‹ Apercu de l'histoire ancienne d'Egypte pour l'intelligence des monuments exposes dans le temple du parc egyptienChapitre 3 sur 10 · PÉRIODE PAÏENNE · texte numérisé non relu

PÉRIODE PAÏENNE

Les rois nombreux qui, pendant toute la durée de la iwriode paieniie, ont successivement paru sur le trône, sont distingués entre eux par groupes qu’on appelle dynasties. Quand la dynastie est indigène, elle prend le nom de la ville qui a été choisie pour siège ofliciel du gouvernement, et nous avons ainsi des dynasties Memphites, Tliébaines, Klepliantines, Tanites, selon que les rois siégeaient à Uyt-lUihynet, à Medinel Abaii, à üézyret-.isouan, h Sdn. Quand, au contraire, la dynastie n’est (las nationale, je veux dire quand elle est venue du dehors et <]u’ellc a été impos<;e par la conquête, elle s’ap|K'llo alors du nom de la nation qui s’esi

oinpanîe de rfigypte, cl nous avons des dynasLies élliiopicnncs, persanes, grecques et romaines. Depuis les premiers âges de la monarcliie égyptienne jusqu’à ses derniers jours, on compte laESTE-QUATnE dc ces dynasties. Iæ point de départ de toute description des monuments, comme de tout récit de la période païenne, est donc le partage préalable des rois égyptiens en trente-quatre grandes divisions correspondant à des familles royales et distinguées entre elles par les villes choisies pour être, du lcm|)s de ces familles, la capitale de l’Égypte.

Avant de commencer l’hisloiro do ces trente-quatre dynasties, il convient de jeter rapidement un coup d’oeil sur les matériaux dont la mise eu œuvre a pour résultat la reconstruction de la période païenne. On en connaît de trois sortes :

Les premiers, par la valeur et la quantité, sont les monuments ég\ plions eux-mêmes, temples, jtalais, tombeaux, statues, inscriptions (1). Aucune autorité n’a plus dc poids, puisque les monuments ont l'avantage d’avoir été les Incontestables témoins des événements qu’ils raconUmt. 11 n’y a pas bien longtemps encore, 'les monuments étaient, à la vérité, loin dc posséder le crédit dont ils jouissent aujourd’hui. En effet, le sect et dc la mystérieuse écriiure qui les couvre était perdu, et il était dillicile dc voir, alors dans une antiquité égyptienne autre chose qu’un objet privé do sa signilicalion propre, et par conséquent sans intérêt. Mais, il y a quarante ans environ, un homme de génie s’est révélé qui a réussi, à force de pénétration, à faire luire la lumière la plus inattendue sur les ténèbres dc l’écriture égyptienne. Cet homttio de génie était Champollion. Par lui, les monuments égyptiens jusqu'alors muets ont lait entendre leur voix; par lui le voile s’est déchiré, et l’ancienne Égy])te, célèbre dans toute l’antiquité par sa sagesse et sa grandeur, nous est apparue comme elle était autrefois. Les monuments égyptiens ne sont donc plus aujourd’hui des objets de vainc curiosité ; ils sont des pages de pierre où

(1) Voyez à rAiTESDicE le (lol.iil îles moiituueuls lu'iiicipaiix.

nous dôdiiiïrons, dans unoôcrilnre que nous savons lire, l’iiisloirc dont ils furont les conlemporains.

Aprisi les monuments, il est juste de placer une histoire d'I'gypte qui avait été ('■critc en grec par un prêtre égyptien nommé Manéthon. Certes, si ce livre nous était parvenu intact, nous ne posstlderions pas de guide plus fidèle : égyptien de naissance et prêtre instruit non-seulement dans les mystères do sa religion, mais encore dans les littératures étrangères, puisqu’il savait le grec, Manétlion, on effet, était capable d’écrire un livre vraiment complet sur riiistoire de son pays, et la possession de ce livre serait aujouid’hui pour nous un véritable trésor. Mais l’ouvrage du prêtre égyptien a péri avec tant d’autres dans le grand naufrage do la littérature ancienne, et nous n’en possédons plus que quelques fragments conservés par des écrivains postérieurs. Tel qu’il est, Manéthon est encore cependant une de nos autorités le plus souvent consultées, et on l’appelle avec raison rhistorien national.

Derrière Manéthon et les monuments, on placera tous les renseignements de seconde main qu’on trouve épars çà et là dans les historiens grecs et latins. Parmi ces auxiliaires, on citera particulièrement : 1" Hérodote, historien grec qui visita l’figyptc vers l’an fi50 avant Jésus-Christ, et qui nous a laissé une intéressante description de ce pays; 2» Diodore de Sicile, autre voyageur grec qui, vers l’an 8 avant notre ère, i)arcourut les bords du Nil, et comme Hérodote, consacra à l’ÉgypU; un chapitre spécial de son livre; 3” Strabon, géographe grec à peu près contemporain du précédent, qui nous a donné les renseignemeiiLs les plus utiles et les plus précis sur la géographie de l’Égypte ; li° enfin Plutarque, qui, vers l’an 90 de notre ère, écrivit en grec un traité sur Isis et Osiris, que les découvertes de la science nous prouvent tous les Jours être un écho fidèle des antiques traditions égyptiennes.

Après ces explications que j’ai crues nécessaires pour montrer tout à la fois, et la solidité de notre point de départ, et le crédit

il accorder aux résultats (|ue nous allons enregistrer, je divisera les trente-quatre dynasties en cinq grandes époques :

1,’ANciEN-EurmK, de la l"à la XI"' dynastie;

Ixî Moyes-Emi'ire, de la Xl"° à la XVlll"* dynastie ; l.e Nouvel-Emi'IBe, de la XVI11“‘ h la XXXI"' dynastie ; L'Écypte sous LES GiiËCS, XXXII"' et XXXIll"' dynasties ; 1,’ÉGVnE sous LES Romains, XXXIV"' dyiuisiie;

et Je coniuiencerai par r.lncien-iimpirc l’iiistoirc de l'figypte lieiid.int la piiriixle païenne.

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