‹ Aperçu des résultats de la statistique comparée du commerce extérieurChapitre 4 sur 22 · Kn iyo.j, l'importation n'a été que dit ;ii millions · texte numérisé non relu

Kn iyo.j, l'importation n'a été que dit ;ii millions

d'èlrc, comiiip auparavant, de provenance étrangère ; les vins, j)oi-tés an début pour S\i niillioas, ne sont (jne pour 160 millions en 11)04. Ce f(ui est fâcheux, c'est que la soie soiL descendue de 322 millions (391 même en 1881) à 298. D'autre part, ce (|ui esl satisfaisant, c'est que le gioupe des matières nécessaires à l'industrie ait passé en total de 2 437 millions à o 103 millions.

La courbe de l'exportation se comporte aulrement que celle de l'importation. Jusqu'en 1875 elle la serre de près, tantôt au-dessus et tantôt au-dessous; ce sont deux serpents ipii s'enlacent. Ue 1878 à 1894, elle reste constamment au-dessous, à une grande distance même, laquelle varie entre un demi-milliard et 1 milliard et demi (en 1880). Cette courbe i)résente d'ailleurs à peu près les mêmes ondulations que celle de l'importation ; mais sa trajectoire, au lieu d'être horizontale, est (juelque peu descendante jusqu'en 1894 et devient très nettement ascendante depuis 1894, de sorte qu'en 1904 la courbe de l'exportation a rejoint presque celle de l'importation. Klle paraît même l'avcjir dé|)assée en 1905 de 87 millions.

Notre exportation au commerce spécial a donc gagne depuis 1894 (3 078 millions en 1894) près de 700 millions (4 701 millions en 1905) : c'est un résultat satisfaisant.

Ce résultat esL dù principalement aux tissus de coton (113 millions en 1894, 264 en 1905), aux automobiles (100 millions en 1905), à la confection, à l'article de Paris, etc., aux relations de la France avec l'Algérie et les colonies.

Si une augmentation de l'exportation est bonne, il est nécessaire d'ajouter (pi'une augmentation de l'importation ne sam ait être considérée comme un indici' défavorable. Un excès d'importation sur l'exportation n'est pas non j)lus par lui-même un signe fâcheux ; pour en comprendre le sens et la portée, il faudrait ]jénétrer dans le détail et apprécier le motif et la valeur de chaque gi-oupe de marchandises importées. Ainsi, sous le règne de Louis-Pbilippe les importations l'ont emporté depuis I840et cependant le commerce a été pros])ère, jusqu'à lacrise do 1847. Sous le second Em[)ire ce sont les exportations qui l'ont emporté jusqu'en 1855 et de 1862 à 1866, et le commerce a été prospère en général durant le second Empire.

Le grand écart qui s'est produit brusquement depuis 1875 au prollt de l'importation a alarmé alors les protectionnistes et n'a pas été sans influence sur les réclamations qu'ils ont fait entendre et sur le demi-succès qu'ils ont obtenu en 1881.

Depuis le traité de 1860 avec l'Angleterre, le commerce de la France était sous un régime douanier lib(''ral. En vain, pendant qu'il était au pouvoir, Thiers, secondé par son ministre des finances, Pofiyer-Quertler, avait-il voulu changer ce régime ; les Etats avec lesquels la France était liée par des traités de commerce n'avaient pas consenti au changement. Sous le gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, plusieurs traités furent renouvelés. Mais l'opposition protectionniste se renforça bientôt et un premier projet de refonte du tarif douanier, conçu d'abord en 1877 dans lui esprit libéral, fut modifié dans un sens légèrement restrictif et devint le tarif du 7 mai 1881,

Ce tarif n'a pas satisfait les intérêts protectionnistes. Le parti agraire a réclamé; il a obtenu d'abord, en 1885, une taxe de 3 li'. par quintal sur le blé importé (taxe portée ensuite à 5 fr., puis, en 1894, à 7 fr.); ensuite le vote du tarif du 12 janvier 1892 qui est nettement et fortement protectionniste.

Le mercantilisme des dix-septième et dix-huitième siècles aspirait à vendre à l'étranger et à ne pas lui acheter, c'est-à-dire à exporter le plus possible et à importer le moins possible, afin d'obtenir une balance du commerce favorable et de

recevoir la différence entre le doit et l'avoir en métaux précieux, qu'on considérait, en général, comme la richesse suprême. Il assimilait théoriquement une nation à un marchand qui, faisant son invoiitairc, mesiu'e son profit par l'excédent de son avoir sur celui de l'année précédente.

Pour une nation on ne saurait établir de compte de profits et pertes puisqu'il n'existe pas de gi'and-livre où soient inscrites toutes ses dépenses et ses recettes à l'intérieur et à l'extérieur. Ce qu'on sait, par la théorie comme par la pratique, c'est qu'en définitive, ainsi que l'a clairement expliqué Jean-Baptiste Say, les produits s'achètent avec les produits, que ces produits soient des marchandises, matières premières ou articles manufacturés, (ju'ils soient des métaux précieux, lesquels n'ont pas en principe plus d'importance — ce qui ne veut pas dire qu'ils n'en aient pas une grande au point de vue de la circulation — que toute autre marchandise de même valeur, ou qu'ils soient des valeurs de bourse, des acquisitions foncières, des revenus provenant de ca|)itaux [jlaci's à l'éti'anger.

Si l'on fait la somme des importations et des exportations du commerce spécial de la France de 1876 à 1905, on trouve un excédent de 15 milliards et demi environ à l'importation ('). Il serait absurde de dire que la France s'est appauvrie d'autant.

