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Aperçu physique.
'■ITlATIOIf , FORME, LIMITES ET DIVISIONS GÉOGRAPUIQLES.
1. Situation, forme, limites. — On croirait volontiers, à l’inspettion d'une carte ordinaire de l’Egypte, qu’il faut comprendre sous ce nom toute la partie orientale de l’Afrique qui se trouve placée entre la première cataracte du Nil au midi, la Méditerranée au nord, le désert Libyque à l’ouest, et la mer Rouge à l’est; c’est ii l’idée que s’en font un grand nombre de personnes. I.lle n’est pas tout à fait exacte. L’Égypte n’est, à proprement parler, qu’une étroite vallée dont le Nil est l'artère, qui suit toutes les sinuosités du llcuve, s’évase i Ile-même là où il se bifurque, et borde ses deux brandies jusqu’à ce qu’elles aillent confondre leurs eaux avec celles de la mer. Ainsi définie, l’Égypte, placée entre le 24e et le 32e degrés de latitude, le 28e et le 31e de longitude, est bornée au sud par la Nubie, dont la
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première cataracte la sépare ; au nord par la Méditerranée, sur laquelle elle étend une ligne littorale de soixante et dix lieues, dcpuisl’ancienneTaposiris (la (oui des Arabes) jusqu’à l’extrémité orientale du lac Mensaleh, où se trouvent les ruines de i'éluse (quelquesuns la portent de ce côté vingt lieues plus loin, jusqu’à El-Arisch) ; à l’ouest par les monts Libyques, et à l’es! par les monts Arabiques. Ces deux chaînes l’ctrcignent dans toute sa longueur. Elles se serrent de près jusqu’à la hauteur du Caire. Arrivées là, elles cessent leur parallélisme, se dirigent l’une vers le nordrcst, l’autre vers le nord-ouest, et vont, celle-ci s’arrêter aux côtes de la Méditerranée , celle-là se joindre aux montagnes de l’Arabie l'étrée et se relier aux chaînes de la Syrie.
2. Divisions géographiques. — Les Orientaux appellent l’Egypte du nom de Misr; les Grecs empruntèrent le nom que nous lui avons conservé de' celui que portait primitivement le Nil. Ils curent raison, car l’Égypte, comme on l’a fort bien dit, n’est autre chose que le lil du lleuvc qui la traverseet qui l’a créée.
La partie de la vallée du Ail qui forme l’Égypte se développe sur une longueur de plus de deux cents lieues. Elle est ordinairement divisée par les géographes en haute, moyenne et basse Egypte. La haute, appelée Saïd, et la moyenne, Oues-Tanièh, renferment le terrain de l’une et de l’autre rive du fleuve, compris entre les deux lignes de montagnes dont nous venons de parler. La haute Egypte commence à la première cataracte; la moyenne finit au Caire. Elles forment, a la suite l’une de l’autre, un ruban sinueux dont la lar-
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geur varie entre une et quatre lieues, excepté dans la partie de la moyenne à laquelle est annexé un appendice elliptique de terrain cultivable, encaissé dans la chaîne libyque, et qui constitue la riche province connue sous le nom de Fayoum. La basse Égypte, appelée parles Arabes Bahireh, est une plaine triangulaire qui a son sommet au-dessous du Caire , au Feutre de la Fâche , lieu où le Nil partage ses eaux en deux branches : l’un de ses angles, à l’isthme de Suez ; et l’autre à la tour des Arabes; dont les deux côtés , à l’est et à l'ouest, sont limités par les déserts et s’étendent parallèlement aux deux branches du Nil, qui forment cette île si fameuse et si fertile, à laquelle les Grecs donnèrent , à cause de sa configuration , le nom de Delta.
3. Superficie. — On évalue à environ seize cents lieues carrées la superficie de l’Égypte. Deux cent quarante-cinq sont occupées par la haute, deux cent cinquante-cinq par la moyenne, et le reste par la basse. La surface totale est répartie de la manière suivante :
Terrain cultivable.
lieues
— inculte . .
Fleuve, canaux
Sables
Iles du fleuve . .
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§ II
ASPECT ET FORMATION GÉOLOGIQEE Ull SOL.
Sol cultivable. — Sa forme. — Formation du sol cultivable , alluvion*. — l.imon du IV il. — Aspects du sol cultivable. — Montagnes. — Leur forme, leur hauteur et leur pente générale. — Leur composition géologique. — Déserts. — Leur formation. — Oasis. — Aspect du désert.
