‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 14 sur 110 · DES AUTRES HABITANTS DE L.' EGYPTE · texte numérisé non relu

DES AUTRES HABITANTS DE L.' EGYPTE

ont très-peu varié. Parmi les tribus les plus puis* slintes et les plus célèbres sont celles des Haouarehs , des Ababdés, des Henady, des Henadoueh> dans la Haute-Egypte; des Mehaz, dans l'Égypte-Hoyenne; des Terrâbyn , des Qattâb, des Halaybys, des Beny- Aly, dans la Basse-Egypte, etc.

2. Amour des Bédouins pour le désert. — J'ai compris, après avoir parcouru les sublimes solitudes du désert, rattachement invincible que les Arabes ont pour elles, et le inépris qu'ils professent pour nous, que la civilisation a parqués dans des horizons rétré« cis. Cet attachement est si grand , ce mépris si profond, qu'ils ne peuvent se résoudre qu'avec une peine extrême à venir se fixer dans les lieux habités. J'ai connu un riche Bédouin qui, ayant surmonté cette répugnance, était devenu gouverneur de province. Il demanda en mariage la fille d'un chef de tribu ; celle-ci refusa , comme si elle se fût dégradée en quittant la tente et la vie nomade pour une exis* tence sédentaire et le toit domestique.

3. Leur caractère. — Les Arabes nomades ont conservé, dans sa belle et antique simplicité, le type patriarcal. Il semble que leur âme ne soit accessible qu'aux sentiments élevés, et que les vertus primitives soient innées en eux. On aurait tort de se les représenter comme des sauvages, et de s'en faire une idée odieuse. Il y a bien quelques tribus avilies et pillardes; mais elles contrastent avec le plus grand nom* bre , remarquables par la noblesse et la générosité de leur caractère. Le Bédouin est vraiment l'homme

ii2 ESQUISSE SUR LES MOEUIlS

libre, tout en lui respire rindépeudance ; il se vante avec fierté d'appartenir à la partie la plus pure de la race arabe, à celle qui n'a jamais été ni conquise ni mélangée. Il est beau à voir, drapé dans son manteau blanc {barakan)y son fusil à mèche en bandou* liére, la lance a la main, lorsqu'il entre sans cérémonie dans lé divan d'un grand seigneur. Il ne se plie à aucune étiquette ; son corps est rebelle aux révérences ; il adresse la parole au vice-roi, à Ibrahim- Pacha, avec aussi peu de façon qu'à ses égaux. « Eh bien! Mohammed- Âli , comment te portes-tu? » « Ibrahim, comment va ta santé? » voilà les questions familières par lesquelles il entame la conversation avec le maître de l'Egypte et le plus grand capitaine de l'empire ottoman.

4. Leur sobriété. — Les Bédouins sont très-sobres; un peu de lait de chamelle et quelques dattes leur suffisent pour la nourriture de toute la journée. Dans les grandes fêtes seulement , ils se décident à tuer un agneau ou un rhouton qu'ils font rôtir tout entier, à la manière homérique. On voit souvent leurs femmes , perchées sur les dromadaires , occupées à broyer entre deux petites meules le grain destiné au pain de la famille. Elles le font cuire sur des plaques de fer, qu'elles chauffent toutes les fois que la tribu s'arrête. Les Bédouins sont encore plus sobres pour les boissons que pour les aliments : ils ne boivent jamais de vin ni de liqueurs fermentées. Grâce à leur vie simple et tempérante, ils ont fort peu de maladies et prolongent très-loin leur existence.

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5. Pur Blé de leurs mœurs. — -La vie pastorale en»* tretient toujours la pureté des mœurs. Cettç pureté ^st excessive chez les Arabes. Leurs coeurB sont âc« cessibles à Famour; mais le oooeubinage et Fadiil* tère leur sont inconnus* Chez eux , um fille ne pôot ^tre séduite, et le lien nuptial est toujours respecté. D'ailleurs, il irait de la vie pour celui qui enfreindrsdt ce$ lois saintes. Ils laissent néanmoins à leurs femmes beaucoup plus de liberté que les autres musulmans. Elles ont la figure découverte. Élevées à peu près comme les hommes, elles contractent dès F enfance 4e mâles habitudes.

6. Leur organisation, — Les Bédouins forment leurs camps sur une seule ligne. Leurs tentes sont en laine noire ou brune, en peaux de chèvre ou de chameau. Celle du chef de la tribu est blanche. Elles ^contiennent chacune une fomille, et sont divisées, pir une toile, en deux parties, dont Tune est réservée aux femmes. Les tribus, ne pouvant vivre réunios, se divisent en fractions, nommées /^rj/gf, de quarante à cent tentes. Chacune d'elles se choisit un cheikpris parmi les chefs de famille. Les fractions réunies élisent un grand cheik qu'elles placent à leur tète. Le pouvoir des cheiks est très4imité : ils peuvent être démis de leurs fonctions par le vote de la même ma* jorilé qui les leur a confiées. Ils conservent néanmoins^ quelques- pi^érogatives qu'on ne leur dispute pas. Le pavillon dé la tribu est planté devant leur tente, et c'est là que les étrangers sont reçus; là que les affaires de la tribu sont traitées, et que l'on dis**-

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