‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 3 sur 110 · ÉTIQUETTE · texte numérisé non relu

ÉTIQUETTE

Généralités. — Salut. - GérémoDÎal du divan. — Le café. — La pipe.

23. Généralilés. — L'étiquette est chez une nation ce que le geste et les manières sont dans r individu. C'est une forme qui révèle à sa façon le caractère d'un peuple, c'est un trait que celui quî veut peindre une civilisation ne doit point négliger, pas plus que celui qui désire la connaître.

Une autre considération , moins philosophique sans doute, mais d'une portée* plus immédiatement utile, m'engage à retracer ici quelques-uns des usages quî règlent la vie journalière des naturels de l'Egypte. Les nombreux voyageurs qui visitent l'Orient, sans en connaître d'avance les mœurs , trouveront avec plaisir, je l'espère, dans les détails que contient ce paragraphe, une sorte de manuel des lois de la politesse orientale. La lecture de ces lignes , en les familiarisant un peu avec l'étiquette de la société musulmane , leur rendra moins embarrassants leurs premiers rapports avec cette société ; il y a de la gêne,

28 IKEUItS ET UjSAGES P6iS mBVïMkM».

en effet , pour le voyageur à se trouver en &e6 dp coutumes qui sont pour lui lettre-close ; c'est comme une seconde langue àapprendre ; il éprouve du plaisir, au contraire , à pouvoir démêler une çinlhMÎQU avec laquelle il est novice, et à se mettre en état aussitôt que possible de se conformer à tous ses usages.

24. SaluL — En Occident, lorsque deux personnes se rencontrent, nous voyons toujours celle des deux qui reconnaît dans l'autre une supériorité de rang , de talent, de fortune, s'empresser la première à saluer. En Orient , au contraire , c'est le supérieur qui commence , c'est lui qui fait cet honneur aux hommes qui, par leur naissance, leur fortuné^ leur tllre^ Leur emploi ou leur caste , se trouvent dans une poi> sition inférieure à la sienne.

il y a dans les différents saints das Orientaux ^ comme une espèce de liiérardiie calquée sur le raag des personnes^ Lorsque 4eux égaux se rencoatneni; , Us portent l'un et l'autre la main droite (1) à Ift hauteur de la bouche, et de là , sur le côté de la tête. Si réalité n'est pas par&Lte, le plus haut placé des deux fait par politesse le salut qui vient d'être décrit^ mais celui qui le reçoit a soin de rendre ie sien plus respectueux, en inclinant légèrement la iête et le oorps. On se borne à porter la main sur la poitrine

(i) Ou âalt que che2 les musulmanâ la main di'oite est la main pure, la seule dont on se serve pour manger, par exemple, et à plus forte raison dans tous les actes relevés de la vie publique et privée. La main gauche est la main impure^ elle est consacrée aux actes aiu^guels isont nl^chées âe^ idées de «ouiUiiDB «t de maHNMipreté.

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lorsqu'on sâlue utie personne d'une classe inférieure, et celle-ci s'incline prorondément en abaissant sa naain droite et la portant ensuite sur la (été. En présence d'un grand seigneur, l'individu de la classe inférieure &it le même geste avec les deux mains.

Dans le salut d'égal à égal, chacun continue son ckemin ; si au contraire il y a une grande différence entre les rangs, l'inférieur s'arrête et fait face à la personne qui doit le saluer^

Le salut est ordinairement accompagné du bonjour ou du bonsoir, en arabe, sahahelker (matia heureux); massekbilker (ayez la soirée heureuse) ; naar^-koum^ ^u2 (jour à vous heureux ).

Lorsque deux personnes Sabordent dans la rue , elles s'interrogent réciproquement sur l'état de leur santé; elles se demandent comment va le kheff'. Les individus de la basse classe répètent plusieurs fois et machinalement la même phrase , comment allez -vous? — bien "î {zeyiac? — tàibin?) en se touchant la main sans la serrer , et la portant à la bouche à chaque rq^rise. On demande rarement à la personne que l'on salue des nouvelles des membres de sa famille , jamSis des femmes. Les lois de l'étiqueite fnusulmane défendent aux hommes de saluer celles ci ; elles ne pouvaient pas être plus opposées qu'en ce point à Turbanîté européenne. Il serait , il est vrai , diâicile de reconnaître les femmes sous le sé'vère costume qui les couvre; mais lors même qu'on les reconnaîtrait, il faudrait bi^i se garder de le hke comprendre ; on commettrait uiie

inconvenance des plus graves si Ton violait celle réserve.

