‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 91 sur 115 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

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Lois musulmanes et administration de la justice en Égypte.

l.OIS CIVILES.

Jurisprudence musulmane. — Epoque de la majorité. — Mariage et divorce. — Droits du père. — Tuteurs. — Débiteurs et faillis. — Interdiction. — Prêt sur hypothèque. — Donations. — Héritages.

1 . Jurisprudence musulmane. — Chez les musulmans, comme dans toutes les civilisations orientales, la source de la loi , c’est la religion : pour eux , le délit est toujours un péché, souvent le péché est un délit. Leurs lois civiles et criminelles sont principalement tirées du Coran; mais, dans beaucoup de cas, ce livre ne donne pas de décisions, et alors le juge s’éclaire dans les quatre espèces de traditions religieuses que je vais énumérer :

1° Ce sunnet, qui renferme le récit des actions et des paroles du prophète. On interprète dans ce recueil les préceptes que le prophète a donnés sur certains actes et le silence qu’il a garde sur d’autres.

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2° Les lois orales d’une notoriété publique , qui ont été connues dans les trois premiers siècles du musulmanisme. On fonde le respect dont on entoure les traditions de cette époque sur ces paroles de Mahomet : « Mon siècle est le meilleur, le plus heureux de tous les siècles ; le second le sera moins , et moins encore le troisième, qui sera suivi de la propagation du mensonge et de l’erreur. »

On suit aussi d’autres lois orales moins sacrées , qui sont comme une espèce de droit coutumier.

3° Les recueils des gloses et interprétations des premiers disciples du prophète.

4° Le recueil des décisions canoniques prononcées par les imans des premiers siècles, et surtout les quatre grands imans , fondateurs des quatre rites orthodoxes.

2. Epoque de la majorité. — La loi civile musulmane fixe l’époque de la majorité pour les deux sexes à l’âge de la puberté : pour l’homme, à douze ans; pour la femme, à neuf, si à cet âge ils déclarent leur état de puberté avec serment. Dans le cas où ils ne remplissent pas celte formalité, c’est à quinze ans révolus que les jeunes gens des deux sexes sont déclarés majeurs. Alors l’homme de condition libre est maître de ses actions; s’il a perdu son père, son tuteur peut gérer ses biens jusqu’à ce qu’il ait accompli sa vingtcinquième année. Mais, si le jeune homme a la disposition de sa fortune, tout emploi qu’il en fait conformément aux lois est un .acte valide.

3. Mariage et divorce. — Nous avons déjà vu que la loi limite à quatre le nombre des épouses légitimes

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