‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 4 sur 110 · MARIAGE · texte numérisé non relu

MARIAGE

Penchant des Égyptiens pour le mariage. — Age fixé. — Unions défendues. — Préliminaires du mariage. — Cérémonies. — Défloration de l'épouse.

30. Pejwhant des Égypliem pour le mariage. — Le mariage est regardé par les musulmans comme une obligation morale à laquelle il est mal de chercher à se soustraire. Ils veulent qu'un homme prenne femme dès qu'il atteint Tâge convenable et qu'aucun obstacle majeur ne s'y oppose. La rigueur du préjugé est poussée si loin qu'on ne peut pas habiter dans un quartier une maison particulière si Ton n'est marié ou si l'on n'a des femmes esclaves. Un célibataire est forcé de vivre dans un okel.

Les parents ont pour leurs enfants , comme pour eux-mêmes j ce désir de la génération qui préside à leur vie conjugale. Aussi sont-ils empressés à les marier de bonne heure. Ils concluent quelquefois pour eux des fiançailles, tandis qu'ils sont encore en bas âge , et gardent les jeunes époux , chacun dans sa famille jusqu'à l'époque de la puberté.

3i . Age fixé pour le mariage. — Il n'y a pas précisément d'âge fixé pour l'accomplissemeat du mariage. Les Arabes poussent en ceci les choses jusqu'à l'abus; quelques-uns marient des filles de neuf ou dix

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ans, lorsqu'elles n'ont pas encore acquis le développement physique et moral qui distingue la femme. On voit souvent des hommes de trente à quarante ans avoir pour épouses de petites filles dont ils pourraient être les pères ou les grands-pères. Cela prouve bien qu'ils ne recherchent dans l'union des sexes que ce qu^elle a de sensuel , et que ni la raison ni le sentiment ne les guident dans la formation des liens conjugaux.

32. Unions défendues^ ~ Ua musulmaa ne pteut épouser ni sa fille, ni sa sceur, m sa méce, ni sa belle-ûlle , ni $i so^ur do lait , ni Hième la soeur de sa femme , à moins. que celle-oi ae soit morte ou répudiée^ Le mariage est permis dans les autres dô*^ grés de pairenté. La kn jie déiend pas l'uaioa d'im musulman ay^ uiae fenune juive du chrétienne^ m^s eii» ne la, tolère paa avec uoft feauae d'une autre religion. VI est d'aitleiirs presque sans exemple qu'un musulmaa profite de l'autorisation qui lut est donnée d'épouser une chrétienne ou une juive.

33. Prélimmaù^es du mariaae. — Lorsqu' un homme a &it demander une jeune iUle en mariage et que l'arrangement proposé est agréé par le péte de la &mme, si elle n'est pas nubile, ou par elle-même^ h elle a passé l'âge de puberté (car alors son consean tement est nécessaire)^ on procède au contrat* Le mariage est eu Egypte ua acte de coaventioa privée , qui n'exige ni sanction religieuse ni formalité civile. L'union est arrêtée par le consentement des époux eiiprimé devant deux témoins. La femme agit daas

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cet acte par le moyen d'un procureur qu'elle a ]û droit de choisir elle-nième si elle est majeure , mais qui est son père ou son tuteur dans le cas contraire. € Je l'épouse (zamioglak) »y dît la personne qui 4a représente à j'bonnne qui aspire à sa main, c Je te i^eçoh {jgabeliak) », répond celui-ci. Souvent les mu^ sqlmans vont faire la déclaration de leur mariage au çadi \ un grand nombre ne remplissent même pas cette forfûalité.

Le consentement obtenu ^ on traite de la dot. Eit Égjfpte ce n'est pas la femme qui l'apporte au marié La loi ordonne au contraire à ce dernier de ûxe^ un douaire à sa femme. Dans une société oA le di«* Yorce est permis y cette loi est très-juste, car elle assure quelque dédommagement à l'épouse répu« diée* La dot est en général évaluée en rij/olf , mon« naie fictive divisée en 90 paras (équivalant à en<^ \iron 50 centimes). Chez les personnes de fortune; moyenne ) la dot s'élève ordinairement à 1,000 rij^ah ou quelquefob elle ne dépasse pas la ipoitié de cette somme. Les riches la calculent en boursee (celle-ci vaut 125 fr.)^ et la fixent à 10 o\k au« dessitô. Il est stipulé que l'épouse recevra le$ deux tiers de sa dot en entrant dans la maison de son mari^ elle peut en disposer à son gré , sans avoir ^ lui en rendre compte. Le tiers restant est mis çn réserve pour Téventualité du divorce.