Les dames de bon ion ne se saluent jamais entre elles dans la rue.

25. Cérémonial du divan. — Le divan est la salle de réception des hommes. J'ai déjà dit plus haut comment il est disposé et meublé. Lorsqu'on entre dans le divan, on laisse ses souliers à la porte, ou dans la partie basse de la salle , afin de ne pas salir les nattes ou les tapis, et surtout pour ne les souiller d'aucune impureté, car c'est accroupi sur eux que le pieux musulman fait sa prière. La personne qui entre ne salue pas ; le maître de la maison se lève, si elle est à son niveau sous le rapport du rang; si elle lui est supérieure, il va au-devant d'elle et lui cède la place d'honneur. Il ne fait qu'un léger mouvement comme pour se lever, et reste à sa place, si celui qui entre est un inférieur; il l'invite de la main à s'asseoir, et celui-ci , selon qu'il veut se montrer plus ou moins respectueux , se met à genoux , s'assied sur la natte ou sur le tapis, ou encore se place sur le bord du divan , une jambe pliée et l'autre pendante. Dans ces différentes attitudes, il a toujours les mains croisées sur le bas du corps. Les militaires tiennent la main gauche sur la poignée de leur sabre.

Dans le divan du vice-roi d'Egypte tout le monde reste debout , excepté les princes , les pachas , ou les chefs de la religion. S. A. ne fait pas suivre cette étiquette par les étrangers , surtout par les Européens ', elle invite à s'asseoir tout individu qui lui

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est présenté. Les Francs qui ont pris du service en Egypte doivent se conformer en tout point aux usages des Orientaux.

Cbez un ministre, les officiers supérieurs ont les honneurs du divan ; ceux-ci, a leur tour, font asseoir les officiers, et ainsi de suite, d'après Tordre hiérarchique de la société.

Les personnes qui sont reçues se placent à côté les unes des autres. Auprès du maître sont celles qui sont les plus élevées en rang ou en dignités. Au reste, cette règle de l'étiquette n'est pas constamment suivie; dans diverses circonstances de la vie privée, le souverain et les grands la négligent. Ainsi on voit quelquefois le prince jouer aux échecs avec un de ses serviteurs, qu'il fait asseoir au divan.

La visite terminée , on se lève sans rien dire ; on fait quelques pas en reculant de face ou obliquement, aûn de ne pas tourner le dos au maître de la maison; celui-ci salue, on lui répond de la môme manière , et l'on sort. Si le rang de la personne qui finit sa visite l'exige , le maître se lient debout sur le divan ou accompagne jusqu'à la porte.

Les dames suivent entre elles le même cérémonial. Ces usages nationaux, traditionnellement conservés, immobiles comme la civilisation qui les a produits , sont connus et respectés par tous ; tous aiment à en perpétuer la durée, en les observant ordinairement avec un scrupule religieux.

26. Le café. —On sait combien l'usage du café est répandu en Orient. On en offre à tous ceux qui

ont le droit de s'asseoir. Un pacha qui reçoit dans son gouvernement un grand seigneur ou un cadi ac« complit cet acte de politesse avec une sorte de solennité. Il prononce le mot cawé , et aussitôt un des principaux domestiques le répèle hors de la salle d'une voix forte et prolongée. C'est là une marque de grande considération. Les personnes d'un rang moins élevé ne suivent pas ce cérémonial ; elles se contentent de demander elles-mêmes la liqueur aimée , en . joignant au mot cawé l'adjectif bon.

Le café se prend dans de petites tasses en porcelaine, appelées fingeâns, qui ressemblent à la demi-* coque d'un œuf coupé en travers; on place ces tasses sur des supports (zarfs) , espèces de coquetiers en argent, en or, en émail, garnis quelquefois de pierreries, dont la base circulaire est très-petite. Chez les pauvres la tasse est en faïence et le support en cuivre. Dix à douze fmgeâns, sur autant de earfs , sont rangés sur la circonférence d'un plateau en cuivre ou en argent, au milieu duquel s'élève la cafetière, qui est aussi de l'un de ces métaux. On recouvre le plateau ainsi chargé d'une pièce ronde en étoffe, brodée en or et plus ou moins riche, suivant la fortune de son propriétaire.