\. Sol cultivable. — Sa forme. — L’Égypte proprement dite n’est, comme nous l’avons fait observer, que la vallée que traverse le Nil ; mais elle offre divers traits spéciaux qui la distinguent des vallées ordinaires, lin général, les vallées au milieu desquelles coulent les grands fleuves forment une espèce de berceau dans le fond duquel les eaux trouvent leur lit. L’Egypte présente une disposition inverse. Les rives sont plus élevées que le reste du sol, qui descend en une pente appréciable, à mesure qu’il s’éloigne du Nil. Il résulte de celle disposition du terrain, que pour peu que le fleuve élève ses eaux au-dessus de ses berges, elles se répandent sur toute la surface, et peuvent couvrir la totalité du pays cultivé.
15. Formation du sol cultivable. Æuvions. — Par son plan légèrement incliné vers le nord, l’Égypte annonce l’apport graduel de l’alluvion. Les anciens disaient que le Delta était un présent du Nil. Les prèircs égyptiens racontaient aux voyageurs grecs que, du temps de leur premier roi, Ménès, l’Égypte n’était, jusqu’au lac Mœris, qu’un vaste marais. La science moderne a démontré la vérité de leurs assertions. Il est
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certain que le terrain cultivable de l’Egypte a éLé formé par les dépôts de limon du Nil. Les couches inférieures de ce sol présentent des pétrifications d’animaux marins, des pierres ponces, des cailloux roulés, des scories, des basaltes, des jaspes, clés matières volcaniques, qu’ont dû couvrir longtemps les eaux de la mer, refoulées peu à peu par l’alluvion envahissante. Les progrès des dépôts du Nil nous sont révélés par des faits incontestables. Ainsi Rosette, Ilamicttc, qui, à des époques peu reculées, étaient baignées par la Méditerranée, s’en trouvent éloignées aujourd’hui de plusieurs lieues ; ainsi encore, les terres ont plus d’élévation sur les deux rives du fleuve que vers la base des montagnes, ce qui vient évidemment de ce que les inondations plus fréquentes sur les points les plus rapprochés des eaux, y laissent, à l’époque de leurs débordements, des dépôts plus considérables. Enfin, ce qui prouve encore mieux, si c’est possible, la vérité de ce phénomène géologique, c’est l’enfoncement des bases des anciens édifices, couverts aujourd’hui par les terres en culture. Quoiqu’il soit très-difficile de fixer, d’une manière certaine, la progression périodique de l’exhaussement, des recherches approfondies ont permis aux géologues de l’expédition française de l’évaluer approximativement à cent vingt-six millimètres par siècle.
Les couches du sol cultivable n’ont pas sur tous les points la même profondeur. Les fréquentes déviations du Nil, fa vitesse plus ou moins rapide de son cours en sont les causes réelles appréciables; là où ses eaux roulent avec impétuosité, l’argile est emportée ou n’a
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pas le temps de se déposer; là où elles sont stagnantes, leurs sédiments sont plus abondants.
6. Limon du Nil. — Le limon pur qui forme le terrain cultivable est composé, d’après l’analyse qui en fut faite par la commission française :
1° D’alumine, qui en constitue les trois cinquièmes.
2° De carbonate de chaux, qui équivaut à un peu plus d’un cinquième.
3° De carbonate libre, pour environ un dixième.
4° De cinq ou six centièmes d’oxyde de fer, qui communiquent aux eaux la teinte rouge qu’elles ont pendant l’inondation.
15" De deux ou trois centièmes de carbonate de magnésie.
fi" De quelques atomes de silice assez divisés pour demeurer en suspension dans les eaux.
Le Nil charrie aussi, pendant les débordements, une quantité considérable de sable quarlzeux. La partie la plus grossière tombe au fond du fleuve et produit l’exhaussement de son lit; une autre partie est trèsirrégulièrement étendue sur les terres voisines; le reste est charrié jusqu’à la mer, et concourt à produire l’allongement du Delta.
7. Aspects du sol cultivable. — Le sol éprouve périodiquement chaque année des changements trèsnotables dans son aspect; le conquérant arabe de l’Égypte, Ainrou, a très-bien décrit ces métamorphoses variées, dans la lettre, si souvent citée, qu’il écrivit au calife Omar sur l’Égypte. « Peins-loi, dit-il, ô prince des fidèles, un pays qui offre tour à tour l’image d’un désert poudreux, d’une plaine liquide cl argentine,
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«Jô
d’un marécage noir et limoneux, d'une prairie verte et ondoyante, d’un parterre orné de llcurs et d’un guérel couvert d’épis jaunissants. » En effet, nous voyons d’abord le terrain sans culture, à l’exception de quelques points artificiellement arrosés; nu, aride, il offre dans toute sa surface des retraites ou fentes dont la largeur varie entre six pouces et un pied, la profondeur entre cinq et six pieds. Insensiblement il se dessèche, et l’on a de la peine à croire qu’un semblable état succède annuellement à de riches et abondantes moissons, (l’est la première période.