34. Cérémonies du mariage. ~ Les cérémio^' nies suivent de près la promesse réciproque. L'inw tervalle qui les sépare de la conclusion du cou-*

tral est ordinairement de huit ou dix jours^ Pendant ce temps, les parents de réponse préparent son trousseau, et Tépouxlui envoie des présents. Les jours choisis comme les plus heureux pour la célébration des noces sont le vendredi surtout ou le lundi ; l'époque préférée est le temps qui s'écoule depuis la crue du Nil jusqu'au Ramazan; pendant les deux ou trois nuits qui précèdent la journée solennelle, la maison ou le quartier du fiancé sont illuminés , et il célèbre des fastins avec ses parents et ses amis. La maison de l'épouse est animée aussi par desréjouissances semblables. C'est unegrande fêteque la journée que la jeune fille va passer au bain, où elle est peignée , parfumée et pour la première foisépilée. Ses parentes et ses amies l'y accompagnent. Elle s y rend deux jours avant le mariage , pompeusement parée et la tète ornée d'une couronne, sous un dais que précèdent des musiciens et les danseuses du pays , les aimées ; le soir elle est ramenée dans la maison de son père escortée du même cortège. Le jeune homme aussi se rend au bain public avec cérémonio et y passe une journée entière avec ses amis. Pendant que chacun des fiancés occupe le bain , qu'ils louent en entier, l'entrée en est interdite au public. Lorsque le grand jour est arrivé , l'épouse est conduite processionnellement dans la demeure de son mari avec le même appareil que celui qui a été déployé dans la journée du bain. Des esclaves portent dans des corbeilles ses parures et ses bijoux ; d'autres brûlent des parfums dans les

cassolettes. Les femmes poussent des cris confus appelés zougarits. Le cortège marche lentement et fait de grands détours , afm que la solennité soit plus . éclatante.

Un festin somptueux attend T épouse à son arrivée dans le barem. Le mari n'y assiste pas ; il se rend à la mosquée avec ses parents et ses amis pour faire la prière, et leur donne à son retour un ma^ gnifique repas, après lequel il entre dans Tapparte^ ment de l'épousée.

Là le voile de celle qui est sa femme, et dont il ne connaissait pas encore le visage, est enlevé : c'est un moment décisif où les rêves qu'il avait faits sur la beauté de son épouse sont satisfaits ou convertis en déception. Il procède ensuite à l'opération qui doit lui prouver sa virginité.

35. Défloration de l'épouse. — Le mariage se consomme en Egypte avec des circonstances si particulières que je crois nécessaire d'j^sayer de les rapporter. C'est une tâche scabreuse^ je le sais, que de traiter un sujet aussi délicat; je m'efforcerai de le faire en me gardant, autant C^e^possible, d'efllarou^ cher les oreilles pudiques. .^

Le principal ou l'unique mérite recherché dans une jeune fille qui se marie, c'^t la virginité. Les parents y attachent autant d'hfèiineur que l'époux d'importance. Il faut donc qu'elle ett puisse donner des preuves évidentes non-^seulemeËVâ son îBari-et à ses parents, mais encore à leurs amis et aux personnes qui les connaissent.

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Aussi/ parmi les Arabes, la défloration n'eit^le point entoorée d'un pudique mystère. Le public y . est en quelque sorte pris à témoin , car il est a|^lé à en constater les résultats.

- C'^st en présence des mères et de quelques matrones: de la famille qu'a lieu cette opération bar« bare. Le ntari déflore Tépousée avec le doigt îndîea'» teur de la main droite, enveloppé d'un mouchoir de mousseline blanche. Il met dans l'accomplissement de cet acte une brutale violence , inspirée par la plm croelfe et la plus honteuse jalousie. Le mouchoir, teint du sang de la jeune victime , est présenté aux parents, qui la félicitent de sa chasteté et témoignent hautement teur joie. Cette preuve sanglante de la pureté de l'épouse est présentée ensuite aux invités de la noce, et le lendemain^ ia mère, la sœur où une parente de la mariée vont la montrai dans le quartier.

Une malheureuse qu'une faute, une maladie^ ou un vice de conformatioa empêcherait de iournîr ce témoignage de sa vertu serait sur*te-chàmp renvoyée par son époux. On a vu des parents asseai barbares pour immoler leurs Allés dans cette cir-^ constance e( les faire précipiter dans le Nil. Heureusement les cas où la chasteté ne peut pas se prouver sont très-raresi, et 'A est aisé de suppléer par des moyens artificiels, que les matrones, dans un senti-* tnént d'humanité, ne refusent pas d'employer, aux indices naturels dont une jeune fiile peut avoir été privée par quelque accident.

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L'épousé ne communique avec son mari que sept jours api'ès la défloration.

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