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Aperçu de quelques difficultés à vaincre dans la construction du canal de Panama [microforme]

Pour ajouter à la clarté de mes conférences sur le canal de Panama, dont la première a été faite devant la Société d'histoire naturelle de Santa Barbara, en Californie, le 9 Juin 1885, et la seconde à Buffalo, comté de New-York, aux États-Unis, lors de la réunion de l'Association pour l'avancement des sciences (section D de mécanique appliqué et de génie civil), je dirai que, tout en exerçant la profession de médecin pendant mon séjour de cinq années sur l'isthme, depuis Mai 1880 jusqu'au 25 Avril 1885, j'ai été dûment nommé comme correspondant attitré de la Gazette, organe paraissant à Montréal, au Canada, qui a pour rédacteur en chef M. Richard White. Qu'en outre j'ai été, pendant deux ans, le correspondant du journal The World, qui a M. Henry William Hurlburt pour rédacteur en chef, et M. John Gilmer Speed pour directeur-gérant; et un peu plus tard, pendant une année, le correspondant du Sun, autre organe de New-York, dont le rédacteur en chef est M. Charles A. Dana. En dehors de mes envois réguliers à ces journaux, j'ai été chargé d'écrire sur le canal de Panama un article spécial qui a paru le 4 Juillet 1885, dans ÂZarper's Tllustrated Weekly, organe hebdomadaire de New-York; un autre article sur les tremblements de terre isthméens de Septembre 1882,

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qui a paru vers la fin de cette même année dans l'ZUustrated Weekly de Frank Leslie, à New-York; et, en dernier lieu, une lettre pour le ÆVew York Herald, adressée à ce journal par voie du télégraphe sous-marin, ainsi que des notes explicatives ultérieures sur ces mêmes phénomènes.

Comme médecin praticien parlant le français et l'espagnol, je me suis trouvé constamment en rapport avec des gens de toutes les classes. Parmi mes amis et connaissances, j'en comptais beaucoup qui étaient ou des ingénieurs ou des médecins employés par la Compagnie du Canal, Il va sans dire que je dus, comme correspondant résidant sur les lieux et spécialement nommé par les organes précités, me tenir bien au courant des évènements se passant sur l'isthme, alors on ne peut plus affairé, et, en première ligne, de toutes les questions se rapportant au canal de Panama,

Pendant mon séjour à Panama, j'ai été nommé par le Président de l'État, membre de la commission sanitaire (Funta de Sanidad) et, en commun avec mes collègues le D' Mateo Ituraldi, président, le D' A, A. Nouel, vice-président, le D' Miranda, secrétaire, et le D' Daniel Quijano Wallis, de l'armée de Colombie, aujourd'hui président de cette commission — je jouissais de facilités peu communes pour acquérir et amasser de précieuses données se rapportant aux questions de la santé publique sur l’isthme de Panama, etc., etc...

Quant à mes opinions déjà publiées sur ce dernier sujet, je n'ai pas cru devoir les joindre à cette brochure, pour ne pas en augmenter le volume. On les trouvera tout au long dans le Rapport biennal du Board of

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Health (commission sanitaire) de la Californie, publié à Sacramento en 1886, par le gouvernement de cet État.

Deux voyages particuliers à l'isthme depuis le 25 Avril 1885, m'ont permis de revoir les vieilles scènes de mes nombreuses esquisses à l'encre, et de me rendre compte des c'angements survenus entre les deux ncéans. Et depuis mon départ, j'ai constamment reçu des renseignements exacts de Panama et de Colon, renseignements émanant le plus souvent de sources officielles, et d'une nature telle qu'ils représentent à coup sür les données les plus récentes sur tout ce qui à trait à l'isthme de Panama et au canal projeté.

Les études qu'on va lire se trouvent dans l'ordre même où elles ont paru, lors de leur publication dans la presse des États-Unis et du Canada. J'ai pensé qu'il n'était que justice de les reproduire »10{ à mot, telles qu'elles ont été lues dans mes conférences, et laisser au lecteur intelligent le soin d'apprécier mes pronostiques — dont plusieurs se sont déjà réalisés — et d'établir une comparaison entre ce que j'avançais en 1885 et 1886 avec les faits nouveaux et marquants qui surgissent journellement dans tous les organes de la presse, tant en France qu'en Angleterre, au Canada et en Amérique, relativement à la construction pour ainsi dire irréalisable du Canal de Panama.

Tout en serrant de près le Rapport du capitaine Bedford C. Pim (depuis amiral), de la marine anglaise, et en ne changeant rien à mes propres écrits, j'ai cru devoir ajouter quelques renseignements puisés à même les plus récentes communications et recueillis aussi bien dans les journaux de Paris que dans ceux des États-Unis,

notamment le sommaire d'un rapport qui va être présenté au Département de la marine à Washington par le lieutenant Charles C. Rogers, de la marine américaine, et qui à été publié dans le Vew Fork Herald du 5 Juin 1887; ainsi qu'une appréciation du rapport de M. Boyd, un ingénieur anglais, qui à examiné pour son propre compte les travaux du Canal, etc., sur l'isthme, et qui tout récemment a lu un précieux. mémoire à Londres, devant l'Institut des Ingénieurs civils de la Grande-Bretagne ; et en dernier lieu, l'opinion exprimée par M. Boulanger, l'un des ingénieurs du Canal de Panama, dans un mémoire lu par lui, il y a quelques semaines seulement, devant la Société des Ingénieurs américains, à New-York. Qu'il me soit permis d'ajouter encore un mot à cette préface qui se fait longue. Il est juste de dire que j'ai moi-même cru un moment à la possibilité du Canal. Mais cette illusion s’est envolée pour ne plus jamais revenir, laissant derrière elle un vif sentiment d'amère déception. En ce qui me concerne, j'ai la ferme conviction que la construction d'un Canal à niveau, euivant le tracé établi par M. de Lesseps sur l'isthme de Panama, est une tentative au moins chimérique, si elle nest pas absolument impossible, En tout cas, si ce Canal devenait jamais une réalité, l'entreprise elle-même serait absolument nulle, en tant que rapport. Quoi qu'il en soit, avec les documents que je leur soumets, mes lecteurs pourront former leur jugement et tirer leurs

propres conclusions.

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