ACCROIS
pour ci'nt
fabriqués
ACCIIOIS- 3BMBNT
pour cent
OBJKTS
d'alîmentatioD
ACCROIH- SSMENT
pour cnt
MATlÈaKS
l'indu 6trie
ACCR0I9- SEMKNT
pour cent
fabriqués
ACcaoïs-
SEMENT pour CCII t
8i!3 l Cifi
1 i:î5 1 --.js
6SJ
en 1879 à la ])opul;Uion les souffrances d'une disette et l'importation des vins répara les désastres du phylloxéra. Les objets fabi'iqués se balancèrent à peu près (308 millions d'accroissement à l'imporlalion, 330 à l'exportation).
Dixième période. — La France est rest(''e onze ans sous le régime du tar if de 1881 cpii, pour la première fois, substituait un tarif général au tarif de 1806 complété par les lois protectrices cl prohibitives iki la Restauration. Ce nouveau tarif remplaçait pour tous les articles les droits ad valorem par des droits spi'cifiques, lesquels prêtent moins aux atL(''iuiations de valeur, et fixait les droits à jteu près, sauf exceptions, au niveau du tarif conventionnel, par conséquent au-dessous de l'ancien tarif général (jui, d'ailleurs, ne s'appliquait plus (ju'à un petit nombre d'Llats.
Le parti agraire ne fut pas satisfait. En 1 885, à la suite des très fortes importations de céréales (') qu'avaient ni'cessitées de mauvaises récoltes, surtout celle de 1879, les cidtivaleurs obtiru'ent sur le blé im[)0rt(! un droit de 3 fr. par ([uintal en 1883, puis de 5 fr. en 1887. Les vignerons, de leur côté, étaient très inquiets de l'importation espagnole et italienne.
Tout le commerce extérieur fli-cliissait. L'année 1880 avait été l'apogée: 10 7:25 millions au commerce général, 8 501 millions au commei'ce spécial, niveau où il s'était à peu près maintenu jusqu'à la crise de 1882.
Cette crise a (Hé suivie d'une longue atonie des affaires et d'une grande baisse des prix. En 1887 le commei'ce descendit à 0 181 millions (commerce gt-néral) et à 7 273 millions (commerce spécial). L'industrie et l'agriculture, qui se plaignaient de n'avoir pas eu une juste part des faveurs douanières en 1881, continuaient à réclamer plus de jirotection pour se défendre contre l'importation, quoique cette importation diminuât en même temps que les autres branches du commerce; elles unirent leurs réclamations, s'appuyant sur l'exemple de pays étrangers, surtout de l'Allemagne, qui rehaussaient alors la barrière de leurs douanes.
Onzième période. — Klles obtinrent le tarif très franchement protectionniste du 12 janvier 1892, comprenant un tarif général ou tarif maximum, applicable à tous les Ktats (]ui n'auraient pas de convention avec la France, et un tarif minimum au-dessous duquel aucune concession ne pourrait être faite par convention avec des États étrangers.
Les douanes avaient rapporté 144 millions en 1889. En appliquant par le calcul aux mômes quantités les taxes du tarif de 1892, on trouve 259 millions, soit une augmentation de 80 laquelle mesure à peu près la différence des deux régimes.
Les produits agricoles les plus importants, froment, chevaux, bœufs, qui étaient exempts auparavant au tarif conventionnel, ont iHé fortement taxés au tarif général, sans qu'une atténuation fût admise pour ces articles au tarif minimum : ils étaient mis ainsi en dehors des conventions futui'es. Beaucoup d'autres produits de l'agriculture, vins, œufs, volailles, légumes, etc., obtenaient des taxes de 10 à 25 Les droits sur les fils et tissus étaient en général augmentés et devenaient plus compliqués qu'auparavant. Nombre d'industries obtenaient une protection de 25 °/o» quelques-unes même jusqu'à 60 "/„.
