‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 16 sur 115 · XI. VI · texte numérisé non relu

XI. VI

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du pacha; mais ils s’établirent en Égypte d’une manière trop sédentaire pour pouvoir conserver l’humeur aventurière qui rendait si redoutables les janissaires de Constantinople. Aussi les mameluks demeurèrentils à peu près tout-puissants. Les membres du divan avaient le droit de rejeter les ordres du pacha en motivant leur refus; ils pouvaient même le déposer.

Réduite à ces proportions, l’autorité de la Porte sur l'Egypte était déjà bien restreinte; elle devint encore plus illusoire dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. En 17a6, l’un des beys mameluks, Aly-Bcy, refusa le tribut, chassa le pacha, battit monnaie à son effigie, mit en déroute , dans toutes les rencontres, les armées turques envoyées contre lui, et se fit proclamer lui-mème parle chérifde la Mecque , sultan d’Égypte et dominateur des deux mers. La trahison de Furie de ses créatures mit fin à sa révolte : mais elle avait porté une atteinte profonde à l’autorité de la Porte , qui devint, après lui, plus nominale et plus précaire que jamais. Depuis lors, on déposait ou l’on exilait les pachas sans la moindre hésitation ; ceux-ci sentaient si bien leur faiblesse qu’ils obéissaient à la première sommation, et quittaient leurs palais, sans faire les plus légers efforts pour résister. Plus prudents neanmoins qn’AIy, les beys qui héritèrent de sa puissance eurent garde de se déclarer indépendants. L’indépendance de lait leur suffisait; ils recevaient les ordres du sultan avec le plus grand respect apparent et ne les exécutaient jamais, lis écornaient considérablement le tribut, en faisant entrer en compte des dépenses imaginaires; quelquefois même ils le suspendaient. La Porte fer-

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uiail les yeux sur ees abus; tenter de les réprimer eût été périlleux pour elle. L’unique but de sa politique était de fomenter les divisions intestines des mameluks, et, par un système de bascule, d’empêcher qu’aucun parti ne prit le dessus et. ne put rétablir en Egypte, avec un pouvoir fort, l’ordre et l’unité. Politique funeste à la masse du peuple égyptien dont la condition , toujours misérable au milieu de l’anarchie, s est toujours améliorée au contraire lorsque le pouvoir a acquis de l’énergie cl que son action s’est concentrée.

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