‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 38 sur 115 · OC · texte numérisé non relu

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slilulion du sol dans le nord de la ligne à l’ouesl du lleuve, et jusque vers le littoral de la Méditerranée, est celle des terrains secondaires. Le calcaire y domine avec celte interposition de grès eL de poudingue que l’on remarque presque toujours entre les terrains secondaires et les terrains primitifs.

Les flancs incultes, sauvages, déchirés des montagnes dont nous venons de parler, présentent plusieurs intersections transversales, des gorges qui ouvrent aux voyageurs cl au commerce plusieurs passages à travers les déserts, pour la mer Rouge, les oasis, etc.

11. Déserts. Leur formation. — Les terrains sablonneux, incultes , qui se trouvent au delà des deux chaînes de montagnes dont nous avons parlé plus haut, forment les déserts de l’Egypte.

La surface des déserts contient des graviers, des cailloux roulés et des sables. Les sables sont composés uniquement de grains quartzeux, sans mélange d’aucune autre matière. Les Ilots paraissent les avoir couverts à d’autres époques. On les voit s’accumuler sur plusieurs points en monticules de formes et de hauteurs différentes. Des plantes ou d’autres corps solides sont ordinairement les noyaux primitifs sur lesquels les sables viennent se superposer. La plupart des monticules qui se forment ainsi sont eux-mêmes déplacés par l’action des vents, qui les poussent sans cesse dans leur direction ; et s’il en est qui demeurent stationnaires, les formes que leur imprime l’action capricieuse de ces courants d’airsonlsi bizarres, que, même rapproché d’eux, on a peine à distinguer les divers mamelons qui les composent.

APERÇU l'RYSIOrE.

[-2. Oasis. — La plus grande partie des déserts csi absolument aride, ou n’offre, pour toute végétation , que des broussailles rabougries. Les rares pluies de l’hiver laissent en effet des dépôts d’eau dans les plis du terrain. Sur les lieux bas qui jouissent de ce peu d’humidité, des germes se développent, et l’on voil s’épanouir quelques bouquets d’herbe. Mais tout disparait aux approches de l’été.

D’autres parties, en bien petit nombre, sont, grâce aux sources d’eaux qu’elles renferment, cultivables toute l’année. Elles sont connues sous le nom d’oasis, mot dérivé de l’ancienne langue de l’Égypte, dans laquelle il signifiait habitation, demeure. On les a fort bien représentées comme des des fertiles, jetées au milieu des immenses mers de sable. Cinq oasis se rattachent à l'Egypte ; elles sont situées dans le désert de Libye. La première que l’on rencontre, en descendant du midi au nord, est celle de Karghè', placée à la hauteur de Thèbcs; elle est séparée de l’Egypte par une distance de quarante lieues, et s’étend, parallèlement au Nil, sur une longueur de vingt-cinq lieues environ. Les anciens la nommaient Oasis Magna. A vingt lieues à l’ouest de cette oasis, se trouve celle de Dahkcl, qui a a peu près douze lieues de longueur sur six de largeur. En descendant l’Égypte jusqu’à la Méditerranée, on rencontre encore la petite oasis de Earafrch, à environ soixante et quinze lieues des terres; celle de llcryeh ( Oasis Parta), à trente-cinq lieues de l’Égypte moyenne, et dont les deux dimensions sont de cinq et huit lieues; enfin. celle de Siouah, si fameuse dans l’antiquité, sous le nom d’Oasis de .lupiter-Anunon, et par le pèlerinage l. 0

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<iu<! lit Alexandre au temple de cette divinité qu’elle renfermait. Située sous la même latitude à peu [très que le Fayoum, une distance de cent lieues l’en sépare ; elle a cinq lieues de long sur quatre de large. Les oasis contiennent en général des terrains très-fertiles qui produisent du sucre, du café, de la garance et principalement de l’indigo.

13. Aspect du désert. — Le désert produit, sur celui qui le voit pour la première fois, une impression solennelle. Il provoque l’âme aux pensées grandioses; je ne suis pas étonné que les chrétiens des premiers siècles aient choisi ces solitudes profondes , comme le lieu où l’homme peut se mettre le plus directement en rapport avec la Divinité, et entrer en muette contemplation devant scs insondables grandeurs. Tout ce que les poêles ont écrit sur les immensités de l’Océan peut s’appliquer au désert. L’isolement que l’on ressent, au milieu de ces espaces, est plus grand encore, car on y est sous l’impression d’un silence dont on ne peut pas donner une idée à celui qui n’en a pas ressenti les effets, et qui n’est pas même interrompu par un murmure monotone comme celui des vagues. Le premier sentiment que l’on éprouve, au milieu de ces plaines sans bornes, dont les teintes blanchâtres, animées par les feux du soleil, ressemblent à un vaste horizon neigeux, c’est le sentiment de l’indépendance et la conscience d’une liberté aussi illimitée que les espaces dans l’immensité desquels plonge la vue. Là on se représente l’état du premier homme a près la création; comme lui on se sent maître, on se sent roi , et l’on aspire avec un vif bonheur l’air du

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désert, dont la pureté dilate voluptueusement les poitrines accoutumées à la lourde atmosphère des lieux habités.

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