ÉNUMÉRATION UES POISSONS DU NIL
Peréhs lûtes, Kevcn ou mieux kerchcré des Arabes. Chromis botté, petit labre fort joli, abondant dans les
HISTOIRE NATURELLE
mares formées par les eaux du Nil près Rosette. Sa ehair est délicate.
Cyprin Lépidote, espèce de barbeau, probablement le Lepidotos des anciens. Il était l’objet d’un culte assidu.
Cyprin du Nil, espèce de Forskal.
Labeo Coubie, espèce de ltuppel.
Leucisque du Nil, joli poisson blanc d’argent, à rellets d’or sur le ventre, à la hauteur de Thèbes, époque de l’inondation.
Leucisque Dibiè , peut-être une variété du précédent.
Leucisque de Thèbes , Vlbiè des Arabes.
Monnyre oxyrinque. C’est le poisson auquel se rapportent les observations ci-dessus données sur les migrations. Il était vénéré dans l’antique Egypte.
Monnyre c achi/'é.
Monnyre labié, Herseli des Arabes, mot qui signifie belette.
Monnyre anguillaire.
Monnyre dorsal, Kachoué en arabe, ressemblant quelque peu au brochet.
Monnyre cinuprino idc .
Mormyrus long ipinnus .
Mormyrus elongatus.
Silure à oreilles.
Silurus mistus.
Trois espèces de Schiibé, dont un, le doré, est ap pelé par les indigènes Schiibé arabi.
Hypopthalmus niloticus.
Cinq espèces de Pimèlodes. L’une d’elles est le Shul
UISTOIRE NATURELLE.
Caumaré des Arabes. On la trouve conservée dans les grottes sépulcrales de Thèbes.
Trois espèces de Sinodontes.
Parcus Bagad, plus généralement connu sous le nom de Bagatle, Bogas au Saïd, quelquefois long de cinq pieds, à chair molle, fade et peu estimée.
Parcus Docmac.
Mochokus niloticus. C’est un poisson de petite taille, singulièrement redouté des pécheurs à cause des piqûres dangereuses que produisent scs épines et qui, en raison de ses propriétés, a reçu le nom de Mouchaucké, en arabe : Ne te pique pas.
Heterobranchus anguillaris, remarquable par son extrême vitalité, si bien que, longtemps après avoir été tiré de l’eau et quoique ayant la tête brisée, il s’agite encore avec vivacité. Les Arabes le nomment Karmouth. il sert d’aliment à la classe pauvre.
Hètèrobranche bidorsal, poisson rare.
Malaptèrure électrique. Le nom de Raad (tonnerre), que les Arabes lui donnent, n’exprime encore qu’impnrfaitement les singulières propriétés électriques dont d est doué, au moyen desquelles il communique aux personnes qui le touchent des commotions assez violentes pour les forcer à lâcher prise immédiatement.
Le Characin Néfasch.
Le Characin Rase liai.
Le Characin Rai.
Le Characin denté.
Le Characin Hesse, (pie l’on pèche rarement à la hauteur de Thèbes.
Le Mulète Mur se.
HISTOIRE NATURELLE
Le Mulète Baremozé, petit poisson riche en couleur et dont la chair est assez savoureuse.
Le Mulète Guilé des Arabes, très-abondant à la hauteur de Thèbes, ne descend pas vers la basse Égypte.
La Jerasalme Citharine.
Le Lavaretdu Nil, en arabe Jamakel Malch.
La Clopéli du Nil, Sardinn el Sabouçja.
Le Judis nilotique.
Le Polyptère Bichir.
Le Tetraodon Phisis , poisson de forme singulière cl qui à la singulière propriété de humer une certaine masse d’eau et de la lancer avec force contre les personnes, comme s’il voulait les inonder. Il ne se montre qu’à l’époque des grandes eaux.
Le Gymnarque nilotique.
La Murène anguille.
§ IV
DIVERSES RACES d’hOMMES OUI HABITENT L’EGYPTE.
Généralité*. — CuphtO* — Éjjyplicîns musulman*. — Bédouin*. — Cambra*. — Juif». — Groos. — Abyssinien». — Ethiopiens. — Européens.
