‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 85 sur 115 · Aboukir. — En suivant la côte à l’est d’Alcxan · texte numérisé non relu

Aboukir. — En suivant la côte à l’est d’Alcxan

drie, on rencontre, avant d’arriver au lac d’Edko, une ^ plage devenue fameuse par le terrible échec maritimequi étouffa dans leur germe les conséquences de notre expé- / dition d’Égypte, et par la belle victoire que Bonaparte y remporta sur les Turcs, l’année suivante, à son retour de Syrie. Ce lieu, doublement illustre, qui réveille dans toute âme française un souvenir de deuil et un souvenir de gloire, est Aboukir.

Le village qui lui donne son nom occupe l’emplace^v. v ment sur lequel se trouvait la Busiris des anciens, . -y

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ville renommée par son temple consacré à Isis et la fête annuelle que les Egyptiens y célébraient.

Aujourd’hui la position d’Aboukir est très-importante sous le point de vue militaire. Si elle n’était pas bien défendue, elle pourrait offrir à une expédition d’envahissement un lieu de descente. La valeur de cette position a été comprise par le vice-roi , qui , en y établissant des fortifications , l’a rendue inexpugnable, d’après le témoignage des hommes de l’art.

51 . Rosette. — Au delà du lac Mahdieh et sur la rive gauche de la branche occidentale du Nil, à laquelle elle donne son nom, se trouve la ville de Rosette. Elle est située à une lieue et demie de la mer, sous le 51° 215' de latitude boréale et le 28° 8' 8" de longitude, méridien de Paris. On se rend à Rosette par terre en longeant le rivage. Lorsqu’on y arrive par mer, il faut traverser un passage assez dangereux qui obstrue l’embouchure du Nil. Ce passage, nommé Boghâz, est ouvert par le courant dans la barre que forment les bancs de sable, résultat des dépôts accumulés du fleuve. Cette ouverture est très-variable : de là les difficultés qu’elle présente.

Dès que l’on a franchi le boghâz, un spectacle ravissant s’offre à la vue : c’est la riche plaine du Delta, avec scs immenses tapis de verdure ou ses moissons dorées, parsemée de groupes de dattiers, de villages ou de villes surmontées par les flèches aiguës des minarets, qui s’étend sur la rive droite du Nil sans rencontrer d’autre borne que l’horizon.

La ville de Rosette est appelé Raschid par les Arabes, qui attribuent sa fondation au fameux calife Haroun-

VILLES ET VILLAGES l)E L’ÉGYPTE. 271

el-Raschid. Elle acquit de l’importance commerciale lorsque Alexandrie tomba en décadence ; mais maintenant que le canal Madmoudieh a rendu à celle-ci tous les avantages de sa position, Rosette a été abandonnée par les négociants, et sa population a considérablement décru; elle s’élève à peine aujourd’hui à 15,000 habitants. Rosette est renommée pour ses rizières et pour ses jardins , dont on a beaucoup exagéré la beauté , et qui sont dans le goût des vergers orientaux , dont j’ai déjà essayé de donner une idée.

Cette ville a près d’une lieue de long sur un quart de lieue de large. Ou y remarque une assez belle mosquée , une filature de coton , des machines à monder le riz, une entre autres qui est mue par la vapeur, une vaste caserne. Au sud de Rosette se trouve un ermitage fameux dans le pays , élevé en l’honneur d’un saint arabe dont le nom, Abou-Mandour , signie père de l’éclat. Du haut du minaret de cette fondation pieuse, un magnifique panorama, qui embrasse la terre et la mer, se déroule aux yeux du spectateur.

32. Damiette. — La ville de Damiette ( Darnyât ) est située sur la rive orientale de la branche du Nil qui portait autrefois le nom de i’halnitique. Elle est à deux lo ues de distance de la mer, à demi-lieue du lacMcnzaleh, sous les 29° 29' 13" de longitude eL 51° 23' 43" de latitude. Elle n’occupe pas le même emplacement que la ville sarrasinc illustrée par les croisades. Les croisés attaquèrent plusieurs fois celle-ci, qui tomba en leur pouvoir en 1218. et dont saint Louis s’empara en 1249. Lorsque ce prince la rendit aux musulmans pour prix de sa liberté, ceux-ci la détruisirent et allèrent élever à

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deux lieues de distance une nouvelle cité, qui est la ville actuelle.

Les environs de Damiette sont renommés pour leurs rizières. Cette ville est elle-même l’entrepôt des riz de l’Égypte. Elle fait avec la Syrie un commerce assez important. Scs manufactures de toile avaient autrefois beaucoup de réputation. Des évaluations exagérées ont porté le nombre de ses habitants à 60 ou 80 mille; il n’est réellement aujourd’hui que de 26 à 30 mille.

Les édifices les plus remarquables que renferme Damiette sont des mosquées et les vastes magasins à riz que le vice-roi a fait construire. Méhémet-Ali y a aussi établi de belles casernes et l’école d’infanterie.

