À ER
Echelle de 2,000 Mêtres.
dé Villages 1
longtemps prospères. Vers l’année 1167, les croisés, conduits par Amaury, roi de Jérusalem, marchèrent sur Fostat. À leur approche, le gouverneur de cette ville la brüla ; l'incendie dura cinquante jours ; les habitants se réfugièrent dans les campagnes voisines et groupèrent leurs habitations autour de la ville d’el- Kaherah, fondée en 958 par un général de Moeys, le premier des califes fatimites d'Égypte, et qui avait acquis déjà quelque importance. Cette cité nouvelle prit la place de l’ancienne métropole, et dut son agrandissement définitif, ses fortifications et ses embellissements au grand Saladin.
Telle a été l’origine du Caire, quel les Arabes donnent le nom de Misr, qu'ont porté en Orient les capitales successives de l'Égypte. C’est de l’épithète d’el Kaherah, qui signifie la victorieuse, que nous avons fait en Europe le Caire.
Plus longue que large, cette ville, la première de lempire ottoman après Constantinople, occupe une superficie de près de 900 hectares et a plus de 25,000 mètres de circonférence. Elle est environnée de collines poudreuses, formées par l’entassement des décombres dont les fragiles constructions égyptiennes jonchent sans cesse le sol *. Une enceinte élevée par
1 Ces collines sont assez élevées. Lors de l’expédition , les Français placèrent sur leurs sommets des redoutes qui tenaient la ville en respect. Mais comme ces buttes forment un épais rempart qui empêche la cireulation de l'air dans le Caire, ils avaient conçu le projet de les détruire. Ils reculérent néanmoins devant les difficultés d’une entreprise aussi immense, qu'ils n'auraient pas eu le temps d'ailleurs d'achever. Le premier, Ibrahim-Pacha a eu la hardiesse de mettre la main à ceite œuvre. Ïl a fait enlever les deux plus grandes buttes qui, hautes d'environ deux
Saladin et flanquée de tours l’environnait jadis entièrement ; elle n'existe plus aujourd’hui qu’en partie; la ville, en s’agrandissant beaucoup du côté du nord et de l’ouest, a dépassé cette barrière ; elle l’a respectée au midi et à l’est. Elle est traversée dans sa longueur par un canal (kalisch).
Le Caire contient près de trente mille maisons et une population d'environ 590,000 âmes.
La ville est divisée en quartiers (en arabe hérat) ; elle en contient plus de cinquante. Les principaux , en allant du nord au sud, sont : el-Charaouy, el- Esbekyeh, el-Nasérah, quartier des Cophtes, des Arméniens, des Syriens, etc.; e/-Roum, ou le quartier grec; el-Youd, ou le quartier juif; el-4frang, ou le quartier franc; el-Mousky, el-Zoueyleh, Bâb-el-Ghadr, el-Azhar,el-Moyed, B&b-el-Khärg, el-Hanafy, Birketel-Fyl, el-Moghaärbeh, Touloun, le plus ancien des quartiers du Caire; el-Roumeyleh, Kärämeydân , el- Kaläh, ou la cidatelle.
I y à au Caire plus de soixante et dix portes, dont quelques-unes sont intérieures; les principales sont , au sud : Bäb-el-Sayd, B&b-Fouloun, Ba&b-el-Seydeh, Bäàb-el-Qarafeh; à l’est : Bäb-el-Ouizyr, Bâb-el-Ghorayb;
cents mètres, occupaient, entre Boulâq et l'embouchure du Kalisch, un espace d'environ uu kilumètre carré. Les travaux ont duré cinq ans. Les décombres enlevés ont servi à combler des mares d’eau stagnanie qui avoisinaient le Caire. Aujourd'hui, l'emplacement nivelé est couvert dé magnifiques plantations. De son côté, le vice-roi a fait disparaître une de ces collines de décombres qui obsiruait le chemin de Chocbra et faisait suite à celles dont je viens de parler. Je n'hésite pas à regarder la destruction de ces buttes comme l'un des travaux les plus considérables
qui aient été fails en Égypte suus le règne de Méhémet-Ali.
