‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 55 sur 115 · GU · texte numérisé non relu

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l’arbre, esl filandreuse : on la bat avec une niasse, on en écarte les fibres, et l’on en fait des balais.

Lorsque le dattier est en fleur, les pistils produisent une espèce de filament qui est plus épais que le crin du cheval, auquel il ressemble. 11 est crêpé. On s’en sert dans les bains pour frotter et savonner le corps.

Le tronc du dattier esl le bois qui est employé ordinairement comme poutre dans la construction des maisons et les autres travaux qui en nécessitent l’emploi. Ces poutres se plient très-facilement lorsque le bois est encore frais; mais elles résistent très-bien plus lard.

Enfin les noyaux des dattes servent de combustible, et en outre on les donne à manger aux chameaux.

On comprendra aisément qu’un arbre aussi utile que le dattier doit être rarement sacrifié. On ne coupe en général que les palmiers qui ne portent pas de fruits. Lorsqu’on les abat, au sommet du tronc où les palmes se réunissent, on trouve une substance bonne à manger, d’un pied de longueur, appelée le cœur du dattier; elle est formée découches écailleuses superposées; elle est blanche, tendre cl de la consistance d’une amande fraîche, dont elle a le goût. Les Arabes en sont très-friands. On l’envoie en cadeau, et ce petit présent est beaucoup apprécié.

On sait que les dattiers n’ont d’autres branches que les longues palmes qui s’épanouissent en parasol au sommet de la lige, et qui sont placées circulairemenl par cinq ou six rangées, (iliaque année on taille la rangée inférieure de ces palmes : de là les grosses écailles, dressées de bas en haut, qui couvrenl toute la 1 15

niSTOIUE fîATlIREl.I.E.

surface de l’arbre. C’est par le nombre de ces anneaux écailleux qui entourent le tronc que l’on peut supputer l’âge d’un dattier; il n’est pas rare d’en trouver dont l’existence remonte à plusieurs siècles.

On conçoit que l’on ne peut monter sur un arbre dont le tronc est si élevé de la même manière que sur les autres. Aussi les Égyptiens emploient-ils, pour arriver au sommet du palmier , un moyen spécial : ils nouent autour de leur corps et du dattier une corde, dont le milieu est élargi, en forme de fronde, s’asseyent sur celte partie, posent leurs pieds sur les aspérités écailleuses de l’arbre comme sur des échelons, cl, s’aidant des pieds et des mains, font remonter peu à peu la corde, en l’accrochant aux crans que présente le tronc. Ils emploient le même moyen, en sens inverse, pour redescendre.

Doum (Crucifera thebaïca, Delilc), Doum des Arabes.

Le doum diffère essentiellement du palmier ordinaire, d’abord parce que son tronc est lisse, ensuite parce qu’il se divise en deux grandes branches, qui se subdivisent à leur tour, et dont les rameaux ont aussi leurs bifurcations. Scs fruits sont de beaucoup différents de ceux du dattier : comme ces derniers, ils se suspendent en grappes ; mais ils ont .à peu près la grosseur d’une orange d’une forme irrégulière et un peu allongée. Ce fruit est couvert d’une enveloppe rougeâtre, sous laquelle on trouve une substance spongieuse d’une saveur sucrée, mais fade. Au centre est un noyau assez gros. Cet arbre donne des fruits deux fois par an. Il n’y a pas de dourns dans la basse et moyenne

HISTOIRE XATCJREEl.E.

Égypte; ce n’est guère qu’à 70 lieues du Caire qu’on commence à le rencontrer, aux environs de Tantah. 11 est loin d’avoir le même degré d’utilité que le palmier.

Sycomore (Ficus sycomorus), Gimmeyz, arabe.

C’est l’arbre le plus gros de l’Égypte; il parait y être indigène; car les historiens de l’antiquité en ont parlé et les caisses de momies sont toutes faites avec son bois. 11 acquiert un développement tel que l’on en voit qui ont de 20 à 50 pieds de circonférence. Son tronc est ordinairement très-court ; ses branches s’étendent presque horizontalement et forment de superbes ombrages. Ses feuilles ont une très-belle verdure, qu’elles conservent toute l’année; les anciennes ne tombent en effet que lorsque la saison amène les nouvelles. Cet arbre est donc providentiel pour un pays chaud. Il produit des espèces de figues ; mais, par une singularité remarquable, elles ne sont pas suspendues, comme les fruits des autres arbres, aux extrémités des branches; elles naissent sur le tronc même et sur les branches les plus grosses. Ces figues sont de couleur jaune; elles ont la même forme que celles des figuiers ordinaires; mais il s’en faut de beaucoup qu’elles soient aussi savoureuses. C’est au mois de juillet qu’elles commencent à mûrir : afin de les faire parvenir plus tôt au point de maturité convenable, lorsqu’elles ont atteint leur grosseur naturelle, on en coupe la partie supérieure, et, dans peu de jours, on les cueille parfaitement mûries.

Le bois du sycomore passe pour incorruptible. Nous en avons'des morceaux travaillés qui datent de la plus haute antiquité et qui sont encore intacts. On s’en sert aujourd’hui pour faire des affûts de canons.

IIISR01RE NATURELLE.

Abricotier (Prunus armeniaca), Mech-mech.

