Nord comme au Sud, sous ses rois nationaux comme sous ses maîtres asiatiques, l'Égypte sort du long engourdissement dans lequel elle vient d’être plongée, et nous voyons s'élever le long des rives du Nil des monuments qui, tout en portant la trace encore trop évidente de la conquête, attestent cependant des jours moins agités.

Nous venons de voir Ramsès Il, à quatre cents ans de distance. réédifiant Sàn, c’est-à-dire la ville de Sutekh, et rendant hommage au roi Pasteur qui le premier introduisit le culte de ce dieu en Égypte ; mais on conçoit que sous la XVII"* dynastie, les princes exilés dans la Thébaïde n’avaient pas les mêmes ménagements à garder envers ceux qui ne pouvaient être que leurs rivaux. En effet, une guerre courte mais acharnée éclata bientôt. Ce fut le signal de la déroute des Pasteurs. Assiégés jusque dans leur capitale par un roi illustre entre tous, Ahmès ou Amosis, les Asiatiques furent enfin vaincus. Le gros de la nation passa l’isthme et s’enfuit en Asie. Aux autres, Amosis permit de garder, pour les cultiver, une partie des terres dont leurs ancêtres s'étaient emparés. Ainsi finit la douloureuse période qui marque une page si sanglante dans les annales de l'Égypte. Par les victoires d’Amosis, le sceptre antique de Ménès revint aux mains de ses possesseurs légitimes. Une fois sortis du pays qu’ils avaient usurpé, les Pasteurs n’y reparurent plus, et si l'Égypte doit les rencontrer encore, ce sera sur Jes champs de bataille où ils porteront les armes, confondus avec les Khétas. Quant à ceux que la politique d’Amosis attacha au sol qui les avait si longtemps nourris, ils formèrent

dans l’orient de la Basse-Égypte une colonie étrangère tolérée aux mêmes titres que les Israélites. Seulement ils n’eurent pas d'Exode, et, par une destinée singulière, ce sont eux que nous retrouvons dans ces étrangers aux membres robustes, à la face sévere et allongée, qui peuplent encore aujourd’hui les bords du lac Menzaleh. N'oublions pas d’ajouter que de fortes présomptions tendraient à faire croire que le patriarche Joseph vint en Egypte sous les Pasteurs et que la touchante histoire racontée dans la Genèse eut pour théâtre la cour de l’un de ces rois étrangers. Joseph n'aurait donc pas été ministre d’un Plfaraon de sang national. C’est un roi Pasteur, c’est-à-dire un roi Sémite comme lui que Joseph aurait servi, et l'élévation du ministre hébreu s'explique d'autant plus facilement qu'il aurait été accueilli par un souverain de la même race que lui.

Nous arrivons ici à la fin du Moyen-Empire. Pendant Îles 1361 ans que nous venons de parcourir, bien des événements traversèrent la fortune de l'Égypte. Inauguré sous la XI"° dynastie, le Moyen-Empire nous montre à son origine l'Égypte hésitante et troublée, comme si elle se réveillait d’une invasion, et, à sa fin, c’est encore en présence d’une invasion, celte fois trop certaine, que nous nous rencontrons. Le lac Mœæris, les hypogées de Beni-Hassan et de Syout, les colosses de Sàn et d'Abydos, les obélisques de Matarieh et de Begig nous prouvent qu'heureusement, entre ces deux périodes agitées, l'Égypte connut des jours de véritable grandeur.

Page 1