‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 81 sur 115 · MAISONS D’HABITATION. — EDIFICES PUBLICS · texte numérisé non relu

MAISONS D’HABITATION. — EDIFICES PUBLICS

Maisons de» ville» — Leur apparence extérieure — Porte d’enlree. — — Croisée». — Terrasse. — Cour. — Logement des femmes. — Maisons de» village». — Mosquées — Fontaines, abreuvoirs, bains — Cafés, bazar», okel».

fi. Maisons des villes. — Les maisons des villes sont généralement plus spacieuses et plus belles que celles des villages. Il semble que ce fait, qui sc rencontre partout, soit plus frappant encore en Égypte, ou la population des villages est pauvre et où l’aisance

POPULATION . HABITATIONS

et la richesse se sont presque exclusivement réfugiées dans les villes.

Les matériaux employés dans les villes pour la construction des maisons sont des pierres calcaires, des grès, tirés des montagnes qui les avoisinent, et des briques cuites ou simplement desséchées au soleil.

Ces maisons n'ont le plus souvent qu’un rez-dechaussée et un étage, rarement deux. Elles ne sont communément pas grandes, car chacune n’est occupée que par une seule famille. On comprend aisément cet usage , lorsque l’on sait que les mœurs musulmanes concentrent la vie domestique dans l’isolement, et, à cause des femmes, ferment l’accès de l’intérieur à tout rapport intime et familier. Le musulman est d’ordinaire, pour le même motif, propriétaire de la maison qu’il habite.

7. Leur apparence extérieure. — lhi but exclusivement personnel qu’a la demeure du musulman naissent dans sa construction , dans sa distribution intérieure , dans l’aspect qu’elle présente au dehors les caractères spéciaux qui la distinguent. Chez elle, tout ne concourt qu’à assurer au propriétaire les commodités qu’il recherche et à l’envelopper de mystère ; mais rien n’est sacrifié au goût, aux exigences du public. Ainsi la plupart des maisons, élevées sans symétrie, dans des rues irrégulières, ne sont pas recrépies, et souvent celles de riches particuliers, dans l’intérieur desquelles le luxe étale les ornements les plus distingués, n’ont qu’une misérable apparence. Peut-être y a-t-il à cette négligence de la forme extérieure une autre cause qu’une dédaigneuse indifférence pour l’a-

VILLES ET VILLAGES UE L’ÉGYPTE

grément du public ; peut-être u’est-el!e qu’une précaution contre l’envie des grands et des puissants, à la cupidité desquels les Orientaux avaient appris, par une longue expérience, qu’il était trop dangereux d’offrir des tentations.

8. Porte d'entrée. — On entre, en général, dans ces maisons par des portes très-basses. Ces portes s’ouvrent toujours en dedans; elles ne sont formées que d’une seule pièce. Lorsqu’elles sont ouvertes, la vue est arrêtée par un mur qui fait face à l’entrée, et forme une espèce de tambour par le côté duquel on pénètre dans la maison. Les portes sont fermées intérieurement par une forte barre en bois, qui court transversalement dans le mur, où on la fait glisser lorsqu’on veut ouvrir, et d’où on la tire lorsqu’on ferme. Il y a quelquefois aussi des serrures de divers genres que je crois inutile de décrire.

9. Croisées. — Les façades sont percées par de I grandes fenêtres fermées par des grillages très-serrés,

qui permettent au vent et à la lumière de pénétrer dans les appartements , mais dérobent aux regards les personnes ou les objets qui sont placés derrière eux. Les parties de l’édifice situées au-dessus du rez-de-chaussée, dans lesquelles sont ouvertes les fenêtres, s’avancent de deux ou trois pieds sur les fondements, et forment des balcons couverts. Le treillis des jalousies, appelé muschurubyeh, est fait avec de petits morceaux de bois tournés, que l’on adapte ensemble de manière à composer des dessins compliqués et gracieux. Dans les maisons pauvres, les grillages sont en roseaux ou branches de palmiers. Dans les maisons des personnes aisées,

POPULATION, HABITATIONS

des vitrages ferment en outre les croisées et protègent l’intérieur contre la poussière.

10. Terrasse. — La toiture est horizontale; elle est recouverte par une terrasse bordée d’un parapet de hauteur d’homme. La terrasse sert d’étendoir, mais principalement de lieu de récréation, dans les maisons qui ne renferment ni cours ni jardins ; le maître, son harem, ses esclaves, y montent pour respirer la délicieuse fraîcheur des soirées et se délasser des fati gués du jour. Le plancher des terrasses est recouvert, en général, d’un mastic léger, composé du mélange de la cendre des fours avec de la chaux et du plâtre. Dans les maisons opulentes, elles sont dallées en pierres calcaires, sciées en très-minces carreaux.

11. Cour. — Chaque maison renferme presque toujours une cour intérieure, qui a le double avantage de lui donner de la lumière et de l’air. Autour de la cour se trouvent les pièces où l’on renferme les poules, les chèvres, etc., les écuries des bêtes de somme, les magasins de décharge, le moulin, le four, la cuisine, le logement des domestiques et l’appartement où le maître reçoit ses visites, et que l’on nomme Mantlarah ; c’est aussi dans la cour que le puits est creusé.

12. Logement des femmes. — La partie supérieure des bâtiments est spécialement destinée aux femmes. Elle renferme une grande salle, divan du maître, qui équivaut au salon de réception des maisons européennes : les chambres à coucher du maître, des femmes et des esclaves de son harem, des cabinets, etc.

13. Diverses particularités. — Toutes les maisons musulmanes sont, â peu de variations près, conslrui-

Page 1