à l’ouest, du côté du Nil : Béb-el-Louq, B&b-el-Nâsryeh; au nord : Bäb-el-Hasanyeh, Bàb-el-Nasr, ou porte du secours ; Bäâb-el-Fotouh, ou porte de la victoire : ces deux dernières sont de remarquables morceaux darchitecture ; B&b-el-Nasr remonte à l’époque de Saladin ; Bäb-el-Ghadr, B&b-el-Hadyd.
Les rues, comme celles de toutes les villes musulmanes, sont tortueuses; elles se replient sur ellesmêmes; elles se brisent ; elles sont coupées par des ruelles qui n’ont quelquefois pas plus de 5 à 4 pieds de largeur, et par de nombreuses impasses *. On compte plus de deux cent quarante rues principales, environ trois cents traverses et autant d’impasses. Les rues changent souvent de nom. Parmi les plus importantes, il en est deux qui traversent la ville dans sa longueur : la première est celle qui va de B4b-el-Seydeh à B&b-el- Hasanyeh : elle est longue de 4,600 mètres ; la seconde longe la rive droite du canal ou kalisch depuis le double pont du sud, appelé Kanätar-el-Sebâa, jusqu'auprès de la porte de Cha’ryeh. Cinq rues coupent la ville dans sa largeur. Parmi elles, trois se dirigent de la c1tadelle vers le Nil.
On remarque au Caire quatre places principales : ce sont, au sud de la ville, celles de Qarémeydan et de Roumeryleh ; vers le centre, Birket-el-Fyl; et au nordouest, l'Esbekyeh. Celle-ci est la plus grande; sa superficie est égale à l’intérieur du Champ-de-Mars de Paris. Cest sur le côté occidental de l'Esbekyeh que
1 Rue. en arabe, se dit : sekkah, taryg, lGret, mal:adj ; ruelle, derb;
impasse, a’/feh.
lon voit la maison qui fut habitée, pendant l’expédition, par le général Bonaparte. A l’époque de l’inondation, ces places sont submergées, excepté celle de l’'Esbekyeh, qui vient d’être exhaussée, nivelée, plantée d'arbres et entourée d’un canal.
C’est dans le centre de la ville que se trouvent les bazars. Plusieurs méritent d’être cités : tels sont celui de Ghourneh, où l’on vend les châles de cachemire, les mousselines et les toileries étrangères; el Achrafyeh, où se tiennent les marchands de papier ; le Kan-el- Khalyly, occupé par les joailliers, les quincailliers, les marchands de cuivre et de tapis; le Néhhassyn, par les orfévres ; le Boudoukanyeh, par les droguistes et les merciers ; le Æamzaouy , par les marchands drapiers ; le Serougieh, par les selliers ; le Soug-el-Sellat, par les armuriers ; le Gémalyeh, par les marchands de café et de tabac de Syrie. Dans la grande rue de Margouch, on vend au détail les toileries du pays. L’okel des Gellabs sert au trafic des esclaves qui arrivent de l’intérieur de l'Afrique.
Il y a au Caire 400 mosquées, dont beaucoup, il est vrai, sont en ruines. Les plus remarquables, sous le rapport de l'architecture, sont celles d’'Amrou, bâtie lan 20 de l’hégire (640 de J. C.), d'El-Hâkem-el- Obéidy, lan 400 (1007) sous la dynastie des Fatimites ; du sultan Hassan, construite par lui en 757 (1554) : (on travailla pendant trois années à cette dernière, et Makrysy assure que, chaque jour, l’on y dépensait 1,000 mithkals d’or : ; la mosquée de Teyloun, bâtie
5 Le mithkal équivaut à 24 carats.
l'an 258 (850) par le sultan Ebn-Teyloun; celle d’El- Moyed, bâtie l’an 820 (1415) par le sultan Abou-el- Nasr-el-Moyed ; celle du sultan Kalaoun-sef-el-Dyn; celle du sultan Barquouq, bâtie en 1070 (1655); celle du sultan el-Ghoury, bâtie en 9535 (1522); celle de Kayd-Bey, bâtie en 870 (1465); celle de Seté-el-Zeinab, bâtie l’an 500 (910); enfin la mosquée d’El-Azhar, la plus célèbre de toutes.
Les chrétiens des diverses sectes ont environ trente églises ou chapelles ; les juifs comptent dix synagogues.