33. Damanhour. — La première ville que l’on rencontre en revenant vers l’ouest du Delta est Damanhour, ville assez grande, située à peu de distance du canal de Mahmoudich ; elle contient de 8 à 10 mille habitants.

34. Rahmanieh, — petite ville située sur le Nil et non loin de laquelle se trouvent les ruines de l’ancienne Sais. C’est aussi auprès de Rahmanieh qu’était Nmicratis, la seule ville que les anciens Égyptiens eussent ouverte au commerce étranger.

36. Fonah, — sur le Nil , entre Ramanich et Rosette et en face de l’ouverture du Mahmoudich. Elle était, au xvi° siècle, assez importante; mais elle avait considérablement déchu depuis que le canal d’Alexandrie, qui la liait avec celle ville et en faisait un entrepôt commercial, s’était ensablé. Elle a repris aujourd’hui quelque valeur; le vice-roi y a fondé une fabrique dr tarbouchs ou bonnets à l’imitation de ceux de Tunis

VILLES ET VILLAGES DE L’ÉGVPTE. 273

une filature de coton et un moulin à ccosser le riz.

ôti. Matisourah , — sur la rive droite de la branche de Damiette et à environ douze lieues de cette ville. Mansourah a été illustrée par l’échec que saint Louis y subit. On y montre encore, sur une petite place faisant face au Nil, le lieu dans lequel ce pieux roi passa sa captivité. On trouve de plus à Mansourah les ruines d’une voûte nommée Basar-el-Gadim , sous laquelle saint Louis signa la paix et la reddition de Damiette. C’est entre cette ville et Mansourah que se trouve Fareskour , où il éprouva la première défaite qui trompa sa valeur et ses espérances.

37. Mehallet-el-Kebir. — Cette ville, située dans l'intérieur du Delta, dans le voisinage de la branche de Damiette , occupe, suivant quelques géographes , l’emplacement de l’ancienne Xoïs , et suivant d’autres , celui de Cynopolis. Elle est assez grande. Quoique déchue de la prospérité dont elle a joui à une autre époque , elle compte encore de 16 à 18 mille habitants. Ses fabriques de toile de lin jouissaient d’une trèsgrande réputation. Le vice-roi y a établi une belle manufacture où l’on file le coton et tisse les toiles.

38. Tantah. — A droite de Mehallet-el-Kebir on rencontre, en remontant, Tantah, petite ville célèbre par les pèlerins nombreux qu’attire dans son sein une fondation religieuse, et par scs foires annuelles. L’objet du pèlerinage est une mosquée dédiée à un santon nommé Said le Bédouin. Celte mosquée est une des plus belles et des plus riches de l’Égypte. L’intercession de Said le Bédouin passe pour donner la fécondité aux femmes , pour opérer des guérisons miraculcu-

PUPUI.ATIO?!, HABITATIONS,

ses , etc. Aussi vient-on l’invoquer de tous les points île l’Egypte; la plus grande partie des musulmans qui vont à la Mecque font une station à Tantah.

L’époque choisie par les pèlerins est en général la fête du saint , celle où a lieu la foire connue sous le nom de cl Chouroum Balbiè : c’est la plus importante des trois foires dont cette ville est le théâtre. Les deux autres sont celles de Moulet, de Sidi Adela et de Itajabïeh. Pendant la grande foire de Chouroum , une affluence immense encombre Tantah; des marchands s’y rendent de la Turquie, de la Perse, des Indes et de plusieurs parties de l’Afrique. Ils y apportent des toiles peintes , des mouchoirs, des toiles de tout genre, des soieries , des jouets d’enfants , des poteries , des plumes d’autruche, des esclaves, etc. Ils étalent leurs marchandises dans les okels ou dans des baraques qui , formant une double rangée, occupent quelquefois en longueur quatre lieues de terrain. Ceux qu’un but pieux a attirés auprès de la mosquée de Saïd le Bédouin plantent leurs tentes dans le voisinage de la ville. Des baladins, des filles de joie, des danseuses , des musiciens ambulants, viennent exercer au milieu de toute cette foule leurs talents ou leur industrie. Quatre mille hommes sont envoyés à Tantah pendant la foire pour y protéger l’ordre ; mais ils ne peuvent pas empêcher les filous de commettre de nombreux actes d’escroquerie.

Lorsque les foires ont cessé à Tantah, cette ville, qui présentait une physionomie si animée et offrait a la curiosité du voyageur un spectacle plein d’attrait, devient déserte et revêt un aspect triste et désolé.

VILLES ET VILLAGES DE L’ÉGYPTE. 275

ô9. Les autres villes de la basse Égypte dignes de quelque mention sont :

Menou/', village assez considérable situé près du sommet de l’angle du Delta; il contient une mosquée où l'on remarque d’élégantes colonnes.

