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libre, tout en lui respire Tindépendance ; il se vante avec fierté d'appartenir à la partie la plus pure de la race arabe, à celle qui n'a jamais été ni conquise ni mélangée. U est beau à voir, drapé dans son manteau blanc {barakan)^ son fusil à mèche en bandou* licre, la lance à la main, lorsqu'il entre sans cérémonie dans lé divan d'un grand seigneur. Il ne se plie à aucune étiquette ; son corps est rebelle aux révérences ; il adresse la parole au vice-roi, à Ibrahim* Pacha, avec aussi peu de façon qu'à ses égaux. « Eh bien! Mohammed- Ali , comment te portes-tu? » « Ibrahim, comment va ta santé? » voilà les ques-* lions familières par lesquelles il entame la conversation avec le maître de l'Egypte et le plus grand capitaine de l'empire ottoman.
4. Leur sobriété. — Les Bédouins sont très-sobres; un peu de lait de chamelle et quelques dattes leur suffisent pour la nourriture de toute la journée. Dans les grandes fêtes seulement , ils se décident à tuer un agneau ou un rhouton qu'ils font rôtir tout en* tier, à la manière homérique. On voit souvent leurs femmes , perchées sur les dromadaires , occupées à broyer entre deux petites meules le grain destiné au pain de la famille. Elles le font cuire sur des plaques de fer, qu'elles chauffent toutes les fois que la tribu s'arrête. Les Bédouins sont encore plus sobres pour les boissons que pour les aliments : ils ne boivent jamais de vin ni de liqueurs fermentées. Grâce à leur vie simple et tempérante, ils ont fort peu de maladies et prolongent très-loin leur existence.
DES AUTRES HABITANTS DE JL' EGYPTE. ii3
5. Pureté de leurs mcsurs. — La vie pastorale en^ tretient toujours la pureté des mœurs. Gettç pureté ^st excessive chez les Arabes* Leurs cœurs sont âc* cessibles à Famour; mais le coaoubinage el FaduK tère leur sont iAcoiinus« Chez eux y une fille ne peut -être séduite , et le lien nuptial est toujours respecté. D'ailleurs, il irait de la vie pour celui qui enfreindrait ces lois saintes. Ils laissent néanmoins à leurs femmes beaucoup plus de liberté que les autres musulmans. Elles ont la figure découverte. Élevées à peu près comme les hommes » elles contractent dès F enfance 4e mâles habitudes.
6. Leur organisation. — Les Bédouins forment leurs camps sur une seule ligne. Leurs tentes sont en laine noire ou brune, en peaux de chèvre ou de chameau. Celle du chef de la tribu est blanche. Elles oonliennent chacune une fhmille, et sont divisées, par une toile, en deux parties, dont Tune est réservée aux femmes. Les tribus, ne pouvant vivre réunies, se divisent en fractions, nommées feryg, de quarante à cent tentes. Chacune d'elles se choisit un cheik pris parmi les chefs de famille. Les fractions réunies éli* sent un grand cheik qu'elles placent à leur tête. Le pouvoir des cheiks est très-limité : ils peuvent être démis do leurs fonctions par le vote de la même ma* jorilé qui les leur a confiées. Us conservent néanmoins quelques- pi;érogatives qu'on ne leur dispute pas. Le pavillon de la tribu est planté devant leur tente, et c'est là qiie les étrangers sont reçus; laque
les affaires de la tribu sont traitées , et que Fon dis*