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Saïte.
4. Depuis la première dynastie jusqu'à la conquête des rois pasteurs. — Le premier roi de la première dynastie fut Meneï, appelé Menés par les historiens grecs. Ce fut lui qui substitua le pouvoir royal au gouvernement thcocraliquc. On rapporte que , de son temps, le Delta était encore un marais, qu’il fraya un nouveau lit au i\il et qu’il jeta les fondements de celle fameuse ville de Memphis, dont on a trouvé des ruines dans les villages actuels de Menf , de Mokhnan, cl surtout de Mit-Rhainè. Meneï eut pour successeurs une longue suite de rois, dont les noms et les actes sont pour la plupart inconnus. Les nombreuses dynasties n’ont légué à l’histoire d’autres grands souvenirs que les monuments qu’elles élevèrent, et qui font encore l’admiration des voyageurs, des savants et des artistes. C’est de la iii0' dynastie que datent les monuments les plus anciens du monde connu, les pyramides de Dashkhour et de Sakkarah. Les pyramides de Gisch sont les tombeaux des trois premiers rois de la ivc dynastie. Un roi de la xu° dynastie, Labarès, lit construire dans le Nome Arsinoïtc (le Fayoum), le labyrinthe si fameux dans l’antiquité, que l’on comptait au nombre des sept
• Celle dvnnMic t*sl détruite par la conquête «1rs Perse», 1 an n24.
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merveilles du monde. Ce labyrinthe parait avoir eu une destination Ires-importante. Il servait de point de réunion aux députés des différentes provinces de l'Egypte, appelés, dans de graves circonstances, à donner leurs avis sur les décisions que devait prendre le gouvernement. 11 n’en reste plus aujourd’hui de vestiges.
o. Invasion des pasteurs. — Les Égyptiens désignaient sous le nom de pasteurs ( hyksos ) les nomades habitants du désert , que nous appelons aujourd’hui Bédouins. Sous la xvi° dynastie, ces hommes intrépides, endurcis à tous les périls de la guerre par les fatigues et les privations d’une vie frugale et vagabonde, débouchèrent en Egypte par l’isthme de Suez et s’emparèrent du Delta , que six de leurs chefs gouvernèrent successivement pendant une période de 260 ans, depuis l’année 2082 avant notre ère; c’est sous le quatrième de ces rois étrangers que Joseph devint premier ministre, et appela en Égypte la famille du patriarche Jacob, son père, qui devint la souche de la nation juive.
6. XI'III 0 dynastie. — Les Égyptiens supportaient avec impatience le joug des rois pasteurs, lis n’obéissaient qu’en frémissant à ces barbares qui avaient détruit presque tout ce que les dynasties précédentes avaient fait de grandiose et d’utile. Les descendants des anciens rois que les pasteurs avaient détrônés et qui s’étaient retirés et fortifiés dans la haute Égypte, attaquèrent enfin les dominateurs étrangers du Delta ; Dnénôf 1er parvint à les en expulser complètement, <•( . réunissant sous son pouvoir toute l’Égypte, il
wui
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fonda la xvmc dynastie. Cette dynastie fut la plus brillante de toutes celles auxquelles échut le gouvernement de l’antique Égypte. Scs quatre premiers rois, Yinénôf Ier, Touthmosis Ier, Touthmosis II et Toutlimosis III , consacrèrent leurs règnes à relever la nation épuisée par la longue oppression des pasteurs. Ca domination de ces derniers avait été destructive. Les premiers rois de la xvm° dynastie voulurent tout restaurer; ils rétablirent la religion dans ses honneurs et ses prérogatives; ils firent respecter les antiques lois tombées en désuétude; ils recreusèrent les canaux, reconstruisirent les villes détruites et les monuments abattus. Plusieurs des majestueux édifices de Karuac et de Médinet-Abou sont leur ouvrage. Parmi eux se distingue surtout Touthmosis 111, plus connu sous le nom de Mœris; c’est à lui que l’on doit, outre beaucoup d’autres monuments, les deux obélisques d’Alexandrie. C’est lui qui a donné son nom au lac connu aujourd’hui sous le nom de Birket-el-Keroun qui fertilise la belle province de Fayoum, et qui dans l’antiquité, tenant en réserve le surplus des inondations du Nil , pour le rendre à l’agriculture, après le retrait des «'aux du fleuve, contribua à féconder une partie impor-
tante de la moyenne Egypte.
7. Sésostris. — Après avoir rétabli l’ordre cl la prospérité à l’intérieur, la xvui® dynastie développa encore la puissance de l’Egypte an dehors, et assura sa prépondérance sur toutes les contrées voisines. Mais parmi les rois qui s’illustrèrent par leurs conquêtes . le plus grand de tous fut Rharnsès III, connu communément sous le nom de Sésostris.