L'exemple de l'Angleterre est souvent cité ])arce qu'il est encore plus frappant. En 1!)04, par exemple, son importation totale l'a emporti' de i milliards et demi de francs sur le total des exportations. L'importation totale de substances alimentaires (vivres et boissons) eu Angleterre a dépassé à elle seule 5 milliards et demi de francs.

C'est que la France et l'Angleterre, l'Angleterre plus que la France, ont beaucoup de ca])itaux placés au dehors, dans leurs colonies ou à l'étranger, et qu'avec les revenus de ces capitaux elles achètent des marchandises dont l'importation leur est plus profitable que ne leur serait celle d'un numéraire excédant les besoins de leur circulation.

L'importation que le protectionnisme redoute peut consister en objets utiles à la production comme matière première et outillage ou en objets utiles servant à la consommation personnelle : c'est la distinction de consommation reproductive et de consommation improductive. L'économie politique enseigne, d'une pai t, que la première est très désirable, qu'elle approvisionne le travail et qu'elle augmente la richesse ; d'autre part, que la seconde n'est regrettable que si les dépenses de luxe, excédant le revenu, étaient itrélevées sur le capital, qui se trouverait ainsi amoindri. Une nation qui vendrait ses terres, ses maisons et ses actions industrielles pour acheter des fantaisies improductives agirait comme un fils prodigue qui se ruine ; c'est un cas qui, pour une nation, ne se produit guère, sinon accidentellement.

En 187!) et dans les trois années suivantes, il y a eu un énorme excédent d'importation en France. Or, une grande partie de cet excédent provenait de l'achat de grains fait à r(Uranger ('). Les l'écoltes de 1879 et de 1880 avaient été mauvaises, en quantité et plus encore en qualit(' ; l'importation a préservé la population d'une

1, Total de.s importations : 130 milliards; total dos exportations : 114 milliards.

2. La vulfur des iniportatious de céréales avait été de 267 millions de francs en 1877. Elle s'est élevée i» ÛGI millions en 187S, a 854 en 1879, à 788 en 1880, il 520 en 18SI, à 502 en 1882. Elle est retombée a 375 millions en 1883.

famine. Doit-on regretter cette consommation, quoiqu'elle soit classée comme improductive? Le prix du blé n'a même pas monté, à beaucoup près, aussi haut que dans les cas analogues des temps antérieurs. Sans doute les cultivateurs, qui n'ont eu alors ni la quantité, ni la qualité, ni un bénéfice compensateur, comme jadis, par la cherté, ont eu lieu de se plaindre. Mais la masse du peuple, qu'un gouvernement démocratique doit prendre en considération , ne s'est pas plainte ; au conti'aire.

Les protectionnistes n'ont pas obtenu immédiatement, par les tarifs de 1881 et de 1892, la balance qu'ils souliailaient. l/importaliou est demeurée jusqu'en 1894 bien au-dessus de l'exportation. Ils ont mieux réussi pendant la dernièi'o décade ; mais, de 1895 à 1901, la diflérence a été encore chaque année de plus de 300 millions. En 1904, elle n'était plus ([uc de 49 millions. En 1905 (année dont nous n'avons encore que les résultats de ['.•04 calculés d'après les prix de 1904) l'exportation a dépassé l'importation de près de 100 millions.

D'autre part, l'importation du numéraire a été depuis 1870 huit fois(') seulement inférieure à l'exportation ; elle lui a été supérieure vingt-six fois. En somme, de 1871 à 1904 il a été importé 16 622 millions de francs en numéraire et exporté 10 854 uîillions : reste 5 708 millions. 11 y a là un poids com[iensatcur à mettre dans la balance, mais qui ne suffît pas à établir l'f'quilibrn entre les totaux de l'importation et de l'exportation.

Sur le graphique (voir à la fin de l'article) sont indiquées par les signes + et — les années où il y a eu excédent d'inqjorlation ou d'exportation du numéraire.

Le commerce général est toujours supérieur au commerce spécial. Théoriquement cependant il pourrait en être autrement, une année, par exemple, où les enti'epôts verseraient dans le commerce spécial plus de marchandises emmagasinées l'année précédente qu'il n'en entrerait à la frontière.

De 1 827 à ! 836 le conurierce général est monté de I 1 26 millions à 1 871 millions pendant que le commerce spécial montait de 921 millions à I 193 millions : différence de 745 millions et de 272 millions. Cette différence a sensiblement augmenté sous le règne de Louis-Philippe à cause des facilités données alors à l'entrepiH. Vingt ans aj)rès, en 18.56, la dilTérence s'élevait à 2016 millions (^).

Le régime libéral inaMgur(' par le traité de 1860 et le progrès des voies de communication devaient être favorables au commerce général. En effet, celui-ci a atteint en 1882 un maximum, 10 726 millions, supérieur de 2 330 millions au commerce spécial de la même année. L'un et l'autre commerce ont baissé ensuite jusqu'en 1894 et se sont relevés depuis 1895. En 1904, le commerce général a été de 11 466 millions, autre maximum qui dépasse de 2513 millions le commerce spécial.

Le commerce général a été au commerce s])écial comme 100 est à 62,6 en 1856 et comme 100 à 78,8 on 1904.

1. 1871 (Indemnité de guerre), 1879-1880 (imporlation de céréales), 1883. 1887, 1888, 1890, 1896,

2. ô 399 millions au commerce général, 3 383 au commerce spécial.

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