A l’est de la branche de Damiette et sur la route de la Syrie :

Belbeys , que Bonaparte fortifia. C’est non loin de cette \ille qu’était située, sous les Ptolémées, celie (YOnion, où Onias . fils d’un grand prêtre hébreu, avait fait construire un temple sur le modèle de celui de Jérusalem , et dans lequel on pratiquait les cérémonies du culte juif.

Salahyeh , point central de la province de Charkych.

Abouzabel, Kankah. — Ces deux villages ont acquis de l’importance pendant les derniers temps; ils sont situés tous les deux sur la roule de Salahych au Caire , à quatre lieues nord de cette dernière ville et autant du Ail. Ils sont distants l’un de l’autre d’une demilieue. Ils ont chacun environ 1,500 habitants. C’est dans l'intervalle qui les sépare que se trouve une immense plaine inculte d’un terrain assez ferme, et faisant face au désert de Gessen (celui de l’isthme de •Suez). C’est dans ce lieu que les 80,000 hommes amenés par le grand vizir se trouvaient campés lorsqu’ils furent défaits par 9,000 Français , commandés par Kléber. C’est là aussi que furent établis le camp ri'instruction des troupes régulières et les premières écoles d’état-major d’artillerie, ainsi que l’école de médecine d’Abouzabel.

Matarjreh, près du Caire, sur les ruines de l’an-

POPULATION, HABITATIONS

derme Héliopolis, l’une des plus belles et des plus laineuses villes de l’Egypte antique. Des traditions qui se rattachent aux humbles débuts de notre religion sont conservées dans ce village; on y montre en effet le puits où Joseph , Marie et l’enfant Jésus se désaltérèrent pendant leur fuite en Égypte, elle sycomore qui leur prêta son ombre. Ces pieux souvenirs sont également vénérés des musulmans et des chrétiens. Mataryeh est devenu à jamais célèbre par la grande victoire de Kléber.

40. Le Caire. — Le Caire est sous les 50° 2' 21" de latitude nord et 28° 58' 30" de longitude. Il est situé dans une plaine sablonneuse , à 400 toises de la rive droite du Nil, à cinq lieues et demie du sommet du Delta et au pied des derniers mamelons du Mokattam. La ville principale , appelée grand Caire , est placée entre le bourg de Boulâq , qui lui sert de port au nord , et le vieux Caire , qui lui rend le même service pour la navigation méridionale du Nil.

Le vieux Caire occupe l’emplacement sur lequel s’élevait Babylone d’Égypte. Pendant qu’Amrou assiégeait cette dernière ville , une colombe établit son nid sur sa tente. Touché de ce fait, qu’il regardait comme un présage céleste , le général arabe , partant pour s’emparer d’Alexandrie , ne voulut pas déranger la colombe, laissa sa tente dressée et, à son retour, fonda autour d’elle la nouvelle capitale de l’Egypte , qu’il appela Misr-Fostat 1 .

Mais les destinées de cette ville ne devaient pas être

1 Fostat signifie , en arabe , renie.

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VILLES ET VILLAGES DE L’ÉGYPTE

longtemps prospères. Vers l’année 1167, les croisés, conduits par Amaury, roi de Jérusalem, marchèrent sur Fostat. A leur approche, le gouverneur de celle ville la brûla ; l’incendie dura cinquante jours ; les habitants se réfugièrent dans les campagnes voisines et groupèrent leurs habitations autour de la ville d’elkaherah, fondée en 968 par un général de Moeys, le premier des califes falimites d’Egypte, et qui avait acquis déjà quelque importance. Cette cité nouvelle prit la place de l’ancienne métropole, et dut son agrandissement définitif, ses fortifications et ses embellissements au grand Saladin.

Telle a clé l’origine du Caire, auquel les Arabes donnent le nom de Misr, qu’ont porté en Orient les capitales successives de l’Égypte. C’est de l’épithète de/ Kakerah, qui signifie la victorieuse, que nous avons fait en Europe le Caire.

Elus longue que large, cette ville, la première de l’empire ottoman après Constantinople, occupe une superficie de près de 900 hectares et a plus de 26.000 mètres de circonférence. Elle est environnée de collines poudreuses, formées par l’entassement des décombres dont les fragiles constructions égyptiennes jonchent sans cesse le sol *. Une enceinte élevée par

1 Ce» colline* sont assez élevées. I.ors de l’expédition , les Français placèrent su râleurs sommet» des redoutes qui tenaient la ville en respect. Hais comme ces huttes forment un épais rempart qui empêche la circulation de l air dans le Caire, ils osaient conçu le projet de les détruire, fis reculèrent néanmoins devant les difficulté* d'une entreprise aussi immense, qu'ils n'auraient pas eu le temps d'ailleurs d'achever. Lo premier, I hrahim-Parha a eu la hardiesse de mettre la main à celte œuvre. Il a fait enlever le* deux plu* grande» buttes qui, haute* d'environ deux

l’opüi.moiv, iurttattoxs.