Pêcher (Àmygdalus persica), Khouhli.

L’abricotier atteint à une belle hauteur, il arrive jusqu’à 56 ou 40 pieds. On fait sécher ses fruits et on les mêle à divers mcls dans lesquels ils forment un assaisonnement excellent.

Les pêchers sont peu abondants ; ils mûrissent environ vers le moi de mai.

Prunier (Prunus domestica), Barqouq des Arabes. Il en existe plusieurs variétés.

Poirier (Pyrus conununis), Komitrih.

Pommier commun (Malus conununis), Teffahbeledy.

Coignassier (Cydonia vulgaris), Safargel.

Ces pomacées n’obtiennent pas le même développement qu’en Europe, et leurs fruits n’ont pas la même beauté ni la même saveur.

Figuier (Ficus carica), Tyn.

Les figuiers sont peu abondants. On en compte trois variétés, le Tyn Bersoum, le Tyn Potlizan, le Tyn Beledy, dont les fruits sont délicieux.

Le Figuier d’Inde (Cactus opuntia, Linn.), Tyn Choqui.

Cette plante est très-répandue. On s’en sert pour former des haies autour des jardins. On mange ses fruits, qui sont recouverts d’un écorce épineuse.

Le Jujubier (Zizyphus vulgaris, Linn.), Annab.

Le bois de cet arbre est très-dur, et pourrait être employé aux ouvrages de charpente et de menuiserie. On trouve des jujubiers parmi les arbres qui entourent de leurs ombrages les sakiès.

HISTOIRE NATURELLE

Le Caroubier (Ceratonia siliqua, Linn.), Karroub.

Il est très-rare en Égypte, où on ne le trouve que dans les jardins.

Le Lotier ( Ramnus spina Christi, Linn.), Nebqah.

Arbre assez grand qui fournit une espèce de petite pomme, du volume à peu près d’un gros grain de raisin. Ce fruit est très-acerbe lorsqu’il est vert; mais il est fort agréable au goût lorsqu’il est arrivé à sa maturité. Les Arabes l’aiment beaucoup. C’est le fruit si renommé dans l’antiquité sous le nom de lotus, qui charma tellement, d’après Homère, les compagnons d'Ulysse. Le nebqah est assez répandu.

Le Grenadier (Punica granatum, Linn.), Roumman.

11 en existe deux variétés : l’une, nommée simple-, ment Roumman , se distingue par la douceur de ses fruits; son péricarpe est rouge; l’autre, le Roumman Heggasy ; ses fruits sont acides et doux ; son péricarpe, rouge obscur.

L'Oranger (Citrus aurantium, Linn.), Bortogân.

Cet arbre précieux forme l’ornement de tous les jardins de la moyenne et de la basse Égypte. Les oranges y sont si communes qu’elles composent, à elles seules, l’unique production de plusieurs villages. On en compte plusieurs variétés; il en est une dont la pulpe est d’uu rouge sanglant; elle est encore rare; on la nomme Bortogan-el-Dacin.

Le Citronnier (Citrus medica, Linn.), Leymoun heledy.

Il donne beaucoup de fruits petits, pleins de jus et peu mucilagineux. Le citronnier à gros fruits s’esl propagé par la greffe.

HISTOIRE NATUREL!. E

Le cilromiier à fruits doux, LeymoivH Heloueh, est très-estime des indigènes. Mais ce fruit n’est pas à la portée des classes pauvres.

Sébestenier (Cordia mixa, Linn.), Mokliayet.

C’est un arbre haut ordinairement de 50 pieds. Il porte au mois de mai des fleurs d’une odeur excellente; ses fruits sont peu délicats.

Petit Sébestenier (Cordia crenata, Linn.), Mokliayet rutni .

Plus petit que le Cordia Mixa, il produit de meilleurs fruits.

Vigne (Vitis vinifera, Linn.), E’neb.

Les raisins et les vins de l’Égypte jouissaient , dans l’antiquité, de beaucoup de réputation. Les Romains en faisaient le plus grand cas ; ils transplantèrent même en Italie la vigne qui les produisait. Mais la conquête des musulmans, amenant avec elle la sévère prohibition du vin prononcée par Mahomet, dut nécessairement influer sur la culture de la vigne, qui depuis lors fut négligée. On laissa subsister néanmoins dans les jardins quelques plants, afin d’avoir du raisin. Ce fut le Fayoum qui en conserva le plus : cette province approvisionnait de raisins le Caire et Alexandrie. Les raisins indigènes sont très-bons ; ils ne contiennent que de très-petits pépins, quelquefois ils n’en ont qu’un seul; il existe une variété qui n’en a même pas du tout : elle est connue des Arabes sous le nom d' E’neb llenaity.

Depuis le gouvernement de Méhéinct-Ali , l’Égypte a recouvré la culture de la vigne. Le vice-roi et son fils ont introduit toutes les espèces qui existent en Europe

niSTOIRE NATURELLE-

et en Grèce; elles ont presque toutes tort bien réussi. Jusqu’à présent, quelques Européens ont seuls essayé d’en tirer du vin; il est d’assez bonne qualité, mais fort alcoolique.

Les Orientaux ont l’habitude de cueillir le raisin en verjus. Ils emploient les feuilles de vigne dans la cuisine; ils en font des boulettes avec du riz.

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