‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 15 sur 110 · II. s · texte numérisé non relu

II. s

iOé MŒURS ET USAGES DES MUSULMANS.

des populations furieuses. Mais dans les circonstances ordinaires, l'Égyptien est doux et soumis ; il est presque impossible qu'alors là préméditation d'un crime sanglant entre dans son âtne naturellement paisible.

80. Sédilions. — Ce caractère pacifique rend le' peuple égyptien incapable de se soulever contre ceux qui le gouvernent. On a bien vu parfois quelque^ velléités d'émeute chez les fellahs, mais ces menaces de soulèvement se sont dissipées d'elles-mêmes avant d'être devenues sérieuses. Il n'y a en effet, ni dans la tète ni dans le cœur des Égyptiens, tout ce qu'une révolte implique de réflexion et d'esprit de suite et d'énergie. Des bandes de fellahs se réunis-^ sent, et jetant de la poussière au vent, s'écrient : Hiala! Hialaf mais lorsque le moment d'agir arrive, ssms armes, sans plan arrêté, sans chef déterminé, ils s'aperçoivent bientôt de leur faiblesse et fuient dans leurs demeures, effrayés de leur imprudence.

Avant le gouvernement de Méhémet-Ali, il y avait assez fréquemment au Caire des séditions. Elles étaient préparées et soutenues par l'esprit religieux; elles se faisaient sous la conduite des cheiks et des ulémas. Le fanatisme est le seul mobile qui puisse provoquer les Égyptiens à la rébellion. On se souvient que, pendant l'expédition française, certains imposteurs, entre autres le fameux ange El-Modhy, parvinrent à réunir quelques milliers de fellahs contre nos troupes.

n y eut en 1^24 , dans la Haute*Égypte^ une ré^

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voUè assez importante, qui s'étendit depuis Esné jusqu'à Assouan. La cause était la formation des troupes régulières ; elle eut pour chef un cheik qui se disait inspiré. Une partie dés soldats du l**" régi-* ment, qui se trouvait dans ces lieux, se débanda, mais il en resta encore assez sous les drapeaux pour étouffer un soulèvement qui, chez tout autre peu^ pie, serait devenu une véritable révolution.

81. Exécutions capitales. — Les criminels mon-^ trent une grande résignation à leur sort. Leur unique défense se borne à la répétition de cette phrase t u La fatalité Ta voulu ainsi ! » Se croyant mus pai^ une puissance surnaturelle, ils accueillent avec im'^ passibilité toutes les conséquences de leur faute ^ comme s'ils n'étaient pas eux-mêmes en jeu dans l'expiation qu'elles doivent amener. J'ai vu plusieurs fois des exécutions capitales. Les malheureux con* damnés marchent au supplice sans donner aucun signe d'émotion et en s'entretenant tranquillement avec ceux qui les y conduisent. La foule ne se précipite pas après eux, avide comme chez nous du * spectacle sanglant d'un supplice. C'est ordinaire^ ment sur une place où se tient le marché que les exécutions ont lieu. Mais peu de personnes sedéran-' gent de leurs affaires; ou continue à vendre et à acheter, sans prêter attention au drame terrible qui se joue sur le lieu même. Les patients montent san^ hésiter sur le marche-pied de la potence , pronon* cent la profession de foi musulmane, tendent le coït au cordon ou au sabre avec une froide résignation; et

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sans témoigner plus de préoccupation ou de crainte, que s'il se trouvait dans une circonstance ordinaire. 82. Suicide. — Le suicide est beaucoup plus rare encore que le meurtre. Cette épidémie morale ne s'abat que sur les sociétés où la foi religieuse n'est plus vivace; que là où les consolations que répandent la perspective d'une vie future et la résignation aux décrets providentiels viennent s'émousser contre un scepticisme qui n'a laissé debout que la croyance à la douleur. Mais la religion plonge encore des racines vigoureuses dans le cœur du musulman. 11 sait se soumettre à la volonté de Dieu, qu'il voit traduite dans tous les événements. Rien ne saurait l'ébranler, car ce qui est écrit est écrit , et les décrets de la Providence sont immuables. Appuyé sur cette foi robuste , il est prompt à se consoler des malheurs qui le frappent. Il apprend sans trouble la perte de ses dignités, de sa fortune, de ce qu'il a de plus cher au monde : sa femme , ses enfants, toute sa famille. A quelque degré de l'échelle sociale qu'un revers de fortune le fasse descendre, il ne se croira jamais humilié. On conçoit que sur une résignation aussi inébranlable, le désespoir n'ait pas de prise, ni par conséquent le suicide. Si l'on pouvait citer quelques exemples contraires, il faudrait les chercher dans la classe des musulmans qui se sont laissés corrompre par les vices de la civilisation européenne ; car, on doit le dire, les Orientaux ne prennent souvent au contact de nos mœurs que leurs traits les plus funestes.

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sans témoigner plus de préoccupation ou de crainte, que s'il se trouvait dans une circonstance ordinaire. 82. Suicide. — Le suicide est beaucoup plus rare encore que le meurtre. Cette épidémie morale ne s'abat que sur les sociétés où la foi religieuse n'est plus vivace; que là où les consolations que répandent la perspective d'une vie future et la résignation aux décrets providentiels viennent s' émousser contre un scepticisme qui n'a laissé debout que la croyance à la douleur. Mais la religion plonge encore des racines vigoureuses dans le cœur du musulman. Il sait se soumettre à la volonté de Dieu, qu'il voit traduite dans tous les événements. Rien ne saurait l'ébranler, car ce qui est écrit est écrit , et les décrets de la Providence sont immuables. Appuyé sur cette foi robuste , il est prompt à se consoler des malheurs qui le frappent. 11 apprend sans trouble la perte de ses dignités, de sa fortune, de ce qu'il a de plus cher au monde : sa femme , ses enfants, toute sa famille. A quelque degré de l'échelle sociale qu'un revers de fortune le fasse descendre, il ne se croira jamais humilié. On conçoit que sur une résignation aussi inébranlable, le désespoir n'ait pas de prise, ni par conséquent le suicide. Si l'on pouvait citer quelques exemples contraires, il faudrait les chercher dans la classe des musulmans qui se sont laissés corrompre par les vices de la civilisation européenne ; car, on doit le dire, les Orientaux ne prennent souvent au • contact de nos mœurs que leurs traits les plus funestes.

83. Duel. — he duel, cet usage chevaleresque produit et entretenu en Europe par la délicatesse excessive d'un sentiment qui joue un si grand rôle parmi nous^ Thonneur, est inconnu aux Orientaux. Leur langue même n'a pas de mots pour désigner cette sensibilité généreuse à laquelle nous avons voué un vrai culte. Les musulmans apprennent néanmoins à combattre contre un adversaire; ils s'exercent à manier le sabre et la lance ; nous avons vu qu'ils se poursuivent à cheval avec le djérid^ mais ils ne se mesurent qu'avec les ennemis de leur religion ou de leur patrie.

iiO ESQUISSE SUB LES MCBUBS

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