Il y a dans les quartiers commercants et industriels près de treize cents okels. Cette ville renferme en outre douze cents cafés, trois cents citernes et soixante et dix bains, dont les principaux, remarquables par leur grandeur ou leur richesse, sont ceux d’Zamman- Yesbak, d'El-Soultan , d'El-Moyed, d'El-Tanbaleh, de Margouch , de Soungor, d'El-Soukkarieh, etc. Les trois villes des tombeaux , ainsi que les appellent les Arabes , les plus celèbres par leur étendue , sont situées hors du Caire. Elles occupent en surface plus du quart de celle de la ville ; ce sont au nord l'enceinte de Qoubbeh , à l’est le Touräd-Qaid-bey , au midi le Tourûd-el-Seydeh-Omm-Qûsim. Dans ces vastes cimetières, on trouve les tombeaux des califes, dont plusieurs sont de très-beaux morceaux d'architecture. Celui de Qoubeh renferme le tombeau de Malek-Adhel et d’autres sépultures également remarquabies des sultans et des beys mameluks.
Il n'existait autrefois au Caire comme hôpital que le Moristan; jen parlerai dans le chapitre consacré à
l'état actuel de la médecine en Égypte. Il y a aujourd’hui sur la place de l'Ezbekyeh un bel hôpital civil qui contient sept cents lits, dont la moitié pour les hommes et la moitié pour les femmes. Dans ce même établissement se trouvent la Maternité, l’école d’accoument et l’hospice des insensés. IL y a de plus le magnifique hôpital militaire de Kasr-el-Ain, situé entre le grand Caire et le vieux Caire , dans le lieu où était l'ancienne ferme d'Ibrahim-Bey , sur les bords du Nil. Cet hôpital renferme dix-huit cents lits.
Outre un grand nombre d’écoles particulières annexées aux fondations pieuses. telles que les mosquées , les fontaines, les citernes , le Caire compte plusieurs édifices consacrés à l’enseignement.
On voit dans l’intérieur de la ville de très-beaux palais, ceux du vice-roi, d'Ibrahim-Pacha, d’Abbas- Pacha et du Defterdär-Bey , qui entourent lEsbekyeh; celui d’'Ihrahim-Pacha-Koutchouk (le jeune), vers le centre de la ville, celui de Mahmoud-Bey, et beaucoup d’autres que je me dispense de citer. Sur les bords du Nil s'élèvent le palais d’Ibrahim-Pacha et celui du Defterdär-Bey. Tous ces édifices sont remarquables par leur étendue et leur construction.
La citadelle est située au sud du Caire, sur la dernière hauteur du Mokattan, et domine la ville. Elle fut construite par Saladin ; mais, comme position militaire, elle est loin d’avoir de l'importance , car elle est dominée elle-même par une hauteur sur laquelle Méhémet-Ali a placé un petit fort, qui pare en partie à l'inconvénient de sa situation. On arrive à la citadelle par deux rampes taillées dans le roc, dont l’une, au
nord , conduit à la porte nommée Porte des Arabes , et l’autre , à l’est, aboutit à celle qui est connue sous le nom de Porte des Janissaires. La citadelle fut presque entièrement ruinée , en 1824 , par l'explosion d’un magasin à poudre creusé dans le roc. Tous les édifices qui s’y trouvaient furent abattus en totalité ou en partie. Depuis lors, Méhémet-Ali les a fait reconstruire presque en entier.
C’est dans la citadelle que se trouve le palais occupé par le pacha lorsqu'il vient au Caire. On y remarque aussi le Puits de Joseph, ainsi appelé à cause du prénom de Joussouf que portait le grand Saladin qui le fit creuser. Ce puits est de forme carrée et divisé en deux parties ; sa profondeur totale est de 280 pieds ; son fond est au niveau du Nil. On y descend par un escalier tournant. Un manége à roues, que deux bœufs font mouvoir, élève l’eau de la partie inférieure au niveau de la supérieure, d’où, par le même moyen, on la fait monter jusqu’à la hauteur du sol. Le puits a été creusé pour parer au cas où l’aqueduc qui porte l’eau du Nil à la citadelle viendrait à être coupé. Elle contient d’ailleurs plusieurs citernes, dont une, entre autres, suffirait à la boisson de quelques milliers d’hommes, pendant une année.