Saladin et flanquée de tours l’environnait jadis entièrement; elle n’existe plus aujourd'hui qu’en partie; la ville, en s’agrandissant beaucoup du cùtc du nord et de l’ouest, a dépassé cette barrière ; elle l’a respectée au midi et à l’est. Elle est traversée dans sa longueur par un canal (kalisch).

Le Caire contient près de trente mille maisons et une population d'environ 300,000 âmes.

La ville est divisée en quartiers (en arabe hârat)% elle en contient plus de cinquante. Les principaux , en allant du nord au sud, sont : el-Charaouy , el- Esbelcyeh, el-Nasârah, quartier des Cophtes, des Arméniens, des Syriens, etc.; el-Roum, ou le quartier grec; el-Youd, ou le quartier juif ; cl- À franc/ , ou le quartier franc; el-Mousky, cl Zoueyleh, Bâb-el-Ghadr , el-Azhar,el-Moyed, Bâb-el-Khârq , el-Hanafy, Birketcl-Fyl, cl-Moghaârbeh , Touloun, le plus ancien des quartiers du Caire; el-Roumcyleh , Kârâmeydân, el- Kalâh, ou la cidatclle.

11 y a au Caire plus de soixante et dix portes, dont quelques-unes sont intérieures; les principales sont, au sud : Bâb-el-Sayd, Bâb-Touloun, Bâb-el-Seydeh, Bâb-el-Qarafeh; à l’est : Bâb-el-Ouizyr, Bâb-el-Ghorayb;

cents mètres, occupaient, entre Roulaq et l'embouchure du Kalisch, un espncc d’environ tin kilomètre carré. Les travaux ont duré cinq ans. Les décombres enlevés ont servi a combler des mares d'eau stagnante qui avoisinaient le Caire. Aujourd'hui, l'emplacement nivelé est couvert de magnifiques plantations. De son cètc, le vice-roi n fait disparaître une de ces collines de décombres qui obstruait le chemin de Cho< brn et faisait suite à celles dont je viens de parler. Je n’hésite pas à regarder la destruction do ces huttes comme l’un des travaux les plus considérable» qui aient été faits en Égypte sous le règne de lléhémet-Ali.

MLLES ET VILLAGES DE L’ÉGYPTE

à l’ouest, ducôté du Nil : Bâb-cl-Louq , Bâb-el-Nâsryeli ; au nord : Bâb-el-Hasanyeli, Bâb-el-Nasr, ou porte du secours ; Bâb-el-Fotouh , ou porte de la A'ictoire : ces deux dernières sont de remarquables morceaux d’architecture; Bâb-el Nasr remonte à l’époque de Saladin ; Bâb-el-Ghadr, Bâb-cl-Hadyd.

Les rues, comme celles de toutes les villes musulmanes, sont tortueuses; elles se replient sur ellesmêmes; elles se brisent; elles sont coupées par des ruelles qui n’ont quelquefois pas plus de 5 à 4 pieds de largeur, et par de nombreuses impasses '. On compte plus de deux cent quarante rues principales, environ trois cents traverses et autant d’impasses. Les rues changent souvent de nom. Parmi les plus importantes, il en est deux qui traversent la ville dans sa longueur : la première est celle qui va de Bâb-el-Seydeh à Bàb-el- Hasanyeh : elle est longue de 4,600 mètres ; la seconde longe la rive droite du canal ou kalisch depuis le double pont du sud, appelé Kanâtar-el-Sebâa, jusqu’auprès de la porte de Cha’ryeh. Cinq rues coupent la ville dans sa largeur. Parmi elles, trois se dirigent de la citadelle vers le Nil.

On remarque au Caire quatre places principales : ce sont, au sud de la ville, celles de Qarâmeydan et de Roumcyleh ; vers le centre, Birkel-el-Fyl; et au nordouest. YEsbekyeh. Celle-ci est la plus grande; sa superficie est égale à l’intérieur du Champ-de-Mars de Paris. C’est sur le coté occidental de l’Esbekyeh que

• Rue, on arabe.

iiuj<as«e, a'ijtli.

die : m/Wi, lnr:ri, luira, muhutlj ; ruelle, tlcrb;

POl'll.ATION, HABITATIONS,

l’on voit la maison qui fut habitée, pendant l’expédition, par le général Bonaparte. A l’époque de l’inondation, ces places sont submergées, excepté celle de l’Esbekyeh, qui vient d’être exhaussée, nivelée, plantée d’arbres et entourée d’un canal.

