‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 53 sur 115 · ARBRES FRUITIERS INDIGÈNES · texte numérisé non relu

ARBRES FRUITIERS INDIGÈNES

Amandier (Amygdalus communis), Lonz.

Les deux variétés qui produisent les amandes douceet amère sont cultivées; mais elles sont peu abondantes et leurs fruits de médiocre qualité.

Bananier (Musa paradisiaca), Mouz.

On ne le trouve que dans la liasse et moyenne Lgyple, encore n’est-il guère cultivé que dans les jardins. En pleine terre, le tronc herbacé, qui porte les immenses feuilles du bananier, serait trop exposé aux coups de vent. Les ligues bananes sont de très-bonne qualité; mais c’est un fruit encore rare et recherché que l’on voit seulement sur la table des personnes riches ou aisées.

Dattier ou Palmier (Phœnix daclylifera, Linn.). Les Egyptiens donnent à la femelle le nom de Nakhleh et au mâle celui de Dakar.

Le dattier est l’arbre que l’on rencontre le plus souvent sur tous les points de la haute et moyenne Egypte. Il croit aussi dans les oasis et il s’élève jusque sur les limites du désert. Il a existé de tout temps en Égypte; les chapiteaux des colonnes des anciens monuments paraissent n’être qu’une imitation du bouquet évasé que forment ses palmes et scs frondes. Cet arbre vient sans culture; mais, pour en obtenir de beaux fruits, il faut en arroser le pied et le tailler annuellement. Les dattiers sont souvent réunis en forêts immenses, où on les compte par centaines de mille. L’aspect de ces forêts est majestueux et mélancolique; lorsqu’on les

HISTOIRE NATURELLE

parcourt, on se croirait sous les voûtes d’un temple sévère. À voir ces troncs nus et allongés s’élancer à des hauteurs de 60 à 80 pieds , on dirait les colonnes légères et hardies que l’architecture du moyen âge répand dans ses édifices avec une si riche profusion. Les touffes larges et épaisses qui couronnent ces fûts effilés marient entre elles leurs palmes en élégantes ogives, et achèvent de compléter cette poétique ressemblance.

On compte vingt-quatre espèces de dattiers , qui se distinguent surtout les unes des autres par la couleur, la forme , le volume et la qualité de leurs fruits. On peut les diviser, sous le rapport de la couleur , en trois catégories : ceux qui produisent des dattes de couleur rougeâtre, ceux à fruits jaunes et ceux dont les fruits sont blanchâtres.

Le palmier isolé a un aspect gracieux. 11 est curieux de voir, au milieu du panache de frondes qui le surmonte , suspendues à la base des palmes, d’énormes grappes qui fournissent ensemble plusieurs quintaux de dattes. Ce fruit est, comme on le sait, excellent, très-sucré , et, par cela même, très-nutritif. On en trouve de diverses qualités. Celles de la haute Égypte et des oasis sont les plus délicates. Elles commencenl à mûrir, dans la haute Égypte, vers la fin du mois de juin , et , à peu près un mois plus tard, dans le reste de la contrée. On ne les laisse pas mûrir sur l’arbre. Après les avoir cueillies et les avoir gardées assez longtemps pour qu’elles puissent arriver au point de maturité convenable, on va les vendre dans les villes , où tout le monde s’en nourrit. Mets économique, à la por-

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