9Î5. Généralités. — Nous ne rechercherons pas si les premiers habitants de l’Egypte furent des Chinois ou des Indiens. Les suppositions hasardées à ce sujet ont plus ou moins de probabilité ; mais il est difficile de les établir sur des fondements positifs. D’après la formation du sol de l’Égypte , suivant le cours du Nil du sud au nord, il est naturel de penser que les peuplades qui habitaient l’Abyssinie, la Nubie supérieure
HISTOIRE NATURELLE
cl inférieure, ont du s’étendre successivement avec le sol et le fleuve, vers le septentrion. Cette hypothèse, qui s'accorde avec l’assertion d’Hérodote , paraît s’approcher beaucoup de la vérité , lorsqu’on examine les traits et les formes des statues qui appartiennent aux monuments de l’antiquité la plus reculée.
L’Egypte, plus que toute autre contrée, a été agitée par les révolutions humaines. Elle a été attaquée , envahie , subjuguée tour à tour par les Perses, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Ottomans, les mameluks (Géorgiens et Circassiens) et les Français. Ces différents peuples, en se mêlant plus ou moins à la race égyptienne, en ont peu altéré le type primitif.
La population actuelle de l’Égypte se compose de Cophtes, d’Arabes, de Juifs, de Grecs, de Turcs, de Géorgiens et de Circassiens, d’ Abyssiniens , de nègres de différentes espèces, et d’Européens.
96. Cophtes. — Les Cophtes ont toujours été considérés, par la plupart des écrivains, comme les descendants des anciens Égyptiens. C’est ce que prouve jusqu’à un certain point la ressemblance que l’on remarque entre les Cophtes et les figures hiéroglyphiques *. Cependant le célèbre Champollion a émis une opinion contraire. Les Cophtes ont le front fuyant , de grands yeux noirs , la coupe des paupières dirigée de
1 Volney donne du mol Cophte une étymologie ingénieuse qui confirme celle opinion. • Le terme arabe Qoubti, un Cophte, me semble , dit-il, une altération évidente du grec ou-'/'jTZ-ztOî , un Egyptien ; car on doit remarquer que y était prononce uu chez les anciens Grecs, et que les Arabes, n ayant ni g devant uo u , ni la lettre pt remplacent toujours *-e« lettres par 7 et b l»*« C '»pUt?\ sont doue proprement les représentant* d**s Fgtptiens. n
HISTOIRE NATURELLE
bas en haut et de dedans en dehors , les pommettes grosses el saillantes, le pavillon de l’oreille élevé, le ney légèrement épaté, les lèvres épaisses et relevées, le menton large, les cheveux noirs. Ils ont en général peu d’embonpoint, des membres grêles el la peau d’un teint blafard.
Tous les Cophtes ne présentent p. s ces caractères , parce que beaucoup d’entre eux se sont mélangés. Ceux qui ont embrassé le catholicisme se sont alliés aux chrétiens grecs ou syriens; tandis que les Cophtes du rit jacobite , qu’on rencontre surtout dans le Saïd , ont conservé leurs mœurs et leur type primitif.
97. Égyptiens musulmans. — A l’époque de l’invasion arabe , une grande partie de la population cophte embrassa de gré ou de force l’islamisme, et alors une fusion assez grande eut lieu entre les conquérants el les vaincus. Dans ce mélange, les Arabes entrèrent pour une proportion bien faible relativement à la masse de la population, ll’où il résulte que l’Égyptien actuel tient beaucoup plus, par ses formes , par son caractère et par ses mœurs, des anciens Égyptiens que des véritables Arabes, dont on ne trouve le type pur qu’en Arabie.
Les Egyptiens musulmans, qui forment la masse de la population actuelle des villes et des campagnes , et qui sont désignés par le nom de fellahs , se distinguent aux caractères physiques suivants : crâne développé, angle facial presque droit, figure ovale, sourcils arqués, yeux noirs et enfoncés; lèvres saillantes, barbe pleine, poitrine large, ventre peu volumineux, colonne vertébrale courbée en arrière, membres arrondis, arti
HISTOIHE NATURELLE.
dilations peu saillantes , mains et pieds petits , taille moyenne. La couleur de leur peau est plus ou moins foncée; et bien que l’Égypte ait une superficie peu considérable en latitude, on voit sur le littoral de la Méditerranée le teint des habitants presque aussi blanc que celui des Européens , tandis qu’il se rembrunit successivement jusqu’à Assouan , où on peut le comparer à celui des Nubiens ; c’est-à-dire qu’il est là plus foncé que celui des mulâtres.
98. bédouins. — Les tribus nomades qui fréquentent les déserts voisins de l’Égypte sont connues sous le nom de Bédouins. Les Bédouins sont en général de taille assez éie\ée, leurs membres ne sont pas arrondis, comme ceux des Arabes cultivateurs; ils sont grêles. Leur teint naturellement blanc est hàlé par le soleil. Parmi leurs femmes, il en est qui sont d’une beauté ravissante. Les Bédouins sont fiers de la pureté de leur race, qu’ils tiennent à maintenir intacte, et qu’ils se gardent bien de mélanger en contractant des unions chez les habitants des terres cultivées.
