‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 7 sur 110 · IT · texte numérisé non relu

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Le vin rappelle les entretiens de Dieu avec Moïse , et suggère des paroles dignes d'être consignées dans les livres. Avant le temps de ce prophète , les tablettes étaient déjà remplies des discours qu'avaient inspires cette précieuse liqueur. Elle rend la vie aux cœurs et aux amants malheureux , en les animant du

souffle de la joie; et ce pouvoir divin , elle a commencé à l'exercer avant que le souffle du créateur eût animé les mortels.

Hâte-toi de te rendre de grand matin dans ce jardin arrosé par les eaux du ciel, car le printemps vient de nous ramener les fleurs; la rosée semblable à des perles jetées sans ordre exhale l'odeur du musc, une pluie bienfaisante ranime en tous lieux la nature et fait de toute la terre une prairie couverte d'une riche végétation.

, La rose, semblable à une manche boutonnée, imite les fleurs de la camomille ; tous les oiseaux, en leurs langages étrangers, rivalisent d'éloquence ; le rameau du myrobolanius incline la tête pour nous saluer ; l'odeur que l'on respire sur les joues de la pomme embaumée ranime la cendre des morts.

78 IttEbtlS Et USAGES DfeS MU^ULMÀJ^S.

TRADUCTION DE l' ARABE d'uNE GBANSON bfe SOLDAT.

Je suis natif de Galioub, et depuis Theure de ma aaîssatice j'avâls vu sei^e folè te ÎHîl couvrit» hos champs.

Et j'âvaîs un voisiti nomitié Chélk-Abdelhaïj qui avait une filté dont te visîigè 6'était cotitiu qUé de moi seul. Rien n'égalait Fatma en souplesSë et ëh beauté ; ses yeux étaient grands comme des findgian (tasse à café) ; sa chair a\ait la fermeté et la force de la jeunesse. Nous n'avions qu'un cœur; sans rivaux. Et l'on s'apprêtait à nôiid Utiir^ lofUtiUë le dàefaef , que Dieu dbmne^ nie fait llèt* les dMt tûiSAM, et tn'attachànt pât le cOU avéo ôiuqûàiité «ititfës^ Ou me coUduisit au ciàttip. Gomme j'étaid ^auvrê , et mot! voisin nussi , rieh ne put atlendfii* le câchéf , que Dieu damne !

Les tambours , les trtmpëltes , les fifres, m'étourdirent tellement que j'oubliai bientôt ma cabane , mes chèvres et mon chadouf {msLchine à élever les eaux du Nil) ; mais je ne pouvais oublier le soleil de ma vie, la lumière de ma pensée, la pauvre Fatma.

Et on me fit cadeau d'un fusil, d'un habit de nizain, d'une giberne; puis il fallait tourner la tête à droite et à gauche, se tenir sur un pied en l'air; en garçon adroit, j'appris bientôt divan dour ! sal em dowr/ (l'arme au bras! présentez arme!) et beaucoup d'autres belles choses,

Et me \oilà parti avec mon régiment pour la Mecque. Je verrai donc la Caaba. Nous nous battîmes dans les déserts, dans les rochers, dans les montagnes ; nous tuâmes les ennemis du prophète, et j'entrai enfin hadgi (pèlerin) à la Mecque tant désirée. Dieu soit loué.

Vî.

Et on me fait caporal; et après trois, années de guerre, on nous entasse dans des vaisseaux, et nous retournons dans le pays du fleuve béni. Me voilà au camp, tout troublé d'être si près de Galioub et de ma Fatma. Je n'osais y aller, de peur d'y trouver les choses changées.

Et aussitôt la fièvre s'empare de moi, et l'on me conduit au grand hôpital d'Abouzabel, et les médecins Frandgi (d'Europe), plus insupportables que

mon mal, m'empêchaient de manger, pour vendre ma ration; Dieu les damne!

Et je devenais chaque jour plus faible et plus triste. J'allais mourir. Un matin les médecins m'apportent une drogue dont l'odeur m'épouvantait et me rendait plus malade encore. J'avais la tasse sur les lèvres, lorsque du dehors une voix qui me perce jusqu'à Tame, m'appelle : Hassan! Hassan! ià enni! (Hassan! Hassan! mes yeux! )

Et je jette la tasse au nez de l'infirmier ; la force me revient et coule dans mon sang ; je me lève guéri, et ces sots médecins s'imaginaient que c'était leur remède qui avait opéré. — Mon billet de sortie, demandai-je, et on me donne mon billet de sortie.

Et me voilà dans les bras de Fatma, qui m'attendait toute tremblante. Et après nos embrassements, elle me raconta comment elle avait su mon retour, et comment elle était venue au camp.

Et, disait-elle, comme elle y voulait entrer, un nègre lui présentant sa baïonnette, lui cria : Dour (halte-là). Et comme elle ne savait pas ce que voulait

MCeURS ET USAGES DES MUSULMANS. 81

dire ce dour, elle ne répondait pas; et le noir criait encore plus fort et s'avançait sur eile^ quand FofBcier turc arriva et lui demanda ce qu'elle voulait.

Et elle lui dit : Je veux mon Hassan , mon amou* reux , que je n'ai pas vu depuis trois ans. Et l'officier lui tournant le dos, lui dit : Je m'en La

pauvre enfant se retira confuse. Enûn, elle rencontra la sœur d'un sergent qui lui dit :

Ton amoureux est à l'hôpital, malade de ne point te voir. Et plus leste que la gazelle, cette chère lumière de ma vie s'est approchée de la fenêtre de l'hôpital, et s'est écriée : Hassan! Hassan! ià enni!

Et plein de joie, je la porte en triomphe dans mon camp. Je la montre comme un fou à mon colonel, à mon adjudant.

(Suivent tous les grades.)

Et ayant obtenu une permission, nous allons nous marier à Galioub , où le vieil Abdelhaï nous attendait pour nous bénir. Dieu soit loué!

Dieu est grand, etc.

il. 6

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