‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 13 sur 115 · XI.I · texte numérisé non relu

XI.I

pie chevalier romain, qui avait du reste sous ses ordres plusieurs préteurs, gouverneurs des différents nomes, et trois légions répandues dans l’intérieur du pays, jusqu’à ses frontières méridionales. Le préfet d'Egypte, véritable vice-roi, était fréquemment changé, de peur qu’il ne devint assez puissant pour s’approprier les droits du souverain qu’il représentait.

D’un autre côté, Auguste ne donna point au peuple égyptien les prérogatives , les franchises , les libertés que les Romains accordaient aux nations conquises. Il respecta, il est vrai, leurs usages civils et religieux , mais il eut soin de ne rien leur laisser qui put faciliter leur émancipation politique. Deux de ses décrets révèlent nettement ses intentions à cet égard ; l’un défendait à tout noble égyptien d’aller à Rome, et lui interdisait l’admission au sénat; l’autre ne permettait à un Romain sénateur ou chevalier de débarquer en Egypte qu’avec l’autorisation de l’empereur.

D’ailleurs Rome, qui était directement intéressée à la prospérité de l’Egypte, lira parti avec une grande sollicitude de tous ses avantages matériels. Les anciens canaux furent restaurés; on en creusa de nouveaux. Le commerce maritime fut favorisé. La grandeur cl la richesse d’Alexandrie s’accrurent encore; elle devint et demeura, jusqu’à la fondation de Constantinople, la seconde ville du monde.

L’Égypte fut. sous les Romains, le théâtre de séditions fréquentes et de troubles intérieurs. Elle lut rapidement conquise par la reine de Palmure, Zénobie, et bientôt reprise par Vurélien. I.e christianisme s'introduisit sous le régne de Domilicn. Il y prit un large

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développement, malgré les persécutions par lesquelles les empereurs romains s’efforcèrent de comprimer son essor. 11 donna à l’Egypte un nouveau genre de célébrité. La Thébaïdc se peupla de moines, et ses déserts furent sanctifiés par la foi, qui faisait alors la conquête de la terre. Alexandrie surtout prit une grande part au mouvement religieux des premiers siècles de notre ère. Arius était prêtre de cette ville, et saint Athanase, son adversaire infatigable, en fut le patriarche. Les disputes religieuses provoquèrent en Egypte, comme dans tout l’Orient chrétien à cette époque, des luttes acharnées et souvent sanglantes.

Lorsque Constantin divisa l’empire en deux grandes parties, l’Égypte fut comprise dans celle dont Constantinople devint la métropole. Mais miné par une faiblesse interne, assailli de tous côtés, le Bas-Empire ne pouvait conserver longtemps celte province. Les divisions religieuses accélérèrent cette perte plutôt qu’elle n’aurait dû normalement arriver. La masse du peuple égyptien s’était ralliée à la secte jacobile et s’était séparée par conséquent de l’Église byzantine. Delà, la haine des Égyptiens jacobites (les cophtes) controleurs dominateurs, les Grecs. Cette haine fut poussée si loin qu’elle leur fit oublier les intérêts de leur religion. Le patriarche cophte Benjamin et plusieurs de ses compatriotes influents ne craignirent pas d’appeler en Égypte les ennemis mêmes du nom chrétien, les musulmans qui s’étaient emparés déjà d’une partie de la Syrie. Ils préférèrent au gouvernement de l’empereur de Constantinople le joug des sectateurs de Mahomet. Ceux-ci saisirent avec empressement les avances qui

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leur étaient faites. Ils envahirent l’Égypte, l’an 640, sous le règne d’IIéraclius.

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