La deuxième est marquée par l’inondation qui fait de toute la grande vallée un lac immense, semé de villages, de monticules, de groupes d’arbres , et lui donne l’aspect de l’archipel le plus pittoresque.
La troisième période est courte, car à peine le sol a-t-il reparu, que le soleil absorbe l’humidité dont il est imprégné, tandis que le laboureur lui confie les graines, espoir de la récolte prochaine.
La quatrième période suit d’une manière si immédiate, que son apparition est presque inappréciable. L’est l’époque de la végétation qui couvre le pays d’im menscs nappes de verdure.
Enfin , à la cinquième période, toutes les plantes se chargent de Ileurs, et les champs se couvrent d’épis'. Ces divers changements n’ontpaslieuà la même époque sur tous les points de l’Égypte; les régions les plus rapprochées du tropique sont les premières à les présenter.
H. Montagnes. Leur forme. — La nature semble avoir place les montagnes qui longent l’Egypte pour la garantir de l’envahissement des sables des déserts.
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Arides et dépouillées, parce qu’elles sont inaccessibles aux eaux fécondantes du Nil , parce qu’elles ne reçoivent des pluies que trop rarement ou en trop faible quantité pour la végétation, elles se détachent des deux côtés du fleuve en blocs continus plus larges qu’élevés. Les montagnes qui sont à l’est du Nil sont plus rapprochées du fleuve, dontelles forment souvent elles-mêmes la rive. La chaîne libyque en est plus éloignée, et quelquefois au point d’être à peine aperçue du Nil. Les premières avancent sur le Nil leurs sommets proéminents, tandis que leur milieu vertical et leur base rentrent en courbe concave , et présentent dans leur longueur des sillons que l’on dirait avoir été creusés, à d’autres époques, par l’action de courants d’eau qui auraient rongé leurs flancs.
9. Hauteur et pente générale. — La chaîne arabique, lorsqu’elle forme le Mokaltam près du ('.aire, arrive à peine à une hauteur de deux cents mètres. En avançant dans le sud, elle s’élève progressivement. Ainsi , à soixante lieues du Caire, dans la province de Syout, elle atteint les quatre cinquièmes environ de sa pus grande hauteur qui est de six à sept cents mètres; elle arrive à ce dernier terme un peu au delà de Thèbes, s’y maintient quelque temps, puis s’abaisse jusqu’à la première cataracte, où elle ne forme plus que de simples collines , pour se relever plus loin à la hauteur qu’elle a dans la moyenne Égypte.
On dit généralement que la chaîne libyenne est plus basse que l’arabique. On peut affirmer néanmoins qu’elle l’égale en hauteur moyenne, et que l’apparence seule lui a donné son renom d’infériorité. Plus dis-
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tante en effet que l’autre des eaux du Nil, souvent, du bord du fleuve, on la prendrait pour une bande de vapeurs indécises qui encadrent l’horizon à l’ouest.
A l'est du Mokattam , les montagnes qui se dirigent sur la mer Rouge et l’isthme de Suez vont toujours en s’élevant. Le contraire arrive pour la chaîne libyque, qui s’incline sans cesse à partir de la hauteur du Caire. On peut, d’après ces données, se faire une idée de l’inclinaison générale du massif dans lequel est creusée la vallée du Nil. Il présente deux pentes : l’une, du sud au nord conforme au cours du fleuve; l’autre, de l’est à l’ouest. Ces deux inclinaisons combinées donnent la ligne de la plus grande pente qui se dirige du sud-est au nord-ouest et décline un peu vers l’ouest.
10. Composition géologique. — Les cataractes du Nil ne sont probablement que les derniers degrés d’inclinaison de la chaîne primitive que le fleuve est obligé de traverser, et qui impriment à son cours des sinuosités conformes à la direction de la chaîne principale elle-même. Celle-ci , que l’on peut se représenter comme s’étendant de la première cataracte , dans le sens du golfe oriental de la mer Rouge, présente le caractère des terrains de première formation. Au nord, ce sont les porphyres; vers le midi, les granits; le schiste occupe les positions intermédiaires ; entre le nord et ces parties moyennes se trouvent des roches diverses, généralement composées de spath lamellaire et d'amphibole.
Le terrain primitif conduit au terrain secondaire suivant une direction à peu près parallèle à celle que nous avons indiquée pour la chaîne principale. La cou-
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