On voit dans la citadelle de belles ruines du palais de Saladin. Aujourd’hui le vice-roi y fait construire une mosquée. On y trouve encore un arsenal de construcion, une fonderie de canons , une manufacture d’armes portatives, des ateliers où l’on fabrique tous les objets d'équipement pour la cavalerie et l’infanterie , une imprimerie, et lhôteldes monnaies, quiconsomme
annuellement , en or, environ la valeur de 5,000,000.
Le mouvement de la population commence au Caire à six heures du matin ; il s’interrompt , pendant la période de la forte chaleur , de midi à trois heures. Tous les voyageurs qui ont écrit sur l'Égypte ont parlé de l'effet pittoresque que produit dans les rues, dans les bazars, dans les places, la foule bariolée qui les remplit. Tous ont dit les nombreux contrastes qu’elle présente : le riche puissant aux vêteinents splendides et chargés d’or, à côté du pauvre déguenillé ; l’homme affairé passant rapidement devant l'indolent santon qui recoit, étendu avec indifférence , les attouchements des femmes superstitieuses qui espèrent obtenir de son contact une guérison ou toute autre faveur miraculeuse; puis tous ces hommes de diverses nations, de religions ou de sectes différentes , qui se distinguent les uns des autres par leurs caractères physiques et leurs costumes originaux ; au milieu d'eux, les femmes qui, sous leurs vêtements qui cachent toutes les formes et ne laisent voir de leur visage que les yeux , ressemblent à des fantômes; puis encore, fendant la foule, iei le baudet aiguillonné par le jeune et pétulant änier, là le grave et lent chameau , plus loin le cheval du grand . seigneur magnifiquement enharnaché, et la mule de l’homme de loi au pas doux et mesuré; enfin ces nombreux bateleurs qui amusent les passants , ces conteurs qui, dans les cafés, charment la contemplation du fumeur oisif. Aux singularités de sa population ajoutez la physionomie toute particulière que donnent au Caire ses maisons à terrasses , ses rues qui serpen-
tent; les innombrables minarets qui la surmontent , et vous vous représenterez une ville comme 1l n’en existe nulle part ailleurs , une cité tout empreinte du génie arabe, une vraie ville des Mille et une Nuits.
Le faubourg de Boulâq est au nord du Caire; il n’en est séparé que par une plaine de peu d’étendue ; il est placé au bord du Nil, et sert, comme je lai dit plus haut, de port pour les rapports commerciaux que le Caire entretient avec la basse Égypte. Il renferme des fabriques de drap, de coton filé, de toile, une corderie, une fonderie, le chantier de construction des barques du Nil, des okels, des magasins; le beau palais d’Ismaïl-Pacha , dans lequel se trouve l'école polytechnique.
Le vieux Caire contient les entrepôts de céréales, appelés ordinairement Greniers de Joseph : 11s se composent de sept cours carrées dont les murs sont en briques. D’énormes monceaux de blé, de lentilles, de fèves, etc., s'élèvent au milieu de ces cours à de trèsgrandes hauteurs et forment de véritables monticules.
41. Benisouef, — sous le 28° 59’ 15”’ de longitude et le 29° 9° 12”’ de latitude; cette ville, l’ancienne Ptolemaïdon, doit, d’après ses habitants, son nom moderne, qui signifie les enfants des sabres, à un combat à l’arme blanche dont elle aurait été le théâtre. Sa population s'élève à environ 6,000 âmes. Benisouef est une des villes les plus commerçcantes de l'Égypte moyenne. Ses fabriques de tapis de laine, de couvertures, de milays, espèces de manteaux en coton, avaient autrefois une grande réputation. On y voit aujourd’hui une importante fabrique de toiles de coton.
Benisouef est située auprès de l’une des embouchures du Bahr Toussef (canal de Joseph}, qui va répandre ses eaux et la fertilité dans le Fayoum. Elle doit à cette position une partie de l'importance commerciale qu’elle a conservée encore de nos jours.
