‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 31 sur 115 · LX XXI · texte numérisé non relu

LX XXI

qu’elles lui soient devenues très -familières, qu'il y ait appris tous les détails du gouvernement de l’Egypte, et que l’expérience lui ait suggéré, sur l’administration, une foule d’idées positives. En 1816, il fut mis à la tète d'une expédition contre les Wahabitcs, qu’il mena à bonne fin et au retour de laquelle ses victoires lui valurent d’être reçu triomphalement au Caire. Lorsque son père commença à organiser ses troupes à l’européenne, Ibrahim-Pacha fut des premiers à s’instruire dans les exercices et les manœuvres militaires , qu’il dut ensuite diriger comme général en chef. Il apprit tout, depuis les premiers détails du maniement des armes jusqu’aux évolutions les plus compliquées. Il s'était ainsi préparé, lorsqu’il fut nommé général de l’expédition de Morée. C’est pendant cette expédition que les journaux, égarés sur son compte par des mouvements qui avaient leur source dans leur zèle pour une belle cause , l’ont faussement représenté comme un homme féroce et sanguinaire. 11 est impossible de citer un fait avéré qui fasse peser sur lui une accusation méritée de cruauté. Ce sentiment ne peut s’allier d’ailleurs avec la bravoure calme cl généreuse que l’on connaît à Ibrahim-Pacha. L’expédition de Morée lui fut une école utile. Il s’y trouva dans des positions difficiles, et sa présomption de jeune général, habitué a vaincre et se croyant toujours maître de la victoire, reçut des leçons qui, en lui présentant la guerre sous des faces qui lui étaient inconnues , ont porté leurs fruits en mûrissant son jugement. Ce qu’il vil des troupes françaises lui fit le plus grand plaisir. Il eut l’occasion de connaître le général Maison , le général

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