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Ce prince renouvela toutes les conquêtes (le ses pères et les étendit jusque dans les Indes. Il employa l’immense butin que lui valurent ses victoires et les tributs qu’il imposa aux peuples conquis , à exécuter d’immenses travaux d’utilité publique; on lui attribue l’idée de la jonction du Nil à la mer Rouge. Parmi les importantes constructions dont il enrichit le sol égyptien , on voit encore aujourd’hui les monuments de Ibsamboul, Derri, Guirrhé Iianan et Ouadi Esseboud, en Nubie; et en Égypte ceux de Kourna, A'El- Medinêch, près de Kourna, une portion du palais de Louqsor, et enfin la grande salle à colonnes du palais de Karnac. » Ce dernier monument, dit M. Champollion jeune , est la plus magnifique construction qu’ait jamais élevée la main des hommes. »
C’est sous le règne de Sésostris que l’Egypte atteignit au plus haut degré de prospérité intérieure et de puissance extérieure.
8. Puissance extérieure de V Égypte sous Sésostris. — \ oici les contrées qui reconnaissaient alors la domination immédiate ou la suzeraineté du pharaon.
La Nubie, l’Abyssinie, le Sennaar, un grand nombre de contrées du midi de l’Afrique; toutes les peuplades errantes dans les déserts de l’orient ou de l’occident du Nil. la Syrie, l’Arabie, les royaumes de Babylone et de Ninive, une grande partie de l’Asie Mineure, file de .Chypre et plusieurs iles de l’Archipel, plu- 'ieurs royaumes formant la Perse actuelle.
U. Invasion des Ethiopiens. — C’est sous la xvme dynastie que cette période de grandeur, de gloire, de; puissance, ta- développa pour l’Égvpte. Mais une in-
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vasion éthiopienne conduite par Sabacon renversa l’œuvre de Sésostris. Les Éthiopiens furent chassés d’Egypte par le chef de la xxvi0 dynastie Stéphinathi.
10. XXV 1° dynastie. Conquêtes des Perses. — Sans doute avec son organisation l’Egypte ancienne aurait prolongé son existence historique , si elle eût pu sc séquestrer du contact des étrangers ou si la topographie militaire de la vallée du Ts il eût été assez forte pour la garantir contre les invasions étrangères. Mais l’Egypte a peu de moyens naturels de défense; elle fut toujours conquise, a dit Voltaire, par qui voulut l’attaquer. l’roic facile, elle attira tous les grands conquérants qui convoitèrent ses richesses agricoles ou sa belle position, au point où trois continents se joignent, où deux mers ne sont séparées que par un isthme de quelques lieues. Sa pauvreté en fait de moyens naturels de défense , voilà quel a toujours été le côté faible de l’Egypte. Les fondateurs de scs antiques lois le comprenaient bien, quand ils lui interdirent au nom de la religion toute communication avec les étrangers , de peur que ceux-ci, admis à la visiter, ne fussent excités à eri faire la conquête. Tant que l’ordre sacerdotal fut nombreux et puissant, il usa de son influence pour empêcher les rapports avec l’extérieur ; mais les rois de la xxvi0 dynastie secouèrent le joug théocralique et facilitèrent ces rapports. L’un d’eux, Psammétik 1er, prit à sa solde des Grecs, des ('.ariens et des Ioniens, et mécontenta la caste militaire dont une grande partie se retira en Éthiopie cl priva l’Égypte de ses défenseurs naturels.
En des successeurs de l’sammélik, Ouaphré, qui se
dépopularisa en s’entourant de soldats étrangers , lit aussi la faute énorme d’attirer sur lui la colère de l’empereur d’Assyrie, Aabuchodonosor, qu’il alla attaquer pour secourir les Juifs. Il fut battu; Nabuchodonosor envahit l’Égvpte , où il favorisa l’usurpation d’Amasis, qui s’était révolté contre Ouaphré. Le règne d’Amasis lut long et heureux. Les historiens rapportent que sous lui l’Egypte ne comptait pas moins de vingt mille cités populeuses. Ce fut pendant qu’il gouvernait l’Égypte que Pythagore et Solon visitèrent ce pays. Mais Amasis ne réussit pasjusqu’au bout. 11 put voir, avant sa mort, s’amonceler l’orage qui devait éclater sur son royaume et détruire son indépendance. Il avait mécontenté le chef des Grecs qu’il entretenait à son service ; celui-ci courut auprès du fils de Cyrus et l’excita à attaquer l’Égypte. C’est ce que fit Cambyse, peu de temps après la mort d’Amasis. Une seule victoire remportée à Peluse lui livra l’Égypte et son souverain Psamménile, qu’il réduisit en esclavage et dont il fit périr le fils. Les Perses se trouvèrent ainsi maîtres de l’Égypte, l’an 62o avant J. C.