42. Medinet-el-Fayoum. — C’est la ville principale du Fayoum. Elle est située à l’entrée de cette riche province. Elle a été construite avec les matériaux et en partie sur l'emplacement de l’ancienne Crocodilopolis, dont Ptolémée Philadelphe changea le nom en celui d’Arsinoé, en l'honneur de sa sœur. Cette ville a environ une lieue de circuit. Un embranchement du Bahr Ioussef la traverse. Elle était autrefois le séjour de plaisance ou le lieu de retraite des mameluks. Elle a aujourd’hui environ 12,000 habitants.
45. Fiddemin.— C'est le plus joli village du Fayoum. Il est formé de deux groupes d'habitations, dont l’un est occupé par les musulmans et l’autre par les cophtes. il est entouré d'arbres fruitiers, dont les ombrages touffus embellissent son aspect. Ses habitants montrent aux voyageurs un olivier antique qu'ils regardent comme le père de tous ceux qui existent en Égypte, et auquel ils donnent une existence de dix siècles. Cet arbre proauit annuellement environ quatre cents kilogrammes d'olives. Il est pour les habitants de Fiddenin l’objet d’une espèce de culte.
44. Minieh , — sous les 28° 98’ 55'’ de longitude et 28° 8’ 20” de latitude, à gauche du Nil; cette ville est assez bien bâtie ; quelques-unes de ses rues sont régulières. Elie renferme plusieurs mosquées remarquables. On y trouve une fabrique de toiles de coton.
45. Achmouneyn. — Ville de 7 à 8,000 habitants. sur la rive gauche du Nil.
46. Monfalout. — Assez grand village sur la rive gauche du Nil. Sa population est de 5,000 âmes.
47. Syout. — Cette ville est située sous les 280 25’ 17°” de long. et 27° 15° 14” de lat. Elle est considérée comme la capitale de la haute Égypte. — La campagne qui l’environne est magnifique. — Elle a été construite sur l'emplacement de l’ancienne Zycopolis, à un quart de lieue de distance du Nil. C'était dans son enceinte que venaient se réfugier autrefois les mameluks expul sés de la basse Égypte : aussi a-t-elle conservé quelque chose d’aristocratique dans son aspect. Ses rues sont plus larges et plus propres que celles des autres villes de l'Égypte. On y remarque des bazars, deux mosquées très-belles, un palais qu’'ibrahim-Pacha fit construire pendant qu’il gouvernait la haute Égy pte, et un magnifique bain public annexé à une mosquée que le Defterdär-Bey a érigée. Syout possède une filature et une . fabrique de toiles de coton. Cette ville est la principale station des caravanes de la Nubie et du Soudan. La population de Syout est de 20,000 âmes.
48. Ackhmyn, — petite ville de 10,000 âmes de population, dont mille chrétiens, sur la droite du Nil. Elle renferme une manufacture de coton. C'était Ja Panopolis des anciens.
49. Girgeh, — sous les 29° 54° 51” de long. et 26° 29” 20/’ de lat., près des ruines de Ptolémaïs et sur la rive gauche du Nil. Après le Caire et Alexandrie, la ville de Girgeh est la plus grande de l'Égypte ; c'était aussi l’une de celles où les mameluks mécontents al-
laient se rallier ; elle était d’ailleurs autrefois la capitale du Saïd. On y voit aujourd’hui encore huit belles mosquées, un vaste bazar et une filature de coton. Sur une population de 8 à 10,000 âmes, on y compte environ 500 chrétiens; elle contient un couvent de missionnaires Catholiques. | +.
50. Keneh, — sous les 50° 24’ 50’ de long. et 126 W 20” de lat. (Cænopolis des anciens). Cette ville est située surla rive droite du Nil ; elle a à peu près 10,000 habitants ; elle est placée à l'embouchure de la vallée de Kosseyr, et sert, par conséquent, de lieu de passage aux caravanes qui se rendent à là Mecque ou viennent d'Arabie par la voie de Kosseyr. Il paraît que, dans l'antiquité, un canal, dont il ne reste plus de vestiges, et qui liait le Nil à la mer Rouge, avait son ouverture à Keneh. Keneh est renommée dans toute l'Égypte pour la fabrication des bardaques (en arabe goulés). On appelle ainsi des vases poreux faits avec de largile desséchée au soleil, qui ont la propriété de rafraichir l’eau. Il y a à Keneh une manufacture de coton. C’est en face de cette ville que se trouve Denderah, village qui a remplacé la T'entyris des anciens, et où l’on admire l’un des temples antiques les plus beaux et les mieux conservés.