C’est dans le centre de la ville que sc trouvent les bazars. Plusieurs méritent d’être cités : tels sont celui de Gliourneh, où l’on vend les châles de cachemire, les mousselines et les toileries étrangères; et, Achrafyeh, où se tiennent les marchands de papier; le Kan-el- Khalyly, occupé par les joailliers, les quincailliers, les marchands de cuivre cl de tapis ; le Nâhhassyn, par les orfèvres; le Boudoukanyeh, par les droguistes et les merciers; le Uamzaouy , par les marchands drapiers; le Serougieh, par les selliers ; le Souq-el-Sellat, par les armuriers ; le Gémalyeh, par les marchands de café et de tabac de Syrie. Dans la grande rue de Margouch , on vend au détail les toileries du pays. L’okel des Gellabs sert au Iralic des esclaves qui arrivent de l'intérieur de l’Afrique.

Il y a au Caire 400 mosquées, dont beaucoup, il est vrai, sont en ruines. Les plus remarquables, sous le rapport de l’architecture, sont celles d’Amrou, bâtie l’an 20 de l’hégire (640 de .1. C.), d’El-llâkem-el- Obéidy, l’an 400 (1007) sous la dynastie des Ealimites; du sultan Hassan, construite par lui en 767 (1364) : (on travailla pendant trois années à cette dernière, et Makrysy assure que, chaque jour, l’on y dépensait 1,000 milhkals d’or 1 ; la mosquée de Teyloun, bâtie

1 Le ni i 1 1i kn 1 équivaut à 24 on rats.

VILLES ET VILLAGES UE L’ÉGYPTE

l’an 238 (830) par le sultan Ebn-Teyloun ; celle d’El- Moyed, bâtie l’an 820 (1413) par le sultan Abou-el- Nasr-el-Moyed ; celle du sultan Kalaoun-sef-el-Dyn ; celle du sultan Barquouq, bâtie en 1070 (1633); celle du sultan el-Ghoury, bâtie en 933 (1322); celle de Kayd-Bey, bâtie en 870 (1465) ; celle deSeté-el-Zeinab, bâtie l'an 300 (910); enfin la mosquée d’El-Azhar, la plus célèbre de toutes.

Les chrétiens des diverses sectes ont environ trente églises ou chapelles; les juifs comptent dix synagogues.

11 y a dans les quartiers commerçants et industriels près de treize cents okels. Celte ville renferme en outre douze cents cafés, trois cents citernes et soixante et dix bains, dont les principaux , remarquables par leur grandeur ou leur richesse, sont ceux à'Hammanlesbak, d 'El-Soultan , d’ El-Moyed , ù'El-Tanbaleh, de Manjouch , de Sounqor , d ’El-Soukkarieh, etc. Les trois villes des tombeaux, ainsi que les appellent les Arabes , les plus célèbres par leur étendue , sont situées hors du Caire. Elles occupent en surface plus du quart de celle de la ville ; ce sont au nord l’enceinte de Qoubbeh , à l’est le Tourâd- Qaîd-bey , au midi le Tourâd-el-Sejrdeli-Omm-Qâsim. Dans ces vastes cimetières , on trouve les tombeaux des califes, dont plusieurs sont de très-beaux morceaux d’architecture. Celui de ^loubeli renferme le tombeau de Malck-Adhel et d’autres sépultures également remarquables des sultans et des beys mameluks.

li n’existait autrefois au Caire comme hôpital que le Morin tan ; j’en parlerai dans le chapitre consacré à

COPULATION, habitations,

l’état actuel de la médecine en Egypte. Il y a aujourd’hui sur la place de I’Ezbekyeh un bel hôpital civil qui contient sept cents lits, dont la moitié pour les hommes et la moitié pour les femmes. Dans ce même établissement se trouvent la Maternité, l’école d’accoumenl et l’hospice des insensés. Il y a de plus le magnifique hôpital militaire de Kcisr-el-Ain, situé entre le grand Caire et le vieux Caire , dans le lieu où était l’ancienne ferme d’Ibrahim-IIey , sur les bords du Nil. Cet hôpital renferme dix-huit cents lits.

Outre un grand nombre d’écoles particulières annexées aux fondations pieuses , telles que les mosquées , les fontaines, les citernes, le Caire compte plusieurs édifices consacrés à l’enseignement.

On voit dans l’intérieur de la ville de très-beaux palais, ceux du vice-roi, d’Ibrahim-Pacha , d’Abbasl’acha et du Defterdâr-Bcy , qui entourent l’Esbckyeh ; celui d’Ihrahim-Pacha-Koutchouk (le jeune), vers le centre de la ville, celui de Mahmoud-Bey, et beaucoup d’autres que je me dispense de citer. Suiles bords du Nil s’élèvent le palais d’Ibrahim-Pacha et celui du Dcfterdàr-Bey. Tous ces édifices sont remarquables par leur étendue et leur construction.

