‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 78 sur 115 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

93. Généralités. — Les poissons propres au Nil, les seuls dont je me propose de donner la nomenclature, sans être bien nombreux, constituent cependant quelques groupes intéressants par leurs mœurs, leurs habitudes et leur organisation.

l)e ces divers poissons, les uns sont sédentaires dans certaines localités, tandis que d’autres se livrent, à diverses époques , à des pérégrinations plus ou moins longues. Il en est qui, descendus de la partie supérieure du fleuve , s’avancent jusqu’à son embouchure. A l’époque de l’inondation, qui a lieu chaque année en septembre, ils viennent fournir aux habitants une nourriture abondante; car ceux-ci les recueillent en très-grande quantité, dans les campagnes inondées , lorsque les eaux s’écoulent pour rentrer dans leur lit.

Le lac Menzalch, près de Damiette, est aussi trèspoissonneux. Les produits de la pêche sont abondants et deviennent l’objet d’un commerce lucratif d’exportation pour les lies cl. le continent de la Grèce.

On a prétendu assez généralement que les poissons voyageurs portaient sur eux des indices certains de leurs migrations. Selon les assertions les plus répandues, ces animaux, à l’époque où ils descendent vers l’embouchure du Nil, auraient la tête meurtrie du côté gauche, tandis que cette meurtrissure existerait du côté droit alors qu’ils remonteraient le cours du fleuve.

HISTOIRE NATURELLE

Dans la première hypothèse, ce fait aurait lieu parce que le poisson, pour éviter la force du courant, avoisinerait les bords du côté gauche 5 dans la seconde supposition, parce qu’il aurait la terre à droite.

Un auteur moderne et fort éclairé dans celte branche de la zoologie, auquel nous empruntons ces détails, a cité ce fait, il est vrai; mais, loin de l’appliquer à la généralité des poissons voyageurs , il le restreint à quelques espèces seulement. « Peu importe au poisson,

• dit ce naturaliste, la rapidité du courant auquel il

• se laisse aller sans s’inquiéter de la route qu’il doit 1 suivre. Un seul besoin le presse et le dirige, c’est

■ celui de se réunir à sa femelle. Il se hâte d’arriver

■ avec elle dans ce milieu d’habitation où doit s’ac-

■ complir le grand acte de la nature; et, quand cet <■ acte est accompli, quand il doit rentrer dans les

■ lieux qu’il habite d’ordinaire, et dont l’amour l’avait

• momentanément éloigné, force est pour lui de se ' rapprocher du rivage pour vaincre le courant, tou-

• jours plus rapide. C’est dans cette circonstance seule

■ que les écorchures existent sur les deux côtés de la tète, et non pas exclusivement du côté droit, ce qui

' prouverait que, lors de la remonte, le poisson se di- - rige indistinctement, à droite ou à gauche, au milieu

■ des roseaux et des (lierres où il trouve sa nourri- >• turc. »

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