51. Kous (Apollinopolis Parva), — petite ville assez commerçante sur la rive droite du Nil.
32. Esné (Latopolis), — sur la rive gauche du Nil ; cette ville est assez commerçante. Les caravanes du Darfour et du Sennaar en font une de leurs stations. On y tient un grand marché de chameaux renommé dans toute l'Égypte. Esné est entouré de ruines, dont
je parlerai dans le chapitre que je consacre aux antiquités égyptiennes.
55. Assouan, — sous les 50° 54° 59’’ de longitude et 24° 8’ 6” de latitude. Cette ville est la dernière que l’on rencontre en Égypte du côté de la Nubie. Sa position a dû lui donner, dans tous les temps, une grande importance. Elle était, dans l'antiquité, sous le nom de Syène, une place forte. Les Arabes soignèrent aussi ses fortifications ; mais , après la chute des califes fatimites, elle fut entièrement ruinée par les tribus nubiennes , qui l’occupèrent successivement. En s’emparant de l'Égypte, Sélim la fit rebâtir sur la rive orientale du Nil, auprès de la première cataracte. La ville actuelle est échelonnée sur le penchant d’un coteau planté de dattiers. Ses maisons, entourées de bouquets de verdure, présentent un aspect pittoresque et riant. Sa population, de 4,000 âmes environ, esi composée d’Arabes , de Barabras , de Cophtes et de quelques Turcs employés.
C’est en face d’Assouan que se trouve la petite île d'Éléphantine ; un peu au-dessus de la cataracte est celle de Philæ. Quoique de peu d’étendue, car elle n’a que 1,500 pieds de longueur, elle est une mine inépuisable de précieuses antiquités. Il y croit des dattiers ; elle est en partie cullivée.
Il nous reste à dire quelques mots de deux villes qui ne font pas essentiellement partie de l'Égypte . pulsqu’elles sont en dehors de la vallée du Nil, mais qui en dépendent et lui servent de ports sur la mer Rouge.
54. Suez, — située sous les 50° 15’ 5” long. et 29° 59’ 6’ lat. Cette ville eut beaucoup d'importance dans
APERCY SUR L'ÉGYPTE. 1. 95
l'antiquité, à cause du transit du commerce des Indes. Elle fut d’abord nommée Arsinoé et plus tard Cléopatride. Aujourd’hui son port n’a guère de relations suivies qu'avec les villes maritimes des côtes de la mer Rouge. Le commerce avec l'Arabie l’alimente. Une partie des pèlerins qui se rendent annuellement à la Mecque viennent s’y embarquer. La ligne des paquebots des Indes a donné, dans ces derniers temps, un peu plus d'intérêt à cette ville, qui est très-fréquentée inaintenant par les Anglais. Des diligences transportent les voyageurs du Caire à Suez. Il y a dans celle-ci un consul anglais. Elle a aujourd’hui à peu près 1,500 âmes de population. Quoique peu distante du Caire, Suez en diffère totalement, soit par sa physionomie, soit par les mœurs de ses habitants. Elle est comme lavantposte des Indes. Nous reviendrons sur cette ville, dans le chapitre ‘des travaux publics , au sujet des grandes communications projetées entre le Nil et la mer Rouge.
Kosseyr. — Ja dit que la vallée qui s'étend de Keneh à Kosseyr est la route que l’on suit pour arriver à cette ville. Kosseyr a un petit port sur la mer Rouge, avec le littoral de laquelle elle fait quelque commerce. Elle est l’une des stations des paquebots anglais. Elle renferme deux agents consulaires, l’un anglais, l’autre francais. Sa population est d'environ 1,200 habitants. Elle fait partie du département de Keneh.
Distances réciproques de differents points de
Du Caire à Alexandrie,
D’Alexandrie à Rosette, De Rosette à Damiette,
l'Égypte *.
à Rosette, à Damiette, à Salahyeb, à Belbeys, à Suez,
à Benisouef, à Minieh,
à Syout,
à Girgeh, à Keneh,
à Thèbes, à Esneh,
à Edfou,
à Assouan,