MORT ET FUNÉRAILLES
La mort. — Douleurs des parents. — Pratiques de rensevelbsenient. — Tombes et cimetières. — Respect des musulmans pour les morts. ^
36. La mort. — Les musulmans ont un grand respect pour les morts. Les funérailles doivent donc être che^ eux un acte solennel et religieux.
Mais ici y comme en beaucoup d'autres choses» la vivacité bruj^ante ou la pompe de l'expression ne prouvent pas la profondeur réelle du sentiment. Les musulmans «ne peuvent pas regretter amèi^e-v ment les parents ou les amis que la mort leur en«> lève, parce que la religion leur commande une sou^ mission absolue aux décrets de la divinité ; poussé trop loin, ce regret serait pour eux un péchés Ayssi^ la première douleur calmée , disent-ils ordinairement en parlant d'une personne qu'ils ont perdue: « Dieu Ta rappelée dans son s^iu ; elle est lieureuse^ •
Les mourants, lorsqu'ils connaissent leur état, montrent eux-mêmes I9 plus grande résignation, t U p'y a de puissance qu'en Dieu , disent-ils, nous lui appartenonsi nous retournons à lui I * et à ceux qui 8'enquièrent de leur situati^j) ; it Hi^nneur 4 Di9U ^
4$ MfiEURS ET USA6JE8 DES MUSULIIANS.
factioo, qui se fait rapidement dans un climat cliàud; a dû avoir plus d'un résuUat funeste. Les funérailles ont toujours lieu durant le jour. Si le^mort a expiré pendant la nuit, on ne Tensevelît qu'après le lever du soleil , on continue jusqu'alors les lamentations.
Dès que le moribond a fermé les yeut , on envoie chercher, suivant soti sexe, les hommes ou lesfem* mes dont le métier est de laver les morts (moughfp' sU)0 Après avoir lavé le cadavre, ceux-ci retendent sur une table, lé rasent, Fépilent, bouchent toutes les ouvertures àûn que , purifié par la lotion , il ne soit pas souillé par des déjections fécales. Ils l'enveloppent ensuite dans un linceul de toile neuve* tes musulmans attachent tant de prix au suaire, qu^^ entreprenant une expédition militaire ou un loîntaiit voyage/ ils en emportent un avec eux. Lorsqu'ils ont été couverts du linceul, on les place dans la biérQ pardessus laquelle on jette un drap orné de brô« cteriel.
Les hommes ne sont pas tenus à être ensevelis dans des caisses^maisla loi, poursuivant les femmêf de sa jalousie, même après leui^ mort, recommande de les y renfermer toutes les fois qu'on le pourra.
Le cadavre placé dans la bière est porté dans unâ Riosquée, la tète la première ; les musulmans nâ permettent pas aut chrétiens de conduire leurs morts dans cette direction. Us les obligent à les porter les pieds en avant. Le convoi est précédé d'aveugles qut marchent sur trois rangs en chantant sur un rhylhme triste «t solennel la fi^mule de la foi ttrasuimam : Li
Uah Allah ^ ou Mohammed reçoui Allah (il n'y a de dieu que Dieu , et Mahomet est le prophète de Dieu); ensuite viennent les serviteurs du mort; après eux, les pleureuses, vêtues de longues robes bleues et de voiles blancs ; puis les quatre liommes qui portent la bière sur leurs épaules; cnfîn, la ftiniille et les ebeyks de la mosquée, que suivent quelquefois des hommes du peuple. Le mort est déposé un instant dans la mosquée , où un homme de toi fait su<r lui la prière, puis il est conduit au cimetière et placé dans le tombeau de manière que sa tète soit tournée du côté de TOrient. Les personnes qui composaient le cortège font un repas autour de la fosse. Les parents retournent avec les pleureuses, qui demeurent quelquefois plusieurs jours encore dans la maison, occupées à entretenir par leurs fonctions funéraires la douleur de la famille (1).
30. Tombes el cimetières. ^ Les tombes des Égyptiens sont des voûtes oblongues, creusées de manière que les personnes qui y sont enterrées puissent se lever lorsqu'elles reçoivent la visite des doux anges Motmkir et Nakir. L'une des faces est tournée vers le sud*est ^ c'est*à*dire du côté de la Mecque ; à la face opposée se trouve l'entrée, protégée par un petit carré en maçonnerie. La voûte peut contenir en général quatre cadavres du davantage, il est rare que
(i) L'usage des pleureuses est paiticulier à TÉgypte ,* des passages d'Hérodote et de Diodore de Sicile peuvent faire supposer qu'il y existe depuis l'antiquilé la plus reèulée. Mahomet Ta défendu. Ëh égypM , M prohlbiilQn à éctiotié «entre rakiiiquité de lu |îoututii«« u. 4
50 MCeURS ET USAGES DES MUSULMANS.
les femmes soient ensevelies dans la même tombe que les bommQs. Au-dessus de la voûte dont la partie supérieure est au niveau du sol s'élève un monument allongé et de forme cubique, à chacune des deux extrémités duquel est placé une stèle en pierre surmontée d'une coiffure d'homme ou de femme, suivant le sexe auquel il est consacré. Malgré la défense formelle du prophète, ces monuments portent souvent des inscriptions du Coran. Mahomet a ordonné également que les tonibeaux soient bas et construits en briques crues; cependant les riches et les grands seigneurs se font élever de magnifiques sarcophages en marbre, ornés de sculptures. Quelques-uns même construisent, pour y placer leur sépulture , de belles mosquées. Plusieurs des tombeaux des califes et des beys mamelouks sont des chefs-d'œuvre d'architecture arabe.
Les cimetières égyptiens sont ordinairement situés dans l'intérieur ou auprès des villes, dans des lieux élevés et sablonneux; on y voit rarement de la végétation. Il arrive pourtant quelquefois que l'ombrage solitaire d'un sycomore s'étende sur une tombe, ou que quelques fleurs entretenues par la piété d'un pa-
rent ou d'un ami croissent sur le tertre qui recouvre les ossements d'un mort.
40. Respect des musulmans pour les morts. — Dans les épidémies , les musulmans ensevelissent leurs morts avec le même soin ; ces fléaux ne produisent pas au milieu d'eux cette épouvante qui jette ordinairement h plus déplorable confusion parmi les popu-
lations européennes ; j<imais ils n'abandonnent les cadavres des victimes de la peste. De môme, dans les batailles, c'est pour eux un devoir religieux d'enlever leurs morts, afin de leur rendre les honneurs funèbres. Lorsque, dans les voyages du désert, exténués de fatigue , ils prévoient qu'ils vont succomber, ils creusent eux-mêmes leurs fosses dans le sable et s'y couchent pour mourir.
4d. Deuil. — Les musulmans ne portent pas de deuil comme nous. Il en est qui se teignent les bras d'une couleur bleue ou noirâtre, et ne les lavent pas tant qu'elle se maintient. Lorsque leurs époux meurent , les femmes teignent également avec de l'indigo leurs mains et leurs bras jusqu*aux coudes, leurs vêtements et leurs voiles ; elles laissent pendant quelque temps leur chevelure en désordre et ne portent aucuns bijoux. A la mort du maître d'une maison, on met à l'envers les nattes, les tapis, les coussins et les couvertures du divan.
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