La citadelle est située au sud du Caire, sur la dernière hauteur du Mokattan, et domine la ville. Elle lut construite par Saladin ; mais, comme position militaire , elle est loin d’avoir de l’importance , car elle est dominée elle-même par une hauteur sur laquelle Méhémet-Ali a placé un petit fort, qui pare en partie à l’inconvénient de sa situation. On arrive à la citadelle par deux rampes taillées dans le roc, dont l’une, au

VILLES ET VILLAGES UE L’ÉGYPTE

nord , conduit à la porte nommée Porte des Arabes , et l’autre , à l’est, aboutit à celle qui est connue sous le nom de Porte des Janissaires. La citadelle fut presque entièrement ruinée , en 1824 , par l’explosion d’uu magasin à poudre creusé dans le roc. Tous les édifices qui s’v trouvaient lurent abattus en totalité ou en partie. Depuis lors , Méhémet-Ali les a fait reconstruire presque en entier.

C’est dans la citadelle que se trouve le palais occupé par le pacha lorsqu’il vient au Caire. On y remarque aussi le Puits de Joseph, ainsi appelé à cause du prénom de Joussouf que portait le grand Saladin qui le fit creuser. Ce puits est de forme carrée et divisé en deux parties ; sa profondeur totale est de 280 pieds ; son fond est au niveau du Nil. On y descend par un escalier tournant. Un manège à roues, que deux bœufs font mouvoir, élève l’eau de la partie inférieure au niveau de la supérieure, d’où, par le même moyen, ou la fait monter jusqu’à la hauteur du sol. Le puits a été creusé pour parer au cas où l’aqucduc qui porte l’eau du Nil à la citadelle viendrait à être coupé. Elle contient d’ailleurs plusieurs citernes, dont une, entre autres, suffirait à la boisson dequelques milliers d’hommes, pendant une année.

On voit dans la citadelle de belles ruines du palais de Saladin. Aujourd’hui le vice- roi y fait construire une mosquée.. On y trouve encore un arsenal de construction , une fonderie de canons , une manufacture d’armes portatives, des ateliers où l’on fabrique tous les objets d’équipement pour la cavalerie et l’infanterie , une imprimerie, et l’hùtel fies monnaies, qui consomme

284 POPULATION. HABITATIONS

annuellement , en or, environ la valeur de S, 000,000.

Le mouvement de la population commence au Caire à six heures du matin ; il s’interrompt , pendant la période de la forte chaleur , de midi à trois heures. Tous les voyageurs qui ont écrit sur l’Egypte ont parlé de l’effet pittoresque que produit dans les rues, dans les bazars, dans les places, la foule bariolée qui les remplit. Tous ont dit les nombreux contrastes qu’elle présente : le riche puissant aux vêtements splendides et chargés d’or , à côté du pauvre déguenillé; l’homme affairé passant rapidement devant l’indolent santon qui reçoit, étendu avec indifférence , les attouchements des femmes superstitieuses qui espèrent obtenir de son contact une guérison ou toute autre faveur miraculeuse; puis tous ces hommes de diverses nations, de religions ou de sectes différentes , qui se distinguent les uns des autres par leurs caractères physiques et leurs costumes originaux; au milieu d’eux, les femmes qui, sous leurs vêtements qui cachent toutes les formes et ne laisent voir de leur visage que les yeux , ressemblent à des fantômes; puis encore, fendant la foule, ici le baudet aiguillonné par le jeune et pétulant ànier, là le grave et lent chameau , plus loin le cheval du grand seigneur magnifiquement enharnaché, et la mule de l’homme de loi au pas doux et mesuré; enfin ces nombreux bateleurs qui amusent les passants, ces conteurs qui , dans les cafés, charment la contemplation du fumeur oisif. Aux singularités de sa population ajoutez la physionomie toute particulière que donnent au faire ses maisons à terrasses , ses rues qui serpen-

VILLES ET VILLAGES UE L'ÉGYPTE. 285

lent; les innombrables minarets qui la surmontent, et vous vous représenterez une ville comme il n’en existe nulle part ailleurs , une cité tout empreinte du génie arabe, une vraie ville des Mille et une Nuits.

Le faubourg de Boulàq est au nord du Caire; il n’eu est séparé que par une plaine de peu d’étendue; il est placé au bord du Nil, et sert, comme je l’ai dit plus haut, de port pour les rapports commerciaux que le Caire entretient avec la basse Égypte. Il renferme des fabriques de drap, de coton filé, de toile, une corderie, une fonderie, le chantier de construction des barques du Nil, des okels, des magasins; le beau palais d’Ismaïl-Pacha , dans lequel se trouve l’école polytechnique.

Le vieux Caire contient les entrepôts de céréales, appelés ordinairement Greniers de Joseph : ils se composent de sept cours carrées dont les murs sont en briques. D’énormes monceaux de blé, de lentilles, de fèves, etc., s’élèvent au milieu de ces cours à de trèsgrandes hauteurs et forment de véritables monticules.