Le café est versé dans ces fingeâns par les domestiques ou les esclaves, qui les offrent en serrant délicatement du bout des doigts la base du zarf. On reçoit la fingeân, en saisissant le zarf du pouce et des trois doigts suivants de la main droite. Le café est d'abord présenté à la personne qui , par

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son rang ou sa fortune, mérite l'honneur d'être servie la première. Si, parmi les assistants, plusieurs jouissent de la même considération, ils sont servis en même temps, et se saluent avant de prendre la tasse qui leur est offerte. Si le maître de la maison ne reçoit que des inférieurs, ceux-ci ne sont servis qu'après lui et suivant la place qu'ils occupent. Avant de prendre la fingeân , ils saluent le maître , qui répond en élevant la sienne à la hauteurdu visage. Après cet acte de politesse, il boit son café.

On ne doit avaler la liqueur que du bout des lè« vres ; on l'aspire sans élever la tasse. Yeut-on faire preuve de respect , on détourne légèrement la tête , et Ton ne boit qu'une partie du café.

Le code de l'urbanité musulmane a étendu aussi sa juridiction sur la manière de remettre la fingeân: il veut qu'en éloignant légèrement le bras du corps, on la présente au domestique sans lui parler $ et que, dès qu'il l'a enlevée, on salue, comme on a fait en la recevant.

La manière dont le domestique retire la tasse est aussi élégante que la manière dont il la présente* Gomme la fingeân n'offre prise par aucune saillie extérieure , il l'enlève avec un geste gracieux , en posant sa main droite sur l'ouverture de la tasse et en supportant de la main gauche la base du sarf.

Ce n'est qu'aprèu avoir pris le café que Ton peut traiter une affaire ; agir différemment , ce serait montrer toin empressement trop brusque , ce serait

se rendre coupable d'indiscrétion et même d'impolitesse. Au resie, cet usage, dans lequel on croirait avoir le droit d'accuser la paresseuse lenteur des Orientaux , et qui semble ne devoir entraîner que la perte d'un temps précieux , a aussi ses avantages; à celui qui reçoit comme au visiteur il procure une transition commode entre les préoccupations auxquelles leur esprit était livré avant la visite et celles qu'ils vont avoir pendant sa durée. De cette manière, celui qui reçoit ne se trouve pas surpris à l'improviste par l'arrivée d'une personne étrangère ; un moment de préparation intellectuelle lui est laissé. De même, le visiteur peut encore, en prenant son café, réfléchir sur ce qu'il va dire. Est-il en colère, est-il intimidé au premier abord ou dominé partout autre sentiment, le temps qui s'écoule pendant le cérémonial du divan et du café lui permet de revenir à l'état de calme nécessaire pour aborder de sangfroid la conversation ou la discussion et pour la soutenir avec tous ses moyens.

27. Be la pipe. — Nous ne pourrions guère, en Europe , nous figurer un Turc sans sa longue pipe. En Orient en effet tout le monde fume ; mais cet usage y revêt un caractère d'élégance distinguée et des formes graves qui sont loin de l'accompagner chez nous.

La pipe (chibouk), instrument populaire d'un plaisir qui, de même que toutes les habitudes, est devenu pour les Orientaux une seconde nature, est chez eux en grand honneur. La mode, la richesse exercent sur

fille leur influence ^ comme sur un meuble de pré^ dilection. Voici quelques détails sur les trois parties dont elle se compose : le bouquin, le tuyau et la noix t

Le bouquin (/bum ou tarkib) est la partie que Ton porte à la bouche. Il est gtoéralement en ambre/ pluis où moins gros , plus ou moins long., varié dans sa forme , suivant la mode ou le caprice de son possesi* seur, etproportionnéd'ailleursà la longueur dutuya\|. Un beau bouquin en ambrecoûteordinairement de 50, iOO k 600 ft*. 11 en est de prix beaucoup plus élevés, garnis en émail ou en pierres préoieuses. Les pauvres se contentent de bouquins en corn9 ou en ivoire.

