‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 26 sur 115 · I.XXII INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I.XXII INTRODUCTION HISTORIQUE

Peu de temps après, il mettait en déroule en quelques heures, aux défilés de Beylan qui lui ouvraient le Taurus, l’armée du grand vizir Husseyn-Pacha, et enfin le 22 décembre 1852, il détruisait, à Koniah, avec moins de trente mille hommes , une nouvelle armée ottomane de soixante mille hommes, dont le général . Piechy-Pacha, tombait en son pouvoir.

La victoire de Koniah ouvrait Constantinople à Ibrahim. Toutes les populations musulmanes appelaient Méhémct-Ali à l’empire; s’il l’eùt voulu, il eût pu renverser la race d’Olhman. Mais le vice-roi, sage et modéré, demanda , après comme avant la victoire, l’investiture de la Syrie. Déjà Ibrahim était à Kutayeh, à cinquante lieues de la capitale, lorsque le sultan éperdu confia sa cause à la Russie, qui envoya vingt mille soldats à Constantinople et gagna, à son intervention, le traité d’Unkiar-Skelcssi. La crise était menaçante ; la question , d’exclusivement orientale qu’elle était dans le principe, devenait européenne. Les puissances et la France surtout, dont l’aimable et habile représentant à Alexandrie, M. Mimaut, avait encouragé Méhémct-Ali , s’interposèrent activement entre le viceroi et Mahmoud. Sous leur garantie, la Syrie et le district d’Adana furent cédés à Méhémet, qui se reconnut vassal du sultan, et s’engagea à lui payer annuellement le même tribut que les anciens pachas de Syrie ; cet arrangement fut conclu le 14 mai 1855.

L’adjonction de la Syrie à l’Égypte était nécessaire à la sûreté des possessions du vice-roi. Du moment où l’on est persuadé qu’il est utile à la civilisation en général que les bords du Nil soient le siège d’une puissance

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iiulépendaute, il faut reconnaître que ce but ne peut être atteint qu’en unissant la Syrie à l’Égypte. Nous avons vu en effet que la topographie militaire de cette contrée ne lui permet pas de se garantir, par l’isthme de Suez surtout, des invasions étrangères. Excepte les Mores falhimites et les Français de Bonaparte , tous les envahisseurs : Cambyse , Alexandre , les premiers musulmans, les Ayoubites et les Turcs, ont débordé sur elle par la Syrie. On ne peut donc assurer la vitalité de l’Égypte indépendante qu’en lui donnant des limites syriennes. Ses vraies frontières ne sont pas à Suez, elles sont au Taurus.

Ainsi, par la guerre de 1832, Méhémet-Ali avait tracé la conflguration naturelle du nouvel empire arabe; il lui restait, pour donner à son œuvre cette permanence qui est , en politique , la propriété et la condition des grandes choses, à asseoir solidement la dynastie qui devait présider aux destinées de cet empire.

De son côté, le sultan Mahmoud, dont la jalousie contre l’heureux vice-roi d’Égypte s’irritait chaque jour davantage, ne songeait qu’à le renverser de sa haute position. Il fomentait les troubles de la Syrie, qui ont occupé pendant plusieurs années Ibrahimi’acha. Il s’efforcait d’opposer les intérêts des puissances européennes à ceux du vice-roi en leur accordant un traité de commerce, dont il espérait que l’application à l’Égypte ferait naître des dillicultés insurmontables. Enfin, après une lutte sourde de cinq ans, lorsqu'il eut réorganisé son armée et sa flotte, lorsqu’il se crut prêt à écraser son vassal, au commencement

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