41. Benisouef, — sous le 28° 52' 18" de longitude et le 29° 9' 12" de latitude; celle ville, l’ancienne P tôle maîdon , doit, d’après ses habitants , son nom moderne, qui signifie tes enfants des sabres, à un combat à l’arme blanche dont elle aurait été le théâtre. Sa i population s’élève à environ (5,000 aines. Benisouef est une dçs villes les plus commerçantes de l’Egypte moyenne. Ses fabriques de tapis de laine, de couvertures, de milays, espèces de manteaux en coton, avaient autrefois une grande réputation. On y voit aujourd’hui une importante fabrique de toiles de coton.

POPULATION, HAUITATIOUS,

llenisouef est située auprès de l’une des embouchures du Bahr Ioussef (canal de Joseph), qui va répandre ses eaux et la fertilité dans le Fayoum. Elle doit à celle position une partie de l’importance commerciale qu’elle a conservée encore de nos jours.

42. Medinet-el- Fayoum. — C’est la ville principale du Fayoum. Elle est située à l’entrée de cette riche province. Elle a été construite avec les matériaux et en partie sur l’emplacement de l’ancienne Crocodilopolis, dont Ptolémée Philadelphe changea le nom en celui d’Arsinoé, en l’honneur de sa sœur. Celle ville a environ une lieue de circuit. Un embranchement du Bahr Ioussef la traverse. Elle était autrefois le séjour de plaisance ou le lieu de retraite des mameluks. Elle a aujourd’hui environ 12,000 habitants.

43. Fiddemin. — C’est le plus joli village du Fayoum. Il est formé de deux groupes d’habitations, dont l’un est occupé par les musulmans et l’autre par les cophtes. Il est entouré d’arbres fruitiers, dont les ombrages touffus embellissent son aspect. Ses habitants montrent aux voyageurs un olivier antique qu’ils regardent comme le père de tous ceux qui existent en Egypte, et auquel ils donnent une existence de dix siècles. Cet arbre produit annuellement environ quatre cents kilogrammes d’olives. Il est pour les habitants de Fiddemin l’objet d’une espèce de culte.

44. Mi ni eh , — sous les 28° 28' 33" de longitude et 28° 8' 20" de latitude, à gauche du ]\il ; cette ville est assez bien bâtie ; quelques-unes de scs rues sont régulières. Elle renferme plusieurs mosquées remarquables. Un y trouve une fabrique de toiles de coton.

VILLES ET VILLAGES DE t.’ÊGYPTE.

4 o. Achmoumyn. — Ville de 7 à 8,000 habitants, sur la rive gauche du Nil.

46. Motif atout. — Assez grand village sur la rive gauche du Nil. Sa population est de K, 000 âmes.

47. Syout. — Cette ville est située sous les 28° 23' 17" de long, et 27° 15' 14" de lat. Elle est considérée comme la capitale de la haute Egypte. — La campagne qui l'environne est magnifique. — Elle a été construite sur l’emplacement de l’ancienne Lycopolis, à un quart de lieue de distance du Nil. C’était dans son enceinle que venaient se réfugier autrefois les mameluks cxpul sés de la basse Egypte : aussi a-t-elle conservé quelque chose d’aristocratique dans son aspect. Scs rues sont plus larges et plus propres que celles des autres villes de l’Egypte. On y remarque des bazars, deux mosquées très-belles, un palais qu’lbrahim-Pacha fit construire pendant qu’il gouvernait la haute Égypte, et un magnifique bain public annexé à une mosquée que le Defterdâr-Bey a érigée. Syout possède une filature et une fabrique de toiles de coton. Cette ville est la principale station des caravanes de la Nubie et du Soudan. La population de Syout est de 20,000 âmes.

48. Ackhmyn, — petite ville de 10,000 âmes de poipulation, dont mille chrétiens, sur la droite du Nil.

1 Elle renferme une manufacture de colon. C’était la

Panopolis des anciens.

49. Girgeh , — sous les 29° 34' Kl" de long, et 26° .22' 20" de lat., près des ruines de Ptolémaïs et sur la rive gauche du Nil. Après le Caire et Alexandrie, la

I ville de Cirgeh est la plus grande de l’Égypte; c’était | aussi l’une de celles où les mameluks mécontents al-

POPULATION,' HABITATIONS

laien t sc rallier; elle était d’ailleurs autrefois la capitale du Saïd. Ou y voit aujourd’hui encore huit belles mosquées, un vaste bazar et une filature de coton. Sur une population de 8 à 10,000 âmes, on y compte environ 500 chrétiens; elle contient un couvent de missionnaires catholiques.

50. Keneh, — sous les 30° 24' 30" de long, et 26° 1 Y 20" de lat. (Cœnopolis des anciens). Cette ville est située sur la rive droite du Nil ; elle a à peu près 10,000 habitants; elle est placée à l’embouchure de la vallée de Kosseyr, et sert, par conséquent, de lieu de passage aux caravanes qui se rendent à la Mecque ou viennent d’Arabie par la voie de Kosseyr. Il paraît que , dans l’antiquité, un canal, dont il ne reste plus de vestiges, et qui liait le Nil à la mer Rouge, avait son ouverture à Keneh. Keneh est renommée dans toute l’Égypte pour la fabrication des bardaqnes (en arabe goulés). On appelle ainsi des vases poreux faits avec de l’argile desséchée au soleil, qui ont la propriété de rafraîchir l’eau. Il y a à Keneh une manufacture de coton. C’est en face de celte ville que se trouve Denderah , village qui a remplacé la Tentyris des anciens, et où l’on admire l’un des temples antiques les plus beaux et les mieux conservés.