99. Barabras. — Les Barabras sont une peuplade, de la Nubie inférieure qui est répandue sur les rives du Nil, depuis file de Philoë jusqu’à la seconde cataracte, sur un espace d’environ 100 lieues de longueur. Ils se distinguent des Égyptiens par la couleur de leur peau, qui imite la teinte de l’acajou. Ils ne peuvent pas d’ailleurs être confondus avec la race nègre. La douceur de leurs mœurs et leur probité sont remarquables. On en compte '■> à 0,000 au Caire qui occupent des fonctions domestiques. Les Barabras, comme nos Auvergnats et nos Savoyards, se retirent dans leur pays
UISTOIHE NATURELLE.
pour y finir leurs jours, aussitôt qu’ils ont amassé eu Egypte un petit pécule. La population barabra, qui occupe l’espace que nous avons indiqué plus haut, ne compte pas plus de 120 à 130,000 âmes.
100. Juifs. — Les Juifs, en Égypte, ont plus que partout ailleurs conservé leur physionomie primitive. Au milieu d’une population brune, ils se distinguent par la blancheur de leur teint ; leurs yeux sont bleus ou gris, leur barbe et leurs cheveux sont en général blonds ou châtains.
101. Grecs. — Les Grecs qui sont en Égypte proviennent des différentes parties de la Grèce; plusieurs sont nés dans le pays. On les reconnaît à la coupe de leur figure, à leur taille svelte, à leurs manières enjouées cl à leur costume qui diffère de celui des autres habitants.
102. Syriens. — Les Syriens sont assez nombreux en Égypte. Ils ont moins d’élégance dans les formes , et le caractère moins jovial que les Grecs. Ils parlent arabe et portent le costume des raïas du pays.
103. Abyssiniens. — Les Abyssiniens sont amenés en Égypte et sont vendus comme esclaves. Plusieurs sont faits eunuques et acquièrent alors une valeur beaucoup plus grande. Les femmes sont en nombre plus considérable.
Les Abyssiniens proviennent des côtes de la mer Rouge et de l’Océan , de l’intérieur et des frontières de la Nigri lie. Il y en a trois variétés :
l°Ceux de la première ont la couleur des mulâtres, des cheveux crépus sans être laineux;
2° Ceux de la seconde, qui habitent l’intérieur, ont
HISTOIRE NATURELLE
un teint plus clair ; leurs cheveux sont longs et frisés.
Ces deux variétés ont la conformation de la tête et les traits du visage comme les Arabes , mais avec plus de régularité et de douceur. Leurs formes sont arrondies; leur constitution est délicate; ils manquent de force physique et d’énergie morale ; ils sont intelligents et fidèles. Les femmes sont remarquables par leurs charmes et leur douceur.
5° La troisième variété se trouve sur les limites de la province des Gallas. Là, les Abyssiniens ont la peau presque noire, les cheveux laineux; les traits de leurs visages se rapprochent de ceux des nègres.
104. Éthiopiens. — Les nègres qui arrivent en Égypte proviennent du Darfour, du Cordofan, des provinces du Camamil.
Les différentes tribus de ces contrées, en guerroyant entre elles, font des prisonniers qu’elles vendent ou qu’elles échangent, et des marchands nubiens, appelés Gellabs, conduisent ces esclaves dans les marchés des principales villes de l’Égypte.
Les nègres de ces contrées présentent des types et des caractères qui constituent des variétés très-nombreuses, qui se distinguent par la taille, la forme de la tète, les traits du visage, la couleur de la peau, leur capacité intellectuelle.
10b. Européens. — Les Européens qui habitent l’Egypte et qui sont désignés sous le nom générique de Francs., se composent de membres de diverses nations de l’Europe et surtout d’Italiens ; ils ont été en général attirés dans l’Égypte et le reste du Levant par les affaires commerciales. Il n’y en a qu’un très-petit
HISTOIRE NATURELLE
nombre qui fassent de l’Égypte leur séjour permanent.
Aux chapitres de la population cl des mœurs, je parlerai encore des diverses races qui habitent l’Égypte; dans le premier, j’indiquerai dans quel rapport elles s’y trouvent entre elles; dans le second, les traits moraux les plus saillants qui les distinguent.