La longueur des tuyaux varie de deux ^ six pieds { ils sont en cerisier, en Jasmin ou en bms de^toute antre espèce. On les recouvre d'ung étoffe de soie; si lafortunedu prépHétaire delà pipe lui permet C(S luxé, les deux extrà»ités du tuyau sont garnief d'un bout dé quatre à cinq pouces de longueur, en argent, en or ou em émail) enrk^hi de pierreries. Quant aux pauvres , leurs tuyaux sont en bois ordinaire, souvent jnénia ee isont de simples roseaux*

Li^s noix ^ pipes ( hadjûr ) ne sont jamais qu'^n terre cuite. Leur grosseur varie ; elles sont ciseléeë en arabeiques. C'est la j^ofusion op rétégajUQe dc^ces ornemenisde ftmt(|isie qui fait la beauté des noix,

La distraction de la pipp n'âst pas l'apaiiage eir dusif des iiommes; les femmes amusent en fumant leurs loisirs du harein. Celte habitude est ^ep0ndant mollis générale parmi elles que chei les homme«. DIes me Inmèttt^aillMrs jaittais en piiliHc) be wfmi

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que dans leur intérieur qu'elles goûtent ce plaisir indolent. Elles ornent leurs pipes avec ce sentiment délicat de gracieuse coquetterie j qui est chez elles comme un sixième sens: c'est dire que leurs cbibouks sont plus élégants que ceux des hommes.

Les musulmans se servent, pour fumer, des meilleures qualités possibles de tabac ; quelquefois ils le parfument à l'eau de rose et mettent dans leurs chibouks des pastilles ambrées . La fumée qu'ils aspirent ainsi flatte l'odorat par d'agréables senteurs. Leur attitude , pendant qu'ils fument, est composée de gravité et de mollesse ^ elle semble se prêter en nïéme temps aux plus profondes ^écnlations de la pensée et aux plus vagues rêveries de l'imagination. La gracieuse majesté de leur pose, les larges dimensions de leurs pipes, les nuages parfumés qu'ils fout rouler en légers flocons autour d'eux , toutes ces circonstances , relevées encore par d'autres détails, donnent chez eux quelque chose d'exquis à une habitude qui , en Europe , est peu élégante , souvent désagréable , et quelquefois même dégénère en une dégoûtante grossièreté.

La pipe ne pouvait manquer de rentrer , elle aussi, dans le domaine de l'étiquette, mais l'usage en est plus restreint et plus rigoureux que celui du café. On fait offrir le chibouk à son supérieur au à son égal ; rarement on l'accorde à son inférieur , et seulement dans le cas où il y a peu de distance entre les rangs. La forme et la beauté de la pipe

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que Ton présente à une personne indiquent quelle considération on a pour elle. Les pipes présentent sous ce rapport une échelle de cinq ou six degrés bien distincts.

Le cérémonial avec lequel on offre la pipe est en harmonie avec la distinction ordinaire des manières musulmanes. Le serviteur la saisit par-dessous le tuyau, dans le milieu de sa longueur ; il la tient de la main droite avec trois doigts, comme une plume à écrire, et la noix portée en avant. Arrivé en face de celui à qui il doit la remettre , il appuie la noix à terre , après avoir mesuré de l'œil la distance qui le sépare de cette personne, de telle sorte qu'en faisant décrire par la pipe, comme par un rayon, révolution d'un quart de cercle, le bouquin aille s'offrir à la portée de celui qui l'attend.

De même que le café, la pipe est donnée d'abord à celui ou à ceux qui occupent le premier rang, ensuite aux autres, suivant l'ordre des places. On salue avant de la prendre. L'individu qui a des convenances respectueuses à garder envers le maître de la maison éloigne de celui-ci l'extrémité du tuyau où se trouve la noix. Si on la laissait rapprochée, on marquerait de la familiarité , on commettrait même une inconvenance : on l'appuie sur le genou, et, de temps en temps, on aspire légèrement en détournant la tète. Il faut bien se garder de faire du bruit avec les lèvres ou de cracher.