Sur la double base de ce tarif le gouvernement, sans lier la France par des traités,
1. De 1878 à 188-(, en sept ans, il a été importé 140 millions d'hectolitres de froment, presque une lois et demie la récolte de la France. Le prix du quintal de froment, d'après la Commission des râleurs de douanes, tomba de aû fr. en 1880 à 20 fr. 38 eu 1885.
a conclu avec la plupart des États des conventions, révocables chaque année ('). Des conventions de ce genre laissent, comme le voulaient les protectionnistes, le gouvernement toujours maître de relever la barrière; mais elles étaient un obstacle aux entreprises commerciales de longue durée auxquelles les traités de commerce assuraient auparavant une stabilité au moins de dix ans. A diverses reprises le Parlement a retouché le tarif de 1892, presque toujours dans im sens restrictif: droit de 7 fr. le quintal sur le blé en 1894, loi du 16 août 1895 portant sur une vingtaine d'articles, loi du cadenas (13 décembre 1897), loi de 1899 sur la soie, etc.
En 189^, le commerce général a été de 9 687 millions et le commeice spi'cial de 7 649 millions (^). En 1904, il a été de 11 466 et de 8 953 millions : augmenlalion de 1 779 millions au commerce général, soit de 437 millions en moyenne par an, et de 1 304 millions au commerce spécial, soit de 108 millions par an. Mais, avant d'atteindre ce résultat, il a descendu jusqu'en 1894 une pente rapide (0928 millions seulement au commerce spécial en 1894) et, en somme, il n'a dépassé en 1904 que de 739 millions au commerce général et de 452 millions au commerce spécial le niveau atteint vingt-quatre ans auparavant, immédiatement avant le tarif de 1881. Cette faible augmentation à répartir sur un quart de siècle est presque l'état stalionnaire.
Considérons séparément l'importation et l'exportation.
lin 1904, l'importation au commerce général (5 721 millions) et au commerce spécial (4 052 millions) est restée bien au-dessous des chifl'res de 1880('). Ce sont le? objets d'alimentation qui ont diminué le plus depuis 1892 (1 400 millions en 1891 , 817 en 1904). Les Etats-Unis n'importent plus, sauf exception quand la récolle est mauvaise, qu'une très petite quantité de céréales, la récolte française suffisant presque à la consommation, et l'Algérie et la Tunisie fournissant la plus grande partie du complément. L'importation des matières nécessaires à l'industrie, au contraire, a progressé de près de 700 millions (^) : ce qui est un indice favorable ; celle des objets fabriqués a augmenté d'un peu plus de 200 millions(^) : bon résultat.
A l'exportation (commerce spécial), on trouve 759 millions en 1892 et 693 en 1904 pour les objets d'alimentation, 822 et 1 221 pour les matières nécessaires à l'industrie, 1 879 et 2537 pour les objets fabriqués. La différence entre ces deux derniers chiffres est, comme celle des chiffres de l'importation des matières nécessaires à l'industrie, un signe d'activité industrielle croissante.
Nous avons déjà dit que les éléments fournis par la statistique des douanes ne sont pas assez complets pour qu'on puisse peser exactement et balancer le rapport des valeurs importées et exportées, et qu'il y a un élément qu'elle fournit (très imparfaitement il est vrai), et qui ne figure pas dans le relevé du commerce des mar-
1. Les traités en yigueur, conclus pour la plupart en 1882, expiraient en 1892. L'Espagne, la Russie, la Serbie, la Suisse après une guerre de tarifs, la Roumanie ont traité. Le tarif minimum a été appliqué par convention à la Belgique, aux Pays-Pas, à TAngleteire, aux États-Unis pour certains articles, à l'Italie après une guerre de tarifs, etc.
2. Nous ne prenons pas comme point de départ les chiffres de 1891 (I0GC9 au commerce général et 8 338 au commerce spécial), qui sont grossis par Tempressement que des négociants ont mis à régler leurs transactions avant l'application du nouveau tarif.