51. Kous (/ Ipollinopolis Parva), — petite ville assez commerçante sur la rive droite du Nil.

52. Esnè ( Latopolis ), — sur la rive gauche du Nil ; cette ville est assez commerçante. Les caravanes du Darfour et du Sennaar en font une de leurs stations. On y lient un grand marché de chameaux renommé dans toute l’Égvpte. F.sné est entouré de ruines, dont

VILLES ET VILLAGES ÜE L’ÉGYPTE

je parlerai dans le chapitre que je consacre aux antiquités égyptiennes.

53. Assouan , — sous les 30° 54' 59" de longitude et 24° 8' 6" de latitude. Cette ville est la dernière que l’on rencontre en Égypte du côté de la Nubie. Sa position a dù lui donner, dans tous les temps, une grande importance. Elle était, dans l’antiquité, sous le nom de Syène, une place forte. Les Arabes soignèrent aussi ses fortifications ; mais , après la chute des califes fatimites, elle fut entièrement ruinée par les tribus nubiennes , qui l’occupèrent successivement. En s’emparant de l’Égypte, Sélim la fil rebâtir sur la rive orientale du Nil, auprès de la première cataracte. La ville actuelle est échelonnée sur le penchant d’un coteau planté de dattiers. Ses maisons, entourées de bouquets de verdure, présentent un aspect pittoresque et riant. Sa population, de 4,000 âmes environ, est composée d’Arabes , de Barabras , de Cophtes et de quelques Turcs employés.

C’est en face d’Assouan que se trouve la petite île d’Éléphantine ; un peu au-dessus de la cataracte est celle de Philœ. Quoique de peu d’étendue, car elle n’a que 1,300 pieds de longueur, elle est une mine inépuisable de précieuses antiquités. 11 y croit des dattiers ; elle est en partie cultivée.

Il nous reste à dire quelques mots de deux villes qui ne font pas essentiellement partie de l’Égypte, puisqu’elles sont en dehors de la vallée du Nil, mais qui en dépendent et lui servent de ports sur la mer Rouge.

54. Suez, — située sous les 50° 18' 8" long, et 29° 59' (>" lat. Celle ville eut beaucoup d’importance dans

Apr pi i m l t it.Yrri. 1 . 25

290 POPULATION. HABITATIONS

l’antiquité, à cause du transit du commerce des Indes. Elle fut d’abord nommée Arsirioé et plus tard Cléopatride. Aujourd’hui son port n’a guère de relations suivies qu’avec les villes maritimes des côtes de la mer Rouge. Le commerce avec l’Arabie l’alimente. Une partie des pèlerins qui se rendent annuellement à la Mecque viennent s’y embarquer. La ligne des paquebots des Indes a donné , dans ces derniers temps, un peu plus d’intérêt à cette ville, qui est très-fréquentée maintenant par les Anglais. Des diligences transportent les voyageurs du Caire à Suez. Il y a dans celle-ci un consul anglais. Elle a aujourd’hui àpeu près 1,900 âmes de population. Quoique peu distante du Caire, Suez en diffère totalement, soit par sa physionomie, soit par les mœurs de ses habitants. Elle est comme l’avantposte des Indes. Nous reviendrons sur celte ville, dans le chapitre des travaux publics , au sujet des grandes communications projetées entre le Nil et la mer Rouge.

Kosseyr. — J’ai dit que la vallée qui s’étend de Keneh à Kosseyr est la route que l’on suit pour arriver à cette ville. Kosseyr a un petit port sur la mer Rouge, avec le littoral de laquelle elle fait quelque commerce. Elle est l’une des stations des paquebots anglais. Elle renferme deux agents consulaires, l’un anglais, l’autre français. Sa population esL d’environ 1,200 habitants. Elle fait partie du département de Keneh.

VILLES ET VILLAGES DE 1,’ÉUYPTE

Distances réciproques de différents points de l’Égypte

Uu Caire à Alexandrie,

— à Rosette,

— à Damiette,

— à Salahyeh,

— à Belbeys,

— à Suez,

— à Benisouef,

— à Minieh,

— à Syout,

— à Girgeh,

— à Keneh.

— à Thèbes,

— à Esneh,

— à Edfou,

— à Assouan, D’Alexandrie à Rosette, De Rosette à Damiette,

41,6 lieues.

1 Le» distances du Caire aux points de la haute Égypte sout les résultat» de* meture* prises entre différents points intermédiaires, en suivant le court du UU.

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