Quand on veut se retirer, on cesse de fumer, on soulève l'extrémité qui porte le bouquin et un domes-

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tique vient enlever la pipe. S'il n'y a personne pour, b preadre^on Japose par cette extrémité sur le divan^

cmccmctsiOR.

AiHliiiiité d# cette pratique. ->« Cérémenies qui raccompégQoetf

28, Antiquité de cette pratique. -^ Chez les anciens Égyptiens I la circoncision était une mesure hygié^ nique prescrite par la loi civile* Établie par Abrahamir Qlla devint pour la nation juive une obligation reli«> gieuse* Saint Paul en dispensâmes chrétiens; main les musulmans, fidèles au^ traditions du patriarche hébreu , se la 3ont imposée. Elle n'est pas néan^ moins universellement regardée parmi eux comme un devoir. I^es sectateurs du Ht hanéfy pensent que cet acte est méritoire , qu'un homme doit s'y sou« mettre s'il n'a pa$ de bonnes raisons pour s*y re« fuser, mais qu'au fond on peut être bon musulman ^ans être circoncis^ tes Égyptiens suivent V usage de Ift çirooncision, 11 est évident que cette pratique e$% conçue spus un excellent point de vue d'hygiène. Combinée avec les ablutions et les bains, elle préserve les pitiés génitales de beaucoup d'af^ leotions dont la malpropreté serait la cause.

29. Cérémonies qui Vaccampagnent. •— C'est ordi- ]pdirement à sept, huit ou neuf ans que les enfants musnlm^ns sont circoncis i l'âge où la ckémom^

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doit ayoir lieu n'esl pas spécialement précisé; il fSifit néanmoins que l'enfent n'ait pas atteint Tépoque de ia puberté , parce qu'alors il est astreint à la prière | et qu'il ne serait pas regardé comme étant dans l'état de pureté recommandé par la religioii s'il conservait encore intégralement le prépuce.

Les parents qui sont dans l'aisance entourent d' une certaine pompe la cérémonie de la eireoneision de leurs fils : accompagnés par un cortège composé de leurs amis et de musiciens , ils les promènent k travers les rues qui avoisinent leurs demeuren. Le jeune enfant est placé sur un cheval magnifiquement caparaçonné. Lui-même il est vêtu splendidement : un turban en cachemire rouge couvre sa tètej sous les auires rapports ^ il est babillé comme une jeune fille ; il porte le yetek^ la saltah^ le kmrê et le êûufek^ il tient sur sa bouche avec sa main droite un mott** choir richement brodé. Le domestique du barbier qui doit faire l'opération ouvre la marche, portant le helm^ espèce de caisse où sont les ustensiles dé son maître ei qui lui sert d'insigne« Des musiciens , qui jouent du hautbois et frappent sur des tambours, viennent ensuite; puis, derrière l'enfant ^ marchent ses parents et les amis de sa famille.

Les parents très-riches prodiguent encore plus de luxe et d'apparat dans la procession qui conduit leur fils à la mosquée : ils le font suivre , au milieu d'un nombreux et splendide cortège, par ses camarades d'école ou des enfants de son âge, qui brûlent dans des vases à parfum du benjoin et de l'aloès;

après que le cortège a passé dans la mosquée une partie de raprès-midi à invoquer pour le moutakir (c'est ainsi que Ton nomme l'aspirant à la circoncision) la protection de Dieu et l'intecpession du prophète, ils donnent un grand banquet aux personnes qui l'ont accompagné. .

C'est ordinairement à l'issue de ce repas que la circoncision est pratiquée. Le barbier amène l'enfant dans un appartement éloigné, lui ampute le prépuce avec un rasoir, et arrête l'hémorrhagie avec une poudre astringente. La plupart des convives , félicitant alors le circoncis, lui font des cadeaux. Une semaine après qu'il a subi l'opération, il est conduit a bain.

La circoncision est pour les musulmans la limite entre deux phases de la vie. Elle clôt l'enfance. Après avoir été circoncis, le jeune néophyte est presque considéré comme un homme ; on lui apprend à réciter les prières , on l'initie aux pratiques de la re« ligion. S'il est riche , ses études prennent alors une tournure plus grave ; s'il est de condition pauvre, il commence à aider ses parents dans l'exercice de leur profession.

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